Boardwalk Empire
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Kilian Dayer
Kilian Dayer

130 abonnés 838 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 septembre 2015
Après avoir sauvé sa peau face à la justice et à une rébellion au sein même de son empire criminel, après avoir cruellement repris les dessus, Nucky Thompson revient aux affaires, plus fringant que jamais. Marié, affublé d'une maîtresse fantasque, doué d’une prudence nouvelle dans les affaires, le destin ne sera à nouveau pas tendre avec notre trésorier véreux. Ayant brusqué sans réelle intention un gangster sicilien, Nucky doit une nouvelle fois se battre pour la sauvegarde de son pouvoir, devant qui plus est composé avec une mise en examen de ses appuis politique à Washington. Au surplus, le retour de son frère dans les rangs et les élans sociaux et moraux de sa femme l’empêche de se concentrer pleinement sur l’essentiel, sa survie. Une troisième saison reprenant strictement les codes usuels du show de Terrence Winter, sans surprise en termes de construction, de narration, mais une saison de haute volée, d’avantage complexe encore que les précédente car elliptique, moralement interrogatrice et d’une violence toujours accrue.

L’atout personnifié de cette troisième volée, outre un Steve Buscemi toujours aussi convaincant, c’est sans doute possible l’avènement de gangsters italo-américains parmi les plus dérangeant, notamment le personnage de Gyp Rosetti, empêcheur de tourner en rond, psychopathe sensible incarné par l’excellente Bobby Cannavale. La confrontation entre les deux clans, Atlantic City et Nucky d’un côté, Gyp Rosetti et bientôt son patron new-yorkais de l’autre, marquera la fil rouge d’une saison qui sera sans pitié pour ses protagonistes. Les morts violentes s’enchaînent, certaines plus consternantes que d’autres, la tension monte jusqu’à une explosion finale sincèrement jubilatoire. Terrence Winter mène à nouveau sa barque avec talent, avec un sens du rythme aiguisé et une science narrative héritée de son séjour prolongé aux cotés de David Chase sur les Soprano. L’élève est devenu maître.

Difficile de s’ennuyer ou même de rester insensible face à cette poussée d’adrénaline et d’intelligence. Difficile de ne pas entrevoir en Boardwalk Empire le successeur logique aux chefs d’œuvre de la chaîne câblée HBO, monstre du divertissement télévisuel qui d’année en année, ne cesse de surprendre de par la qualité de ses programmes. Comme ce fût le cas durant les deux saisons précédentes, le casting prend ici une part importante dans le succès de la série, Steve Buscemi en tête, mais aussi les impeccables Michael Shannon, Stephen Graham, Michael K. Williams ou encore Kelly MacDonald.

Voilà donc indiscutablement la troisième saison d’un ensemble à succès, une série historique, certes, mais surtout fictionnelle, qui nous immerge dans les années 20, qui nous berce aux sons des mitraillettes et des dialogues clinquants, qui nous éblouis de sa maîtrise narrative et qui surtout, nous fait l’honneur de scènes d’anthologie dont on ne peut dénombrer les qualités. Certes, Boardwalk Empire ne dépasse pas encore, ou ne dépassera jamais ses aïeux, les Soprano et The Wire, mais la série de Terrence Winter, cette saison trois, s’intègre facilement dans la succession de chefs d’œuvres télévisés inoubliables. On ne peut donc manquer ça sans une excuse en béton armé. 18/20
Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

26 abonnés 852 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 février 2025
"He got any family ?"

Avec d'un côté une interprétation parfois caricaturale mais qui donne néanmoins du corps aux personnages et les rend, sinon sympathiques, du moins attachants et rarement tout blancs ou tout noirs, avec une BO, des décors et des costumes qui magnifient la fresque historique, avec, enfin, une intrigue principale dont on ne se lasse pas, la troisième saison de Boardwalk Empire pêche aussi par des défauts amplifiés par rapport aux deux saisons précédentes : des intrigues secondaires qui se répètent inutilement et cassent le rythme de la narration et un montage franchement baclé.

Reste que pas mal d'interprètes continuent à tenir le haut du pavé, à l'image de Kelly Macdonald, Gretchen Mol, Michael Shannon ou Jack Houston, toujours aussi impressionnant dans son rôle quasi mutique.

Si les deux saisons précédentes pouvaient être amputées de trois ou quatre épisodes, c'est ici près de la moitié de la saison qui parasite une histoire pourtant passionnante à coup d'inutiles et prévisibles péripéties. A l'exception de la tension finale, et de son impressionnant dénouement, des deux derniers épisodes, on se retrouve de plus en plus éloigné de l'esprit scorsesien du pilote initial.
schumiforever
schumiforever

10 abonnés 242 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juillet 2017
Il y a bien quelques temps morts pour meubler, et certains personnages voient leur rôle devenir plus flou (Mme Darmody) ou secondaire (l'agent Nelson) par rapport à la trame narrative principale, mais le show tient la rampe avec solidité et toujours autant de classe visuelle. De plus en plus difficilement contenues, la rage et la violence exprimées par le terrifiant Rosetti (excellent B. Cannavale) anoncent une guerre sans merci pour le contrôle du traffic d'alcool, et on ne sera pas déçu par la montée en puissance du dernier tiers de la saison vers un nouveau final de référence. Le niveau d'excellence de la série se maintient au travers de ce 3e chapitre encore plus sombre et anxiogène à souhait pour Nucky.
cylon86
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 février 2013
Le final de la deuxième saison était tellement intense qu'il fallait que cette troisième saison commence directement sur les chapeaux de roue. Et les scénaristes n'ont pas perdu leur talent, sachant tisser des intrigues prenantes autour de personnages passionnants et remplis de contradictions. A un moment de la série, on se retrouve toujours à comprendre ceux que l'on considère comme les salauds et cela rend bien compte de la complexité des personnages, qui ne cessent de nous surprendre. Et si Michael Shannon est vraiment trop peu présent, Steve Buscemi, Kelly MacDonald, Jack Huston et Gretchen Mol s'imposent toujours autant, en particulier Buscemi, trouvant en ce rôle de Nucky Thompson le meilleur de toute sa carrière. Les intrigues reposent beaucoup sur la complexité des relations d'affaire de Nucky et font apparaître un nouveau personnage particulièrement savoureux incarné par un parfait Bobby Cannavale, salaud violent qui a la folie des grandeurs. Le tout avec une réalisation toujours aussi parfaite qui se rapproche plus du cinéma que de la télévision.
sword-man
sword-man

102 abonnés 1 017 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 octobre 2013
Après une première saison qui installe le pitch et les personnages et une seconde dans la continuité, cette troisième saison monte un cran au dessus. Une entrée fracassante, une suite parfois en dent de scie mais dont la qualité grandit au fur et à mesure pour un final épique. On regrettera toutefois que spoiler: la guerre des gangs
du dernier épisode est expédié en un épisode justement. Toujours aussi clinquant visuellement, cette saison 3 va plus loin dans l'ampathie de ses personnages et leurs contradictions pour notre plus grand plaisir. La réalisation est plus proche du cinéma que de la télé. C'est du Scorsese en version très très longue.
vive-le-cine123654789
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109 abonnés 621 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 septembre 2013
Une saison sombre, plus oppressante encore que la précédente. Pas un épisode ne se passe sereinement, la tension est toujours palpable dans ce contexte de guerre des gangs. Chaque personnage prend de l'ampleur, se découvre une nouvelle facette, se voit en proie au doute, connait le bonheur tout comme le malheur... La trahison joue toujours un rôle primordial, mais cette fois-ci à une tout autre échelle, tout comme les manipulations et ce qui fait le coeur du monde mafieux. La saison monte peu à peu en puissance jusqu'aux derniers épisodes pour atteindre une véritable apothéose. Les longueurs sont quasiment absente dans cette saison au rythme soutenu tout le long. Les acteurs sont toujours aussi superbes, incarnant avec brio leurs personnages. La mise en scène reste elle aussi de toute beauté, avec des plans et des séquences tout simplement magnifiques. Une série qui ne montre toujours pas de signe d’essoufflement après trois saisons, et annonce une quatrième saison du même niveau. Purement géniale !