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Agnes L.
230 abonnés
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Critique de la série
4,0
Publiée le 14 décembre 2020
Il y a quelques années, j'avais vu la série Dig qui se déroulait dans le même milieu tout en ayant une intrigue très différente, en Israël. J'avais découvert la complexité de leurs rituels et dans celle ci, on voit un autre aspect de leur vie, bien plus intime et assez effrayant pour quelqu'un qui subit cet enfermement. Comment ne pas se prendre d'affection pour cette jeune femme qui étouffe dans ce milieu si rigide, face à un puceau de mari qui ne connait rien des femmes ? En quatre épisodes, pas de temps mort mais beaucoup de flashback entre ce qu'elle a vécu à New York et ce qu'elle vit à Berlin. Avec beaucoup de sensibilité, le réalisateur réussit à nous faire ressentir toutes les émotions par lesquelles passe Esther et c'est ainsi que la série prend toute sa force. Pour cela je trouve que quatre étoiles sont tout à fait méritées.
Une saison (2020, soit 4 épisodes). Série terminée. Le combat psychologique d’une jeune femme fuyant l’oppression religieuse de sa famille afin de trouver l’épanouissement. Sans porter de jugement, cette mini-série allemande décrit avec une minutie parfois proche du documentaire la communauté juive ultra-orthodoxe. Replié sur lui-même, ce groupe de religieux possède des traditions archaïques, une hiérarchie sociale statique tout en vivant avec le culte de la persécution. La prestation de l’actrice principale Shira Haas mérite d’être soulignée. Avec son corps d’enfant mais sa capacité à extérioriser des sentiments d’adulte, elle incarne parfaitement cette personne fragile désireuse de choisir son destin. Si la partie new-yorkaise reste captivante, la partie berlinoise ressemble un peu à du Disney, où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est bien le seul défaut que l’on peut attribuer à cette histoire suffocante. Bref, un récit instructif porteur d’un message de liberté spirituelle et mentale.
La plus grande réussite de la mini-série Unorthodox, c’est de penser l’opposition entre Williamsburg et Berlin comme une opposition atmosphérique : le microcosme juif enferme la jeune Esther dans un huis clos où elle étouffe et où les pâtisseries qui jonchent la table enrobent de mauvais sucre une austérité dégradante ; la capitale allemande apparaît aussitôt comme le lieu d’un décloisonnement, une ouverture du champ de perception avec ses places, ses squares, ses parcs verdoyants. L’architecture de Williamsburg est verticale, elle construit des tours d’immeubles à perte de vue où végètent des couples englués dans une routine protocolaire ; celle de Berlin, au contraire, privilégie l’horizontalité, en témoignent les longues marches d’Esther qui suit sa boussole, avance droit devant elle. L’appartement de la mère est formé de pièces ouvertes, celui de la belle-mère dispose de vitres derrière lesquelles se retirent les femmes pour discuter bébés. Sous ce jeu architectural se cachent deux rapports au monde et à la vie : celui dicté par les textes sacrés et la lecture aveugle qu’en font les anciens (gardiens de la tradition), celui qui s’harmonise avec les désirs et les passions de chacun. Néanmoins, la série a l’intelligence de nuancer cette dichotomie par la représentation d’un milieu – une élite de jeunes musiciens prodiges – parfois proche du fanatisme : Yael parle d’oreille absolue, de don que l’on a à la naissance, ou pas ; ce faisant, elle exclut d’office l’étrangère sans s’ouvrir à elle, sonder son intériorité, percevoir que le piano ne constitue pas le seul instrument à sa disposition. La communauté étudiante est une communauté choisie, formée par recrutement et liée par l’amitié sincère, là où la communauté juive est une communauté imposée par la naissance, et où les sentiments, où les désirs occupent une place amoindrie. Si certains éléments narratifs peinent à être crédibles, en dépit de leur authenticité probable – l’arme à feu, la maison de prostitution sont mal amenées dans le récit –, il n’en demeure pas moins qu’Unorthodox est une œuvre brûlante et juste qui prend le parti de l’humain contre l’emprise sectaire déshumanisante. La série s’entoure d’excellents acteurs, mention spéciale à la jeune Shira Haas, et parvient à nous immerger dans un milieu trop méconnu aujourd’hui – sur un sujet similaire, voir l’excellent Désobéissance –, traité avec suffisamment de rigueur et de froideur pour donner à l’ensemble des airs (involontaires) de thriller paranoïaque voire de cauchemar éveillé qui continuera de nous hanter pendant longtemps.
Esty (Shira Haas) a dix neuf ans à peine. Élevée par sa tante et par ses grands parents dans la communauté juive ultra-orthodoxe de Williamsburg à New York, elle vient de se marier. Sa vie l'étouffe. Elle décide de partir à Berlin rejoindre sa mère qui, quelques années plus tôt, a pris la même décision radicale qu'elle.
"Unorthodox" est la mini-série Netflix dont on parle ces jours-ci. Dans le monde d'avant, les films sortaient le mercredi, étaient précédés d'avant-première, de publicités sur les bus et dans le métro. Dans le nouveau monde, les films et les séries sortent n'importe quand ; il n'y a plus d'avant-première et les publicités de "Pinocchio" et de "Sans un bruit 2" continuent d'orner les flancs de bus à moitié vides. Décidément, ce monde n'est pas pour moi…
"Unorthodox" fait donc le buzz. Beaucoup de bruit pour rien ?
La vie dans une communauté religieuse orthodoxe, l'observation stricte des règles qui la régissent, le décalage surprenant avec les usages de nos sociétés contemporaines constituent un formidable matériau cinématographique. Qu'on l'ait vu ado à sa sortie comme le vieux boomer que je suis, ou plus tard à la télévision, on se souvient tous de "Witness", le film avec Harrison Ford qui se déroulait dans la communauté Amish.
La vie dans une communauté juive ultra-orthodoxe a souvent été traitée au cinéma : "Kaddosh" (1999), "Prendre femme" (2004), "Brooklyn Yiddish" (2017)… En 2018 sortait en France "Désobéissance" qui racontait l'histoire d'amour impossible entre deux femmes d'une communauté juive ultra-orthodoxe londonienne : Ronit (Rachel Weisz) et Esti (Rachel McAdams).
"Unorthodox" marche sur les traces de ces oeuvres précédentes sans vraiment renouveler le genre. Il est adapté d'une histoire vraie sans que cette caution, désormais obligatoire à Hollywood, lui apporte une qualité supplémentaire. Son format est peut-être sa seule originalité : une mini-série en quatre épisodes d'une durée totale de trois heures trente. Cette durée dilatée se justifiait-elle ? Nullement. On aurait volontiers compressé ce scénario pas vraiment rebondissant dans la durée plus classique d'un film de deux heures.
Seule originalité, et non des moindres, de "Unorthodox" : sa minuscule héroïne. 1m52, une quarantaine de kilos à vue de nez, la tête rasée après son mariage comme le veut la coutume, engoncée dans des robes hideuses, le physique de Shira Haas défie tous les canons de la beauté contemporaine. On ne peut qu'être ému par la baignade qu'elle s'autorise dans le lac de Wannsee, à une encablure de la villa où fut décidée la Solution finale en janvier 1942, aux faux airs de baptême régénérateur.
Une bonne série , sobre, concentrée qui ne tire pas sur l'élastique comme le font la plupart des séries, Ici pas de longueurs , pas de temps mort , que de l'essentiel. L'histoire est émouvante , sonne juste , la description du milieu hassidique à New York n'est pas trop caricaturale . L'arrivée à Berlin donne une dimension supplémentaire dans la recherche de liberté individuelle de l’héroïne, magnifiquement interprété par Shira Haas. On y croit , on est touché.
Une actrice époustouflante pour un sujet brûlant. Thriller insoutenable au sein de ce qui pourrait prétendre au sectarisme le plus glauque, pour finalement faire émerger un film poignant d'un peu plus de 3h. Un récit parfaitement orchestré.
Pour apprécier cette mini série, il faut aimer voir des gens se pourrir la vie pour des principes de religion extrémiste qui viennent d'on ne sait où (et de quel siècle surtout!). En dehors de cet avertissement quant au sujet et à l'atmosphère, le casting est de très bon niveau.
L’intérêt majeur de ces quatre épisodes réside dans la mise en évidence du choc entre deux cultures. D’une part, celle très traditionaliste des ultra-orthodoxes, et d’autre part, celle de la société berlinoise contemporaine. Si le scénario n’a, en soi, rien d’extraordinaire, la cohabitation de ces deux mondes radicalement opposés est magistralement orchestrée.
Une mini-série en quatre épisodes qui relate l'histoire d'une jeune femme appartenant à une communauté ultra-orthodoxe de Brooklyn et qui décide de partir rejoindre sa mère à Berlin. Les épisodes permettent de suivre l'évolution et, par de nombreux retours en arrière, les raisons de cette décision. Ce qui est dérangeant, c'est que la série est notée comme tirée d'une histoire vraie, mais en réalité, il y a un écart entre le récit "historique" et l'aménagement pour le film. La jeune femme ne faisait pas de musique, mais des études de littérature, sa mère n'était peut-être pas lesbienne, etc. De fait, cette romance comporte des incohérences, que nous passerons sous silence. Reste les événements ethnographique autour du mariage, des préparatifs et du déroulement des rites yiddish qui nous permettent d'entrer dans ce monde avec de grands yeux incrédules.
Très bonne mini série de 4 épisodes qui nous plonge dans un milieu qu'on ne montre pas bien souvent au cinéma, et qui est traité d'une façon un peu plus détaillé. Mention spéciale à l'actrice Shira Haas qui crève l'écran dans ce rôle. C'est une agréable surprise et la réalisation n'en rajoute pas une couche avec des épisodes inutiles. En fin de compte, il existe des prisons sous différentes formes, et il n'est pas toujours facile de s'en échapper.
Donc voici une bonne grosse baffe, rapide (4 épisodes) mais vraiment efficace. La série nous raconte l’histoire d’Esther, qui va fuir sa communauté juive ULTRA-orthodoxe en quête de liberté. Même si je suis on ne peut plus athée, j’ai toujours été intéressé par comprendre les différentes religions, qui l’air de rien font partie de n’importe quelle civilisation. Et une des grandes forces de la série est justement son côté « documentaire », avec une totale immersion dans une communauté aussi méconnue qu’extrémiste, à savoir les hassidiques de Williamsburg. De nombreux flashbacks, vont nous aider à comprendre les règles qui rythment la vie de ses partisans, qui à l’instar des Mormons et autres Amishs de la religion chrétienne, vivent « sous une bulle » en marge de la société et du monde moderne. Esther décidera de quitter cette société qui multiplie les interdits et les obligations, et où le seul rôle de la femme se limite à enfanter à la chaine afin de compenser les pertes de l’holocauste… Même si forcément les agissements de cette communauté choquent… clairement… la série ne tombe pas dans une facilité, en la diabolisant ou en la caricaturant. Esther, malgré sa fuite, gardera d’ailleurs un certain respect pour cette religion et un réel amour pour sa famille. De même, la série réussit à rendre son mari, parti en quête pour la récupérer, assez attachant et complexe dans son écriture. Autre réel point fort de la série, son actrice Shira Winger. Et ça la réalisatrice l’a bien compris, en multipliant les gros plans sur son actrice, qui dégage une palette d’émotion assez bluffante. Que ce soit les scènes où Esther subie ces rites religieux d’un autre temps, mais aussi celles où elle découvre pour la première fois des libertés qui nous semblent tellement anodines sont saisissantes (comme cette scène de la plage qui laisse sans voix…). Après, la série n’est pas exempte de défauts. Comme par exemple le côté chasse à l’homme de l’histoire, qui malgré un travail notable sur ses personnages, est finalement assez secondaire. Mais aussi, la vie berlinoise de notre héroïne, avec ce côté « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Mais peu importe, au final ça reste le principal qui l’emporte, à savoir ce véritable hymne à la liberté et les émotions qu’elle nous apporte. Clairement un gros coup de cœur et une des séries 2020 à découvrir
Une très bonne série Netflix originale qui sort des productions habituelles de sous-série B de séries Z navrantes que cette plateforme de streaming propose régulièrement à ses abonnés. Le thème religieux très délicat y est abordé avec brio. L'air de rien, tout est amené de manière subtile, fine et intelligente et dégage une forte émotion. La construction du scénario est remarquable par son évolution dramatique basée sur les contrastes de deux mondes que tout oppose mais qui, au final, s'interpénètrent par le biais de la quête des valeurs intemporelles que chacun/e recherche dans l'existence : le bonheur, l'amour, la liberté, la réalisation de soi ...
Super série. Ou plutôt mini série. Avant de commencer je tiens à saluer la prestation des acteurs et surtout de l'actrice principale qui est vraiment géniale. Ou est-ce qu'ils sont allé la chercher celle-là et surtout comment ça se fait qu'on ne l'ait pas connue avant ? On se rend vraiment compte de l'oppression sectaire ou religieuse (c'est pareil) sur les personnes qui par conséquent ne vivent pas leurs vies comme ils l'entendent mais plutôt selon des rites bien souvent ridicules et surtout inutiles car dédiés à une entité à priori inexistante. L'héroïne sent qu'elle n'est pas dans son élément et elle n'a pas d'autre choix que de fuir pour s'émanciper et vivre sa vie. Le seul reproche que j'aurai ce serait la fin, il manque quelque chose. Et bien entendu série américaine oblige elle est heureuse car elle a un comportement bien occidental elle va en boîte elle se trouve un mec elle va avoir un enfant. La vie rêvée, mais selon les américains surtout. Sinon c'est parfait série à voir absolument.