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De "La Rafle" à "Raspoutine"
31 janv. 2011 à 05:00
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Actuellement en pleine préparation de "Raspoutine", dont le tournage doit débuter en février en Russie, la réalisatrice Rose Bosch et le producteur Alain Goldman nous dévoilent leur approche de cette grande épopée, portée par Jean Reno. L’occasion, également, de revenir sur la polémique qui a accompagné la sortie Blu-Ray/DVD de "La Rafle" à la fin de l’été.

AlloCiné : Quelle a été la genèse du projet "Raspoutine" ? Paul Verhoeven était aux commandes à l’origine, non ?

Rose Bosch : Il y a eu plein de gens intéressés : Roland Joffé, Costa-Gavras, Paul Verhoeven… C’est un projet très ancien. Il remonte à dix-huit ans, et c’était un projet Légende avant d’être le mien : puis comme on n’avançait pas vraiment, j’ai repris le en tant que scénariste, parce qu’il offrait les mêmes attraits que la bio de Christophe Colomb, que j’avais faite pour Ridley Scott. Raspoutine m’a toujours intrigué. D’autres, pas du tout. Napoléon ne m’intéresse pas par exemple. Raspoutine et Colomb ont en commun d’être des boucs émissaires. Ce thème m’est cher. Il est aussi dans La Rafle. Et puis il y a un côté  "éléphants dans le magasin de porcelaine" chez Colomb comme chez Raspoutine.  Des personnages d’origine très humbles, d’un autre pays ou d’une autre classe sociale, et que leur volonté ou le destin catapultent auprès du pouvoir et qui le payent très cher. A l’origine, j’avais contacté Paul Verhoeven, un cinéaste provocateur et sulfureux. Nous avons travaillé ensemble, ça a été annoncé et puis nous avons été en désaccord sur la manière de représenter le personnage. Je me suis alors repliée chez Légende, avec l’espoir qu’un jour je puisse le mettre en scène moi-même. Et dès que La Rafle a été un succès et qu’on m’a demandé mon prochain projet, c’est Raspoutine qui a surgi immédiatement.

La plupart des gens connaissent l’allure du personnage, barbu et hirsute… et évidemment la chanson de Boney M ! Mais après, Raspoutine, ça reste flou. Alors qui est-il ?

Rose Bosch : Un iconoclaste. Un anarchiste primaire. Un mystique sincère. Un guérisseur quasi chammanique. Celui que j’ai découvert est à des années lumières du cliché machiavélique qu’on imagine.. Tout ça fait de lui un personnage rock’n’roll, incroyablement moderne. Je pense que plein de gens se reconnaîtront dans son approche de la vie… Dans sa façon de "prêcher" pour le plaisir des femmes. Au XIXe, il dit : "C’est très bien de jouir ! Aucun de mal à cela ! Dieu t’as donné ce corps pour que tu en jouisses. Commets le péché,  car une fois que tu l’auras fait, tu cesseras d’y penser et tu tourneras ton âme vers Dieu". C’est pas mal comme approche ! (Rires) Beaucoup de gourous modernes ont depuis repris cette philosophie et l’ont transformée en quelque chose d’abominable. Mais Raspoutine, lui, n’a jamais fait ça. Il n’y a jamais eu contre lui aucune de plaintes pour abus sexuels ou autres. Tout s’est passé entre adultes consentants… Cette liberté de mœurs, combinée à ce mysticisme et cette foi sibérienne quasi-chamanique, c’est très moderne.

Le film est-il totalement historique ? Y’a-t-il une part de fiction dans votre approche ?

Rose Bosch : Artistiquement, je suis beaucoup plus libre que sur 1492 : Christophe Colomb ou sur La Rafle, parce qu’il n’y a pas de mémoire "sacrée" à partager. Sur 1492 : Christophe Colomb, j’étais tenue à une véracité historique en raison du massacre d’Indiens. Pour La Rafle, l’obligation de véracité est encore plus évidente. Alors que Raspoutine, hormi son meurtre qui est très "balisé", l’interprétation des événements qui y ont conduit est tout à fait flexible. Vous ne trouverez  pas deux historiens qui soient d’accord ! Donc ce sera ma lecture de Raspoutine, et artistiquement, ça me libère car je peux me permettre une écriture cinématographique plus personnelle, quant aux dialogues, à la caractérisation. Et surtout à l’enchaînement de la fatalité.

Comment allez-vous naviguer entre la réalité historique du personnage et le mythe qui s’est créé autour de lui ?

Rose Bosch : Ce réel  a laissé des traces écrites. A partir de 1998, la Russie s’est ouverte et a fait sortir des archives jusque-là gardées sous clé, parce que du sort de Raspoutine et de la famille impériale, dépendait la vision qu’on avait de la révolution Bolchévique : il y avait donc jusque-là pour eux une nécessité historique à s’en tenir à la version "officielle", "communiste". Des choses formidables me sont tombées entre les mains, et notamment les minutes des interrogatoires de tous les témoins de l’époque, juste après le crime. C’était comme être atablé avec les services secrets de l’époque, en train d’interviewer les servantes, les gouvernantes, les ex-maîtresses, les colonels…  Soit une centaine de personnes ! J’ai également retrouvé les journaux intimes de la fille de Raspoutine, qui a fini dompteuse de lions dans un cirque de San Diego, et celui de l’assassin lui-même, mort dans les années soixante dix à deux pas de chez moi, Porte d’Auteuil. Puis j’en fais une lecture qui est la mienne : je ne prétends pas à "l’objectivité", encore moins à la "vérité" qui a quelque chose de "facho". Je crois aux faits… et aux points de vue.  J’ai donc, comme chacun de nous peut le faire, raconté ce qui est ma propre version des faits, ce qui a conduit selon moi à l’assassinat de Raspoutine, lorsqu’il est devenu une entrave aux ambitions de tant de pouvoirs différents.

Pour incarner Raspoutine, vous faites appel à Jean Reno…

Rose Bosch : D’une part, La Rafle nous a rapprochés. J’avais besoin de quelqu’un crédible dans le rôle d’un Sibérien capable de débiter un chêne à la hache, de parcourir des milliers de kilomètres pour aller à Jérusalem, ce que Rasputine a fait. Et puis il y a chez Jean Reno une humanité et une humilité qui ne sont pas feintes -il est l’inverse d’un cynique.  Cette humanité m’intéressait pour les scènes de  guérison de l’enfant hémophile du Tsar Nicholas II : une série de guérisons qui a ont été historiquement "constatées" par le médecin impérial, Botkin. Après, on peut croire à l’intervention divine ou -comme moi- à la "suggestion" mais quoi qu’il en soit, Raspoutine pouvait  arrêter les hémorragies internes de cet enfant… Il y a ce côté très chamanique chez Raspoutine. Et très "rock star", avec ses vêtements noir. Il ne lui manque que les tatouages !

Raspoutine, d’après les témoignages, c’était aussi un regard quasi-hypnotique…

Rose Bosch : Oui,  Jean Reno, c’est avant tout un regard. Il a des yeux protubérants et très perçants… Donc c’est intéressant, effectivement. Le jour où nous avons fait cette photo, je suis partie parler avec quelqu’un et je suis revenue pour tomber sur lui barbu, maquillé et habillé de la sorte. C’était un choc pour tous dans la studio. Je suis très heureuse qu’il ait accepté d’être notre Raspoutine, et j’espère que nous allons faire un film intense.

Le film sera tourné en Anglais ? En Français ?

Rose Bosch : En Anglais, en Russe et en Français. Je ne crois plus à ces projets où il faut tourner en Anglais pour faire "international"…  Et là, ce n’est pas le cas, car cette société aristocratique dans laquelle Raspoutine évolue parle majoritairement le Français, qui était alors la langue "officielle" à la cour de Russie. On commençait une phrase dans une langue, on la terminait en  Anglais, en allemand, en danois… Il faut savoir que les aristocrates Russes n’avaient souvent pas une goutte de sang russe dans les veines : les précepteurs de l’époque disent que tout le monde parle toutes les langues... avec un accent ! Ca va être intéressant de mettre en scène cette Babel européenne où les langues se mêlent. A cela s’ajoute une autre langue : la musique Russe. Classique, et romantique, celle du 19ème siècle, et puis Tzigane, et Orthodoxe. Les Slaves sont des êtres volontiers extrêmes. L’émotion de La Rafle, par exemple, leur est très familière.

Comment les Russes accueillent-ils le projet ?

Alain Goldman : Nous avons eu la chance d’avoir des aventures "voisines" qui ont honoré Légende depuis longtemps. 1492 : Christophe Colomb, Vatel, La Môme : ce sont des biopics qui ont en commun d’avoir célébré -à travers le destin de l’un des leurs- une nation et une culture. Quand on arrive aujourd’hui pour parler de Raspoutine,  nous sommes riches tout ces expériences - avoir su faire ce genre des films qui transcendent leurs culture d’origine. La Môme, de ce point de vue-là, a été un exemple extraordinaire : voilà une actrice française qui va jusqu’à l’Oscar remportant au passage tous les autres titres, Bafta, Golden Globe, César, et qui porte la culture française partout dans le monde sans aucune copie doublée. Les Russes ont compris cette approche sur Raspoutine. L’histoire se situe à un point de rupture, entre la période tsariste et la révolution d’octobre ; l’empire danse sur un volcan au bord d’une explosion qui va changer le monde. Aujourd’hui, les Russes sont sortis de la période soviétique, et ils sont en quête d’eux-mêmes : comme sur La Rafle, si on connaît mal son passé, on a du mal à envisager son futur. De ce point de vue-là, le retour sur ce qu’était la Russie avant la "parenthèse" communiste est une source extraordinaire de connaissances. Et pas que pour eux-mêmes : il y a une curiosité du monde entier d’aller voir un grand film épique sur la Russie éternelle, la Russie d’avant la Révolution. Le personnage de Raspoutine est intéressant de ce point de vue, car c’est un passeur. C’est un Moujik. Il va faire une trajectoire interplanétaire pour passer du paysan sibérien à un intime du couple le plus puissant du monde. Comment va-t-il y arriver ? Avec tous les ingrédients de l’âme russe : la religion, la vodka, les femmes… Un mélange détonant qui va permettre ce voyage.

Mais ils n’ont pas été étonnés que ce scénario sur un mythe national leur parvienne via des "étrangers" ?

Alain Goldman : La première chose qu’ils m’ont dite, c’est qu’ils croyaient  que Rose Bosch était russe! (Rires) Ils ont aussi cité Bertolucci : un Italien pour raconter les Chinois ("Le Dernier Empereur", NDLR). Donc ça ne les choquait pas qu’une Française raconte Raspoutine.

Rose Bosch : Je salue cette ouverture d’esprit !

Alain Goldman :
Et puis d’un point de vue de producteur, pour un sujet comme Raspoutine ou La Rafle, il vaut mieux avoir quelqu’un qui a certes de la bienveillance pour le sujet, mais qui n’en soit pas l’otage ni le prisonnier. Si on confie La Rafle à un metteur en scène juif, trop "impliqué", il n’y a pas de distance. Pour Raspoutine, pour plein de raisons, Rose a de la bienveillance et de l’affection pour le personnage, et en même temps, un "recul". C’est la bonne distance.

Rose Bosch : Je ne voudrais pas qu’on imagine que c’est une "fascination", non. Disons qu il y a autour de cet homme des événements et des personnages que l’on n’oserait pas inventer. Les personnages sont emblématiques, très extrêmes. Pour un cinéaste, c’est une bénédiction. Et comme je n’aime pas tellement filmer le "quotidien"...

Photo - FILM - La Rafle : 129166

Revenons maintenant sur un sujet épineux : la polémique* qui a accompagné la sortie DVD de "La Rafle", suite à votre interview dans "Les Années Laser"...
Rose Bosch :

A l’heure actuelle, la mode est au sacarsme, à "l’équarrissage", au dénigrement, à la malveillance et même à la parano… Et cela dépasse très, très largement le monde du cinéma, ou même celui de la culture. La désillusion sur le monde est telle que toute initiative est désormais "suspecte" de ne pas être sincère. Et moi, en gros, je suis convaincue que l’émotion partagée, et avant tout, la "compassion", c’est à peu près la seule chance qui nous reste en tant qu’espèce de ne pas nous auto-détruire. "Last call before self-destruction", disent les Anglo-saxons. Encore, si cette entreprise globale de démolition était assortie de propositions positives, cela serait sans conséquences. Ou plutôt, cela empêcherait la montée des extrémismes. Mais comme on s’indigne mais sans propositions, on aboutit à… la montée des extrêmes, à droite comme à gauche. Il suffit de lire les sondages. Au moment où je donne cette interview, cela fait déjà longtemps que ça me préoccupe en tant que citoyenne française, en tant que mère aussi.  Je regrette le recul de la "bienveillance", et le fait qu’on tourne en ridicule les émotions. Or en août 2010, au moment où je m’exprime à propos de ce qu’on appelle maintenant le "néo-cynisme", même ce terme n’existe pas encore. Cet état d’esprit négatif n’est pas encore repéré par les philosophes, les politiques ou les artistes… De quoi s’agit il ? Encore une fois, d’un recul de la compassion, d’un effondrement de la bienveillance. Cela s’illustre par des émissions qui deviennent les jeux du cirque, où le public est invité à ricaner de pauvres bougres qui veulent devenir artistes, d’auteurs dont le seul crime est de pubier un roman. Sans parler de blogs haineux ou on assène : "Tous pourris !" dans un élan  une paranoïa appliquée à toute initiative. De crainte d’être manipulé, on se défie des émotions. On les met "hors-la-loi". Elles sont taxées de sentimentalisme…  Bref, ça devient un peu irrespirable et j’exprime à ce moment-là quelque chose qui est certes lié au film… mais qui le dépasse très largement. C’est une pensée que je dévide. Ensuite ce texte arrive dans cette rédaction pour être "recalibré". Des questions ou même des réactions de l’intervieweur sont rajoutées alors que je n’ai jamais eu directement affaire à lui. (L’interview en question a été réalisée par mail, NDLR) Des coupes interviennent. Des réactions pseudo-indignées comme "Quand même vous exagérez !…" et des réponses que je n’ai jamais faites ("En tous cas, c’est ce que je pense") sont rajoutées. Or, si vous écrivez ces mots, le paragraphe qui précède ou celui qui suit n’est plus lu de la même manière. Et ce qui est une discussion intellectuelle sur un phénomène médiatique parisien devient une espèce de diatribe, ce qui n’était pas du tout le cas. Le pire est à venir. Un blog s’empare de cette interview, et ajoute des termes, comme "nazi" que je n’ai jamais écrits, jamais prononcés ! La cabale est lancée. Elle aura duré trois mois. Elle est totalement disproportionnée, mais bien à l’image de ce cynisme ambiant. Le plus inquiétant, dans tout cela, c’est de constater combien il est facile sur le net de "retourner" une opinion contre quelqu’un. Avec trois fois rien. Pour rien. Et combien les internautes ont foi dans ce qu’ils lisent sur le net, sans vérification, sans recul.
(…)
Mais ce qui me choque encore plus, c’est que des journaux prétendument professionnels n’aient rien vérifié et aient repiqué sur un blog des termes que je n’ai pas utilisés, et qu’ils le publient en titre. Pire, comme une citation directe. Quand je proteste auprès de mes amis sur Facebook -même pas publiquement, et j’aurais pu– ces journalistes changent à toute vitesse ce titre parce qu’ils savent que je pourrais attaquer en justice… Mais c’est parti sur le net et le mal est fait. Aujourd’hui, plus encore qu’il y a dix ans quand j’étais journaliste moi-même, les vérifications s’imposent. Or cette compétition qu’internet et les blogueurs font à la presse la rend très imprudente, et par là même, très injuste. Je ne veux pas faire la morale, mais jamais au Point où j’ai travaillé dix ans, jamais on n’aurait repris une rumeur, sans aller vérifier mot pour mot auprès des principaux interessés. J’ai eu droit par leur faute à des injures, des menaces, des coups de fil anonymes qui m’ont contraintes à changer de numéro… Ces médias réalisent-ils qu’ils donnent une "licence to kill" ? Leurs journalistes sont-ils une "génération spontanée", sans formation, ou bien le font ils par malice ?  Ca, je l’ignore. En tous cas, le dénigrement de certains médias autorisait ce déferlement soudain de haine parfaitement inutile.
(…)
Quand je dis ça en août, Marine le Pen ne fait pas 20% en France et 30% dans le Midi. Maintenant, c’est le cas. En août quand je parle de cette "insensibilité" qui est devenue une posture et une mode, le phénomène "néo-cynique" est encore brumeux. Puis enfin, en octobre, L’Express publie un dossier dans lequel des philosophes et des sociologues de divers horizons analysent ce phénomène de recul global de la bienveillance et de la compassion, la paranoïa générale et la haine que ça provoque. Et les dangers pour la démocratie. Il y a comme ça de nombreux faisceaux d’éléments. Je me souviens de Christophe Barbier, patron de la rédaction de L’Express, se tournant vers Karl Zéro pour lui dire "Il doit y avoir des choses sacrées, on ne peut pas tout démolir au nom de la liberté d’expression" ; l’autre lui répond "Si on doit, c’est sain". "Non, répond Barbier, pas si on ne propose rien en face, sinon ça fait le terreau du totalitarisme". C’était de cela dont je parlais un mois plus tôt. Peut-être maladroitement ou trop tôt. Mais c’était exactement de cela.

Le journaliste des Années Laser parlait strictement cinéma, vous étiez sur un plan sociologique voire philosophique a priori : vous n’étiez donc pas sur le même niveau de discours…

Rose Bosch : Non parce qu’on ne se parlait pas "directement"… L’interview a été réalisée par mail. Je répondais à une question sur les enseignements que j’ai tirés du film : j’ai parlé d’une manière globale, en dévidant le fil d’une pensée. Pourquoi je cite Hitler ? Parce qu’il était dans le film. Mais j’aurais pu citer Ceausescu ou les Hutus vis-à-vis des Tutsis. C’est la même chose. Tous ces totalitarismes ont commencé en un temps où la compassion a connu un recul. Où la bienveillance était en berne. Où la sensibilité était raillée et considérée comme une faiblesse...

Mais vous comprenez que vos propos aient pu choquer les gens ? Ceux qui n’aiment pas comme ceux qui aiment votre film d’ailleurs. On avait l’impression que ceux qui n’aimaient pas étaient comparés à des Nazis…

Rose Bosch : Je ne parlais pas des gens qui n’ont pas aimé le film. Ce n’était pas ça le problème. Quand vous montrez un événement qui a existé, dire qu’il faut distinguer le contenu de l’œuvre, c’est bien joli mais malgré tout, il y a toujours deux niveaux de lecture… Celui qui concerne le contenu du film ou de l’œuvre, quelle qu’elle soit. Et celui du contenant.  Comment expliquer ça ? Je réagissais à aux attaques sur la "shoah-business". A  des réflexions comme "On veut encore nous faire pleurer sur la Shoah, est-ce qu’on ne l’a pas déjà assez fait ?" Moi, ça a été contre ça que je réagissais. Il ne s’agissait pas  "d’aimer ou ne pas aimer le film".  J’ai dix ans de presse au compteur, dans des journaux très sérieux, où j’ai appris le métier avec Claude Imbert, avec Jeambar, avec Georges Suffert.  Est-ce qu’on croit réellement que je pourrais me contenter de penser de cette manière si "basique" ? C’est vastement sous estimer l’intelligence et l’honnêteté intellectuelle de ceux qui écrivent dans ces journaux qui ont été mes universités! Le film a fait trois millions d’entrées, de quoi pourrions nous nous plaindre ? Si ce n’est d’un état d’esprit cynique qui fait tache d’huile.

(…)

Voici ce que je disais : il y a eu beaucoup de films sur la Shoah, certains m’ont plu, d’autres moins. Mais en aucun cas je n’ai remis en cause l’honnêteté intellectuelle des gens qui les avaient fait. C’est d’autant plus ignoble que pour ma part, j’ai été plongée dans ces archives durant trois ans, plus deux pour terminer ce film, et que je suis encore profondément affectée par ce que j’y ai découvert. Encore aujourd’hui. Au moment où le film sort, j’ai encore en mémoire -presque par cœur- certains mots d’enfants écrits à cette époque-là et jetés des trains qui partent vers Auschwitz… Et ça, ce serait du "sentimentalisme" ?! Donc c’est totalement injuste d’être accusée d’avoir filmé de manière à manipuler les émotions des gens. Il n’y a pas de manipulation, il y a une restitution d’un niveau de drame. Et en tant que cinéaste,  il y a la nécessité d’être à la hauteur de ce niveau de drame et d’émotion. Qu’il soit en décalage avec le monde en paix, ouaté, qui est le nôtre, oui, c’est possible. Mais considérez ceci : l’infirmière veut rattraper un convoi, dans le film. Elle arrive trop tard, et ramasse un jouet. Le cynisme ambiant pense : "Oh, c’est fait exprès pour  nous tirer des larmes". Non ! Annette Monod, l’infirmière, a si bien ramassé les jouets que 60 ans plus tard, elle en a fait une exposition : "Les jouets des enfants de Beaune la Rolande". C’est parce qu’elle les a ramassé que le passage sur cette terre de ces gosses est devenu concret. Songez bien à ceci : si elle ne ramasse pas ces jouets, il ne reste rien, plus rien du tout, plus aucune trace de ces gosses.

(…)

On aurait peut-être préféré dans un certain cercle, bien parisien et bien cynique -que je fuis comme la peste- voir ces colonnes d’enfants Juifs aller à la mort "tête basse et en silence", "stylistiquement". Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe, parce que les Juifs -comme tout le monde- voulaient vivre. Je ne sais pas ce que les néo-cyniques connaissent du monde, mais il se trouve qu’en tant que reporter, j’ai vu partout que les enfants crient, pleurent, se débattent, et appellent leur mère. C’est ce que je disais dans cette interview… Il faut être à la hauteur de cette émotion-là en tant que cinéaste, ou alors on travestit le réel. Or je ne l’ai pas travesti : j’ai essayé de me mettre au niveau d’émotion que ces gens ont vécu, et au niveau d’émotion que nous aurions ressenti si nous avions été des témoins invisibles de ce drame. Pourquoi est-ce que je dis que j‘ai essayé? Parce que les témoins de ce drame eux mêmes disent qu’aucun film ne restituera leur douleur. Et je les crois. Donc non, ce n’est pas pour faire pleurer dans les chaumières, c’est pour donner à voir - et je dirais "A voir enfin !"– vraiment, ce que c’est que d’être envoyé à l’abattoir. Après, on peut dire qu’on n’aime pas l’approche cinématographique,  ou les mouvements de caméra, mais on ne peut pas dire que les gens qui ont fait ce film n’ont pas été honnêtes, ni complètement sincères dans cette démarche. C’est infamant et injuste pour tous.

(…)

Ce qui m’a choquée en tant que cinéaste, c’est que si je regarde un film sur le Rwanda, je regarde quelque chose dont je sais que c’est arrivé : la première chose qui me submerge, c’est la compassion pour les victimes. Ensuite je me dis "j’aime ou je n’aime pas la façon dont ça a été traité", mais en aucun cas je ne remets en cause la sincérité des cinéastes et des producteurs qui se sont lancés dans cette entreprise cinématographique. Ca ne me viendrait pas à l’idée qu’ils l’ont fait au nom d’un prétendu business. On a l’impression que les artistes sont perçus par ce petit monde cynique comme des personnes épouvantables, animées des pires intentions, à qui est déniée la sincérité. Or il en a fallu à tous ces artistes pour non seulement venir dans ce film qui n’était pas un succès annoncé, et pour le faire souvent pour rien.


La polémique s’est ensuite accentuée avec Les Inrockuptibles. Est-ce que quelque part, le fait de ne pas les inviter à la projection-presse du film ne met pas le feu aux poudres au départ ?

Alain Goldman : C’est très simple. Les Inrockuptibles, c’est un journal interdit de projection chez Légende depuis longtemps maintenant, et pour une raison très précise. Lorsque nous avons produit La Môme, le film a été encensé dans de nombreux journaux et l’un des très rares à n’y avoir trouvé aucune vertu a été Les Inrockuptibles. C’est parfaitement leur droit. Mais je me suis opposé à eux pour la raison suivante : dans leur critique, ils descendaient le film -ce qui ne me pose pas de soucis encore une fois-, mais ils ont comparé le jeu de Marion Cotillard à celui de Marion Corbillard. Et pour moi, dès le moment où l’on franchit la ligne qui consiste à quitter la critique bien naturelle de l’œuvre pour s’attaquer aux personnes en changeant leur nom, je considère qu’il y a une insulte à la personne et je ne peux pas laisser faire ça. C’est inqualifiable, inadmissible. Ca touche à l’intégrité de la personne, son nom, ses origines… J’ai donc appelé Serge Kaganski pour lui dire qu’il pouvait critiquer nos films comme il le voulait, mais qu’il n’avait pas le droit d’insulter les gens. Je lui ai demandé d’envoyer une lettre d’excuse à Marion Cotillard, et dit que les projections seraient interdites à ses journalistes tant que cette lettre ne serait pas écrite. Ils ont ensuite dit partout, avec la mauvaise foi qui les caractérise, que Légende était une entreprise sioniste qui agissait avec dureté et qui les excluait de ses projections… Chaque fois j’appelais Kaganski pour lui rappeler que ce n’était pas pour cela qu’ils étaient interdits de projection, et lui me répondait "Je sais, je sais !". Bref, les gens des Inrockuptibles seront les bienvenus en projection le jour où Marion Cotillard aura reçu une lettre d’excuse.

(…)

Au-delà de ça, tous les films qui abordent des sujets plus grands que les metteurs en scène eux-mêmes et qui savent trouver une manière de toucher le plus large public possible, par définition, c’est un péché mortel dans la ligne éditoriale des Inrockuptibles. Ne sont encensés, sauf rares exceptions, que des films qui sont l’expression d’un metteur en scène qui ne cherche à parler que de lui-même pour le plus petit nombre possible. Dès lors qu’un film a des vertus populaires -dans meilleur sens du terme- et qu’il y a cohésion et émotion ressenties par des centaines de milliers ou des millions de personnes, c’est une plaie mortelle à leurs yeux. C’est le cas de La Rafle, de La Môme, de Joyeux Noël, des Ch'tis… Et il se trouve que La Rafle touche à quelque chose de plus profond. La France a une histoire verrouillée. Quand on dit qu’on entend trop parler de la Shoah en France, c’est totalement injuste de dire ça : La Rafle est le premier film qui a comme sujet principal la déportation des Juifs de France. Il n’y a eu quasiment aucune épuration après la guerre, Monsieur Bousquet a été assassiné quelques jours avant le début de son procès, et après on ne parle de rien… Il y a eu des documentaires ici ou là, mais une grande œuvre de fiction, il n’y en a pas eu. Je ne parle pas des films sur Auschwitz et sur les camps, mais d’une histoire qui nous concerne nous, Français. Cette histoire-là, elle n’a jamais été réellement évoquée au cinéma avant La Rafle. J’ai regardé, j’ai étudié les films précédents : ce n’est jamais le cœur du débat. Et ce qui a secoué la nation, c’est le fait que pour une fois, on livrait un film qui parle de ça. Alors ça gêne. Moi, des gens m’ont dit "Il fallait peut-être que ce soit plus subtil…" Mais de quoi on parle ? Où elle était la subtilité d’aller chercher un matin de juillet 1942 des parents et des enfants qui n’avaient rien fait ? Il y a quelque chose de profondément désagréable, qui fait que la France a souvent des difficultés à affronter son passé… Regardez la rapidité avec laquelle les Etats-Unis font des films sur leur Histoire : Vietnam, Afghanistan, Irak. Ca va très vite. Nous, il nous faut des décennies pour arriver à bouger sur un sujet comme la Guerre d’Algérie ou la Shoah. C’est important qu’il y ait des films comme La Rafle : il faut savoir aller au-delà du sentiment de gêne pour regarder son Histoire en face car plus on la connaît, mieux on peut avancer sans qu’elle se répète.

Rose Bosch : J’aurais voulu que les dénigreurs s’interrogent… Si 3 millions de personnes se rendent au cinéma pour voir un film aussi difficile du point de vue émotionnel, c’est qu’ils leur disent aussi quelque chose à "eux". Je pense qu’il y a un divorce assez complet entre ce mouvement cynique et le reste de la population qui le manifeste en allant voir  Les Petits mouchoirsLes Ch'tis, Tout ce qui brille, La Rafle ou Elle s'appelait Sarah ou encore Des hommes et des dieux. Le grand public manifestent quelque chose d’important à propos d’émotions qu’il veut partager. Et qu’il reconnaît comme authentiques. Sinon, il n’irait pas voir ces films ! (…) Parmi ces millions de spectateurs de La Rafle, il y a beaucoup de gens très jeunes, des non-Juifs pour la plupart, qui sont allés voir pourquoi 5 000 enfants qui n’étaient pas de leur confession sont morts 70 ans plus tôt. Cette générosité m’a surprise, elle m’a enthousiasmée, elle m’a nouer des liens sur internet avec des gens formidables… Je parlais de ça aussi dans cette interview, mais ça n’a pas été repris.

Propos recueillis par Yoann Sardet

* Une interview accordée au magazine "Les Années Laser" (septembre 2010, n°167) par la réalisatrice (voir capture ci-après) déclenchent une vive polémique sur le web, dans de nombreux sites, réseaux sociaux, forums et autres blogs, et notamment sur les pages des Inrocks, qui publient un billet dont le titre -qui attribue à la cinéaste une phrase qu'elle n'avait pas prononcée- sera modifié par la suite.

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Commentaires
  • Hugo Bernasconi
    C'est beau de leur faire fermer leur g****** de cette façon, bravo. Il faut arrêter avec ce genre de polémiques, vraiment.
  • Pete277
    Interview magistrale et très complète, je remercie Allociné pour cette interview très personnel et honnête (à mon goût).
  • ghib
    " La Rafle est le premier film qui a comme sujet principal la déportation des Juifs de France." n'importe quoi, tout aussi ... la Roselyne
  • Aladdyen
    dis t elle la verité, ou est ce les années laser qui mentent ? mais losqu'on ecoute les artistes, c'est toujours la faute des autres ! mais peut etre elle dit la vérité, nous le saurons jamais ! je n'ai pas aimé la rafle ! mais le projet rapoustine m'interresse, très bel interview ! bravo allocine !!
  • chips493
    C'est malin, ilo aurait fallu mettre l'extrait d'article controversé avant la partie qui en parle, parce que j'étais dans le flou.
  • chips493
    Les inrocks bannis des séances presse de Légende parce qu'ils ont dit "Marion Corbillard"? OUAH! Bravo la censure. Certes c'est pas plaisant à entendre, mais ça reste insuffisant pour en venir là. Ils ont voulu étouffer sous l'oreiller un journaliste qui n'aimait pas leur oeuvre, et rien que pour ça ils n'auront pas ma sympathie.
  • SPASMadness
    "Paul Verhoeven était aux commandes à l’origine" Et c'est ELLE qui récupère ça ?NAAAAAAAAAOOOOOOOOOON !!! POURQUOI ???
  • TimYep
    "Sur 1492 : Christophe Colomb, j’étais tenue à une véracité historique en raison du massacre d’Indiens."...J'espère qu"elle plaisant..1492 est une farce historique.
  • HatoUP
    Elle a l'air tellement fausse quand elle parle... En plus c'est incroyable le nombre de fois ou elle se répète. :o aladdin95, je pense qu'il est évident que les années laser disent la vérité. Elle est hautaine quand elle parle et elle donne l'impression de vouloir imposer ce qu'elle pense... Y a juste à voir l'image et même l'interview.
  • bagoo68
    Interview très pro ! Surtout que la dame a pas l'air toujours sympathique (même si le gars des Inrok qui a fait fièrement son jeu de mot tout pourri n'est certainement pas une lumière). Personnellement, j'avais complètement zappé cette polémique et je n'ai pas vu le film ... mais SI elle a effectivement critiqué ceux qui n'ont pas pleuré devant son film, moi j'y vois surtout beaucoup d'arrogance (voir de l'intolérance envers ceux qui ne réagissent pas comme elle). Parce que tout le monde n'est pas sensible aux mêmes choses (la preuve, on peut très bien être sensible en regardant la vie est belle et resté insensible à la liste de Schindler, puisqu'on nous bombarde d'images choc constament, et inversement). Bref, Mme semble avant tout passionnée par son sujet, et les gens passionnés peuvent nous pondre de bonnes choses, donc on verra bien ce que donne ce Raspoutine.
  • AmelieOakenshield
    C'est une interview très bien réalisée et on peut dire qu'elle ne répond pas à côté: on voit la qu'elle a la force de ses convictions et qu'elle possède une sincérité qui manque parfois dans le milieu extraordinaire du cinéma... En tout cas je suis d'accord avec elle sur bien des points! :)
  • surfeurdu94
    " Paul Verhoeven et moi avons été en désaccord sur la manière de représenter le personnage" C'est bizarre mais j'ai plus confiance dans le realisateur de "La chair et le sang", "starship troopers" , total recall" "robocop", "basic instinct"....
  • ghib
    faut l'envoyer en cure de désintox comme Charlie Sheen, ça lui évitera de dire autant de conneries. Mr Klein, Batignolle, Section Spéciale, Au Revoir les Enfants, Le Chagrin et la Pitié, Pétain ... et d'autres pour répondre aux conneries du type " La Rafle est le premier film qui a comme sujet principal la déportation des Juifs de France".
  • seivy
    Tain... pourquoi Verhoeven n'a pas fait ce film... j'aurais préféré uwe boll plutôt qu'elle...
  • Mister-cinoche
    putain de merde (passer moi l'expréssion) elle est long cette (soit disante) interview ! Même si elle est génial :D
  • smogkin
    Merci allo pour l'interview... Je n'ai pas vu la Rafle et je n'avais pas entendu parler de la polémique mais je rejoins la réal sur "la bienveillance"...
  • Stanley-le-begue
    La réalisatrice n'a pas l'air d'avoir compris qu'il n'y a aucun intérêt à représenter au cinéma un massacre pour montrer qu'il a existé. Ce qui est beaucoup plus intéressant, c'est de savoir pourquoi il a existé, qui l'a perpétré, pour quelles raisons, quel était le contexte. Elle m'a conforté dans mon idée : je n'avais pas envie de voir le film, et j'en ai encore moins envie aujourd'hui.
  • seivy
    C'est surtout qu'elle se prend pour la garante de la mémoire collective, alors que son film est d'une qualité (très très) discutable... J'ai pas pleuré devant parce qu’il n'est pas bon, que l'on y croit pas une seconde... le comble pour une page de l'histoire aussi importante que celle-ci !
  • SunnyMalker
    A Stanley => tu n'as pas vu le film. Donc, comment peux-tu savoir qu'il ne fait que montrer la déportation des Juifs ? Au contraire, ce film nous montre la France dans sa globalité à cette période. Il ne nous montre pas juste des juifs, il nous montre quelle était la mentalité des français à cette époque ainsi que l'attitude des politiques, pourquoi et comment ont-ils pactisé avec l'Allemagne nazie.
  • Samyto
    Faut lire dans l'interview une certaine arrogance, une prétention de la part de la réalisatrice. La France fait face à son passé, dans les années 90, Chirac a reconnu la responsabilité de la France dans le Génocide. Dire que la France en est incapable, c'est du mensonge ! Oui, je le dis, on nous soule avec ce devoir de mémoire du génocide, il y a eu assez de films sur ce sujet, faisons un autre travail de mémoire, comme sur la Guerre d'Algérie qui est en cours (Indigènes, Hors-la-loi...), ou sur l'esclavage, sur la traîte des Noirs.Oui, les Juifs ont soufferts dans l'Histoire, je ne dis pas l'inverse, mais n'oublions pas qu'il n'est pas le seul peuple à avoir souffert...
  • Samyto
    Concernant Marion Cotillard, elle le dit elle-même : "mais ils ont comparé le jeu de Marion Cotillard à celui de Marion Corbillard".A aucun moment, cette grande actrice n'est insultée, on lui reproche son jeu d'acteur sur un film, on ne l'insulte pas elle ! Dégoûté de cette femme... je n'ai même plus envie de voir "La Rafle", simplement pour son ton hautain qu'elle tient dans l'interview, il n'y a même pas l'ombre d'une personne humble, ce que j'aime le plus voir dans ce métier. Alors, elle lira nos commentaires, et elle se dira que nous sommes antisémites, parce que nous refusons d'être de son avis, et que nous refusons de vois son film...
  • NetSurfer
    A lire cette interview, c'est plutôt elle la dictatrice (dictateure?)."On DOIT pleurer devant mon film... JE montre le massacre parce que vous en avez besoin, et quelqu'en soit la qualité si vous n'êtes pas touché vous êtes comme Hitler." Madame Bosch devrait apprendre à se défaire de son égocentrisme et de son égoïsme avant de donner des interviews.
  • HatoUP
    lol, en faisant mon commentaire, j'm'attendais à des protestations comme c'est souvent le cas sur ces forums. Mais je vois qu'apparemment vu avez également ressenti son air hautain et désagréable... En plus j'viens d'faire la rapprochement, c'est assez ironique qu'une personne s'appelant "Bosch" face un film sur les juifs :D
  • madho
    Desole mais dans l'article, elle dit la stricte verite, vous avez vus "ces verites fortes et justes" c'est-a-dire qu'elle n'a pas plaisante avec ca quand elle a fait le film, elle s'est entretenu avec les vrais temoins. Moi , j'ai vu le film deux fois et je pense qu'elle a minimise les scenes violentes pour ne pas choque le piblic, ce qui est tout a fait normal. J'ai regarde des documentaires sur ca et c'est 10 fois pires .
  • SunnyMalker
    Pour ceux qui disent que "Marion Corbillard" n'est pas une insulte, désolée mais je suis d'accord avec ce que dit Alain Goldman. On a le droit de ne pas aimer un film ou un acteur, mais on a pas droit de porter atteinte à son nom de cette manière. Surtout dans un magazine. Je n'ai jamais lu les Inrocks et ça ne me donne pas envie de le lire.
  • SunnyMalker
    +1 Madho
  • Jake GARCIA
    Bravo Rose pour l'interview !Merci Allociné pour cet article !Quand à la polémique je peux dire que les inrocks ne sont du tout professionnel, car déjà la manière dont ils répondent aux internautes.... D'autres part, l'interview au départ avait été envoyée par mail à Rose lors de son séjour en Israël pour l'ouverture du festival où la "rafle" ouvrait le festival.Il n'est donc pas possible d'avoir dans l'article la partie "vous exagérer", vu que ce n'était pas une interview en direct....Depuis quelques temps déjà on s'aperçoit que la presse se permet des choses au delà de leurs limites : Bedos, Morain, Guillon....Le néo-cynisme est un maux qu'il faut combattre.Le fait des inrocks de transformer le nom de Marion Cotillard, je trouve cela inacceptable et humiliant !Pour qui se prennent t-il ?Auriez vous aimez que l'on transforme votre nom comme cela ?Un nom de famille est quelque chose que l'on respecte. Il y a une histoire derrière nos noms, des douleurs, une vie.....
  • Jake GARCIA
    Moi je suis effaré de voir certains commentaires ici qui me font peur pour l'avenir. Comment ne pas trouver d'émotions sur la déportation de milliers d'enfants, comment être aussi fermé par rapport à notre passé.... Pourquoi oublier ce passé....L'oublier c'est oublier ces victimes que oui, le gouvernement français de l'époque a envoyé à la mort. Imaginez un instant : Si ce qui s'est passé il y a 70 ans , se passait aujourd'hui (j'espère que cela n'arrivera jamais plus), que feriez vous, comment réagiriez vous ?De quel côté seriez vous ? On vit aujourd'hui dans un monde à côté de la plaque !Je plains beaucoup d'entre vous....Cependant, il y a des gens formidables ici ou là et Rose en fait parti !
  • Elawilan
    Je suis d'accord avec Jake, même si elle a effectivement parfois un air hautain dans ses interview, ce qu'elle y dit n'en ai pas moins véridique... ... LE devoir de mémoire, oui on nous bassine avec, La Rafle était pourtant le premier film portant sur le vel d'hiv, sur la responsabilité de la France et franchement, il était temps!!!! Après oui, il y a d'autres sujet à traiter et ils le seront, la France a toujours eu du mal a reconnaître ses tord et a toujours mis du temps à les porter à l'écran en espérant que ça change!Oui, le film est dur mais allez donc visiter un camp ou n'importe quel autre site témoignant de génocide dans le monde et vous verrez que le film c'est de l'eau de rose!
  • Nano49
    Le gêne de la compassion, impressionné. Aussi débile que le gêne de la pédophilie de Sarkozy. Aucune crédibilité pour le coup.
  • wickett22
    Je trouve cette dame totalement arrogante et hautaine, certes le massacre des juifs a été quelque chose d''horrible et il faut et on doit le dénoncer, ce que je ne supporte c'est qu'elle se pose officiellement comme LA personne principale dans l'histoire , c'est grace a ELLE que l'on a remmémoré le souvenir de la déportation en France , comme l'ont dit certains sur le forum beaucoup de films ont été fait en France sur le sujet, mais s'autogargarisé d'etre la défenseure de l'histoire juive en France montre un certain manque de recul, tout est question de sensibilité dans la vie et proclamé que ne pas pleurer devant son film est limite inhumain , c'est plutôt elle qui doit se remettre en cause plutot de s'attaquer aux gens qui n'ont pas aimé le film. Un peu de décence et d'humilite ne lui ferait pas de mal !!!! Et en ce qui concerne la pseudo polémique sur la prestation de Marion Cotillard, elle n'a pas lieu d'être le jeu de mot est de mauvais gout certes, mais on a déja vu mille fois pire comme critique ciné ( dont une de libération comparant le film 300 avec les nazis ) qui furent bien plus choquantes et dont bizarrement on a pas entendu parler. Trop hypocrite et fausse , mais j'irais quand même voir Raspoutine pour Jean Reno qui est un acteur que j'adore !!
  • Samyto
    wickett22, tu as tout dit ! Je ne peux qu'être d'accord avec toi !
  • khassandr
    Sans compter le fait que la promotion du film est basée sur un seul argument:Si vous ne m'encensez pas, vous êtes des salauds/nazis/sans coeur.Utiliser cette corde sensible est ignoble et la réalisatrice devrait d'abord se concentrer sur les aspects techniques nécessaire à la réalisation correct d'un film."La rafle" est techniquement très mauvais, puant d'orgueil, cliché qui ne vit QUE parce qu'il utilise cette corde sensible qu'on a tous au fond de nous. C'est un sujet important et grave. On était en droit de voir un film un minimum crédible, tant dans le jeu des acteurs que sur le plan historique.Massacrer ce sujet et y associer une promotion plus que douteuse est déjà assez grave en soit...Mais se justifier de la sorte, ça me dépasse...
  • Aladdyen
    Ce n'est pas parce que le film raconte une chose horrible de l'Histoire que l'on doit forcement pleurer ! Uwe boll (le pire réalisateur de l'histoire du cinéma) est en train de faire un film sur Auschwitz ! et pourtant le film, avant même sa sortie, est fortement critiqué ! la rafle est pour moi un film à grand spectacle ! il a été fait pour faire pleurer le spectateur landa ! pourquoi ? eh bien tout simplement pour engendrer plus de recettes ! Parce que sensibilisé le spectateur est une chose qui fonctionne très bien dans le cinema ! il ne se passe rien dans le film, il n’y a aucune intrigue ! RIEN ! Juste des malheureuses personnes qui se font massacrer par des nazis !! Je suis persuadé que la totalité des recettes ont été empoché par les producteurs ! ce film est une honte, et bien évidement,un navet (techniquement parlant c’est incroyablement laid)
  • brightener
    Au delà de la polémique sur "La rafle", ce qui m'inquiète un peu, c'est le parti pris du futur film sur Raspoutine...Rose Bosch a beau affirmer ne pas avoir cédé à la fascination pour le personnage, on peut déjà se demander si le film ne va pas présenter une fois de plus le fameux cliché du Russe mystique, visionnaire et génial, avec les pires clichés sur "l'âme russe" et "la Russie éternelle"... Ce que les journalistes avaient avant tout reproché à "La rafle", c'est son absence de nuance par rapport à la vérité historique de la rafle du Vel' d'hiv'.Il est malheureusement fort possible que la réalisatrice retombe dans le même piège avec "Raspoutine"...
  • khassandr
    lesayandu22Tu te trompes. On parle de faits qui remontent à 60 ans... On ne peut absolument pas comparer avec maintenant.
  • johnnyscofield34
    eh ben sa fait peur ce qu'elle dénonce ( a juste titre ) dans la rafle elle le reproduit et ne s en pas compte elle a un vision totalitaire du cinema 1 les inrocks font une blague sur cotillard et elle les interdits de projection de presse 2 si on pleure pas devant la rafle on est un monstre sans coeur ..... enfin sa promet pour raspoutine dire qu'elle prend la place de verhoeven.
  • madho
    merci SunnyMalker, +2 pour toi
  • ;-) Lacenaire
    Vous tous très cons !!!Relisez ce qu'elle dit !!Elle a totalement raison !!!!! Et j'ai constaté par moi meme plusieurs fois sur plusieurs sujets différents que les inrock sont des putains d'abrutis !!!!!! Et à sa place j'aurais fait pareil !!
  • madho
    On sent qu'elle a fait vraiment des recherches pour faire ce film avec des acteurs remarquables. Quand ont voit l'emotion que donnent Gad Elmaleh, Jean Reno et Melanie Laurent, on peut dire que c'est un film qui merite le cesar et plus encore.
  • Eva J.
    La Rafle est un film très émouvant et très intéressant.Le film m'a captivée et émue, il m'a interrogée et m'a donnée envie d'en apprendre plus sur les différentes étapes de cette mécanique morbide orchestrée par Nazis et en mettant en avant le rôle et la responsabilité des autorités français concernant la communauté juive .Le Vel d'Hiv , subliment reconstitué et le rôle des infirmières française ( comme Annette , jouée par Mélanie Laurent) , des médecins juifs ( Dr. Sheinbaum, joué par Jean Reno, excellent dans ce rôle)"La Rafle" remplit parfaitement son contrat en trouvant bon dosage entre pédagogie et émotion. Le genre de film qu'il est difficile de critiquer , tant qu'il a le mérite d'exister.Je panse que le courage du producteur et de la réalisatrice de parler à travers de leur film d'un un sujet difficile et important devrait être une exemple pour nous tous.
  • Rémy LARRIEU
    Bonjour à tous,Personnellement je fais partie des 3 millions de spectateurs qui ont vu le film en salles, et qui ont aimé ce film. Je suis aussi assez proche de Roselyne Bosch, et je suis convaincu que toutes les personnes qui lui font un procès de sale gueule le font par méchanceté, sans réellement connaître la personne.Que l'on critique le film, l'oeuvre, bien sur, nous sommes tous ici des critiques ciné en puissance, car nous aimons cela ! (enfin j'espère pour la majorité d'entre nous !)Mais comment peut-on autant critiquer le travail d'une personne et de toute son équipe ? C'est un film qui a été très dur à réaliser, qui a demandé beaucoup de travail, oui certainement bcp plus que le très médiatique "Rien à Déclarer". C'est faire injure totale au cinéma, à la profession et à ses professionnels !Et quand on voit que ces mêmes personnes commencent à critiquer ouvertement "Raspoutine", dont le tournage n'a meme pas encore démarré... Sans commentaire !Très bel article d'Allociné, bravo pour votre travail ! Et bonne continuation à Roselyne Bosch, qui a dejà su amener les gens vers l'émotion, et qui saura j'en suis certain, nous plonger dans l'univers de Raspoutine.
  • Jake GARCIA
    Notre pays se cache derrière notre histoire et a peur du passé. C'est bien triste ! Rose est une femme admirable ! Moi je dis marre de ce néocynisme ambiant de la part d'une certaine presse qui eux, ne respectent rien !
  • Samyto
    Moi je dis que vous avez créer des comptes Allociné simplement pour soutenir votre ami la réalisatrice...Elle est arrogante, et là-dessus, ça m'embête. Bien sûr qu'il y a eu un travail de recherche derrière ce film, je ne peux pas le nier, mais de là à se faire porte-parole de la mémoire juive, non. Si elle a estimé nécessaire de faire un film pour accuser la responsabilité française, je dirais que depuis les années 1990, la France connaît sa responsabilité, depuis que Chirac est au pouvoir. Non, ce qui était nécessaire, c'était de faire un film, parce qu'il est nécessaire de faire un film sur tout... Je trouve qu'en ce moment, il est nécessaire de faire un film sur la traîte des Noirs pour moi, ça me semble encore plus urgent qu'un film sur la Shoah, beaucoup de Noirs subissent des discriminations au quotidien. "Nécessaire", j'aime bien ce mot, on dirait qu'il peut tout justifier...
  • Samyto
    - Samyto, range ta chambre ! - Non Maman, j'estime nécessaire de transformer ma chambre en Darfour, par solidarité au peuple Egyptien, qui fait la même chose avec son pays pour la Révolution !
  • pollux52
    The winner is....... il ne se passe rien dans le film, il n’y a aucune intrigue ! RIEN ! (il reconnaitra sa prose). Il s'attendait à quoi, à voir débarquer Zorro?
  • bestrafe
    Rejeter Verhoeven, c'est la connerie qu'il ne fallait pas faire. Black Book est et restera largement au dessus de la rafle, d'une part pour son originalité, et surtout pour une réalisation et une interprétation magistrale. La Rafle, c'est le sujet facile pour une émotion facile... Verhoeven lui joue dans la cour des grands, et montrer l'Histoire que personne ne veut voir. Il fait scandale parce qu'il touche juste. Elle, elle est encore au stade de la maternelle avec cinéma cliché et argent facile. Et surtout, notoriété facile pour la suite de la carrière. Il faut être un monstre pour se servir de la Shoah de cette façon. Plus aucun film ne devrait être fait sur le sujet, du moins pas par des débutants. Spielberg a fait la même chose, c'est tout aussi méprisable.
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