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    Deauville 2017 : le cinéma américain vu par Michel Hazanavicius
    Corentin Palanchini
    Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

    Le réalisateur Michel Hazanavicius, président du jury long métrage de la 43ème édition du festival de Deauville, a évoqué pour nous ses films américains favoris.

    Denis Guignebourg / Bestimage

    A l'occasion du 43ème festival du cinéma américain de Deauville, AlloCiné a rencontré les membres du jury pour leur faire évoquer leurs souvenirs de spectateurs de cinéma outre-Atlantique. Aujourd'hui, c'est au tour de Michel Hazanavicius, le président du jury long métrage.

    AlloCiné : Quel est votre premier souvenir de film américain ?

    Michel Hazanavicius : C'est Pinocchio de Walt Disney, avec un souvenir assez terrifiant du ventre de la baleine. Après un peu plus grand, je me souviens avoir vu L'Arnaque quand il est sorti, dans un Rex noir de monde. Et dans les premiers films américains que j'ai vu, c'était en fait des films italiens, des westerns spaghettis. Et pareil, les James Bond qui étaient des films anglais étaient pour moi américains. J'avais une vision un peu globale du cinéma américain.

    Quel est votre film de chevet ?

    Il y en a plusieurs, mais je dirais quand même Rio Bravo. Mais il y en a un autre que je revois régulièrement -ça fait un moment d'ailleurs, il faudrait que je le revois- c'est un film moins exposé : Nos plus belles années, avec Robert Redford et Barbra Streisand. C'est un film qu'on regarde régulièrement. Il n'est pas considéré comme un film majeur, mais j'ai des goûts de spectateur assez basique. Rio Bravo, je l'ai vraiment beaucoup vu. (...) J'ai un fils de 9 ans, je commence à lui montrer des westerns, ça marche assez bien.

    D.R.

    Le film qui vous fait toujours rire, même après 1000 visions ?

    Un John Landis je pense. Je dirais Three Amigos.

    Et le film qui a traversé les époques ?

    Celui qui a traversé le plus d'époques, et qui à mon avis reste une oeuvre d'art, j'hésite entre 2 Murnau qui sont L'Aurore et City Girl. J'ai une petite préférence pour City Girl, qui est moins connu. Pour être un peu plus large, je dirais un Chaplin comme Les Lumières de la ville, par exemple. Je crois que c'est un classique indémodable, comme un classique de la littérature.

    D.R.

    Le film qui vous a fait le plus peur ?

    Cannibal Holocaust. J'ai dû le voir à 14-15 ans, et j'avais un copain qui était parmi les premiers à avoir des VHS et un magnétoscope. On a regardé ça chez lui un après-midi et c'était vraiment monstrueux. Après, ça me fait vraiment flipper, et je ne suis pas fan de cette sensation. Malgré tout, c'est vrai que L'Exorciste est assez flippant dans ce qu'il vous met dans la tête, c'est assez imparable.

    Vous sortez bientôt "Le Redoutable", comédie sur Jean-Luc Godard. Vous auriez pu le faire sur quel réalisateur américain ?

    Ahhh. Le Redoutable en soi, je ne sais pas. Peut-être que Ed Wood a un peu ce truc-là. C'est même la première fois que j'y pense, mais c'est vrai que dans le film Ed Wood (...) il y a un mélange de comédie et d'hommage. Et il met aussi en scène un personnage dans son propre univers pour le rendre plus grand public. Après, c'est sans doute mon film préféré de Tim Burton, donc c'est peut-être très présomptueux de ma part. Mais là je pourrais y voir des trucs. Par contre, j'aurais bien aimé faire un film sur John Ford.

    D.R.

    Mais il n'aurait peut-être pas eu le même ressort comique.

    Non, mais il y en a un qui me vient et c'est Dennis Hopper quand il fait Easy Rider. C'est un film de fracture, qui lance le Nouvel Hollywood, et le mec est complètement taré, mais vraiment ! Il est sous acide tout le temps, il est armé, tout le monde a peur, les producteurs ont peur de lui demander s'ils peuvent toucher à son montage... Il fait des projo tests avec ses potes tous défoncés à San Francisco. Le film fait quatre heures mais ses potes lui disent "non mais tu dois faire plus long"... Là il y a un truc basé sur le livre de Peter Biskind Le Nouvel Hollywood. Et Dennis Hopper qui a ce truc hyper mythique, il y aurait vraiment un truc à faire. Donc ma vraie réponse à votre question, c'est Dennis Hopper.

    Et enfin, une pépite méconnue ?

    Les polars d'Anthony Mann. Ils ne sont pas très connus, on connait plus ses westerns. Ses polars sont tous ultra bons. Aujourd'hui, on les appelle des films indépendants, mais avant c'était des séries B. (...) Gun Crazy est vraiment bon. Il y a aussi Incident de frontière, La rue de la mort avec Farley Granger et Il marchait la nuit.

    Michel Hazanavicius sort sa nouvelle comédie "Le Redoutable" le 13 septembre prochain :

     

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