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Un visiteur
1,0
Publiée le 21 mars 2008
Tavernier a réalisé de très bons films, très divers, mais celui-là est franchement raté ! Trois abrutis (deux garçons, une fille) rêvent d'une nouvelle vie aux "States" et ont une idée géniale pour trouver l'argent nécessaire à ce nouveau départ : braquer des riches, séduits par la fille. Pourquoi pas ? Mais les dialogues sonnent faux, le trio d'acteurs surjoue pour incarner ces quasi-débiles si loin de ce qu'ils sont, et l'action avance lentement, à coup de scènes répétées qui ne suscitent qu'ennui. Seule l'intervention de Torreton (5 minutes, à la fin du film) dynamise un peu le film. Bref, après 2 heures on ne voit pas ce que Tavernier a voulu faire avec ces brutes imbéciles et cette fausse ingénue. Une scène du film souligne sa médiocrité dans la catégorie "film sur la violence gratuite" (comme si Tavernier étant conscient de ses limites) : quand les deux garçons regardent Scarface et admirent le talent de Pacino, on mesure tout ce qui manque à L'appât !
Une histoire pour le moins originale (bien qu'elle soit malheureusement tirée d'une vraie). le scénario est bien monté, le mot de la fin on-ne-peut plus déconcertant (la réplique de la jeune fille innocente). 3 jeunes qui dans leur tête n'ont rien fait de bien méchant, juste voulu réaliser leur rêve... au prix de la vie des autres. une bonne leçon de morale expliquée dans un bon film.
Primé à Berlin, le film de Tavernier vaut surtout par l'interprétation brillante de Marie Gillain et de Bruno Putzulu. Les deux acteurs portent littéralement le film sur leurs épaules. Car la mise en scène de Tavernier, loin de valoir tant de lauriers, demeure très académique. Par trop bien souvent. De son côté, Olivier Sitruk, en assassin mégalomane, peine à se hisser au niveau de ses deux compères. Au final, cet "Appât" bénéficie surtout d'une histoire vraie à couper le souffle. Le scénario colle au faits divers sans trop extrapoler et c'est tant mieux.
Le film de Tavernier nous montre trois jeunes qui vivent completement en dehors de la "réalité". Je ne sais pas si le réalisateur cherche à critiquer cette culture populaire américaine qui nique la tête de la plupart des gosses du monde ou si ce n'est pas le cas... On remarquera que le film n'est pas fait exprès pour nous plaire (entre autres, la musique qu'écoutent les personnages est médiocre), il essaye d'être réaliste au maximum même si les dialogues, parfois, sonnent faux. On pourra aussi dire "bravo" à Tavernier pour son côté impudique : Marie Gillain se trouve à moitié nue durant quelques scènes, le boss savait-il déjà auparavant à quel point elle était délicieuse ? Sans oublier (evidemment...) le regard et l'attitude si enfantine qu'elle nous offre et qui nous met tellement mal à l'aise... Et aussi les charmants Olivier Sitruk, Bruno Putzulu et surtout (malgré le peu de temps) la belle apparition de Philippe Torreton qui nous en met plein la gueule durant un face à face avec Gillain.
A la manière du générique de début où apparait le titre du film et, qui n'est pas sans rappeler le travail de Saul Bass pour "La mort aux trousses" de Hitchcock, les trois protagonistes vont tisser un entrelacs inextricable de causalités (méfaits anodins qui prendront de plus en plus d'ampleur) qui les mèneront vers leur inexorable perte sans qu'ils en prennent réellement conscience.
En dressant le portrait de trois jeunes ni bons ni mauvais (interprété avec brio par son trio de comédiens), baignant dans un marasme d'inculture (ou plutôt de "sous-culture") désolant et pour lesquels dénommer la France "L'hexagone" est déjà un signe de snobisme intellectuel, Bertrand Tavernier, visionnaire, dépeint une génération toute entière en manque évident de repères solides et d'éducation, dévorée d'ambition, de rêves de richesse mais qui préfèrent les chemins de traverse de la facilité pour les réaliser... Des adulescents un peu déconnectés d'une certaine réalité par l'omniprésence latente de la télévision, creuset intarissable de réalités virtuelles et enjolivées où le jeu et/ou la violence apparaissent comme autant de moyens de parvenir à ses fins. Ce portrait sonne d'autant plus juste et troublant aujourd'hui, dix ans plus tard, tant ce phénomène s'est accru de manière inquiétante auprès de la jeunesse.
Plutôt que de se livrer à une reconstitution minutieuse du fait divers dont il s'est inspiré, le réalisateur s'attarde à décortiquer la vie de ses personnages extraordinairement banals (donc humains), leurs motivations, leurs conflits (internes et externes), le tout sans psychologisme pesant, faisant ainsi de "L'appât" un film à la fois simple et complexe, lucide et sombre, touchant et dérangeant (sans jamais tomber dans la complaisance de la provocation glauque), beau et effrayant. Très bon, en définitive.
Sans conteste le meilleur rôle de Marie Gillain. Ce film apparement banal lui permet d'exprimer son talent et plus largement d'exposer une histoire diaolique. Une descente aux enfers progressive, glaçante. Le pire est que les jeunes personnages atteignent le point de non retour sans s'en rendre compte. Tavernier signe selon moi un de ses meilleurs films. La fin est particulièrement effrayante. Remarque: Les autres rôles ne sont pas en reste, nous à faire à Sitruk, Putzulu, Berry, tous trois en grande forme.
Le seul film de Tavernier qui adopte un vrai point de vue esthétique et non pas politique. Tavernier montre enfin ce qu'il adans les tripes et n'expose plus les invectives de ses poings. GRAND FILM!
Je n'ai pas aimé du tout ce film. Ayant lu le résumé, j'aurai pensé qu'il serait plus accrochant que ca, mais non ... impossible de rentrer dans l'histoire, et bizarrement, malgré que ce soit tiré d'un fait divers, je lui ai trouvé un énorme manque de réalisme: on y croit pas du tout.
C'est l'histoire de 3 jeunes, 3 amis qui vivent dans l'insouciance et partagent un rêve, faire fortune en Amérique. C'est l'histoire de ce rêve qui tourne au cauchemar. Et c'est la démonstration que la société n'est pas seulement la victime de ce cauchemar mais qu'elle en est aussi l'origine. Les cibles de Tavernier sont bien entendu les médias, notamment la télévision, et puis le cinéma, plus précisément le faste et la violence auxquels il nous accoutume. Soit 2 piliers d'une société dominée par l'argent et la frime, les apparences. Et puis c'est quand même le récit d'enfances tourmentées, que ce soit celle de Bruno, abandonné par ses parents, ou celle de la petite soeur de Nathalie (Marie Gillain, qui crève l'écran) laissée elle aussi par ses parents. Les grands absents de ce film sont bien les parents, qu'on ne voit jamais ou presque, et peu importe puisqu'ils sont aveugles. Le constat est implacable, impitoyable : sous ces jeunes qui nous semblent d'abord ordinaires se cachent des criminels sans aucune morale, complètement déconnectés de la réalité. Ils ne croient qu'en l'argent et leur propre douleur, oubliant celle des autres et parfois celle de l'Autre (les disputes entre Nathalie et Eric; le refus de croire la douleur d'Eric, enfant abandonné). Ils n'ont d'autres repères que ceux que leur offre la société consumériste et exhibionniste d'aujourd'hui : Nathalie s'extasie devant des stylos Mont Blanc, une Porsche, un PDG qui gère des magasins à ne plus pouvoir les compter... Ce qui est glaçant dans L'appât, c'est que le film n'a rien d'une fiction mais s'inscrit pleinement dans la réalité. Mais ce qu'il y a de pire encore c'est que le film a 11 ans déjà, les faits en ont 20 et rien n'a changé.
Sans aucune hésitation, le meilleure rôle de Marie Gillain, elle incarne à la perfection le personnage de Nathalie. De même, Bruno Putzulu et Olivier Situk jouent très bien. Le film est très bien réalisée, il raconte une histoire vraie très choquante et l'adaptation est très réussie.
Poignant et interessant à la fois. En contant le destin (véridique) de 3 jeunes délinquants, qui, grâce à la fille, volent aux hommes riches et n'hésitent pas à aller plus loin, Bertrand Tavernier livre un film nécessairement dérangeant. Les trois acteurs excellent tout comme les seconds rôles (Richard Berry, Berléand, Torreton ...). Difficile d'oublier un tel film.