À l’instar de THE BIG BANG THEORY et LOST, PRISON BREAK fait partie de ces séries que je n’ai pas suivies lors de leur diffusion initiale. Je l’ai donc découverte lorsque Netflix l’a ajoutée à son catalogue, courant 2024, soit 18 ans après la diffusion du premier épisode en France. Aoutch. Encore un coup de vieux. Néanmoins, je me souviens de la musique adaptée au public français, interprétée par Faf Larage, dont je ne connais que ce titre, et son fameux « J’ai pas le temmmmmps, mon espriiiiiit, glisse ailleuuuuurs ». Belle opération marketing du producteur américain, ayant offert la possibilité à tous les pays dans lesquels la série était diffusée, d’adapter le générique à leur sauce nationale. Par ailleurs, l’avantage de ce visionnage tardif de série, est bien évidemment de pouvoir bingewatcher toutes les saisons sans attendre plusieurs mois entre chaque, ni perdre le fil.
Avant de connaître un immense succès dès la diffusion du pilote, réunissant 10 millions de telespecatateurs, PRISON BREAK a essuyé un grand nombre de refus, notamment celui de la Fox, avant de revoir son avis en 2004 et de commander jusqu’à neuf épisodes. Steven Spielberg évalua l’idée d’en faire un film, mais était déjà pris par celui en cours, La Guerre des Mondes, et n’avait donc pas le temps, son esprit glissait ailleurs. Le casting s’est fait en plusieurs étapes, mais Wentmorth Miller est presque celui sélectionné le plus tardivement tant la production peinait à trouver un acteur américain assez mystérieux sans paraître pleurnicheur ni détestable, et donc crédible. Fait intéressant, ou étonnant, l’acteur était (et est toujours) l’un des chanteurs a ccapella du groupe de reprises Princeton Tigertones avant de devenir le ténébreux Michael Scofield. Par ailleurs, on peut se demander pour quelle raison les frères conservent leurs cheveux rasés de la première à la dernière saison, puisqu’à première vue, cela semblait être un look de taulards. C’est en réalité parce que les deux acteurs ne se ressemblent pas vraiment, et cela constituait de ce fait leur seul trait physique commun.
La série est longue, mais l’intrigue est riche, pleine de constants rebondissements. Très bien ficelée bien qu’hautement improbable du début à la fin, on ne peut néanmoins s’empêcher de vouloir avancer dans la série et en connaître le dénouement. Dès la première saison de 22 épisodes, et tout en sachant qu’il y en avait cinq de presque autant d’épisodes, je me suis demandée si seule cette première partie concernerait l’évasion fructueuse (ou non) de cette fratrie, et comment les auteurs allaient maintenir l’intérêt si le show évoluait ensuite vers une sorte de cavale.
C’était cool de maintenir cet environnement carcéral au cours de chaque saison. Celle qui a lieu a Sona que l’on découvre en fin de saison 2 et début de saison 3, m’a sincèrement terrifiée, au début du moins.
On se dit qu’il y a toujours pire. Se retrouver emprisonné dans un pays étranger, très peu regardant en matière de droits humains, fait partie des expériences qu’on n’a pas envie de vivre. La série est en ce sens assez violente ce qui la rend somme toute crédible sur ce point.
Fait intéressant à mon goût, une partie de la première saison est tournée à une quarantaine kilomètres de Chicago, dans la vraie prison de Joliet, durant l’été 2005. Dans la série, alors que Michael et Lincoln sont incarcérés dans le pénitencier fédéral de Fox River, le tournage a donc réellement lieu dans une prison qui n’était plus en activité depuis 2004. La même qui a accueilli des prisonniers célèbres tels que John Wayne Gacy. Dominic Purcell haussera d’ailleurs le ton lorsqu’il lui sera demandé de s’asseoir sur la même chaise électrique qu’autant de condamnés à mort avant lui. Il s’y opposera fermement, réclamant une réplique, et on le comprend… Par ailleurs, cette scène n’aurait même pas dû avoir lieu, puisqu’anachronique. En effet, c’est l’injection intraveineuse de substance létale qui devrait être utilisée à cette époque dans l’Illinois.
Bien que j’ai aimé l’évolution de certains personnages et l’effort prodigué afin d’en dresser des profils étoffés comme celui de Sarah (Sarah Wayne Callies), Bellick ou encore T-Bag, je déplore sincèrement ce revirement constant entre bons et méchants. Certains sont de vrais monstres ou commettent de fatales trahisons. Pourtant, en vue d’un effort collectif dans une mission, chacun parvient apparemment à mettre de côté divergences d’opinions et rancunes afin de se concentrer sur le projet. Mais cela arrive trop et trop souvent.
Que ce soit T-Bag, Bellick, Kellerman, Self, Gretchen, les parents des frères : gentils, méchants, un jour sur deux. Oh, ça suffit hein… Mahone (William Fichtner) est le meilleur exemple, car clairement une raclure qui descend tous les prisonniers sans réel motif, hormis le fait qu’il consomme trop de pilules, a quitté sa femme parce qu’il a enterré un type dans son jardin, ok… Et ensuite, il fait sa petite loi et bute à tout-va. MAIS, il devient plus tard un mec droit qui se range du côté des détenus évadés et on finit par bien l’aimer. Il a quand même tué David Apolskis alias Tweener pour absolument AUCUNE raison. Même chose avec Bellick (Wade Williams). Une ordure qui se transforme en miskino de compétition lorsqu’il arrive à Sona et régresse carrément au stade de débilité, se baladant en crop top dégueu et slip kangourou.[/spoiler
[spoiler]Self (Michael Rapaport), n’en parlons pas, c’est n’importe quoi. Les parents des frères encore plus. Toute l’intrigue concernant Sylla, la fameuse Compagnie et le personnage badass de Gretchen (Jodi Lyn O’Keefe) sont toooo much, mais bon, il fallait bien trouver de quoi maintenir les évadés connectés. Tous ces kidnappings, meurtres inutiles, chantages… Répétitif. Je suis davantage partagée par le personnage de T-Bag (Robert Knepper) que j’ai eu envie de liquider dès le premier épisode, mais qui est tout de même unique en son genre. La série aurait probablement manqué de ce personnage sombre, mais si particulier. Il a tout le package du méchant. Pédophile, déplaisant, vicieux ayant envie de s’évader juste pour se venger de celle qui l’a trahi. Puis, tout du long avec son horrible fausse main. Ensuite, on le prend en pitié parce qu’on s’aperçoit que lui même a été abusé enfant, qu’il a toute sa vie rêver d’une carrière où on le respecterait simplement en tant qu’homme, et qu’à la toute fin, il se met à aider les autres, d’autant qu’il découvre qu’il a un fils pendant environ 20 minutes aha. Bon je suis méchante, mais vraiment cette histoire alambiquée lors de cette cinquième saison absolument inutile… D’ailleurs, ce volet est un sequel diffusé huit ans après l’arrêt de la fin de la saison 4: PRISON BREAK RESURRECTION. Je ne suis pas toujours contre et me languis au passage de ce qui va être servi sous le même titre, concernant la série DEXTER. Mais ici, Prison Break… Really ? C’est bon, il était mort et tous se retrouvaient sur sa tombe, c’était une fin cohérente et émouvante. Mais non non. En fait il n’était pas mort. Et guess what, il est encore en prison, cette fois-ci au Yémen. Pour bien accentuer cette notion, toute la saison arbore un filtre jaune poisseux. Et alors là, il a changé de nom, il a des nouveaux tattoos, et puis Sarah est remariée et blablabla. Tout est bête et impossible dans ce dernier chapitre qui vraiment me met en colère. C’est bourré de clichés et de détails tellement ridicules et improbables. Exemple la photo prise par une webcam dans une sation pourrie sur le bord de route que l’expert est capable d’analyser en zoomant sans fin, et dans les pixels des lignes de tatouages, sur la main de Michael, il trouve des codes et ce genre de stupidités. Non là, c’est trop. Vraiment, j’ai pouffé.
Malgré tout ce que je viens de dire, j’ai adoré la série parce qu’elle est addictive. Seulement, 90% du temps, on commente par des « Oui biensuuuuur, ahaha ». C’est le meilleur résumé que je puisse en faire. Donc, je vous conseille de regarder jusqu’à la saison 4 et de prétendre que la série s’arrête là, de considérer le show comme divertissant et non-réaliste malgré l’effort de coller au plus près d’un univers carcéral lors de la première saison puisque filmé directement dans une prison. Les nombreux fans de PRISON BREAK n’ont d’ailleurs eu de cesse de réclamer une saison 6. Je ne sais pas trop ce qu’ils espèrent de plus. Néanmoins Wentworth Miller a été plutôt catégorique sur la question. Depuis son coming out en 2016, il a annoncé qu’il n’interpréterait plus de rôles dans lesquels il incarne un hétérosexuel. Par conséquent, il n’y aura jamais de suite à Prison Break et tant mieux, car on a fait le tour de cette histoire.
Info bonus : la réalité a rejoint la fiction lorsque Lane Garrisson, interprétant Tweener, écopa d’une peine de deux ans de prison pour avoir accidentellement tué un passager lors d’un accident de la route. Les faits remontent aux 2 décembre 2006. Sous l’emprise de l’alcool et de la cocaïne, sa voiture heurte un arbre alors qu’il transportait des fans : deux adolescentes de 15 ans, blessées, et un de 17 ans qui en décède. L’acteur sera condamné à 3 ans et 4 mois de prison ferme ainsi qu’à verser 300 000 dollars aux victimes. Lane Garrison est incarcéré à la prison de Tehachapi dont il sort le 29 avril 2009 en bénéficiant d’une libération conditionnelle. Plus tard, le 21 avril 2012, il gifle son ex-petite amie Ashley Mattingly dans le hall de son immeuble à Beverly Hills et est arrêté le lendemain puis placé en garde à vue. Inculpé pour coups et blessures, le tribunal lui accorde néanmoins une libération sous caution fixée à 50 000 dollars. Ça fait chère la gifle….