Fini à l'instant.
J’ai a-do-ré. Franchement, une vraie claque. Je ne m’attendais pas à être touché à ce point par cette nouvelle proposition de Lucky Luke, et pourtant la série m’a embarqué presque immédiatement. D’abord par son ambiance, puis par sa musique, qui est tout simplement excellente. C’est le genre de bande-son qui ne se contente pas d’accompagner les scènes : elle leur donne une ampleur, une identité, une âme même. Niveau Ennio Morricone. Pour moi, elle part directement dans mes playlists favorites. Merci M. Thomas Cappeau.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que la série ne se contente pas d’aligner les références ou de recycler une icône populaire. Elle tente vraiment quelque chose avec le personnage. Elle prend le temps de creuser la légende de Lucky Luke, d’y injecter davantage d’épaisseur, de failles, de passé, presque de mélancolie par moments. Complètement nécessaire à une saison 1.
J’ai aussi beaucoup aimé le ton général. Il y a quelque chose qui rappelle Kaamelott ou Hero Corp dans certaines répliques, dans cette manière de faire cohabiter le panache, l’absurde, le décalage et une vraie tendresse pour les personnages. Le fait d’y retrouver Alban Lenoir explique aussi. Ce n’est pas un simple western parodique, ni une relecture froide et “moderne” qui chercherait à déconstruire pour le plaisir. C’est une aventure qui assume son héritage populaire tout en essayant de l’enrichir. Je me suis retrouvé plongé dans une BD.
La série présente aussi quelques clins d’œil : un peu de Zorro, un peu de Sherlock Holmes, des Indiens, des Mexicains, tout un parfum de grand récit d’aventure qui réveille quelque chose de très enfantin, au meilleur sens du terme. En la regardant, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir trente ans de moins. C’est rare, ce mélange de nostalgie et de fraîcheur, cette capacité à réveiller l’enfant intérieur sans tomber dans le simple produit nostalgique. La série réussit justement parce qu’elle propose une intrigue originale autour d’une quête qui replonge Luke aux origines de sa légende, au lieu de se contenter d’illustrer ou pomper platement les albums.
Alban Lenoir y est pour beaucoup. Je le trouve très convaincant dans le rôle : il apporte quelque chose de rafraîchissant, de physique, de sincère. Il ne cherche pas à imiter une image figée de Lucky Luke, il l’incarne à sa manière, avec une présence qui fonctionne vraiment. Quant à Jérôme Niel, je le trouve presque évident en Jo Dalton : il a l’énergie, la nervosité, la silhouette mentale du personnage. C’est sans doute l’un des castings les plus naturels de la série. Mon seul petit regret, s’il faut en formuler un, c’est que son personnage aurait peut-être pu être poussé encore plus loin, encore plus fort, encore plus fou. Mais cela reste plus une frustration de gourmand que de véritable critique. Et il faut en garder sous le capot pour d'éventuelles saisons suivantes.
J'y ai trouvé ce je ne sais quoi que je trouvais déjà à une autre série mythique de Disney : The Mandalorian. Pas seulement dans le héros solitaire qui s'entoure ou une quête en fil rouge qui n'est pas sans rappeler celle du mandalorien, mais dans la narration, la musicalité, la structure.
Au fond, ce que je retiens surtout, c’est que cette série m’a donné exactement ce que j’espérais sans que je sache vraiment l’attendre : du souffle, du cœur, des personnages, de l’humour, une vraie ambiance, et ce sentiment très précieux de retrouver une figure mythique sous un jour nouveau sans la trahir. Pour une adaptation française d’un monument pareil, je trouve cela déjà remarquable. Et pour moi, c’est bien plus qu’une bonne surprise : c’est une réussite.
J'attends impatiemment une saison 2, et en attendant, je vais dépoussiérer Red Dead Redemption 2.