"Vous voulez des voyages dans le temps? Regardez la superbe série Shining girl [sic] avec Elizabeth Moss. Une des séries les plus intelligentes que j'ai vues depuis longtemps. Rien à voir cet infâme brouet."
Voilà, par ces mots, ce qu'un "fellow" allocinéphile a commenté sur la série Bodies. Chic ! moi qui hésitais à remater cette dernière, me voici donc à changer d'avis et opter pour Shining Girls.
Après 6-8h de visionnage, le couperet tombe : si la série débute sur les chapeaux de roue avec son rythme lent, à la manière de Dark (je ferai plusieurs allers-retours avec la série allemande), elle a fini par ne plus me convaincre sur les derniers épisodes. Effectivement, le parti pris est de démarrer sur un thriller assez classique, mâtiné de mystère (l'héroïne est-elle en train de délirer) avant de basculer sur le fantastique complet.
L'intérêt, comme dans Dark, en tant que spectateur omniscient et connaisseur des codes du fantastique, est de constater comment les protagonistes vont réaliser que des éléments surnaturels sont la clef de l'énigme. Vient alors un rythme beaucoup plus réaliste, différent de nos films des années 1980 où l'on saute immédiatement dans l'incrédule ("Marty, saute dans la 2Lorean et va dans le passé !"). Hélas, le rythme est lent, si lent que
la série elle-même est obligée de nous prendre la main dans un épisode entier pour nous expliquer le pourquoi du comment, enfin surtout le pourquoi puisqu'on ne saura jamais comment fonctionne le voyage dans le temps
.
Il n'en reste alors qu'une série que je classifierai de classique, pas mauvaise, réalisée académiquement, mais sans réelle folie ni créativité. Evidemment, un très bon point pour notre "miss catastrophe victime" Elizabeth Moss (Mad Men, Handmaid's Tale, Invisible Man), qui tient le rôle de la victime haut-la-main, la lèvre tremblante, les pleurs en fontaine, réellement touchante, mais qui risque malheureusement de s'enfoncer dans ce genre de rôle pour les 10 prochaines années.