Après les illusions perdues, Giannoli frappe aussi fort dans une série pour la TV.
On est au niveau de qualité, suspens, tension, évolution des caractères, coups tordus, traitrise, addictions, etc… du Bureau des légendes, ce n'est pas peu dire!
C'est bien écrit, avec l'introduction d'un magistrat fictif, face à une arnaque colossale, qui elle a été bien réelle. Et aussi le parallèle constant entre deux pères assaillis par le doute en voyant la dérive des leurs filles adorées.
Il y a des moyens pour illustrer cette dérive du fric à gogo, des voyages en jet privé aux quatre coins du monde, jalonné d'étapes dans des salles de jeux, les magasins de luxe et les paradis fiscaux.
C'est sans limite, et met en exergue la connexion entre une certaine communauté juive et des groupes louches fricotant en Israël, en parallèle avec celle entre entrepreneurs milliardaires et services secrets.
C'est surtout un très beau casting, d'un côté, le buté, obsessionnel et incorruptible de service, Vincent Lindon, chevalier blanc des temps modernes, face à un trio improbable de loubards de Belleville et surtout Niels Schneider, en Jérôme Attias, fils de riche, fils paumé, drogué au jeu, au risque, au mensonge.
Le mensonge, pour faire plaisir aux autres, pour se prouver que l'on existe, était déjà présent dans le film A l'origine.
Pas certain que l'on ait tout compris dans qui a arnaqué qui à la fin de la série?
Mais n'est-ce pas aussi le cas dans l'affaire de l'arnaque à le TVA sur les droits carbone. Car il y eut probablement des groupes mafieux respectables sur le coup, beaucoup moins repérables que les fantasques loubards et joueurs de cette triste épopée.
Le générique de fin donne l'ampleur de ce désastre des Etats européens concernés.
DVD - mars 25