Half Man
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4,0
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ManuFromParis
ManuFromParis

12 critiques Suivre son activité

Critique de la série
2,5
Publiée le 31 mai 2026
La mise en scène et l’interprétation sont époustouflantes mais le montage et la narration volontairement déconstruits, finissent par lasser et desservir l’histoire à force de tout faire pour masquer les deux informations capitales pour justifier l’acte final d’un point de vue scenaristique: spoiler: le fait que Ruben ait été abusé sexuellement par son père de manière répétée et que Niall ait couché avec la femme de son frère et soit donc le père du fils de Ruben.

Personnellement je trouve que le deuxième point est la grosse faiblesse du scénario: spoiler: évidemment cette trahison est insupportable pour tout le monde et pour Ruben en particulier, mais de là à pousser Ruben à une vengeance de cette ampleur, accomplie de sang froid, je trouve que ce n’est pas crédible.

Par ailleurs, toute la violence de Ruben est finalement justifiée par spoiler: le fait qu’il n’ait jamais accepté d’avoir parfois joui des sévices sexuels perpétués par son père
mais là encore je trouve cet enjeu dramaturgique trop artificiel pour justifier la violence finale du personnage.

Au vu de la bande annonce, je n’avais pas très envie de regarder la série car généralement je n’aime pas ces histoires de relations d’influence et de dépendance toxiques, mais je me suis laissé tenter à cause des excellentes critiques et du casting de premier ordre. Et bien finalement je regrette et j’aurais préféré ne pas y avoir été confronté parce que je n’ai pas cru à l’acte final et pour moi toute l’histoire s’est écroulée à cause de ça.

Si on schématise, spoiler: c’est l’énième histoire d’un criminel traumatisé par un abus sexuel.
Si j’ai une immense compassion pour les victimes de ces crimes abjectes, j’en ai un peu marre de ces scenarios alembiqués et racoleurs qui poussent toujours plus loin les limites de la violence comme seule fondation dramatique et scenaristique.
StephHapiot62
StephHapiot62

18 critiques Suivre son activité

Critique de la série
3,5
Publiée le 31 mai 2026
Mini-série intense avec de très bons acteurs, elle ne laisse pas indifférent.
J'aime retrouvé ce rythme de diffusion d'1 épisode par semaine.
Ynot
Ynot

2 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 12 mai 2026
Cette mini série est très captivante. Nous suivons l'histoire de deux "frères" à travers leurs vies adolescentes et adultes. Les personnages sont profonds. L'histoire est dure.
Les acteurs jouent très bien.
Virginie Lecomte
Virginie Lecomte

2 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 26 avril 2026
Pour le moment, je n'ai vu que le premier épisode qui nous fait entrer dans la vie de ce jeune garçon qui voit le retour de ce "frère" et surtout qui nous donne très vite envie d'en savoir plus. On devine qu'il s'est passé quelque chose en les deux mais c'est tout pour le moment. Série réaliste et violent mais vraiment bien joué.
Kali
Kali

3 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 28 mai 2026
Half Man, Richard Gadd remet le couteau dans la plaie:

Après "Mon petit renne", on pouvait croire Richard Gadd au bout de son malaise. Erreur. Half Man creuse plus profond, plus froid, plus loin.
Tout part d'un mariage. Ruben débarque à la noce de son frère Niall, tendu, fébrile, et la fête vire à l'explosion. De là, la série remonte trente ans en arrière, des années 1980 à aujourd'hui, pour dérouler le fil d'une fraternité qui se délite. Pas une fraternité de sang, d'ailleurs : Ruben et Niall deviennent frères lorsque leurs mères entament une relation amoureuse. Ce lien fraternel d'emprunt devient aussitôt la frontière ambiguë du récit.
Car le cœur du film est là, et c'est ce qui le distingue. La série traite frontalement d'une crise de la sexualité : à mesure qu'il grandit, Niall comprend spoiler: qu'il est gay, mais l'homophobie subie à l'école et les insultes de Ruben lui-même l'enferment dans la peur et la honte. Sa propre masculinité toxique et son homophobie intériorisée sont les seuls obstacles entre lui et sa sexualité, aucun facteur extérieur. Entre les deux hommes circule une chimie souterraine, un désir jamais formulé mais constamment perçu.

La réserve, capitale : ce n'est pas une histoire d'amour gay, et c'est précisément le propos. Là où Heartstopper ou Heated Rivalry offrent chaleur, représentation et résolution, Gadd offre le refoulement, l'autodestruction et un silence suffocant.

Gadd, qui se dit bisexuel, explique avoir voulu représenter ceux qui se sentent laissés de côté par les récits queer lumineux, ceux qui traversent une crise identitaire sans s'y reconnaître. La série est queer par la négative : une histoire de désir empêché plutôt qu'accompli.
Gadd ne ménage personne, à commencer par lui. La mise en scène est soignée, souvent glaciale, et l'Écosse des années 80, marquée par le sida, l'homophobie ambiante et la violence sociale y respire le vrai. Certaines crises de rage virent à l'agression sexuelle jamais verbalisée ni montrée, laissant le spectateur libre d'interpréter ; une tension quasi incestueuse irrigue les schémas de domination. On regarde la boule au ventre, et on continue quand même.

Le tandem porte tout. Gadd et Bell livrent le meilleur de leur carrière : Ruben se charge d'une démarche pesante et d'un registre vocal presque simiesque ; Bell, lui, incarne avec une sincérité déchirante une douleur dont la source remonte tout entière à l'homophobie intériorisée de Niall.

La noirceur est si totale que Première regrette l'absence du moindre rai de lumière sur six épisodes.

Reste l'essentiel. Sans jamais prononcer les mots « masculinité toxique », la série plonge dans la haine de soi des hommes sommés de se conformer, et demande ce qu'il advient d'un enfant terrifié dont l'identité tout entière dépend de l'approbation d'une brute. Half Man n'est pas une série confortable. C'est une série nécessaire, à déconseiller aux âmes sensibles. Ou à leur recommander, précisément parce qu'elle parle d'elles.
Manon Czeryba
Manon Czeryba

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Critique de la série
5,0
Publiée le 31 mai 2026
Série comme on en voit rarement qui abordent des sujets sensibles jamais abordé, elle est tout simplement grandiose même si elle peut mettre mal à l’aise certaines personnes. Les acteurs sont exceptionnels.
Karl
Karl

1 critique Suivre son activité

Critique de la série
0,5
Publiée le 7 juin 2026
Avec Half Man, la série semble s’inscrire dans une tendance contemporaine qui consiste à explorer les zones les plus sombres de la psyché humaine à travers la violence, le malaise et la transgression. L’ambiance est lourde, volontairement dérangeante, et met en scène un univers où le harcèlement psychologique et physique devient presque un langage narratif à part entière.

Pourtant, derrière cette façade de provocation, la série peine à dépasser son propre dispositif. Elle accumule les situations extrêmes et les dynamiques de domination sans leur donner une véritable profondeur dramatique ou psychologique. Le sentiment qui domine est celui d’un récit qui effleure ses thèmes plutôt que de les interroger. Les personnages évoluent au gré de leurs névroses, mais sans véritable progression, comme enfermés dans une mécanique répétitive où le choc remplace souvent la construction.

Certaines lignes narratives, notamment la bisexualité du protagoniste et sa relation avec la femme de son frère, apparaissent davantage comme des ressorts fonctionnels que comme des éléments réellement développés. Elles semblent surtout destinées à nourrir la tension dramatique et à préparer la résolution finale, plutôt qu’à enrichir la complexité des personnages.

Le final renforce cette impression d’écriture stratégique. La scène de Ruben blessé face au corps de son frère, mise en regard avec l’épisode précédent où il apparaît déjà “mort” sur un brancard, donne le sentiment d’un jeu de construction autour du suspense et de la saisonnalité, davantage que d’une nécessité narrative interne. L’ensemble laisse planer l’idée d’une continuité artificiellement ouverte, pensée autant pour relancer l’intrigue que pour clore un arc.

Au final, Half Man s’inscrit dans une esthétique de la provocation maîtrisée mais rarement transcendée. La série exploite des sujets sensibles et des images fortes, sans parvenir à les transformer en véritable réflexion. Elle reste ainsi à la surface de ce qu’elle prétend explorer : une œuvre efficace dans ses effets, mais qui laisse peu de trace une fois l’impact initial dissipé.