Nouvelle pépite drama-western dans la lignée de « Yellowstone » et ses diverses séries préquelles, nous sortons clairement du traditionnel quotidien du bétail et entretien d’un ranch pour se concentrer cette fois-ci sur la ruée vers l’or noir. Un récit passionnant ou les 10 ép nous plonge tour à tour entre ce quotidien du forage, la vie de famille assez impossible et cocace du chef (magiquement joué par Billy Bob Thornton) et les dérives judicio-administratives. Un cast global excellent ou chaque personnage brille tant par son charactère que par le côté lunaire de leur vie,
le trio principal par Billy Bob / Michelle Randolph & Ali Larter est l’ovni incontestable de cette série, si bien par l’écart radical de vie perso que pro mais surtout, par le charactère. Un responsable de site de forage en constantes tensions avec ses supérieurs et le quotidien de ses sites, père d’une ado aux allures de la parfaite Barbie aux problèmes tant existentielles, se plaignant de la moindre imperfection dans sa « vie sociale » sans jamais relativiser. Puis, se reformant « in extrémis » avec son ex-femme, elle-même Barbie quarantenaire millionnaire (Ali joue là son rôle le plus WTF, à des années lumières de la survival des « Résident Evil ») démarrant d’abord derrière un portable (ma crainte sur sa présence fut assez élevée) mais finissant magistralement sur le terrain avec elle aussi une existence tellement lointaine de celle de son mari. Une performance royale et qui fait de sa relation avec sa fille, l’une des plus lunaire niveau échanges mais cela montre à quel point la gêne n’a pas sa place. Kayla Wallace, l’avocate au tempérament vorace et assassinant verbalement d’un rêver de main tous ce qui ne lui plaid pas, sa relation pro « forcée » avec notre cheffe est une pépite. Jacob Lofland ou le fils peu dégourdi, très peu charismatique et sans aucune connaissance du terrain, un agneau dans un univers de brutes épaisses, le jeune qui va contre toutes attentes (mais rapidement prévisible) se former une solide relation avec Paulina Chávez, la jeune mère au foyer « désespérée » dont le mari « tant aimer » joue plus l’employer rebel / bourrin et le caïd de la drogue que le père exemplaire. 2 mondes pour 2 ambiances que personne ne soupçonne vraiment. Du moins, jusqu’à l’instant fatidique, faisant de l’ép en question un moment anthologique dont on ne ressort pas indemne. James Jordan ou le bras droit de notre chef, d’une sympathie totale, un ami à part qui, curieusement, vit sous le même toit, témoin à sa charge des envolées lyriques, son charactère est aussi comique que génialement banale. Enfin, le duo secondaire, Jon Hamm & Demi Moore en tant que mariés millionnaires et gérant de cet empire pétrolier, un homme voyageant à travers l’état et ses coups de fil, ses millions et son administration. Demi par contre, hormis prendre un chèque de figuration, à quoi a-t-elle servie sérieux ? Je passerais cette « guest » tant elle n’en vaut pas un mot supplémentaire mais son Jon à l’inverse fut le parfait portrait de ces chefs d’entreprise, mania de leur secteur ou le moins dollar à son importance jusque dans les réunions (la seule que nous pouvons voir fut très intéressante)
. Une intro aussi percutante que passionnante ou les moyens artistiques et techniques, égaux à ceux du « Yellowstone-verse » n’ont pas besoin de plus, développements, jeux, récit et scènes clés, tout est là au moment voulu avec les excellentes conséquences souhaités.