La série est tout à la fois mystérieuse, étrange, drôle, angoissante et très surprenante. On va de surprise en surprise. C'est un programme survitaminé, voire déjanté, que l'on doit principalement au trio d'actrices qui dégage une énergie débordante. Ces dernières affichent des profils excessifs et très contrastés, ce qui apporte beaucoup d’originalité au récit.
Au départ, elles se rendent aux funérailles de Greta, l'une des quatre amies de lycée et décédée de nos jours, soit plus de vingt ans après leur scolarité. Mais, sur place, quelque chose cloche et leur présence se transforme rapidement en une enquête à la recherche de la vérité.
Le début est perturbant, tant l'univers est particulier et complexe à assimiler. Cependant, une fois que l'on a sympathisé avec ce trio d'amies, on fait corps avec l'ambiance et le style : la série se présente alors sous son meilleur jour. C'est même l'euphorie. On peut qualifier cette œuvre d'OVNI, tant les codes sont cassés à tous égards. Scénario, mise en scène, écriture, prestations : rien n'est conventionnel.
Pourtant, au fil de l’enquête et des épisodes, j’ai eu la sensation que l'ensemble devenait trop répétitif. Pour moi, l’enthousiasme du début est retombé progressivement. Le déroulement des événements tarde trop à lever le voile sur cette disparition : on tourne en rond avec peu d'innovations dans l'intrigue. Le trio de « power girls » pousse un peu trop loin, à mon sens, des échanges bavards qui finissent par briser l’originalité qui m’avait tant séduit au départ. Même si cela fait partie du concept absurde voulu par sa créatrice, Lisa McGee, le jeu m'a paru trop surjoué. Ce dernier est accompagné de quelques grosses facilités scénaristiques qui rendent la situation trop simple, et donc peu crédible.
En résumé, j’ai fini par trouver "De Belfast au paradis" un peu lassant. Je le regrette et je pense qu'il aurait été préférable de boucler cette histoire en six épisodes au lieu de huit.