J’ai grandi avec Un, Dos, Tres dans les années 2000. Cette série a bercé mon adolescence, avec ses personnages hauts en couleur, ses intrigues parfois absurdes mais toujours intenses, et cette école mythique qui faisait rêver. C’est donc par pure curiosité et surtout par nostalgie que j’ai lancé Un, dos, tres Nouvelle génération.
Et quelle déception….
Cette nouvelle version est insipide, molle, sans aucune saveur. Les histoires des personnages sont futiles et ne mènent nulle part. Là où la série originale savait donner du relief et un vrai caractère à ses élèves même dans l’exagération ici tout paraît superficiel, à peine esquissé, jamais approfondi. On survole des intrigues sans jamais les explorer réellement.
Et l’école… mais quel enfer.
On dirait un adulte dépressif et alcoolique qui aurait perdu toute lumière intérieure. Elle a perdu ses couleurs, son énergie, son effervescence. Tout est terne, triste, froid. Où est passée la grande école prestigieuse dirigée par Carmen Aranz ? Voir ce qu’elle est devenue m’a sincèrement fait mal au cœur.
Aujourd’hui, l’établissement semble à l’abandon. Presque plus d’élèves en dehors de ceux recrutés pour la comédie musicale. Plus de première, deuxième ou troisième année. Côté professeurs ? À part Silvia Jauregui, sa copine (oui oui) et « l’Argentin », il n’y a plus grand monde. Ce n’est plus une école, c’est le vestige d’un souvenir qui joue à fond la carte de la nostalgie sans jamais retrouver l’âme d’origine. On sent que Silvia peine à maintenir l’endroit en vie, comme si plus personne ne voulait y croire.
Les musiques sont catastrophiques.
Dans la première série, on avait de vrais tubes des années 80, 90 et 2000 pop, rock, chanson espagnole qui donnaient une vraie identité aux scènes. Ici, on a l’impression d’écouter des compositions dignes de musiques libres de droit trouvées sur internet. Quant au remix du générique… une catastrophe sans nom. Ils ont complètement dénaturé un hymne emblématique.
Concernant les intrigues personnelles, tout part dans tous les sens sans jamais être traité avec profondeur. Certaines relations et orientations des personnages semblent davantage utilisées comme arguments “modernes” que comme éléments narratifs sincèrement développés. Là où la série originale présentait naturellement des personnages gays, hétéros, des histoires compliquées entre profs et élèves, ici on a parfois l’impression que la série insiste lourdement pour montrer qu’elle est “dans son époque”, sans que cela serve réellement l’histoire.
Au final, à part quelques clins d’œil nostalgiques comme le nez de clown, le calendrier de Sergio et le plaisir furtif de revoir Lola Fernandez, Roberto Arenales, Adela Ramos (le temps de quelques secondes), il ne reste qu’une sensation amère.
Comme si on avait piétiné un souvenir précieux.
Ce n’est pas une renaissance.
C’est une coquille vide qui tente de survivre sur la nostalgie d’une génération. Très déçue…