J'admet volontiers que cette série est légendaire, mais la pluie de spoils que j'ai reçus ont gâché mon plaisir et ont donc ruiné ma découverte. Que dire ? Le pilote est parfait, nous mettant l'eau à la bouche dès les premiers pas de Walt dans le business, en nous faisant prendre connaissance de ses motivations et de son objectif. En fait les deux premières saisons sont une mise en branle mais pas dans le mauvais sens du terme. Ces deux saisons sont réalistes en tout point, car la démarche de White et Jesse va prendre du temps à se mettre en place. Gilligan est soucieux de de filmer avec précision l'évolution de l'association entre ce prof de chimie cancéreux et son ancien élève toxico. Ce duo entre dans un monde emplit de violence, où ils devront apprendre à se faire respecter et à s'imposer. Les négociations s'aiguisent ce qui met en valeur les prémices d'une expérience dans le domaine de la méthamphétamine. Souvenons nous du premier deal de Walter et Jesse et souvenons nous de la tournure que celle-ci va prendre. Le visage de Walt, affolé par cette démonstration de cruauté, reflète parfaitement de la situation : il voulait un échange exemplaire mais il a obtenu exactement l'inverse. Cet échange témoigne donc de l'impuissance de ces deux néophytes qui vont au final après moult péripéties, gravir les échelons et arriver au sommet. Malgré tout, je trouve que certains épisodes se ressemblent beaucoup. Je n'ai pu compter le nombre de fois où Skylar va prendre à parti Walter pour lui demander où est-ce qu'il avait passer sa journée. Mais cette répétition va finir par s'estomper quand Walt devra se rendre à l'évidence et finir par révéler son secret. Les doubles vies de Jesse et Walt vont finir par les dépassés, et c'est ce dont je me délecte dans Breaking Bad : qui ira plus loin qu'un tel ? Qui sera plus vicieux que l'autre ? Qui gambergera le mieux ? Une chose qui est glaçante dans Breaking Bad c'est qu'à chaque fois qu'un personnage essaye d'arranger la situation, tout dégénère. C'est quelque chose d'assez préoccupant : une mesure amènera à des échanges violents, des menaces ou au pire des victimes. Autre chose de remarquable dans BB, c'est que l'objectif de Walt, charitable aux origines, devient peu à peu un mécanisme de persévérance accrue à chaque succès, ce qui entraîne chez l'antihéros qu'est Walter White, un système vicieux qui tourne finalement au malsain : Fait-il cela pour sa famille ou juste pour satisfaire son ambition débordante ? Les idées doivent se bousculer dans la tête de Walter, qui devient peu à peu un manipulateur hors pair et donc l'homme le plus dangereux de la série. Les méthodes de Walter peuvent paraître répugnantes, mais avouez que l'admiration nous gagne à chaque fois. Dans combien de cas Walt devra t-il mentir, jouer la comédie pour au final tourner la situation en son avantage pour conserver le contrôle ? Je parle du contrôle oppressant qu'il exerce sur Jesse ( l'épisode 12 de la saison 3 ) La crédibilité de Walt repose sur le jeu d'acteur de Bryan Cranston. Bon dieu, voilà bien un acteur hors norme. Un condensé de virilité, d'expression et de comportement. On se souvient tous de la scène où Walt se présente comme personnifiant le danger, avec les tendons de son cou qui se crispent et ses yeux froncés ressemblant à des billes de plombs. Jamais on aura donner autant de profondeur à un personnage. Jamais on ne se sera enfoncer dans les méandres d'un esprit tant guetté par le tourment. Je dois être franc, je crois que cela faisait très longtemps que je n'avais pas été autant assailli par la détresse ou l'insanité qu'à la fin de l'épisode 11 de cette même saison 3. Quand Walt se rue dans son sous sol et cherche avec détresse son argent et qu'il s'aperçoit avec horreur que le fruit de ses efforts s'est volatilisé. La voix de Cranston devient guttural quand il crie, mais lorsqu'il demande une énième fois à sa femme où son argent est passer, j'ai manquer de me faire dessus. Il le gueule avec une telle force, que ça ne m'étonnerait pas qu'Anna Gunn eut été réellement horrifiée par la gueulante de Cranston. Puis vient le moment où Walter part dans un rire hystérique, témoin d'une vésanie engendrée par le stress et les émotions brutales. L'étau se resserre. De plus cette scène contient dans la bande son un battement lancinant ponctuant les rires de Walt et accentuant le message de détresse de Marie, qui m'a presque refiler la nausée. Un des pétage de câble les plus mémorable de l'histoire ( et moi qui croyait qu'on ne dépasserait jamais celui de Nicholson dans Shining, dans le salon Colorado ) En un sens, ces deux scènes s'apparentent beaucoup : Jack Torrance et Walter White sont psychologiquement anéantit, par l'isolement ou par l'attente, et finissent par laisser leur psychose les animer. Certes cela s'observe moins chez White car celui-ci se contient, mais au fond, on ne souhaite par le revoir dans le même état de démence. En tout cas deux interprétations légendaire. Je finis juste sur la scène où Walt perd le contrôle en affirmant que jamais une scène ne m'avait autant atteinte. J'étais presque prit de vertige quand l'épisode se termine. La force de Breaking Bad demeure dans la transformation des personnages. Je n'aime pas parler d'évolution, car il arrive un stade où on arrive à reconnaître nos limites et peut être celles des autres. Si l'on prend un album photo, qu'on observe Jesse dans la première saison et qu'on le contemple dans le dernier épisode ( c'est peut être un mauvais exemple ) ou du moins l'épisode 10 de la saison 3, on est presque choquer par la différence. Comme si le malheur se répercutait sur les traits de Pinkman. Et c'est là qu'on observe avec qu'elle minutie les personnages sont travaillés. Après la série dans son ensemble ressemble à un western contemporain, avec ces plans sur des plaines désertiques ou ces collines baignées dans un soleil ardent, ou bien encore des fois en filmant des entrevues dans le désert. Les gros plan sur les visages ou les inserts font bien penser aux westerns de la vieille époque. Ce que j'adore personnellement. Je vais aborder un point commun que les puristes de la série vont peut être renier mais l'humour de Breaking Bad est un élément majeur dans la série. Omniprésent dans les deux premières série, elle s'amenuise par la suite quand la situation s'envenime, ce qui permet de bien retranscrire la panique générale. Non, franchement des fois j'ai ri de bon cœur. Pas parce que c'était forcément très drôle, juste parce qu'elle était déplacée ou que je ne m'y attendait pas. Quand Walt regarde, éberlué, Krazy 8 courir au beau milieu de la route pour en final se prendre un arbre, j'avoue que je ne m'y attendais pas. Ou encore dans je ne sais plus quelle épisode où Jesse prépare une fournée et que la caméra se décale légèrement pour révéler Walt qui observe son apprenti avec un œil méfiant, j'ai rigoler. Tout simplement parce que l'on connait le tempérament de White et son coté perfectionniste. Voilà. Sinon, incroyablement je n'ai pas été très réceptif au final, triste certes, mais je n'ai pas été émotionnellement atteint. Je ne comprend pas pourquoi. Bref, je boucle car j'ai l'impression d'avoir fait à peu près le tour. Un bijou d'écriture et une grande série.