Heureusement que les derniers épisodes relèvent le niveau, sinon ma note aurait été encore plus basse. Ce nouveau volet tarde en effet beaucoup à démarrer, ce qui lui a probablement fait perdre pas mal de spectateurs en cours de route (opinion renforcée par les autres critiques que j'ai lues). Le rythme lent, dans la lignée des deux premières histoires, colle bien aux derniers épisodes mais pas aux premiers, dans la mesure où il n'y a pas grand chose à y raconter. On s'ennuie donc ferme, en plus de se perdre dans les différentes timelines qui s'enchaînent dans le désordre.
Qui plus est, ces dernières ne sont pas toujours pertinentes, en particulier celles autour de
Norman Bates et Alfred Hitchcock,
qui n'ont rien à faire là. On comprend le parallèle que veulent créer les scénaristes, mais c'est beaucoup trop bancal pour être intégré au récit. En conséquence, le tout est logiquement très décousu et n'a ni queue ni tête, on a la désagréable impression d'assister à deux histoires différentes. Même reproche pour les autres sauts dans le temps, qui sont là uniquement pour faire des clins d'œil à différentes œuvres inspirées d'Ed Gein. À l'arrivée, le seul clin d'œil réussi est celui de
Mindhunter
(que je recommande au passage), où le parallèle est cette fois effectué avec brio et dessert parfaitement l'intrigue contrairement aux autres.
En parlant de l'intrigue, je suis également sceptique quant à la façon dont l'histoire est racontée. À cause du temps perdu dans les premiers épisodes, la "carrière" criminelle d'Ed est assez peu développée. Le processus par lequel il devient un tueur en série est bien expliqué, mais la suite est bâclée.
Lors de son interrogatoire suivant son arrestation, le shérif parle de 200 victimes. Ah bon ? On n'en voit que 6 ou 7 à l'écran, toutes motivées par des circonstances précises, et rien n'indique au spectateur qu'il y en a davantage avant que le shérif annonce ce décalage énorme. Lors du même interrogatoire, on apprend également qu'Ed offrait en ville des morceaux de ses victimes en les présentant comme de la viande animale. Pourquoi n'est-ce pas abordé avant ? Même chose pour sa maison, qui se remplit d'un seul coup de nombreuses horreurs.
Tout ça pour dire qu'à l'arrivée, on a le sentiment qu'il nous manque plusieurs morceaux d'une histoire déjà bien mal rythmée. Comme si on avait sauté un épisode.
Tout ceci étant dit, il y a quand même de bonnes choses. La deuxième partie de la saison, comme je le disais, est bien plus réussie avec des timelines cette fois parfaitement gérées et une intrigue rondement menée.
L'héritage macabre d'Ed et ses hallucinations dans l'asile sont très bien développés,
et permettent à l'histoire de s'achever sur une bonne note. Difficile également de ne pas saluer le jeu d'acteurs, très juste du début à la fin. Charlie Hunnam (que j'ai mis du temps à reconnaître) interprète parfaitement un personnage loin d'être évident, démontrant au passage une nouvelle fois sa polyvalence. Il n'y a pas grand chose en commun entre Ed Gein et Jax Teller par exemple... Le reste du casting est aussi au niveau
(seule et légère objection : une actrice âgée aurait pu remplacer Suzanna Son dans le dernier épisode),
et la reconstitution des années 1940-1950 est convaincante.
En bref, un volet qui, sans être catastrophique, est un ton en-dessous de ses prédécesseurs. J'attends beaucoup mieux de la prochaine histoire, qui sera centrée sur Lizzie Borden.