Les Raisins de la colère
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AliceL
AliceL

6 abonnés 82 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 mars 2013
Rares sont les films qui atteignent un tel degré d’intensité dramatique et d’accomplissement formel. « Les Raisins de la colère » est à la fois une bouleversante élégie sur la capacité de résistance humaine et sur la force de l’idéalisme qu’une virulente charge politique contre un capitalisme dévoyé (l’écho avec notre crise actuelle est saisissant) et contre la notion de progrès qu’il implique. Le film raconte la transformation d’une civilisation qui quitte un monde de tradition pour s’inscrire dans celui de la modernité. Aux yeux de certains, le choc provoqué par la modernisation de la société est synonyme de progrès, mais pour Steinbeck et Ford, il est une source de souffrance endossée par les délaissés, ceux qui comme les cow-boys de « L’homme qui tua Liberty Valance » ou les mineurs de « Qu’elle était verte ma vallée » sont inexorablement abandonnés au "carrefour" des civilisations. Ford est parvenu à transcender la nature romanesque du livre de Steinbeck, en particulier grâce à une interprétation qui touche à la grâce (Henry Fonda n’a jamais été aussi incandescent), à une ébouriffante direction artistique, qui ose le mélange du réalisme et de l’onirisme (le magnifique noir et blanc de Tolland, le réalisme des décors) et à une mise en scène au cordeau (l’ouverture du film est un modèle de perfection scénographique). Il a su restituer le souffle épique de cette aventure tragique, sans perdre toutes les subtiles nuances de ses personnages (naissance douloureuse d’une conscience avec Tom Joad, énergie sacrificielle avec Ma Joad, etc). L’humanisme qu’il parvient à insuffler à son film, sans jamais tomber dans le misérabilisme ni l’édifiant, ne cesse de monter en puissance durant tout le récit jusqu’au bouleversant final. Difficile aussi de faire mieux quant à la dimension implacable d’une tragédie humaine (et historique). D’une incroyable modernité (virulence du discours politique, complexité des enjeux, radicalité des partis-pris visuels), d’une force narrative peu commune, et d’une inoubliable ampleur humaniste, « Les Raisins de la colère » est définitivement un des plus beaux films de l’histoire du cinéma.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 mars 2013
"Les Raisins de la colère"; monument du 7ème art et accessoirement film phare dans la filmographie de John Ford. Tout d'abord il faut le replacer dans son contexte: la période noire de la Grande Dépression américaine (débutant avec la crise de 1929), où le chômage et la misère était un véritable fléau. Et dire que le film a été tourné en 1940, très peu de temps après cette période en somme, c'est dire si les souvenirs de cette époque devaient être encore vivaces dans les mémoires. C'est donc l'histoire du voyage tortueux d'une honnête famille qui, comme beaucoup se retrouve chassée de ses terres. Ils s'en vont donc vers la Californie dans l'espoir d'une vie meilleure - croient-ils. Les personnages sont pittoresques, de braves gens, pauvres en biens mais riches de coeur et d'âme. D'ailleurs la mentalité de cette génération est très bien dépeinte, ce sont des gens endurcis, forts de caractère avec un immense respect pour les liens familiaux, on s'en rend compte par exemple à travers les deuils qu'ils subissent outre la misère qu'ils endurent. L'un des points forts du film c'est que le cinéaste ne tombe jamais dans l'apitoiement ou le pathos, il reflète juste la dure réalité sans détour. Le scénario est très bon, la lumière étant mise sur les sentiments des membres de la famille Joad, en particulier Tom. Le casting est impeccable, Henry Fonda dans l'un de ses meilleurs rôles, il livre une interprétation intimiste, magistrale. Jane Darwell et John Carradine le secondent. C'est surtout un film riche en émotions; la tristesse, la mélancolie mais aussi l'espoir. En bref c'est un film humain, un grand film.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2012
Que dire devant un tel monument d'humanité, nous les chanceux,les gâtés des 30 glorieuses? Rien, sinon admirer en frissonnant cette fresque réaliste et poétique de la grande dépression étasunienne des années 30 qui suivi la crise de 1929. C'est si proche de nous que nos parents ou grands parents auraient pu y être mêlés. De grâce, n'allez pas voir ce film pour en dire du mal. Si vous ne connaissez pas Ford et surtout si vous n' aimez pas ce réalisateur: passez votre chemin. Si vous pensez que Ford est ''étiquetable'' en gauchiste ou en réactionnaire ne vous arrêtez pas non plus. Par contre si vous aimez les gens,si vous êtes curieux du passé, si vous voulez voir un film que Steinbec lui même a porté aux nues lors de la projection alors achetez vous le blu ray qui vient de sortir. C'est une obligation pour tout cinéphile de posséder une telle oeuvre de 1940 qui n'a pas prit une ride, c'est un plaisir de la faire découvrir et c'est un devoir de la montrer aux jeunes gens entre 12 et 15 ans; le bon age pour les faire réfléchir sur les comportements humains qui ne sont pas prêts de changer. L'art cinématographique à des dizaines de visages; dans ce film il est totalement au service de la cause et de ses acteurs afin de laisser une trace de ces périodes si difficiles. il n'est pas là du tout pour nous plaire ou nous déplaire en quoi que ce soit. C'est à chacun de s’enrichir à sa vision et de comprendre combien ce sont des hommes comme John Ford qui éclairent l’humanité et donnent aux meilleurs d’entre nous le courage et la force de suivre son exemple.
7eme critique

622 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 août 2012
"Les raisins de la colère" est peut être le film le plus marquant de John Ford, avec un Henry Fonda toujours aussi talentueux. L'histoire d'une famille de pauvres paysans originaire d'Oklahoma, qui après avoir été chassé de leur terre, part vers la Californie dans l'espoir d'y trouver une vie meilleure avec un travail à la clé. Seulement, le plan n'est pas si simple, ils vont être confrontés à une misère permanente pendant leur périple. Cette période de crise qui bénéficia aux profiteurs (dont va faire face cette famille) et qui continua d'appauvrir les miséreux, nous laisse un goût amer sur la difficulté à survivre dans les années 30. Une belle prestation de Jane Darwell (qui lui a valu un Oscar) et un Henry Fonda qui tient son rôle à merveilles et qui défend parfaitement ses valeurs sous cette réalisation exceptionnelle. Une aventure triste, réaliste et courageuse. Beau travail.
JeffPage
JeffPage

42 abonnés 534 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2012
Réalisé par John Ford et sortie en 1940, le film est l'adaptation du roman du même nom sorti l'année précédente.
Celui-ci nous raconte la vie d'une famille expulsé de chez elle après le krach boursier de 1929, partant cherché du travail en Californie.
Dirigé de main de maître par Ford, le film nous montre la misère et le drame d'une façon marquante grâce, notamment, au fait qu'il n'en fait pas des tonnes dans la mise en image de cette misère.
Tout en restant simple, la photographie est magnifique et nous offre des scène superbe et des plans magnifique.
Un classique du cinéma qui confirme (si cela est nécessaire en 2012) que John Ford était bel et bien un génie du cinéma.
Buzz063
Buzz063

99 abonnés 919 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juillet 2012
Adaptation d’un monument de la littérature américaine par un monument du cinéma américain. La rencontre entre les deux donne une œuvre maitrisée et assez touchante. Le film prend la forme du road-movie et suit les mésaventures d’une famille de fermiers qui, comme tant d’autres, a été jeté sur les routes suite à la crise économique de 1929 et qui cherche du travail partout où il y en a.
De cette grande famille qui parcourt l’Amérique entassé dans un vieux camion, deux figures se détachent nettement, celle du fils prodigue revenant tout juste du bagne, et celle de la mère de famille qui, même au cœur de la tempête, tient bon la barre. Le destin de ces fermiers dépossédés de tout et qui tentent d’échapper à la misère ne pouvait que parler à l’Irlandais John Ford.
Les Raisins de la colère dépeignent l’Amérique de la crise sans compromis mais avec nuances et sans jamais être bêtement didactique ou sentencieux. Sur la route, les Joad croisent aussi bien des bienfaiteurs que des profiteurs sans scrupules, petits et gros. Le grand thème du film est politique, puisqu’il dépeint la manière dont la misère nourrit la misère.
La structure de road-movie du film permet justement de multiplier les illustrations à ce propos. La mise en scène de Ford vise également à servir le propos du film, elle est donc sans fioritures, classique et efficace. Le cinéaste ne tombe jamais dans le pathos gratuit, imposant ses personnages dans la dignité et la retenue. Il est aidé par un excellent cast, Henri Fonda incarne le héros Tom Joad avec une grande justesse et sera pendant toute sa carrière d’acteur celui qui incarne le héros ordinaire, incarnation des valeurs américaines. John Carradine est tout aussi bon en pasteur qui a perdu la foi mais qui trouve une cause à défendre.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 3 juin 2012
Un classique plutôt moyen, sans grand interêt bien qu'il soit l'adaptation d'un roman plutôt intéressant à lire.
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 avril 2012
"Les Raisins de la colère"(1940)est un grand classique de John Ford.Il montre les effets de la Grande Dépression et du Dust Bowl(sécheresse et érosion des sols du Midwest),sur une famille d'agriculteurs sans le sou,et chassés de leurs terres.Henry Fonda,en sortie de prison,trouve là un rôle digne et téméraire,comme il les affectionnait.Le film eut 7 nominations aux Oscars dont 2 récompenses(actrice secondaire et réalisateur).Même aujourd'hui,il conserve un certain réalisme étonnant,Ford n'hésitant pas à montrer la pauvreté,l'injustice et la misère dans toute sa décdence.Ce parti pris est encore accentué par une lumière volontairement blafarde,souvent éclairée à la bougie.Le rythme de ce road-movie quasi biblique(aller vers la Terre promise)est lent,pour provoquer le malaise.Il faut savoir que le film sortit sur les écrans,alors que la Dépression n'était pas encore terminée,vision insoutenable pour des Américains en quête de divertissement.La manière dont les personnages sont montrés a tout de même pas mal vieilli.Il manque de la vigueur,pour qu'on n'ait pas la sensation que tous subissent leur sort avec fatalité.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 avril 2012
Magnifique adaptation de Steinbeck, Henry Fonda magistral, ce film marquera longtemps l'histoire du cinéma par sa force dramatique convaincante!
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 19 juillet 2012
Qu'on le veuille ou non... Ce film a quand même sacrément vieilli ! Malgrès un jeu assez bon de la part de ses acteurs, la lenteur de la réalisation ne fait plus effet aujourd'hui, on finit par s'ennuyer durant certaines scènes ! Le choix de faire des plans sombre durant la grande majorité du film fait mal aux yeux quand un plan plus claire fait le contraste ! Cependant, on suit bien cette famille de Okies dans leur folle péripétie vers l'ouest, a bord de leur voiture tenant par miracle, et au début les papy-mamie m'ont bien fait rire ! John Ford s'avère être un bon réalisateur, mais je n'ai pas du tout accroché...

Bref, assez ennuyant. A voir pour intérêt historique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 février 2012
Que dire ? Tout est bon dans les raisins de la colère, il n'y a rien à jeter ! Le film, remarquablement mise en scène par John Ford, un monument du cinéma, me donne à présent l'envie de lire le roman de Steinbeck. Pour revenir au film, l'interprétation est inégalable, tout les acteurs se valent, Henry Fonda bien sur, mais aussi John Carradine (Cassey), Jane Darwell (Ma Joad), et aussi John Qualen (Muley), non, il n'y a vraiment rien à jeter, ce film est un chef d’œuvre à tout point de vue.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 18 février 2012
Loin de ses classiques westerns, John Ford livre une oeuvre calme et dense. Une véritable dénonciation de la Misère, adapté du roman de John Steinbeck et porté par le charisme sans égal d Hery Fonda qui emmène le casting entier dans sa foulée. Une oeuvre cruelle et belle, aux personnages torturés, et qui n'a pet-être pas encore trouvé commune mesure. Avec sa mise en scène lente et chaloupée mettant en valeur les images, John Ford a dûment mérité son Oscar.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 mars 2012
Film magnifique toujours aussi beau et juste au xxi siècle !Et qui montre le début du libéralisme aux états unis . Henri Fonda acteur d'une élégance rare est sublime .
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 décembre 2011
Adapté du chef d'œuvre de Steinbeck par John Ford en 1947, ce film nominé dans sept catégories d'oscars (il remporta la statuette du meilleur film et de la meilleure actrice pour Jane Darwell) mérite une redécouverte minutieuse.
L'histoire est très fidèle au livre : c'est celle Tom Joad, libéré après 4 ans de pénitencier, qui retrouve son village désert, abandonné des fermiers qui y vivaient. Lors d'une scène filmée à la lueur d'une bougie (instant fébrile et figé dans le temps d'une grandeur à l'image de son réalisateur), Muley, qui est resté, lui raconte comment ils ont étés chassés par les grandes entreprise privées, avec quelle brutalité cela fut fait. John Ford commence ainsi son film en mettant en scène un flashback d'une cruauté stupéfiante, qui par ce premier choc nous plonge directement dans cette réalité crue de la condition ouvrière décrite par Steinbeck. Le film continue en retraçant le trajet des Joad à la recherche de travail, enchaînant scène cadrées par de nombreux plans coupés à la taille mais on remarque aussi que Ford a tendance à réaliser aussi une bonne poignée de plans américains, généralement utilisés pour les westerns. Cela donne un certain style au film, contribuant bien à l'ambiance sèche et accablante très « road movie » qui retranscrit à la perfection celle du bouquin. La structure du film, pratiquement similaire à celle du livre, se découpe en longs morceaux de descente dans la misère, où les difficultés qui s'opposent à la survie des Joad sont légions et qui s'aggravent petit à petit, un peu comme une mort lente, alternant avec des « paliers » qui sont marqués par un regain de vigueur de la part des protagonistes, ou bien par une aide due au hasard, qui les permet de continuer. Mais en réalité, ces moments de bref espoir d'une vie convenable ne sont là que pour prolonger leur supplice tout en les gardant « assez intacts » pour pouvoir l'endurer. On constate au fil de la trame que Tom et sa mère entretiennent un lien privilégié qui se renforce avec le temps, et qui persiste alors que la famille se désagrège peu à peu face aux nouvelles difficultés sans cesse renaissantes. Les thèmes développés à travers la critique du capitalisme par Steinbeck affluent : le chacun pour soi, la recherche du profit au détriment des employés, les « pièges » du système, et enfin la violence des policiers sur laquelle Ford insiste particulièrement. La famille des Joad est représentée par un casting impressionnant : Henri Fonda trouve ici une de se plus grand rôles en incarnant un Tom Joad aussi puissant que le héros du livre, le grand père énergique et plein d'entrain est campé par Charley Grapewin, la mère de Tom nous est restituée de façon poignante par Jane Darwell, et Casy, le pasteur, même si il est bien différent que celui que je m'imaginai en lisant le livre, a droit a une interprétation de qualité, très théâtrale, par John Carradine qui ne cesse de mimer des scènes de façon hilarante lors de sa première rencontre avec Tom Joad. Seule l'actrice qui joue Rosasharn est nulle, de plus le personnage n'a ici que peu d'importance alors que dans le livre il bénéficie de plus d'attention. Quant à la musique, le film en est dépourvu, si ce n'est le refrain repris du générique (de début et de fin) pour le bal et quelques autres scènes. Certes cela donne un ton plus réaliste au film, mais tout le monde n'appréciera pas forcément ce choix. Quand au final, et bien...c'est un cas qu'il est peu aisé de juger. Parce qu'il ne respecte pas du tout le livre, et qu'il termine le film sur une note optimiste et légère, une fin presque désuète à côté de l'intensité tragique de la déchirante montée dans la catastrophe qu'est celle du livre. Et parce que malgré tout, la dernière scène entre Tom et sa mère, est un véritable instant pur de cinéma, où Henri Fonda réussit un tour de force à la hauteur de sa réputation, le tout achevé par un dernier plan large sur Ma Joad en larmes...C'est du grand art, c'est si émouvant qu'on pardonne à Ford ce choix déstabilisant au premier abord car il à mes yeux il dévalue le film par rapport au livre et le fait souffrir d'une comparaison d'ampleur avec l'œuvre littéraire qui paraît avoir plus de poids...
Noistillon
Noistillon

94 abonnés 408 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 juin 2012
Les 40 premières minutes sont tellements magnifiques, sublimes, définitives et riches que le reste m'a un peu déçu en comparaison (même si j'ai beaucoup aimé quand même et qu'il y a des scènes poignantes).

Sur le plan formel, la mise en scène et la photographie sont à se pâmer.

Assurément un grand film.
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