Transposition d'un polar bien ricain (70s en plus), donc j'imagine des Appalaches version Delivrance vers nos propres montagnes, celles de Savoie. Alors, d'un côté, on applaudit l'audace, parce qu'il fallait oser ; mais de l'autre on se désole parce que ça sonne aussi faux qu'une série US avec doublage bourrin. Je sais bien que les chaînes info nous répètent que "la drogue gangrène la France profonde", mais si tant est que ce soit le cas, c'est par l'importation, pas par le bidouillage de je ne sais quelle substance bleuâtre (on dirait le liquide des pubs pour les règles !) de je ne sais quel lowlife dans une caravane pourrie au bord d'un chemin.
Le trafic de drogue est censé être le noeud de la série, pourtant on ne voit aucune transaction, aucun client !
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On ne comprend pas bien non plus le pourquoi et le comment d'une telle corruption de la gendarmerie - à part que ça permet d'éliminer complètement les pandores du scénario, c'est aussi commode qu'invraisemblable.
Dans le genre dépassé, la vision de la masculinité est bien d'époque (Néanderthal) aussi. Les mecs ont tous des métiers "qui en ont" : directeur d'un magasin de bricolage, conducteur de travaux, patron de bar, vendeur de camping-cars ; il conduisent tous des gros pick up diesel et bien sûr vont à la chasse. Les femmes, on sait pas trop, à part l'épouse de Magimel, jouée par Mélanie Laurent, médecin "à fibre sociale".
Le seul truc positif dans la série, c'est la description de ces sociétés des petites villes (moches) des vallées alpines, une province encore plus écrasée par l'isolement, la jalousie et l'ennui que le reste de nos "territoires".