"You think I've ever got what I wanted ?"
Après un premier épisode assez creux, parfois grotesque et mièvre à la fois, la série rentre dans le vif du sujet au fil du second, lorsque certains personnages s'affirment (la Princesse Elizabeth évidemment, Edward Seymour, la Princesse Mary, le Roi Edward, le chevalier Pedro) ou se dévoilent (Thomas Seymour, Catherine Parr).
Se concentrant beaucoup (trop ?) sur la relation entre Elizabeth (convaincante Alicia von Rittberg) et Thomas Seymour (asssez énervant Tom Cullen), oncle de son frère le roi et mari de sa belle-mère Catherine, ainsi que sur la rivalité entre ce même Thomas et Edward, son frère Lord Protecteur, Becoming Elizabeth est filmé (3 réalisateurices différent·es) de manière plutôt audacieuse pour une série historique, tantôt riche en couleurs, gros plans pénétrants et mouvements impétueux, tantôt fatiguante à force de caméra à l'épaule et de travellings sacadés.
Le scénario (la série est créée par Anya Reiss), oscille lui aussi entre intrigues savamment orchestrées, manipulation et dialogues indigents, dans le cadre de la succession d'Henry VIII à travers ses trois enfants, Edward VI, et les princesses Mary et Elizabeth, sur fond de guerres de religion larvées et manquant cruellement de scènes en extérieurs et de personnages hors Cour royale (la gentry, le clergé, la bourgeoisie émergente, le petit peuple). L'ajout souvent surprenant de modernité, dans la musique ou certains dialogues, n'empêche pas certaines longueurs et redondances. L'ensemble est néanmoins relevé par une interprétation des plus justes, notamment John Heffernan (Edward Seymour). On notera que la série gagne en maturité en même temps que son héroïne principale.
Au final, on se retrouve face à une série alternant le bon et le moins bon, l'intérêt et la grosse ficelle. Pas inintéressant mais pas poignant non plus.