Severance, c’est une série qu’un ancien collègue m’a chaudement recommandée. Il m’avait dit que c’était, après Les Soprano, la meilleure série qu’il ait jamais vue. Sur le moment, j’ai noté le nom, mais je ne l’ai pas regardée tout de suite. Il m’a fallu presque un an, et c’est grâce au marketing de Canal+ que je me suis enfin lancé.
Et là, soyons clairs : les cinq premiers épisodes sont d’un ennui mortel. Je comprends qu’il faille poser les bases, présenter l’univers, créer une ambiance... Mais il y a des limites. Ce que la série fait en 5 épisodes, elle aurait pu le faire en 2 ou 3, avec beaucoup plus de fluidité. Au début, les personnages sont froids, presque antipathiques, et franchement, je n’avais aucune envie de les suivre.
Mais j’ai persisté, poussé par la curiosité, par cette envie de comprendre le mystère derrière cette entreprise étrange, cette séparation entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Et je ne le regrette pas. La série aborde le thème de la dissociation avec une rare intelligence. On finit par s’attacher aux personnages, à leurs douleurs, à leurs choix. Et il faut le dire : certains moments sont brillants, comme l’épisode final de la saison 2, avec la scène du chalet – probablement l’un des meilleurs épisodes que j’ai vus depuis longtemps.
Il y a un vrai parfum de Black Mirror, mais en plus lent, plus construit, plus angoissant aussi. C’est une dystopie futuriste, pas si éloignée de notre époque (et franchement, j’espère que ça ne deviendra jamais notre réalité).
Cela dit, même si la série est très bien écrite, fine, intelligente, est-ce que c’est le genre de série que j’aurai envie de revoir un jour ? Honnêtement, non. L’univers est fade (volontairement), il y a très peu d’adrénaline, et on est loin de la tension brute des premières saisons de The Walking Dead (ma série préférée sur ses débuts). Severance, c’est plus cérébral, plus sobre – presque trop.