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AMCHI
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Critique de la série
4,5
Publiée le 30 avril 2013
J'ai revu récemment cette série datant des années 70 comme la télévision française savait en produire à l'époque, ici avec La Poupée Sanglante on aborde le fantastique avec cette histoire d'automate et de crime mystérieux. Un feuilleton passionnant dont l'épisode 5 est sans doute le meilleur. Dommage que la télévision française ne propose plus ce genre de production à la télé.
Cette série fut produite dans un style très académique, caractéristique de la TV Française de l'époque qui était en ce temps là, un gage de qualité. En effet, les film étaient tournés avec des caméras 16mm Beaulieu professionnelles. Malgré leur résistance et la précision de leur fabrication, elles rendaient mal les mouvements brutaux et incontrôlés. De plus les acteurs étaient souvent des pointures du ... Théâtre, les grands du cinéma considéraient la TV comme de la daube. Pourtant, "La poupée sanglante" est marquée par une formidable interprétation de Jean Paul Zenaker, méconnaissable, et une très bonne adaptation d'un roman policier fantastique français dont le genre entre 1840 et 1950 fit les beaux jours de la littérature populaire hexagonale. L'exploit serait bien difficile à refaire aujourd'hui, le manque d'esprit d'équipe et d'inventivité minant les fictions françaises plus que le manque d'argent.
La Poupée Sanglante est une série télévisée française très typique de ce qu'on pouvait faire 40 ans plutôt ... avec les avantages et les inconvénients que cela peut comporter. J'ai vu cette série quand j'étais enfant et j'en garde un souvenir très marquant. Il faut dire que les histoires de vampire et de tueur en série peuvent impressionner un enfant ! Aujourd'hui tout cela est bien loin et la série a pas mal vieilli, tout comme l’œuvre de Gaston Leroux d'ailleurs. Pourtant, en me repassant les épisodes j'ai retrouvé l'ambiance d'alors et je m'y suis plongé avec un réel plaisir car cela reste une production de qualité qui garde beaucoup de charme et de puissance malgré de nombreuses maladresses et malgré les invraisemblances du récit de Gaston Leroux. Une série comme on n'en fait plus, à découvrir ou à redécouvrir avec nostalgie en gardant tout de même en mémoire qu'elle a été réalisée dans les années 70 et que le récit original, vieux de près d'un siècle, a du mal à se confronter avec la technologie de notre 21ème siècle.
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Critique de la série
3,5
Publiée le 19 octobre 2021
Il serait bon de remettre à l'honneur la pètoche tèlèvisuelle de l'annèe 1976. "La poupèe sanglante" d'après Gaston Leroux! Brrr tremblez carcasses si vous osez vous aventurer dans cette mini-sèrie culte du petit ècran! Histoire fascinante et extravagante d'un relieur / poète repoussant et malheureux, appelè Le Landru des Corbillères! Homme mècanique, rèsurrection, secte de buveurs de sang, dèesse hindou aux ongles d'or...On ne sait sous quel pavillon placer ce feuilleton des seventies ? il y règne un climat ètrange avec des personnages inquiètants confrontès au mystère et aux assassinats de jeunes relieuses! Mention au mèconnaissable Jean-Paul Zehnacker et surtout à Edith Scob qui se laisse dèpèrir avec un mari qui boit sa vie goutte à goutte jusqu'à son âme! Est-elle folle ou une simple victime ? Les acteurs tissent en tout cas des rapports complexes et ambigus, sur fond d'ambiance fantastique qu'a su recrèer parfaitement Marcel Cravenne! Un classique du genre...
Cette mini série française de 1976 concentre tous les défauts de l'époque (mise en scène et réalisation réduites à leur plus simple expression, narration extrêmement lente, comédiens parlant et bougeant au ralenti comme s'ils craignent de réveiller quelqu'un qui dort à côté d'eux) mais dans la mesure où ces défauts dégagent paradoxalement beaucoup de charme, où les intrigues de Gaston Leroux réussissent à capter l'attention jusqu'au bout par leur densité et leurs mystères, et où le parcours du personnage de Bénédict Masson (interprété formidablement par Jean-Paul Zehnacker dans les trois premiers épisodes) s'avère fascinant et touchant, la série emporte finalement l'adhésion et donne même envie de se pencher sur l'oeuvre initiale de Leroux (sinon, si vous ne vous êtes jamais regardé dans un miroir en maudissant le visage difficile que la nature vous a donné, et si vous ne vous êtes jamais tapé le front en blâmant les innombrables et douloureuses pensées qui soufflent comme des tempêtes sous votre crâne, n'essayez pas de comprendre Bénédict Masson car vous n'y arriverez jamais).
Je viens de revoir cette série fantastique de 1976, tirée de l’œuvre de Gaston Leroux. Certes, cela a beaucoup vieilli, les images en particulier, et les acteurs-actrices jouent une pièce de théâtre à l’ancienne. Mais l’histoire est prenante et on n’a pas du tout envie de décrocher avant la fin. Tout de même, on savait faire des trucs à l’époque dont la mission était de captiver, et c’est pleinement réussi. C’est bizarre qu’aucun réalisateur n’ait envie de faire un remake, car avec les moyens d’aujourd’hui, il y aurait matière à faire quelque chose d’intéressant. A noter le maquillage de Jean-Paul Zehnecker, formidablement enlaidi dans les 3 premiers épisodes, et la beauté superbe de Yolande Folliot. Cathy Rosier, qu’on avait vue face à Delon dans le Samouraî, incarne une convaincante diva indienne aux ongles d’or. Chouette.
« La poupée sanglante » paru en 1923 sous forme de feuilleton dans le quotidien Le Matin comme c’était l’usage à l’époque pour les romans populaires notamment policiers et fantastiques est l’une des dernières œuvres écrites par Gaston Leroux. Avec sa suite « La machine à assassiner », le roman constitue en vérité un diptyque qui ne fera plus qu’un dans les éditions modernes comme dans la mini-série télévisuelle de 1976 réalisée Marcel Cravenne sur une adaptation de Robert Scipion. Les années 1970 étaient encore l’époque où les adaptations de romans et nouvelles du patrimoine littéraire français mais aussi étranger allaient bon train car très prisées des téléspectateurs. C’est Antenne 2 qui produit cette mini-série de six épisodes de moins d’une heure. Marcel Cravenne né en 1908 et alors âgé de 68 ans possède une solide expérience des réalisations télévisuelles depuis l’origine du nouveau média qu’il a rejoint en 1952 après avoir réalisé quelques films pour le cinéma et avoir œuvré précédemment comme monteur. On sait que grand admirateur d’Edgar Allan Pose et de Conan Doyle qu’il ambitionnait de surpasser, Gaston Leroux était comme ses maîtres un grand fervent de spiritisme et de surnaturel dont il teinta nombre de ses romans les plus célèbres dont « Le fantôme de l’opéra », « La double vie de Théophraste Longuet », « Le fauteuil hanté », « L’homme qui revient de loin » ou encore « La poupée sanglante » dont il est question ici. Le roman est lui-même inspiré d’un roman de l’écrivain allemand . Hoffmann : « L’homme au sable » (1817) qui traite de la vie donnée à un automate tout comme on peut trouver à « La poupée sanglante » une parenté à front renversé avec le fameux « Frankenstein » de Mary Shelley paru à la même époque (1818). Dans le même quartier vivent un horloger (Julien Verdier) et sa fille Christine (Yolande Folliot) en face de Bénédict Masson un relieur de livres anciens spoiler: au physique particulièrement disgracieux (Jean-Paul Zehnacker) secrètement amoureux de sa jeune voisine qu’il se contente d’observer de sa fenêtre. De cette même fenêtre, Bénédict découvre petit-à-petit que l’horloger réputé comme un génie dans son domaine est aussi un remarquable créateur d’automates qu’il conçoit avec son neveu (Dominique Leverd) chirurgien et chercheur de renom. Les deux hommes un peu à l’image du docteur Frankenstein semblent avoir réussi à recréer la vie avec Gabriel (Ludwig Gaum) un prototype parfait dont la beauté semble profondément troubler Christine.
La rencontre entre Christine et Bénédict va être la genèse d’une histoire d’amour impossible entraînant elle-même une succession d’événements pour le moins inquiétants qui vont mettre en scène un Marquis mystérieux (Georges Wod), son épouse ectoplasmique (Edith Scob), des serviteurs hindous, un mage aux pouvoirs maléfiques (Sacha Pitoëff) ainsi qu’une danseuse au charme vénéneux (Cathy Rosier) sur fond de vampirisme et de magie noire.
Marcel Cravenne orchestre parfaitement le mystère qui nimbe l’intrigue concoctée par Gaston Leroux tout comme il parvient malgré des moyens peu dispendieux à faire monter subtilement l’angoisse. L’ensemble des six épisodes dégage un parfum désuet qui ravira ceux qui ont connu cette période où l’on prenait encore le temps de dérouler sans hâte une intrigue mais rebutera sans doute les plus jeunes bercés par les SFX et jump scares destinés à capter une attention rendue de plus en plus volatile. En sus, il se dégage une vraie poésie de cette adaptation qui traite avec finesse du problème de l’acceptation de soi souvent difficile pour l’être humain qui outre le reflet que lui renvoie le miroir cherche trop souvent à se construire à travers le regard de l’autre lui-même façonné par des codes sociaux qui ne laissent pas beaucoup de place à la différence. Les acteurs tous parfaitement imprégnés de leur rôle ont contribué à rendre un joli hommage à Gaston Leroux écrivain trop peu reconnu et à faire de cette série un gros succès public qui permettra à Marcel Cravenne et Robert Scipion de se lancer à la suite dans l’adaptation d’un roman de Maurice Leblanc « L’île aux trente cercueils ». « La poupée sanglante » est visible sur la plateforme Madelen.