We Own This City
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Pierricdrai
Pierricdrai

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Critique de la série
3,5
Publiée le 2 février 2025
https://seriephiledudimanche.jimdofree.com/2023/04/08/we-own-this-city/
https://www.editions-maia.com/livre/seriellement-votre-drai-pierric-9791042506483/

Un regard lucide mais désabusé

Par un long, très long discours. Ainsi commence la dernière série de David Simon qui nous ramène à Baltimore sur les traces de la série « The Wire », ce chef-d’œuvre qui avait contribué à faire de cet auteur engagé une référence absolue dans le monde télévisuel. Il nous invitait à suivre le quotidien de policiers en lutte contre les trafics de drogue sévissant au sein des quartiers pauvres de Baltimore, ville bien connue de Simon puisqu’il y a travaillé 12 ans en tant que journaliste. Il y dressait alors un état des lieux désolant de l’ensemble des institutions américaines, qu’elles soient judiciaires, politiques, scolaires ou policières. Par la suite, Simon avait posé ses valises pour un voyage musical et sociétal à la Nouvelle-Orléans après qu’elle a été ravagée par le passage de l’ouragan Katerina. S’était ensuivie une halte aux abords de la 42ème rue de New-York dans « The Deuce ». Simon nous décrivait alors le milieu violent de la prostitution dans les années 80 ainsi que les méfaits de la pornographie sur la vie de femmes qui comptaient sur ce nouveau mode d’expression pour gagner en « confort ». Mais quel que soit le lieu, dès lors que ces problématiques se confrontaient aux divers conflits d’intérêt qu’elles ne manquaient pas de susciter, le constat était sans appel : lutter contre de tels fléaux, engageant à eux seuls une économie à part entière,revenait, au mieux, à déplacer les problèmes, au pire, à brasser du vent. Pourtant, à l’aube de « We own this city », le discours passionné du Sergent Jenkins envers ses collègues constituent une lueur d’espoir à laquelle Simon ne nous avait pas habituée.Ne pas réagir aux provocations, rester digne et imposer la loi dans les quartiers sans céder à la tentation de la violence, tout cela paraît sensé et constructif. Alors, quelle n’est pas sa surprise (et la nôtre par la même occasion !) quand ce beau parleur, chaleureusement applaudi par ses pairs, se retrouve menotté et conduit en cellule par des membres du FBI. Mais il nous revient à l’esprit que l’on a affaire à une série de David Simon : on se prépare donc à déchanter.

Freddie Gray, un cas de jurisprudence

Pour construire « we own this city », adapté du livre-enquête éponyme de Justin Fenton concernant l'arrestation de 8 flics corrompus (1), Simon s’est appuyé sur un fait véridique qui a considérablement marqué la pratique policière à partir de 2015 dans les rues de Baltimore. En effet, la mort tragique de Freddie Gray, un jeune afro-américain de 25 ans décédé sous les coups de policiers qui avaient visiblement envie d’en découdre, avait à l’époque engendré de violentes émeutes (2). Suite à ces incidents, les forces de l’ordre hésitaient à procéder à la moindre intervention pour peu qu’un geste déplacé de leur part soit immortalisé par la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux et mette à nouveau le feu aux poudres. Leur intégrité professionnelle risquant par là-même d’être soumise à rude épreuve, les policiers ne tentaient plus le diable et se résignaient à laisser grimper le cours du taux de criminalité dans les quartiers de la ville.Alors pour peu que quelques cow-boys se permettent de faire régner l’ordre sans se soucier des conséquences que leurs actes pourraient porter à leur image, et c’est toute une hiérarchie qui baisse la tête devant la moralité de leurs pratiques.

Un monstre et ses larbins

En effet, on comprend vite que Jenkins et sa bande adoptent une attitude sur le terrain diamétralement opposée à celle que celui-ci prônait brillamment en introduction de la série. Voleurs, extorqueurs, magouilleurs : on a affaire à de vraies crapules. Certes, le métier de policier n’est pas une sinécure. Au sein d’un milieu franchement hostile, leur maigre salaire de fonctionnaire ne fait pas honneur à la difficulté de leur mission. En cela, on comprend que la tentation d’enfreindre les règles soit grande quand on débusque des pactoles aussi conséquents que ceux auxquels ils ont accès. Hormis son collègue Hersl, vraiment détestable, la plupart d’entre eux savent bien que leurs actions sont illégales mais après tout, ils effectuent le travail que d’autres ne font plus. Et ils ont surtout l’aval de leur chef, ce qui, mentalement, les affranchit d’une forme de culpabilité. Ce sont des malfrats, mais des malfrats conscients. A l’inverse, ce qui frappe chez Jenkins, c’est le déni constant dans lequel il se réfugie complaisamment. Lui est persuadé d’être dans son bon droit. Il se sent au-dessus des lois et de l’institution qu’il représente. Jusqu’à ses remords dont on ne sait s’ils sont sincères, tout chez lui est insupportable, que ce soit sa démarche de voyou, sa vulgarité affichée ou son égocentrisme exacerbé… Vic Mackey de « The shield » était lui aussi un ripou, mais il avait un charisme qui nous le rendait sympathique. Jenkins, lui, n’a même pas cela pour lui. Dégager une telle antipathie sans paraître caricatural n’est pas chose aisée. Et en cela, on peut affirmer que la performance de Jon Bernthal dans ce rôle est assez formidable. Il parvient en effet à nous persuader que des salauds comme lui, il en existe forcément et que leur grande goule fait bien du tort aux causes qu’ils disent servir.

Savoir faire simple quand cela s’avère nécessaire

Cependant, pour en arriver à cette conclusion, Simon se plaît à rendre compte de l’ensemble des détails qui ont pu amener à ce que ce type de personnages sévissent dans la police. Et c’est en partie sur ce point que le bât blesse. On connaît le soin que cet auteur engagé porte aux détails. On sait qu’il ne déteste rien de plus que de vulgariser des mécanismes complexes et souvent inextricables. Sur plusieurs saisons, l’aspect tentaculaire des problématiques soulevées fascine. Sur six épisodes, il embrouille. Pour une fois, on a envie de lui dire qu’il n’est pas utile de nous lancer des noms auxquels le spectateur tarde à associer les visages ou de nous abreuver de flash-back dispensables. On s’accroche malgré tout car, comme toujours avec Simon, le propos est intéressant, mais le plaisir pâtit fortement du manque de lâcher-prise que sa narration prodigue. Se faisant, on en vient même à penser qu’il cherche à coller fermement à l’image d’auteur exigeant, voire élitiste, qui lui est souvent associé. Et c’est bien dommage car des détails, des intrications entre les différentes affaires, il n’en reste pas grand-chose.

Un propos parfois désincarné

L’autre désagrément qui découle de ce parti-pris, c’est qu’elle restreint les émotions censées découler des exactions de Jenkins. Car en agissant comme il le fait, ce dernier entraîne dans sa chute une partie de ceux qui ont, à un moment de leur vie, succombé même passivement, aux sirènes alléchantes du banditisme. Mais à trop emberlificoter son récit, à trop tomber dans la démonstration, Simon nous empêche de profiter pleinement des drames humains qui se jouent devant nous. Alors, au final, « We own this city » n’est pas un mauvais David Simon. Que ce soit le sujet, la direction d’acteurs, l’ambiance de la rue qu’il décrit si bien, celui-ci reste toujours aussi impactant. Mais on a toutefois le sentiment d’avoir en face de nous un Simon qui n’a pas su s’adapter au court temps qui lui était imparti pour traiter son sujet. Dans ce format, il lui aura sans doute manqué une simplicité qui aurait contribuer à rendre sa série plus puissante mais aussi plus sensible. Dommage.

1 : https://www.lemonde.fr/international/article/2018/02/08/a-baltimore-le-proces-de-huit-policiers-ripoux-depasse-la-fiction_5253982_3210.html

2 : https://www.huffingtonpost.fr/actualites/article/freddie-gray-ce-que-l-on-sait-sur-la-mort-du-jeune-homme-qui-a-declenche-les-emeutes-a-baltimore_54827.html
Jean-Pol Cardin
Jean-Pol Cardin

3 abonnés 20 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 16 août 2022
Cette série est pour moi fantastique;
bien filmé et surtout bien illustré pour nous faire comprendre ce qu'est la corruption dans une unité d'élite
. Avec les tenants et les aboutissants; lorsque l'on voit et comprend toute cette corruption qui
durait depuis des années, on se demande comment ils ont fait duré si longtemps cette escroquerie dans la police.
Puis le rideau tombe sur tous ces policiers véreux qui en plus se vendent l'un, l'autre sauf le meneur des choses qui lui ne parlera pas et ne vendra pas ses coéquipiers. De lourdes peines leur seront apposées
et à au film de cette série, on peut se dire qu'elle a été parfaite en tout point. Le casting est lui aussi incroyablement parfait
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
5,0
Publiée le 11 juin 2022
belle découverte de cette série. seul point négatif c'est le choix de Jon Bernthal en cowboy qui est trés enervant...sinon les autres acteurs sont vraiment convaincant dans leur rôle
Alcore2k4
Alcore2k4

3 abonnés 12 critiques Suivre son activité

Critique de la série
3,0
Publiée le 8 juin 2022
Je m'attendais à une série style "The Shield", mais pas tellement en fait, donc petite déception. Bien plus réaliste et moins violent que "The Shield", il n'en demeure pas moins que j'ai passé un bon moment à regarder "We Own This City", sans atteindre des sommets (parfois on s'ennuie). La mini-série s'inspire de The Wire, normal il s'agit du même créateur (David Simon).
A souligner la performance fascinante de Josh Bernthal, comme toujours. Sans lui, je ne pense pas que que j'aurais mis la même note.
En résumé, si vous avez aimé "The Wire", la mini-série We Own This City" devrait vous plaire, mais on reste quand même loin de ce chef d'œuvre.
Wire Allende
Wire Allende

39 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 16 août 2022
En tant que fan absolu de The Wire ( Sur écoute), il est difficile d'être objectif. Cette nouvelle création de HBO nous replonge dans l'univers sombre et violent de l'amérique urbaine. Sous le prise des émeutes et des troubles dans la polices, on retrouve la réalité d'une amérique divisée plus que jamais. David Simon, le créateur, est un génie pour décortiquer la réalité et nous offrir tous les aspects d'un problème. Les séries policières traditionnelles sont insipides, plongés dans des clichés Simon nous offre un tableau plus nuancés avec des personnages réels, crédibles avec de l'épaisseur. Je recommande la série pour les chanceux qui ne connaissent pas The wire, c'est une merveilleuse introduction. A la fin du dernier épisode, une seule envie me guette...regarder THE WIRE pour la 14ème fois (sans compter les clips Youtube)
Jean N.
Jean N.

327 abonnés 735 critiques Suivre son activité

Critique de la série
3,0
Publiée le 7 juin 2022
Je vous le dis tout de suite : Ne vous attendez pas au nouveau " The Wire " car on en est bien loin !
La série , sans être vraiment passionnante est assez percutante pour se laisser regarder.
Les persos sont + ou - intéressants ; sauf que Jon BERNTHAL avec son jeu de kéké à fini par me saouler !!
C'est très confus au début et on mélange un peu tout à cause bien entendu de l'abus (grave!!) de flashbacks mais à la longue on s'y fait... 6 épisodes c'est bien suffisant pour cette série "Ri Poulice in Baltimore " que je qualifierais de moyenne d'où sa note 3* seulement ...
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

Critique de la série
3,5
Publiée le 24 janvier 2025
Légèrement caricaturale, tant dans les dialogues que (nécessairement?) dans le jeu de certains policiers, cette série se fait qualitative par sa volonté de se focaliser sur chaque protagoniste mêlé au démembrement de l'unité anti-armes de Baltimore, évitant ainsi manichéisme ou simplisme puisque des réalités systémiques sont soulignées, au-delà de cas individuels (le manque de moyens de la sphère judiciaire, la dangerosité d'un métier peu payé face aux outrances des dealers, l'avidité humaine, la corruption hypocrite...). Par son rythme dynamique qui suit diverses intrigues parallèles offrant un tour d'horizon des différentes expériences possibles dans une ville gangrénée par la drogue et les affrontements raciaux ainsi que l'efficacité d'un découpage en six épisodes équilibrés, la narration nous entraine au plus près des personnages et de l'action, à l'instar d'un générique (à la Homeland!) revendiquant un aspect journalistique. Dommage que certaines séquences fassent montre d'un didactisme aussi appuyé alors que les faits eux-mêmes et leur dénouement se révèlent explicitement édifiants, pour ne pas dire désolants ou démoralisants... Une efficace petite soeur à the Wire!
Serpiko77
Serpiko77

77 abonnés 1 633 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 12 juin 2023
Les créateurs de la géniale série "The Wire" reviennent à Baltimore pour nous raconter le destin de cette ville quelques années après, et le moins que l'on puisse dire c'est que les choses n'ont pas énormément évoluées.
C'est toujours aussi intéressant, on est captivé de bout-en-bout mais on regrette justement qu'il n'y ait que 6 épisodes. L'intrigue se déroule de manière un peu trop rapide, trop de rythme, trop de choses racontés sans en prendre vraiment le temps contrairement à The Wire qui s'étalait sur la longueur. Comme toujours Jon Bernthal a un jeu un peu trop outrancier ce qui nuit à la crédibilité de son personnage.
Mais malgré ses quelques défauts cette mini-série reste dans le haut du panier.
Arno M.
Arno M.

12 abonnés 333 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 1 novembre 2025
Créateur de la génial The Wire et de la moins connue Homicide,David SIMON poursuit son exploration de la ville de Baltimore et de ses travers.
Reprenant l’histoire vrai d’une brigade de policiers de rue dirigé par le sergent Jenking. Luttant contre la criminalité et la violence galopante dans une ville de Baltimore, cette unité à obtenu avec de très bon résultats, mais au mépris de toutes les règles : fausses preuves, vols et magouilles en tous genre.
La série est dur, sans sentimentaliste et colle au plus prés de la réalité.



Le montage pose sans doute plus problème. Monter à grand renfort de flashback et en variant les époques sans cesse et non pas seulement avant/après les interpellations de l’équipe de Jenkins  , il est facile de perdre le fil. Et ce malgré les quelques inscriptions sous les formes de rapport. Un montage plus linéaire aurait été préférable pour la compréhension.
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
4,0
Publiée le 10 novembre 2022
Vraiment tres tres tres bonne série l'histoire a tres bien été racontée les jeux d'acteurs sont tres bons. Sur le plan technique la prise de vue est réussite avec des reports de points des amorces etc vraiment bravo.
Topaze87
Topaze87

10 abonnés 647 critiques Suivre son activité

Critique de la série
3,5
Publiée le 9 décembre 2024
Une mini-série sans concession qui relate avec précision et efficacité les dérives d’une unité de police de Baltimore dans les années 2010.
Ben Skorz
Ben Skorz

5 abonnés 28 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 12 novembre 2025
très bonne mini série qui explique tres bien comment l'on bascule dans le vol et la violence à force d'affronter la vie réelle
Franckfleurisson
Franckfleurisson

1 critique Suivre son activité

Critique de la série
3,0
Publiée le 22 août 2022
Très enthousiaste quand à cette série et aux éloges faites par la critique, je m'abonne à OCS en partie pour revenir dans cet univers passionné de The Wire et The Shield que j'affectionne tant.
Malheureusement je sors de ces quelques épisodes déçu, vraiment déçu.

Je dois avouer que le topic est intéressant et les acteurs dignes d'une bonne série policière.
Le fait que l'histoire soit vraie et partagée de cette manière ajoute du piment au scénario.

En revanche, je m'attendais à voir des rebondissements sympas, des guerres de gang avec une approche détaillée de la vie interne du milieu ou même comprendre
les raisons qui ont fait basculer les flics en ripoux véreux... Nada.
Trop peu de passion, peu d'intrigue, pas au niveau dans l'enchaînement des scènes... Trop lisse et plat, je sors sur une grosse déception.
Peut-être que la barre était placée trop haute... Dommage.
RichduTroyNeuf
RichduTroyNeuf

28 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 18 mars 2026
Très bonne série, un peu en dessous de the wire mais l ambiance, le rythme et l atmosphère de Baltimore sont très bien relatés
Cédric
Cédric

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Critique de la série
4,0
Publiée le 14 janvier 2025
très bonne série dans la continuité de The Wire mais moins introspection quand même . Acteurs et scénario convainquants