Belle découverte ! Cependant, pour apprécier cette série, il ne faut pas chercher le réalisme mais plutôt le message de l'utopie... comme Thomas More dénonçait dans l'Utopie, les travers de la société de son époque pour nous peindre une société parfaite qui en définitive avait ses propres dérives souvent moins acceptables que les imperfections de l'Angleterre du XVI siècle ! Il y a un peu de cela dans la série New Amsterdam. Si Max Goodwin parvient sans encombre à révolutionner le fonctionnement de son hôpital, c'est que les réalisateurs l'ont pensé, non comme ce que le système de santé américain est, mais tel qu'il devrait être et comment, avec le système déficient existant, y parvenir ? Avouez que voir un peu d'humanité et d'équité triomphant sur le profit fait un bien fou !
Ce fut ainsi que j'analysais la série avant de lire un article révélant que Max Goodwin est inspiré d'un vrai médecin qui a défié le système dans un vieil hôpital et raconté l'histoire de douze de ses patients, luttant même contre un cancer. Ce monsieur a d'ailleurs été consultant sur la série. Alors pas si irréaliste que ça finalement !
Et là se pose la problématique de la troisième saison que j'ai moins apprécié. Les "codes" d'humanité et d'équité étant bien établis, nous passons de problèmes administratif, sociétal, opérationnel et fonctionnel, au racisme. Et à l'image des autochtones de l'île Utopie, les réalisateurs ont, à mon sens, largement dérivés dans le traitement de cette injustice, perdant toute la mesure et la retenue qu'il avaient dans les premières saisons.
Que le Directeur s'excuse d'être blanc et souhaite laisser sa place à quelqu'un de couleur ! Qu'il demande à des médecins blancs de baisser leur salaire car il ne peut augmenter les salaires des personnes de couleur ! Cela m'a fait bondir de ma chaise. Certes, à la fin, il me semble qu'on lui explique qu'il ne rend service à personne avec ses idées mais c'est totalement passé inaperçu.
Le message ne m'a pas plu, la "solution" proposée m'a paru insultante ! On ne combat pas le racisme systémique en s'effaçant avec honte parce qu'on est blanc. On le combat avec le respect mutuel, en traitant l'autre simplement pour ce qu'il est : un être humain avec ses qualités et ses défauts, ses réussites et ses échecs, ses joies et ses blessures, son parcours et ses opinions. Et comme tout un chacun, nos parcours sont faits de plus ou moins grosses injustices que nous essayons de réparer et de causes chères à notre cœur que nous essayons de défendre.
Si la saison 4 poursuit sur ce ton moralisateur extrêmement partial, ce sera une grande déception et la déchéance d'une série atypique à fort potentiel. Bien dommage après nous avoir fait rêver d'un centre hospitalier altruiste, ce qu'ils ne sont plus du tout depuis des années.