Misoramengasuki
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4 - Très bien
Il est de bon ton de souligner que cette adaptation cinématographique de la pièce de Tennessee Williams passe sous silence l’homosexualité de Brick, source profonde de sa souffrance face à la perte de son ami et de son refus de suivre les traces de son père. D’un autre côté, le message, même subliminal, est très clair. De plus, cette concession aux codes moraux de l’époque, si elle déplace le centre de gravité de l’œuvre, n’atténue en rien l’efficacité du film. Davantage que Liz Taylor, belle mais assez lisse, davantage que les personnages secondaires, pourtant bien dessinés et parfaitement joués, c’est surtout Paul Newman et Burl Ives qui retiennent l’attention. Le fils, physique de playboy et regard incendiaire, douleur à fleur de peau, étonne par son engagement. Le père, présence formidable et énergie dévastatrice, même lorsque l’annonce de sa mort le frappe en plein cœur, est vraiment ce « Big Daddy » dont le surnom dit assez l’extraordinaire capacité à écraser son entourage – et en premier lieu, son fils. L’explication longtemps différée des deux hommes dans la cave (c’est à dire, dans la logique spatiale de Brooks et Williams, dans l’inconscient) est un moment d’une grande force, autour duquel gravite toute le film. Et si la fin sonne un peu creux – c’est le seul moment où l’impasse sur l’homosexualité de Brick pose problème, car celle-ci semble avoir été "résolue" par l’apurement de sa rancœur envers son père –, l’impression générale reste celle d’une très bonne qualité d’adaptation et de grands numéros de comédiens. Toutes les pièces de théâtre passées à la moulinette du septième art n’ont pas eu cette chance !
Ajoutée le 02 juin à 10h20
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