Clingo
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4.5 - Excellent
Bright is bright.
Bright Star est un film parsemé d'éclats. Eclats vifs mais jamais agressifs, éblouissants sans être aveuglants. Qu'est-ce que ça veut dire ? Tout simplement que la mise en scène de Jane Campion est un véritable modèle d'intelligence et de retenue, parsemée cependant de quelques fulgurances qui terrassent le spectateur de par leur beauté. Le genre du film pouvait susciter quelques craintes, dont celle de voir la réalisatrice verser dans le mélodrame le plus complet, une certaine lourdeur formelle qui généralement s'accompagne volontiers de violons toutes les 3 minutes. Mais le film prend le contrepied de tout cela, et Bright Star est une oeuvre d'une légèreté peu commune, où les corps et les sentiments prennent la forme d'une grâce absolument pure.
Du coup, l'histoire d'amour ( oui, le truc qu'on voit 12 fois par semaine au cinéma ) prend ici une tournure peut-être pas totalement originale, mais suffisamment démarquée de la production cinématographique moyenne pour intéresser le spectateur.
Pas de place pour le superflu ici, pas d'excès qui nuirait à l'ensemble. Jane Campion se débarrasse de toute afféterie pour filmer l'essentiel : une histoire d'amour dans ce qu'elle a de plus simple. La force du film c'est qu'il file droit vers son sujet sans s'embarasser des clichés du genre, qu'il atteint une vérité unique parce qu'il s'intéresse avec une sincérité désarmante à l'amour entre les deux personnages principaux. Bright Star atteint des sommets dans la description des sentiments amoureux et s'il semble si beau, c'est qu'ici le romantisme occupe une place importante. Les personnages du film en sont des vecteurs évidents, et c'est là qu'il faut parler de l'actrice principale.
A star is born.
Abbie Cornish incarne une héroïne passionnée, romantique, et l'actrice lui apporte une sensibilité folle, une intense fragilité. Il suffit de quelques regards, de quelques gestes de sa part pour que le spectateur comprenne qu'il assiste à un événement spécial. Bright Star ne fait pas que décrire la naissance d'un amour, sa fonction va plus loin : le film décrit aussi la naissance d'une actrice. N'ayons pas peur des comparaisons, le premier nom qui vient en tête à la vue de la performance remarquable de la jeune australienne vient du même pays qu'elle : on croit voir Nicole Kidman dans toute sa splendeur, dans sa grâce absolue, dans l'impression qu'elle donne de ressentir les choses sans que ces dernières ne l'affectent alors qu'au fond d'elle il y a une ébullition de sentiments. Abbie Cornish a cette même fragilité feinte, qui porte en elle plus de force qu'il n'y paraît. Et cela sied parfaitement à son personnage qui renferme en lui - et à l'image du film - une beauté souterraine qui jaillit parfois à la surface.
Bright Star brille également de par le travail somptueux sur les cadres, la simplicité avec laquelle la réalisatrice filme la nature, la manière dont elle organise un film pas seulement sur les sens mais qui joue aussi sur le sensoriel : le travail sur le son, le montage ( ou comment filmer un rideau qui flotte juste après la naissance de l'amour entre les deux personnages devient une séquence d'une profonde beauté ) permettent la naissance d'un film passionné et délicat. Voilà ce qui fait toute sa beauté.
Ajoutée le 21 déc. à 23h48
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