Quand on me parle d’Ovni télévisuel je repense toujours à ce dessin animé qui porte si bien son nom : ouis Highschool Kimengumi en japonais je sais mais pour une fois ça donne mieux en vf, surtout que la vraie traduction c’est « le lycée des joyeux lurons ».
Déjà caler ça entre les Chevaliers du zodiaque et Sailormoon (ou DBZ) c’était risqué et osé, ça allait mieux quand on avait Nicky Larson. Sauf que là on partait dans des délires à chaque épisode, tellement que ça en devenait difficile à suivre parfois, mais tellement marrant... Avec le recul c’était peut-être la série la plus immersive dans la culture japonaise, enfin surtout son côté déjanté à l’extrême. Évidemment on pouvait comprendre les blagues et difficile de ne pas rire à chaque fois, puis ce gadget de rétrécir les gens contribuait bien à l’ambiance générale un peu foutraque. Inutile de rajouter qu’il ne faut pas chercher une trame classique ici, ni une mise en scène particulière ou une quelconque continuité car l’auteur fait tout voler en éclats, et tant mieux.
Sauf que derrière ce chaos ubuesque on avait une certaine profondeur (oui bien caché derrière des monceaux d’extravagances), notamment quelques critiques sur : l’école, l’uniformisation (les héros sont en rouge, les autres en noir), les autres anime de l’époque (Olive et Tom, DBZ, Jeanne et Serge), l’âge ingrat de l’adolescence et ses excès, la transidentité avec Dan sans trop en imposer (pas comme le wokisme quoi)… C’est tellement énorme que le fait que tous les persos soient de gros clichés n’est même pas dérangeant, c’est presque anecdotique et ça rajoute de l’humour. Couplé aux looks loufoques, aux têtes déformées, aux réductions régulières de taille, aux voix qui partent dans tous les sens, on est servis niveau nawak. D’ailleurs quid de la VF ? On a l’habitude : elle est un peu aux fraises, sauf qu’avec la voix de Parker Lewis, de Jim Carrey, Candy et celle de Nicky Larson, plus un texte décalé puisque la traduction est barrée, le résultat verse lui aussi dans le chaos donc c’est top. Enfin on a le générique de Bernard Minet, donc c’est culte, et pour un dessin animé sur des cancres c’est plus qu’inattendu d’atteindre ce niveau.