Les Papillons noirs
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Pierricdrai
Pierricdrai

13 abonnés 118 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 2 février 2025
https://www.editions-maia.com/livre/seriellement-votre-drai-pierric-9791042506483/

Une histoire dans l’histoire

Adrien est écrivain. Après sa sortie de prison pour violence sur la voie publique, celui-ci a écrit, sous le pseudonyme « Mody », un premier livre qui lui a valu une certaine notoriété dans le milieu. Essentiellement élevé par sa mère, ce quadragénaire au sang chaud et au mode de communication plutôt frustre est rongé par la colère depuis son plus jeune âge. Mais celle-ci se trouve cependant apaisée auprès de Nora, sa conjointe. Avec elle, il a acquis une forme de stabilité qui semble toutefois ne tenir qu’à un fil. Or, un jour, un certain Albert Desiderio le contacte pour lui raconter sa vie afin qu'Adrien en tire une biographie. Sa vie, ou plutôt son histoire d’amour avec Solange qu’Albert avait rencontré enfant. Ces deux marginaux, devenus rapidement inséparables, semblaient voués à passer leur vie ensemble. Toutefois, Albert confesse rapidement qu’en tant que jeunes adultes, le couple avait tué deux jeunes hommes au moment où l'un d'eux cherchait à violer Solange. Dès lors, et au fur et à mesure que la romance prend la forme d'un véritable jeu de massacre suite au récit d'Albert, Adrien perd progressivement pied. Parallèlement, Carrel, flic de son état, se replonge clandestinement dans des enquêtes non résolues d’hommes tués dans les années 70 au Sud de la France.

Murders in the 70’s

Dans un premier temps, cette histoire de meurtres en série fait étrangement penser à « Le serpent », série inspirée de faits véridiques qui retrace le parcours de Charles Sobhraj, un Français résidant en Inde. Celui-ci tuait sans scrupules des touristes dans les années 70 pour leur soutirer leur argent. Certes, ici, la trame narrative diffère, mais on s’attend malgré tout à devoir supporter une succession de meurtres violents durant plusieurs épisodes. Ils ont bien lieu et nous sont montrés sans détour, procédé sans doute nécessaire mais efficace pour accentuer l’intensité du récit. Mais heureusement, la narration d’Albert les condense sur un laps de temps suffisamment bref pour que leur description ne devienne ni lassante ni voyeuriste. En revanche, on retrouve des similitudes logiques entre les deux séries quand il s’agit de mettre en images une période particulièrement typée question mode : coiffures foisonnantes, pantalons pattes d’éph… Tout y est dans cette retranscription que l’esprit d’Adrien met en images à partir de ce qui lui est raconté. La photographie s’arme même d’un filtre tendance sépia, certes un peu facile, mais qui colle parfaitement avec la période et avec les lieux baignés de soleil dans lesquels sévissent les deux amants.

Un acteur au-dessus de la mêlée

Et s’il s’agit durant un temps de retranscrire comme le faisait « Le serpent » des événements passés, le fait que le narrateur nous devienne familier change considérablement la donne. Car progressivement s’instaure entre lui et son biographe une relation qui va rapidement jeter le trouble dans l’esprit d’Adrien et dans le nôtre. Comment détester cet homme affable et prévenant qui voit en cet écrivain prometteur un confident à qui il livre sa part d’ombre la plus inavouable ? Comment ne pas trouver fragile et sincère la manière qu’il a ainsi de se confier ? Et en cela, la performance de Niels Aretrup en Albert vieux et fatigué est tout à fait exceptionnelle. Sa douceur presque inquiétante quand on connaît la nature du bonhomme, sa diction chaloupée, bref son charisme, portent en grande partie la série. A ce petit jeu relationnel, Nicolas Duvauchelle dans le rôle d’Adrien apparaît plus binaire dans la manière qu’il a de retranscrire les émotions de son personnage.

Polar ? Vous avez dit polar ?

Et alors qu’on ne s’y attend pas, les révélations viennent percuter brutalement le présent ; dès lors, le polar occupe l’entièreté de la narration. Peut-être trop brutalement d’ailleurs car en 15 minutes, tout bascule. A tel point qu’il suffirait de peu de choses pour que cela vire au n’importe quoi. Et si ce n’est pas le cas, c’est que jusqu’au bout, la logique du scénario est irréprochable. En effet, celui-ci ne comporte pas à proprement parler de failles, si ce n’est qu’il cherche trop à faire du lien entre les personnages. Ce faisant, considérer que cette histoire nous abreuve de coïncidences plus qu’improbables ne serait pas insensé. Mais à la réflexion, hormis quelques détails, le hasard n’a que peu de place dans cette affaire dès lors que la volonté humaine décide de le provoquer. Par ailleurs, on prend plaisir à constater que finalement, chaque séquence, même anodine, finit par prendre tout son sens à un moment donné du récit : un jogging en Corse sous forme de course amusante, un repas détendu à parler du livre que Mody écrit... Quoi qu’il en soit, le sépia disparaît alors presque complètement pour laisser place à la noirceur des nuits cafardeuses dans lesquelles Adrien se laisse petit-à-petit happer et que la photographie parvient efficacement à retranscrire. Dans un autre style, elle touche même au fantasmagorique lors d’une séquence colorée réussie où la réminiscence de souvenirs enfouis prend définitivement forme dans son esprit embrumé. Tous ces éléments réunis, on obtient un récit cohérent qui varie efficacement les ambiances, les lieux et les époques et n’hésite pas à placer les enjeux humains et relationnels au cœur de son histoire.

Nobody’s perfect ?

Malgré ces louanges, ces « papillons noirs » ne sont pas exempts de défauts. Et en premier lieu, si la base de cette sombre histoire repose sur un amour dévorant, son rendu ne parvient jamais à nous restituer la force des émotions qu’Albert et Solange sont censés éprouver l’un pour l’autre. C’est tout de même dommage. Au final, leurs exactions semblent plus relever du trouble psychiatrique que des conséquences de sentiments passionnels et exclusifs. Par ailleurs, la mise en scène manque parfois de simplicité. Ainsi, lors du final, était-il nécessaire de nous dresser à nouveau l’inventaire des crimes commis ? De plus, quelques effets superflus ainsi que l’abus de gros plans sur les visages relèvent parfois d’une recherche d’effets trop appuyés pour être harmonieux. Quant aux fameux papillons noirs, bien malin celui qui oserait en tirer une interprétation crédible au vue de ce qui nous est raconté…

Questions bonus

Enfin, impossible de terminer cette chronique sans évoquer les quelques axes réflexifs très intéressants que la série propose. En effet, l’humain a une tendance naturelle à reproduire ce qu’il a connu enfant. Ainsi, avoir été frappé par ses parents augmente la possibilité de réitérer ce schéma de violence sur son entourage à l’âge adulte. Mais ce qui est original, c’est que cette notion est ici étayée par une hypothèse scientifique (l’épigénétique) qui se penche sur la possibilité de transmission héréditaire de caractères génétiques dont l’expression se voit déclenchée par notre environnement. Ainsi, si celui-ci nous amène à développer certains traits de personnalité, a-t-on vocation à les transmettre à notre descendance ? Même la religion s’invite au débat au travers d’une citation de l’Ancien Testament qui, selon interprétation, privilégie (ou non) le pouvoir du libre arbitre sur nos actions au dépens du milieu dont on est issu. Par ailleurs, la série interroge également sur la finalité d’une œuvre artistique. Jusqu’à quel point un auteur peut-il déontologiquement travestir la réalité des faits au profit d’une bonne histoire ? De notre côté, les destinataires à qui on s’adresse, sommes-nous autorisés à totalement mettre de côté ces considérations ? A travers ces interrogations, « les papillons noirs » dépassent le cadre du simple polar, ce qui est tout à son honneur !

Disponible sur Netflix

Idée lecture : Parmi les auteurs qui aiment raconter la vie de leurs semblables en y glissant une part d’eux-mêmes, Emmanuel Carrère est sans doute l’un des plus talentueux. L’occasion de (re)découvrir certaines de ses œuvres dont l’une de ses plus émouvantes : « D’autres vies que la mienne ». Il y raconte parallèlement l’impact causé par la perte d’un enfant sur ses parents lors du tsunami de 2004 en Thaïlande et les combats d’une juge atteinte d’un cancer. Bouleversant.
Estonius
Estonius

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Critique de la série
2,5
Publiée le 22 mars 2023
J'ai rarement vu quelque chose d'aussi inégal, car enfin après un départ hésitant, la série éclate de milles feus dans les épisodes 2, 3 et 4. Nous avons là un thriller parfait aves sa dose de folie, d'excès, d'érotisme, c'est addictif et ça nous prend aux tripes d'autant que la beauté d' Alyzée Costes nous subjugue et que le talent fou de Niels Arestrup nous conquit. Et puis arrive le cinquième épisode où ce n'est qu'ennui, pleurnicheries et vacuité, d'autant que l'interprétation calamiteuse de Brigitte Catillon n'arrange rien. Et puis vient le final, certes le twist est astucieux du moins sur le papier car sinon la série a perdu son intérêt. (ou pour parler plus crument, on s'en fout de son twist)
Allo quoi
Allo quoi

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Critique de la série
0,5
Publiée le 3 octobre 2022
Série idéale pour qui a six heures de temps à perdre et aime les scènes de crimes sanguinaires répétitifs (aux ciseaux, rasoirs, tire-bouchons, tout l’artisanat y passe) ou les scènes de sexe violent, et les scénarios sans la moindre crédibilité dès le premier épisode. Je me suis quand même farci l’intégralité pour mesurer jusqu’où irait le délire. Et ça va très loin! Là où on est sans doute censé frémir, on pouffe. À quoi les acteurs en sont-ils réduits pour accepter de tourner dans de pareilles daubes!? Et les producteurs, n’ont-ils vraiment rien de mieux à faire?
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 484 critiques Suivre son activité

Critique de la série
2,0
Publiée le 22 septembre 2022
Le scénario est excellent malheureusement la direction d'acteurs et la direction artistique laissent à désirer. Les acteurs sont donc en roue libre et la réalisation rend le scénario peu crédible. La violence et les dialogues banals n'aident pas à adhérer au projet. J'attends le remake américain ou danois ;)
Itidiravoui
Itidiravoui

4 critiques Suivre son activité

Critique de la série
2,0
Publiée le 22 septembre 2022
Mais qu'est ce qu'on s'ennuie. Même si la photographie est magnifique et les décors d'époque intéressants... Le scénario prends vraiment son temps... c'est mou, mais que c'est mou! Et puis le fait que les acteurs semblent chuchoter en permanence rajoute au caractère soporifique de l'ensemble. Au final on dirait un énième téléfilm policier mais qui durerait épisodes. L'intrigue est maigre, on ne croit pas du tout aux relations entre les personnages (par exemple on ne croit absolument pas au couple entre l'écrivain et sa copine, ni à leur tensions de couple du coup... On ne croit pas à l'affection avec sa mère etc. On ne croit pas non plus à l'amour fou entre les deux vacanciers du crime).
Et pour les décors: comment dire? Non le lac du Salagou n'est pas en Ariège.
Dispensable.
Christine B
Christine B

3 abonnés 39 critiques Suivre son activité

Critique de la série
2,0
Publiée le 23 septembre 2022
J'ai regardé les 1ers épisodes qui ne m'ont pas convaincus du tout
Le début est assez confus
Histoire invraisemblable que ces crimes répétitifs
J'aime les séries d'Arte et les thrillers mais je n'arrive pas à me passionner par celle-ci...
cécile C.
cécile C.

14 abonnés 34 critiques Suivre son activité

Critique de la série
2,5
Publiée le 13 octobre 2022
très déçue par cette série dont j'avais entendu beaucoup de bien: c'est tiré par les cheveux, on ne croit pas aux personnages qui sont tous très caricaturaux bref je suis allée jusqu'au bout mais je n'ai pas aimé
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
0,5
Publiée le 30 septembre 2022
Petite série sordide pleine de longueurs avec des acteurs pas attachants du tout. Un scénario rocambolesque improbable qui surfe sur les goûts malsains d'un public avide de violence à tout niveau. Devachelle toujours égale à lui-même dans son rôle de prédilection de petite frappe imbus de lui-même. Aucun intérêt.
M le Maudit
M le Maudit

3 abonnés 37 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 3 octobre 2022
j'ai dévoré cette série ! J'ai tout aimé, le scénario (écrit avec tellement de talent! et regorgeant de surprises) la mise en scène inventive, l'image, la conception visuelle, passant de nos jours aux années 70 puis 80. C'est juste brillantissime !! rien à voir avec la fiction qu'on voit généralement sur les chaines de télé, qui en général est assez bateau. Les acteurs sont impeccables. Vraiment de la grande qualité ! bravo
Pap'ster Boum
Pap'ster Boum

1 critique Suivre son activité

Critique de la série
1,5
Publiée le 29 septembre 2022
Une idée de départ intéressante, c'est sombre, violent, une série Arte qui promettait. Malheureusement et comme trop souvent, une série française "qui se veut être mais qui n'est pas". Beaucoup d' invraisemblances, une direction d'acteurs approximative, des textes récités,...
Dommage, mais c'est raté.
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

90 abonnés 1 452 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 7 décembre 2023
Avec des secrets de famille entre passé et présent savamment dosés, cette mini-série sombre accroche aussi violemment que ses personnages tourmentés. Le scénario mixe avec intelligence les évènements qui s’emboitent à chaque épisode dans un savoureux jeu de poupées russes et une colorimétrie de film en Super8 appelle la nostalgie et se confronte à la violence des évènements racontés. L’interprétation de Niels Arestrup et de Nicolas Duvauchelle dans ces personnages torturés est réussie. A savourer !
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 869 critiques Suivre son activité

Critique de la série
3,5
Publiée le 3 octobre 2022
J'ai trouvé que cette série était plutôt bonne. On sent d'ailleurs qu'il y a beaucoup de travail derrière. Le scénario semble avoir été travaillé et retravaillé. Peut-être même un peu trop. Le côté esthétique est très travaillé aussi, c'est très visuel. On sent des influences de Tarantino ou tout simplement les séries B des années 70. Pourtant je n'ai pas ressenti que le côté gore-érotique ressortait trop bien qu'il y ait, à mon goût un peu trop de scènes érotiques. Arestrup et Duvauchelle font du Arestrup et Duvauchelle, sans plus, mais ce n'est déjà pas si mal, non? Bref, une bonne série divertissante, qui garde en haleine, un 1er épisode très réussi d'ailleurs. Avec une petite touche peut-être de too much.
Xavier D
Xavier D

82 abonnés 1 145 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 24 avril 2023
Pourtant si je n'aime pas pas trop Duvauchelle, là il m'a bluffé littéralement. Aussi dans mes petits papier, Niels Arestrup, fait merveille. Mener hors par des sentiers battus, qui tourne bien comme un manège, la réalisation, le scénario, l'interprétation, les rebondissements, l'aspect très stressant, oppressant, est multiplier par mille. Un bijou dans le monde des mini série française. A aucun des moments, j'ai lâché l'affaire tant que c'est passionnant du bout à l'autre. Difficile de spoiler, tant que ça nuirait. Attention, c'est traumatisant.
Pierre-Jean B
Pierre-Jean B

19 abonnés 86 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 18 octobre 2022
Une série filmée et réalisée avec brio. Le jeu des acteurs est à la hauteur de cette histoire aussi riche que tordue. Il est rare, voire exceptionnel, qu'une série française me captive de la sorte. Malgré les quelques petites imperfections vite effacées par tout le reste, c'est un de mes grands coups de cœur de l'année 2022.
haring.k
haring.k

21 abonnés 66 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 19 octobre 2022
Excellentissime du début à la fin. Quel plaisir d'avoir découvert cette série, bien réalisée avec un vrai scénario qui tient la route de bout en bout et juste ce qu'il faut de dérangeant dans la veine de Sharp Objects par exemple. Et enfin des acteurs magnifiques. La France peut sortir des vraies pépites, que cela continue ! Merci Arte.