A la fin des années 70, à Riga, un jeune homme fringant et débrouillard, couturier dans un théâtre, Renars, monte des combines pour arrondir ses fins de mois. Piégé par un ancien camarade de classe, jaloux de lui, et devenu officier du KGB, il est interné en hôpital psychiatrique pour être remis dans le droit chemin. Là, il est embarqué dans une entreprise illicite de fabrication de jeans.
Cette chronique, parfois loufoque, est très intéressante en ce qu’elle nous replonge dans l’ambiance délétère des pays de l’arc soviétique à la fin des années 70. Les hiérarques vieillissant de l’empire et leurs sbires commencent à se faire déborder par l’aspiration à la liberté d’une jeunesse éblouie par les produits et la culture de l’Occident.
Comme dans toutes les séries excellentes, le fort propos historique s’appuie sur des destinées individuelles passionnantes, ici celle de Renars, pris en otage par le KGB mais amoureux d’une metteuse en scène finlandaise, soutenu par un réseau d’amis indéfectiblement fidèles et qui devient une icône de la jeunesse soviétique contestataire.
Les frasques des différents acteurs de l’hôpital psychiatrique (médecins, patients, contremaîtres) sont d’une drôlerie et d’une inventivité qui surpassent celles de « Full Monty ».
Il faut prendre un peu de temps pour entrer dans la série qui met un épisode à se positionner avant d’être accroché par l’intérêt de l’intrigue, par la force du témoignage historique, par l’humour, le courage et la débrouillardise de ces populations encore soumises au joug soviétique en voie de déliquescence.
Remarquable série que je recommande vivement.