Chargement...
Accueil > Dossiers Cinéma, Séries > Les visages de Patrick Dewaere
Il y a trente ans disparaissait l'un des plus grands acteurs français, un gouailleur épris de liberté, un marginal déchiré, un enragé qui aujourd'hui plus que jamais inspire toute une génération de comédiens, fascinés par son authenticité. Retour sur la carrière et les visages de Patrick Dewaere à travers une sélection (non exhaustive) de ses films incontournables ...
Laetitia Ratane
Précédente
Suivante

Patrick Dewaere et Marie Trintignant dans Série noire © Collection Christophe L.
De quoi ça parle ?
Interdit aux moins de 16 ans
Franck, représentant de commerce, traîne son existence minable dans la triste banlieue parisienne. Ce porte-à-porte laborieux fait bientôt la rencontre de Mona, une adolescente de 17 ans. Ils se découvrent alors un même but : fuir leur morne condition, quitte à employer les moyens les plus... expéditifs !
Pourquoi le (re)voir ?
Parce que c’est un rôle que Patrick Dewaere a attendu toute sa vie et qu'Alain Corneau n’imaginait pour personne d’autre que lui. Un rôle à sa (dé)mesure. Celui d’un écorché vif, d’un exalté, d’un hystérique paranoïaque : "Je ne joue pas un méchant", précisera-t-il à l’époque, "mais un type qui a des faiblesses. C’est un malade, un psychopathe qu’on enfonce, qu’on enfonce ! Et qui va finir par …faire des horreurs, quoi !" Et pour cela, le comédien une fois encore ne fait rien à moitié. Refusant d’improviser comme Corneau le souhaiterait, il veut connaitre son texte à la virgule près : "Ce n’est qu’à cette condition qu’on le croira improvisé". Il n’a pas tort lui qui, alors qu’on le croit en roue libre, excelle en matière de technique et de précision de jeu, aux côtés d’une jeune Marie Trintignant mutique, elle aussi plus vraie que nature. Entièrement dans la peau de l’homme qu’il incarne, Dewaere volera pour lui chez "Tati" son fameux imperméable gris. Comme possédé, il se frappera réellement la tête contre le capot d’une voiture pour les besoins d’une scène violente et sous les yeux d’une équipe de tournage fascinée. Décidé à le suivre dans cette quête du vrai, Alain Corneau serre ses plans et innove en filmant à trois caméras, afin de tout capter. De son polar adapté d’un roman de Jim Thompson, le spectateur sort épuisé, empli du sordide de l’univers dépeint et de la fébrilité du personnage mis en scène. Un film sur le fil du rasoir, à voir pour savoir qui est le grand Patrick Dewaere. Tout simplement.
Le saviez-vous ?
Dans Série Noire, Patrick Dewaere donne la réplique à Bernard Blier, père de Bertrand qu’il admire tant. Impressionné, il n’ose le gifler lors d’une des dernières scènes du film et finit pas s’exécuter sous les encouragements de l’acteur qui lui réclame une vraie baffe : "Avec son expérience, il sait qu’il vaut mieux recevoir une bonne paire de baffes que de recommencer douze fois avec douze demi-paires de baffes", commentera-t-il.
En totale osmose avec son personnage, Dewaere est allé jusqu’à confondre la réalité et la fiction sur le tournage de Série Noire. Aussi il ne se remettra pas d’une scène dans laquelle il écrase Myriam Boyer contre un mur. Bouleversé et silencieux, des heures après, il explosera : "Mais vous vous rendez compte qu’aujourd’hui, - Spoiler :j’ai tué quelqu’un ? Ce n’est pas rien de tuer quelqu’un !" - Convaincu que seul Dieu est capable d’inventer un personnage de toutes pièces, le jeune acteur avait la conviction qu’il fallait utiliser sa nature profonde en la remodelant, sans jamais avoir recours à l’invention. Une philosophie dangereuse et dans l’excès qui expliquera la réelle déception de l’acteur, pressenti pour le prix d’interprétation à Cannes et nommé (encore) aux César... en vain.

Toute l'actualité sur www.leparisien.frTous les films | Tous les cinémas | Toutes les séries
Retrouvez tous les horaires et infos de votre cinéma sur le numéro AlloCiné : 0 892 892 892 (0,34€/minute)
Plan du site
Des idées, des remarques à nous suggérer sur notre site. Donner mon avis !
avec
Partenaires : Au féminin (magazine féminin)