Complots, jeux d'alliance, trahisons, violence, famille... quelques mots qui définissent au plus juste SAMCRO, un club de motards hors du commun. Mais ces enfants de l'anarchie, criminels, businessmen, qu'importe le statut qu'on leur attribue, sont régis par la plus élémentaire démocratie. Seul un vote unanime peut valider une décision. C'est ce qui fait leur force autant que leur faiblesse, ces mecs tout en cuir, tatoués et armés jusqu'aux dents. Pourtant, qu'est ce qu'on s'y attache! Là est l'une des grandes forces de cette série ô combien magistrale. Difficile de se bâtir une quelconque opinion avant de l'avoir visionner jusqu'à la dernière seconde, ce point final, symbolique de la grande faucheuse. La mort au fil des épisodes, plus virulente à chaque saison, évince définitivement ce programme d'un public trop sensible. Non, pas de place pour la sensiblerie, ou plutôt si, celle qui finira inévitablement en bain de sang. Toutes ces vies arrachées par le pouvoir négociateur d'une seule balle. La vie et la mort d'un club indissociable, unit par un amour fraternel que même le plus inextricable bourbier ne saurait disloquer. En effet, ces bikers se sont cultivés un don pour attirer les embrouilles. Un monde battit autour de contentieux sous contrôle, toujours en étroite relation avec la police locale. Car l'origine de cette confrérie repose avant tout sur un équilibre, des valeurs humaines, entachées par l’appât du gain. Cercle vicieux des armes qui appellent l'argent, et de l'argent qui appelle le sang. Une utopie morbide dans un monde de fous. Dans un monde parallèle, les Sons seraient finalement des citoyens ordinaires dans une communauté qui leur ressemble. Un héritage chaotique pour la génération à venir. Pour les petits soins des fans, les scénaristes vont de trouvaille en trouvaille, allant parfois jusqu'à briser les codes ou décevoir volontairement pour que l’intensité s'étiole crescendo. Difficile de ne pas parler de la BO lorsqu'on évoque l’intensité. Du blues rock sur fond de grands espaces américains, sans oublier les runs on the road, les courses poursuites et les fusillades. On laisse évidemment la part belle à la photographie et à l'écriture, irréprochables de bout en bout. Mais finalement, que seraient toutes ces interactions sans la prestance d'un jeu d'acteur magistrale?! Alors un grand merci à Charlie Hunnam, Katey Sagal, Ron Perlman, Kim Coates, Dayton Callie et Tommy Flanagan pour ces sept saisons inoubliables, addictives, où les ascenseurs émotionnels nous font passer des rires aux larmes sans transition. Incontournable. 5/5