De nombreux partis pris payants, dans un seul et même but : l'ultraréalisme. Je pensais que l'utilisation du plan séquence sans trucage relevait plus de l'exercice de style, mais dans chacun des 4 épisodes j'ai fini par oublier que le plan n'a pas changé, gage d'une immersion complètement réussie. Il est vrai que le premier épisode (extraordinaire, le meilleur pour moi) peut avoir des semblants de fausse promesse quand on voit le reste, mais ne serait-ce pas dû à un trop grand formatage des séries criminelles ? Par ailleurs, beaucoup d'éléments dessinent tout de même ce qu'il s'est passé et ce qu'il adviendra :
la vidéo est complètement réelle, Jamie est atteint d'une forme de schizophrénie dont il s'est peut-être rendu compte au fil des séances avec les psychologues, d'où sa plaidoirie finale, peut-être une dégénérescence des comportements colériques de son père...
En fait, le but premier de la série n'est pas de raconter l'histoire du crime, mais de dépeindre les conséquences bouleversantes qu'elles ont sur les gens normaux. Et cette normalité, elle est représentée à travers le temps réel, brut de décoffrage, avec ses temps morts et ses dialogues inutiles (vis-à-vis de l'intrigue s'entend, car l'écriture est parfaite), à travers un casting aux physiques et démarches variés également. Donc oui, le rythme est sans cesse brisé puisque le but premier du montage est de rythmer une production à sa guise. Mais son absence ici sublime le réalisme des séquences. D'autant plus que, même si la technique est impressionnante, le rendu est très sobre, avec une caméra lente la plupart du temps, toujours très stable, complètement au service des interprètes, tous bluffants (et puis quels accents !).
Malheureusement, alors même que la plupart du temps, le propos de fond est très nuancé, l'épisode 2 s'enfonce légèrement dans une caricature malvenue de la jeunesse.
Tous les élèves sont insupportables, tous les professeurs débordés et passifs.
Je comprends la difficulté d'illustrer l'école d'aujourd'hui car les problèmes représentés sont réels (l'extrême inverse aurait été hypocrite). Cependant ils sont omniprésents sur 50 minutes d'épisode jusqu'au trop plein, sans véritable nuance, ce qui est dommage. Les trois autres épisodes sont bien plus solides à mon goût..