Mrs. America
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Pierricdrai
Pierricdrai

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Critique de la série
3,5
Publiée le 2 février 2025
https://www.editions-maia.com/livre/seriellement-votre-drai-pierric-9791042506483/

Au début des années 1970, Phillys Schlafly est déjà une femme au foyer très active malgré ses six enfants. Engagée politiquement en ayant déjà tenté de se faire élire au Congrès des États-Unis, elle est une fine connaisseuse de la question de l’armement et des relations entre USA et URSS en cette période tendue de guerre froide. Elle essaie donc légitimement de faire entendre sa voix. Voyant qu’elle n’est pas prise au sérieux sur ce sujet considéré comme « masculin », elle joue d’opportunisme et s’engage, via son mouvement Stop ERA, dans un combat contre la ratification de l’ERA (Equal Rights Amendment) qui vise à établir une égalité entre les sexes notamment en ce qui concerne le droit des femmes à travailler comme les hommes.

Outre ce personnage évidemment historique, la série s’intéresse aux différentes figures du féminisme américain de l’époque. Tout d’abord, Gloria Steinem, égérie de la cause qui est encore vivante et toujours active (elle a prononcé un discours remarqué lors de l’investiture de Donald Trump aux élections américaines). Elle est un peu l’image fun et glamour du mouvement. Shirley Chisholm (première femme politique noire à s’être présentée aux élections présidentielles de 1972), Bella Abzug, une autre figure politique et Betty Friedan (journaliste auteure d’un livre sur la valorisation des femmes dans la société) complètent le tableau de ces féministes aux caractères bien trempés.

Mais leurs différences de point de vue et les compromis qu’elles devront faire pour optimiser les chances de ratification du traité seront de grandes sources de conflits entre elles. Et à ces luttes fratricides vient donc s’ajouter le talent d’oratrice de Phillys Schlafly qui va porter préjudice à leur message. Portée à l’écran par une Cate Blanchett parfaite, elle va rallier à sa cause la parole des femmes au foyer se sentant menacées par l’ERA, coupable selon elles de dénigrer le mode de vie qu’elles représentent. Et contrairement aux guerres intestines du mouvement qui les oppose, ces femmes ont trouvé en Phyllis Schlafly leur porte-parole incontestée.

La première qualité de « Mrs America » est d’abord d’ordre pédagogique : on appréhende très bien la réalité sociale de l’époque et la fracture morale naissante au sein de la classe politique américaine. Il faut pour cela une mise en scène précise capable de présenter clairement les dissensions existantes dans le camp féministe et le rôle qu’a joué Phyllis dans ce contexte. Ainsi, le fait que chaque épisode présente la vision et le parcours d’une d’entre elles en particulier est assez habile. Les actrices doivent aussi incarner ces femmes de manière crédible et là-dessus, rien à dire, elles sont excellentes. Et enfin, il faut une retranscription fidèle des mœurs de l’époque : on pense ainsi à ces femmes au foyer de milieu plutôt aisé, bien blanches et bien catholiques, dont le mode de vie nous paraît d’un autre âge.

Enfin, la série fait l’effort de rester plutôt neutre dans ses positions même si certains éléments factuels ne poussent pas le spectateur à prendre fait et cause pour Phyllis. De même, les contradictions de celle-ci sont largement exposées car elle prône un mode de vie pour les femmes qu’elle est incapable de tenir elle-même. A ce titre, la fin très réussie sera un retour de bâton assez brutal et cynique. La série fait tout de même l’erreur de sortir durant un épisode de son rôle parfaitement tenu jusqu’alors qui était de nous conter la grande Histoire. Elle se penche soudainement sur la vision d’une proche de Phyllis qui doute de ses convictions et qui se juge subitement déconnectée du monde qui l’entoure. Ce positionnement à travers un personnage totalement fictif n’était pas franchement nécessaire tant les acquis des femmes depuis cette époque nous semblent heureusement normaux et suffisent à considérer comme archaïque la vision qu’a Phyllis de la condition féminine. Mais si la manière est maladroite, l’objectif était sans doute de montrer à quel point ces femmes ne connaissent rien du mouvement féministe qu’elles diabolisent par principe. Elles suivent ainsi la sainte parole de leur leader sans autre esprit critique que les valeurs dans lesquelles elles ont été éduquées.

Au final, on assiste à une très bonne reconstitution d’une période qui explique formidablement bien comment le conservatisme moral s’est inséré dans le monde politique américain et a été repris par le parti républicain en la personne de Ronald Reagan. Ce « Mrs America » est donc une réussite qui, à défaut d’être jubilatoire, est instructif, bien joué, bien mis en scène et donc très plaisant.
Moutiou1209
Moutiou1209

11 abonnés 35 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 8 décembre 2020
Excellente série historique et d'actualité.
Une excellente prestation des actrices et acteurs...
Série passionnante et belle mise en scene . Vraiment je conseille cette série à tous.
Une plongée dans le système des institutions américaines.
Bravo
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
3,5
Publiée le 25 août 2020
Jamais je n'aurai imaginé que cette histoire couvre autant de décennies, commençant en 1970, et ayant des répercutions en 2020. J'ai apprécié ce démarrage de la série avec ce débat d'idées entre antiféministes et féministes. Malheureusement, ce sera très court et finalement peu exposé, ce qui pour moi est décevant. Ensuite, on passe aux rapports sociaux familiaux des protagonistes permettant une bonne contextualisation des personnalités où on peut remarquer leur situation aisée et de confort. La part donnée aux femmes de basses conditions et dans des situations difficiles est totalement absente. Puis la série va alors s'attacher à montrer une histoire d'une guerre politique des deux camps, où le partisanisme prime face à une réflexion de fond. Les coups bas, les mensonges, les déformations de propos et les jeux avec les médias prennent place dans cette lutte. Les personnages ont des caractères très différents. Les hommes dans la série sont relayés tellement en arrière plan, qu'ils sont quasi inexistants, comme si cet ERA n'avait été qu'un crêpage de chignons d'intellectuelles. Rare sont les moments de faiblesses des personnages. Au final une seule femme dans le lot vivra une évolution, un changement de point de vue. La BO est agréable et colle bien à l'époque. Les décors et costumes sont superbes. Mais j'ai éprouvé peu d'émotions et d'attachement aux personnages. Le final de la série est glacial. Une série fortement intéressante.
Clélia
Clélia

7 abonnés 27 critiques Suivre son activité

Critique de la série
3,5
Publiée le 10 août 2020
Série intéressante et instructive qui nous parle d'un combat encore en cours, celui pour le droit des minorités.
SolR
SolR

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 30 juin 2020
Bien sûr que la série est passionnante, à tous les niveaux, le scénario très bien écrit, les actrices formidables, des rebondissements hollywoodiens et qu’elle histoire, les droits des femmes aux États Unis en 1970, que dire de plus sinon qu’il faut impérativement voir cette série si vous êtes une femme ou un homme intelligents...
Nicoloup
Nicoloup

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Critique de la série
3,5
Publiée le 26 août 2020
Série captivante qui résume bien l'état des Etats Unis de cette période, chaque camp avance ses pions et la fin est assez inattendue car on s'attend que Phillys entre au gouvernement et est finalement recalée par le président Reagan.

Je donne une mention a Rose Byrne qui ressemble fort à Jullianne Moore et est presque son sosie, pour en revenir à la série cela change des TROPS nombreuses séries policières et il y en a assez de plus on se rend compte que l'esprit était plus "libre" que maintenant.
Les féminismes sont devenues plus extrèmes aujourd'hui que dans les années 70.
Denis Quinqueton
Denis Quinqueton

2 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 22 janvier 2025
Joli détour aux racines contemporaines de la révolution conservatrice qui nous submerge désormais (mais nous édifions des digues !).