Adolescence
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Pierricdrai
Pierricdrai

13 abonnés 118 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 1 mai 2025
Préambule
Jamie est un adolescent comme il y en a tant. Il est certes issu d’une famille populaire mais rien ne laissait présager qu’un matin, les forces de police fassent irruption chez lui, le sortent du lit et l’emmènent de force au commissariat, le tout devant des parents pour le moins choqués et incrédules. Il faut dire que les moyens déployés pour procéder à l’arrestation d’un enfant à priori inoffensif et tétanisé par la peur a de quoi surprendre. Pourtant, il va s’avérer que ce dont il est accusé n’a rien d’anodin : cette petite bouille angélique est suspectée d’avoir assassiné une élève de son collège à l’arme blanche.

1
Si le premier épisode fait office de coup de poing, c’est qu’il nous plonge de manière ultra-réaliste dans le chaos de cette arrestation musclée et de ses conséquences directes : mise en examen, attribution d’un avocat commis d’office, interrogatoire... Le plan-séquence qui compose ce chapitre procure un sentiment de suffocation, voire de sidération face à cette brutale descente aux enfers. A l’instar des parents de Jamie, on reste médusés devant cette mise en branle policière et judiciaire qui terrifie cet enfant dont on ne sait pas ce qui lui est exactement reproché mais dont on espère farouchement l’innocence. Jusqu’à ce que la vérité nous éclate au visage ainsi qu’à celui d’un père accablé par le chagrin et l’incompréhension. Car s’il est un défaut à cette série, c’est de trop longtemps laisser croire qu’elle pourrait s’apparenter au genre policier. Or, non ! Ce n’est pas sous angle qu’il faut aborder « Adolescence ». Les faits sont là, accablants, et aucun autre suspect ne sera jamais en mesure de sortir d’un quelconque chapeau.

2
Le second épisode nous montre l’enquête menée par les deux policiers en charge de l’affaire au sein de l’établissement scolaire de Jamie. Moins endiablé du point de vue du rythme, il s’emploie à nous dépeindre un milieu éducatif totalement dépassé par une jeunesse explosive qu’il ne parvient plus à contenir. La violence semble irradier de toute part, incontrôlable, jusque dans les téléphones portables de ces enfants qui usent de messages codés pour s’humilier mutuellement au nez et à la barbe des adultes. Si cet environnement n’apporte pas directement de mobile au geste irraisonné de Jamie, il témoigne efficacement du terreau qui l’y a conduit.

3
S’ensuit alors la pièce maîtresse de cette courte mini-série : durant près d’une heure, la psychologue de Jamie va chercher à comprendre le rapport que le jeune garçon entretient avec ses parents et avec les filles de son âge. Après plusieurs semaines de détention, on découvre un Jamie à fleur de peau, s’accrochant désespérément à une version des faits où il ne cesse de clamer son innocence. On assiste alors alors à un huis-clos étouffant où émerge la fragilité et l’agressivité d’un enfant tour à tour émouvant et effrayant. Une joute verbale brillante et fine qui révèle la psyché tortueuse d’un gamin tantôt prêt à se livrer, tantôt persuadé qu’on cherche à le piéger. Malgré la défiance et l’agressivité dont il fait preuve envers son interlocutrice, le besoin vital de savoir qu’il peut être aimé malgré son geste est absolument déchirant. Porté par un incroyable Owen Cooper et une Erin Doherty dont on ne rappellera jamais assez qu’elle est une immense comédienne, ce superbe plan-séquence brille par la fluidité sidérante de ses mouvements de caméra, tout entiers dévoués aux multiples émotions qui parcourent les deux acteurs dans cet intense moment de cinéma.

4
Le dernier chapitre reste en revanche longtemps problématique tant sa première partie s’avère bizarrement hors de propos. Centré cette fois-ci sur les parents de Jamie, il ne dit rien ou presque des états d’âme que la détention de leur fils leur fait vivre. On perçoit la fragilité émotionnelle dans laquelle ils se trouvent mais c’est tout de même très peu. Pour la première fois, l’usage du plan-séquence ne semble pas opportun car sur une heure de vie, tout n’est pas toujours digne d’intérêt. Il faut alors attendre que père et mère se retrouvent seuls et désemparés pour qu’enfin, leur échange prenne de l’envergure. Qu’ont-ils fait de mal dans l’éducation qu’ils ont offert à leur enfant ? Leur culpabilité teintée d’incompréhension est réellement touchante et beaucoup de parents se retrouveront dans la description réaliste de ce qu’est un adolescent de nos jours. Est-ce à dire qu’aucune famille n’est à l’abri du drame qu’ils essaient de surmonter ? Sans doute. Car que sait-on exactement de ce qui se joue dans les cours de récréation ou même quand ils sont devant leur écran ? Beaucoup de zones d’ombres auxquelles il est bien difficile d’avoir accès. Cet épisode est en ce sens un appel à la vigilance plutôt bienfaiteur.

Bilan
« Adolescence » n’est pas une série parfaite. D’une part, elle aurait dû s’abstenir de dresser l’illusion de l’innocence. Ce faisant, elle biaise l’axe de lecture qu’elle cherche par ailleurs à illustrer. En outre, si l’idée des plans séquences dont elle agrémente chacun de ses épisodes s’avère la plupart du temps pertinente, celui du dernier épisode était de toute évidence dispensable. Toutefois, notons qu’ils sont tout de même superbement réalisés et ne virent jamais à l’exercice de style. Au contraire, ils servent bien souvent leur propos tout en accentuant leur impact émotionnel. Mais le véritable tour de force a lieu lors d’un troisième volet d’une intensité qu’on n’est pas prêt d’oublier. Quant au contenu, il nous alerte sur les dérives d’un monde adolescent dont les adultes sont bien souvent tenus à l’écart. A ces derniers de tenter de renouer le dialogue avec une génération dont ils n’ont d’évidence plus les codes.
chrismarinelli
chrismarinelli

3 abonnés 7 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 21 avril 2025
Génial sur la forme et sur le fond . La performance des acteurs est impressionnante. Le dénouement est très fort et nous laisse avec tellement de questionnements et de sujets à réflexion …
Mélanie
Mélanie

24 abonnés 96 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 8 avril 2025
C'est assez prenant car hyper réaliste, tout est fait pour qu'on s'attache (s'identifie?) aux personnages.
Jamie est un garçon "normal", sa famille aussi. Sa vie d'ado est classique avec ses failles. Les personnages sont hyper accessibles et touchants.
Et la manière dont s'est tourné ressemblerait presque à un documentaire pour encore plus de réalisme.
Les épisodes sont tous différents. On ne s'ennuie pas.
La mécanique fonctionne.
Et dans ce contexte si "normal" on se demande comment un meurtre est possible. Le suspense est là, on ne décroche pas !
J'ai passé un bon moment.
A voir !
Henrico
Henrico

226 abonnés 1 446 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 27 novembre 2025
Série qui fait un peu froid dans le dos car elle semble calquée sur une affaire criminelle qui s'est réellement passée au Royaume Uni. Plus nous avançons dans cette affaire, plus nous allons de surprise en surprise. Et chacune représentant une déconvenue pour les parents, aussi bien pour ce qui est de l'intrigue principale, que pour les intrigues satellites. Tout cela, aboutissant à la conclusion, que peu importe les classes sociales, peu importe les origines ethniques des familles, les logiques gouvernant les ados sont aussi impénétrables que celles du Seigneur. Ce qui donne encore plus d'impact à la série, c'est que les acteurs sont exceptionnels. Les très jeunes, sans doute encore plus que les adultes. Les dialogues, très finement conçus, contribuent également à l'extrême réalisme de la série, qui laisse peu d'ouverture à l'optimisme.
Rideau sur l'Écran
Rideau sur l'Écran

99 abonnés 215 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 31 mars 2025
"Adolescence" impressionne par sa maîtrise. Chaque épisode, capté en un seul plan-séquence, épouse la tension d’un drame familial qui pourrait frapper n’importe qui. La mise en scène, nerveuse et organique, rappelle "The Chef", où l’on retrouvait déjà Stephen Graham, ici tout aussi remarquable en père dépassé. Une mini-série puissante, tendue comme un fil, qui marque autant par sa forme que par ce qu’elle raconte.
Cyril Bureau
Cyril Bureau

14 abonnés 713 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 19 avril 2025
Série percutante, sombre et réaliste, une histoire qui pourrait arriver à n'importe quelle famille dans ce monde actuel.
JEAN SM
JEAN SM

6 abonnés 177 critiques Suivre son activité

Critique de la série
2,0
Publiée le 24 mars 2025
Le traitement de ce fait divers est très intéressant car il s'attaque essentiellement à la famille et aux éléments périphériques du protagoniste inculpé. La prouesse tient évidemment dans ces quatre plans séquences d'une heure qui sont effectivement une prouesse technique. En revanche, le manque de rythme, la lenteur pesante des plans, et le manque de clarté du dénouement et de l'intrigue ennuient fermement le spectateur. On est finalement si content d'être enfin libéré à la fin du quatrième épisode que l'on en oublierait la victime et le meurtrier !
Yetcha
Yetcha

1 081 abonnés 4 734 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 16 mai 2025
Une série qui a bouleversée la vision qu'on a sur les réseaux sociaux, l'adolescence et le traitement judiciaire des mineurs. Au-delà de l'aspect psychologique passionnant, la technique de plan séquence à chaque épisode est époustouflant. Certains trouveront ça lent et parfois mou, mais cela est inhérent à la technique choisie. Certaines transitions sont exceptionnelles, notamment le passage en vue aérienne, sans coupure, les plans dans les voitures... C'est totalement fou pour qui se passionne un minimum dans l'aspect technique d'un tournage. Rien que pour ça, la série vaut le coup.
ferdinand75
ferdinand75

723 abonnés 4 454 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 20 mai 2025
Une belle série, techniquement exceptionnelle avec ces 4 longs plans séquence par épisode. Le 2eme étant le plus performant d’un point de vue technique, avec cette mini-caméra qui virevolte et « visite » un collège anglais pendant 45 minutes, croisant des centaines de lycéens/figurants, des profs, des batailles dans la cour de récré, pour finir par s’envoler sur un drone. Phénoménal. On imagine le travail de préparation en amont et de mise en place. Enorme . Même si cet épisode est peut-être le plus faible, car les jeunes acteurs ne sont pas toujours très bons, et tombent parfois dans la caricature ou le sur-jeu. L’inconvénient du long plan séquence c’est que l’on ne peut pas refaire toutes les prises. Le 3eme épisode, moins compliqué, dans un lieu plus retreint est formidable : la psychologue qui rencontre le jeune garçon accusé, et l’interroge essayant de percer sa personnalité. Superbe document sur le rôle du psy dans ce type d’affaire, sur la manière de révéler la personnalité du mis en accusation.
Le 4eme épisode lui aussi majoritairement dans un lieu clos, il est le plus fort, celui qui révèle la morale de l’histoire : quel est le rôle des parents dans l’éducation des enfants ? est-ce que l’on pourrait faire mieux ? trouver le bon équilibre entre autoritarisme et autonomie ? Les deux acteurs, les parents, sont formidables et traverseront une crise énorme de remise en question, c’est très dur, c’est puissant. Bien sûr le jeune garçon, héros principal est aussi très bon, impressionnant de puissance, de transmission et d’improvisation dans ces plans séquences intenses où il est quasiment toujours le personnage principal.
tisma
tisma

356 abonnés 2 300 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 25 novembre 2025
Une force d’ecriture, de realisation, d’acting... Une série cruelle et puissante en emotion mais qui va demontrer avec une telle violence un état fictif mais neamoins trés réaliste du contexte de la jeunesse actuelle
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

Critique de la série
3,5
Publiée le 3 avril 2025
4 plans-séquences (un par épisode donc) d’une virtuosité bluffante et particulièrement immersifs. Au-delà de l’aspect purement technique de cette série, je trouve dommage que le contenu ne soit pas homogène sur l’ensemble des quatre segments - le premier et le troisième sont vraiment percutants - et que certains sujets comme le harcèlement scolaire ou l’influence des réseaux sociaux n’aient pas été davantage creuser. Ceci dit, il faut reconnaître que « Adolescence » est rapidement devenu un phénomène et a le mérite d'ouvrir le débat. Et rien que pour ça, Jack Thorne et Stephen Graham, les auteurs, peuvent être remerciés.
Stéphane D
Stéphane D

174 abonnés 2 354 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 6 avril 2025
4 aspects d'une même histoire racontée en (vrai) plan séquence. Un défi de dingue relevé haut la main. Autant Birdman et 1947 utilisaient le (faux) plan séquence de manière spectaculaire, autant ici c'est tout à fait naturel. Mais selon moi le fonds étant tellement parfait, je ne suis pas sûr que ce défi technique colossal soit pour quelque chose à cette réussite magistral. Mais bravo quand-même!
Michael R
Michael R

138 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 30 mars 2025
Adolescence est tellement contemporain et sonde l'âme, la société, la jeunesse. Un drame terrible traité en 4 temps et autant d'angles. La psychologie des personnages ne peut que serrer le cœur. Sans compter que chaque épisode est un plan séquence, et cette maestria technique permet immersion et tension. Un monument.
nokidoki
nokidoki

94 abonnés 568 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 18 mai 2025
Premier épisode impressionnant.
Deuxième et troisième épisode excellent. on est vraiment embarqué dans la série.
Quatrième épisode lent et monotone.
Une fin incompréhisble.
Beaucoup d'acteurs jouent très mal.
J'ai bien aimé cette série sauf le dernier épisode où je me suis ennuyé.
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

90 abonnés 1 455 critiques Suivre son activité

Critique de la série
2,5
Publiée le 14 juillet 2025
Quatre épisodes, un seul plan séquence par épisode, c’est nouveau et original, c’est une performance technique, ce n’est cependant pas le critère numéro un pour que ça plaise et ça doit rester au service du film. La caméra tourne autour des acteurs avec de longs travellings qui peuvent devenir agaçant à la longue. Les deux premiers épisodes sont rythmés et on attend le suivant avec impatience. Les acteurs sont bons. Et puis ça dérape avec le troisième et le quatrième épisode qui sont longs, bavards, plats et sans saveurs. C’est juste un exercice de style avec beaucoup de questions en suspens, alors que le sujet méritait plus de traitement en profondeur.