Attiré par les séries historiques ayant du sens, je cède à la tentation de The GREAT pour en apprendre un peu plus sur la vie passionnante de Sophie Frédérique Augusta, devenue Catherine II, impératrice de Russie. Hélas hélas, cette série résolument wokiste, écrite par des obsédés de la diversité sexuelle, finit par égarer le spectateur. Toutes les scènes sont ponctuées d'allusions à une sexualité débridée ou d'actes sexuels ayant soit-disant existé à la cour de Saint-Petersbourg, tant et si bien que même en aimant le sexe, on finit par trouver les personnages caricaturaux. L'idée maitresse des créateurs est de faire régner une sorte d'ambiance eschatologique à la cour. Pire que tout : les auteurs et producteurs de la série ont opté en toute crétinerie démagogique pour le color casting ! Ainsi, la cour de Russie est composée de congolais, de vietnamiens, d'hispaniques emperruqués, tous peu crédibles et mal à l'aise à l'écran. Tels des LFistes fondamentalistes sûrs de leur vérité, l'intention des créateurs de la série est de réécrire l'histoire façon "vivre ensemble" pour mieux dénoncer en écriture inclusive si possible, l'absurdité de l'époque. Certes intention louable, cependant complètement ratée du fait du manque de profondeur intellectuelle. Jamais il n'est question de montrer le pays tel qu'il est réellement à l'époque, l'immensité de l'empire, l'incapacité de le contrôler, la pauvreté du peuple, la soumission des moujiks, etc. Mal documentée historiquement (c'est une fiction dit-on), il y a de nombreuses inexactitudes sociologiques pesantes, même si la précaution est prise dès le générique de mentionner que la série s'inspire de faits réels, mais pas tout à fait. Ainsi au fur et à mesure des épisodes, les personnages du peuple ou de la noblesse ont des relations sexuelles à tout bout de champ avec l'un ou l'autre, sans se soucier des problématiques de contraception qui à l'époque constituaient la terreur de toute la gente féminine noble ou roturière. Dans la scénarisation, l'homosexualité, le travestissement ainsi que la bisexualité orgiaque semblent être des pratiques admises comme au XXIe siècle alors que la réalité du XVIIIe était très dure avec les pratiques sexuelles différentes. Voltaire se retrouve projeté en Russie alors qu'il n'a jamais rencontré Catherine. Y-a-t-il un message wokiste à faire passer ? L'Eglise et la foi, cœur du fonctionnement économique et politique de la Russie de l'ancien régime, n'est jamais abordée. Catherine et l'empereur Pierre III sont représentés comme des ignares incroyants, tout en étant au degré zéro de la théologie. Ce qui était faux. Catherine et Pierre ont 4 ou 5 conseillers toujours les mêmes, qui régissent et règlent tout dans l'empire. L'impératrice dialogue volontiers avec tous y compris les serviteurs, en féministe pacifique militante non violente, confond volontiers l'intellectualisme des lumières avec la poésie de pot de chambre d'une trentenaire en mal de romantisme. Pour casser les codes et diffuser leur message puéril, les auteurs de cette minable série seraient prêts à faire découvrir à la reine la trottinette électrique, le téléphone connecté et les week-end low cost. Un seul geste s'impose : changer de programme ou éteindre sa télévision.