MAIS QUELLE SÉRIE ! On se retrouve avec un mélange de SF et de policier, le tout parle de mondes parallèles et d’événements surnaturels. J. J. Abrams étant le créateur, la surprise est au rendez-vous et à chaque fois ca m’a choqué et ça marche. Et il ne suffit que du premier épisode pour introduire cet univers et poser les bases. Les enquêtes suivies dans chaque épisode m’ont procuré de l’étonnement et se terminent toujours de façon à continuer, même s’il y en a certains qui manquait de rythme. Chaque saison a sa propre intrigue en particulier et est différente de l’autre :
la saison 1 introduit, la saison 2 s’approche du voyage interdimensionnel, la saison 3 passe d’un univers à un autre, la saison 4 base une nouvelle linéarité et la saison 5 se veut plus nihiliste
. Les derniers épisodes reviennent même aux bases
surtout quand les personnages utilisent des produits qui ont été responsables de leurs enquêtes précédentes
.
Ce qui est réussie aussi, c’est l’écriture des personnages : leurs développements sont très bien illustrés et ils deviennent rapidement attachants. Même les antagonistes ont suffisamment de temps pour être humanisés ou bien pour qu’on les apprécie. Olivia Dunham a traversé beaucoup d’épreuves, mais trouve toujours sa force et son courage et c’est grâce à ce rôle que j’adore Anna Torv. Peter Bishop peut paraître détestable au premier abord, mais il va se dévoiler comme plus complexe qu’on le pense. Mais la meilleure performance selon moi, c’est celle de John Noble en Walter Bishop : parfois désordonné mais drôle, Walter a l’arc narratif le mieux représenté et J. Noble nous offre son meilleur rôle. Ils parviennent même à offrir une version opposées d’eux-mêmes pour jouer leurs alter-égos de l’autre côté. Quant à Astrid, si elle est moins mis en avant que ses partenaires, elle est empathique et fait office d’ange gardien avec qui on peut avoir des moments plus calmes. Les personnages secondaires ont aussi leurs propres complexités et bien interprétés : Lance Reddick en Broyce et Blair Brown en Nina Sharp,
qui a d’ailleurs droit à une scène mémorable avant sa mort
. William Bell et David Walter Jones le sont également. Les Observateurs sont des antagonistes à part et leurs inexpressions font stresser, même quand ils apparaissent furtivement ou
qu’ils sont au cœur de la dernière saison
.
Les mises en scène des épisodes sont des purs plaisirs à regarder et bénéficient d’un très bon jeu de lumière, représentant la vision d’Abrams. Quand la tension monte ou que l’action arrive, les mouvements en caméra à l’épaule sont fluides et ne rendent pas indigestes. Tout cela est retranscrit par la parfaite musique de Michael Giacchino, qui parvient à trouver de nombreuses variations avec des instruments à corde pour les moments stressants et tendus (violons, violoncelles, …) et qui créent des notes au piano pour les moments plus dramatiques. Les effets spéciaux restent aussi bluffants : ils ont pris des rides, mais accusent bien l’âge et restent impressionnants pour le milieu télévisuel.
"Fringe" est un chef-d’œuvre télévisuel méconnu, qui a une histoire complexe mais qui sait respecter la même base de la temporalité qu’elle soit mentale, interdimenssionnelle ou paradoxale. Après deux premières saisons excellentes, c’est à partir de la saison 3 qu’elles deviennent des chefs-d’œuvre. Elle avait très bien commencé et s’est terminée de façon symbolique. Les acteurs sont tous parfaits dans leurs rôles, Olivia, Peter et Walter portent la série sur leurs épaules et sont accompagnés par des personnages tout aussi mémorables malgré leurs actions pour certains. C’est agréable à regarder, la musique est réussie et je ne peux que conseiller de découvrir ceci qui n’est rien de plus que la meilleure série que j’ai vue.