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En 2004, le réalisateur James Wan surprenait les amateurs d'épouvante avec «Saw», un croisement macabre entre «Seven» et «Cube». L'objectif n'était pas le frisson ou le suspense, mais bien de multiplier les scènes de torture où l'hémoglobine gicle à l'écran sans raison valable. Le succès fut tel qu'une franchise est née. Pendant trois années, Darren Lynn Bousman s'est retrouvé derrière la caméra pour pondre des suites inutilement compliquées. Après un deuxième essai qui se laissait regarder sans trop d'ennui, la débandade est survenue avec le passable troisième et le médiocre quatrième…C'est David Hackl qui est cette fois aux commandes et les changements sont cosmétiques. Le récit se développe toujours en trois axes. Il y a des inconnus enfermés dans un lieu clos où les pièges sont nombreux. Il y a une enquête policière parsemée de rebondissements. Et il y a des retours dans le passé permettant d'étayer la relation entre le mythique Jigsaw (Tobin Bell) et son nouvel acolyte. Au bout de 90 minutes et de beaucoup de sang versé, le tout se termine abruptement, annonçant un sixième épisode qui sortira en 2009. Les films «Saw» se suivent et se ressemblent. Il y a tout d'abord une mise en scène sans originalité qui multiplie les scènes chocs et grotesques. La réalisation, si importante pour de tel long métrage d'ambiance et d'atmosphère, sent ici le clinquant. Hackl emprunte à Bousman qui lorgnait vers Wan qui, de son côté, se voulait un piètre ersatz de David Fincher. Après trois générations de copies, la machine ne peut fonctionner correctement. Surtout qu'elle n'améliore en rien les défauts du passé. L'intrigue, toujours aussi tirée par les cheveux, cherche ardemment à multiplier les liens envers les versions précédentes, mais ce désir de perdre le spectateur rend plutôt l'ensemble superficiel et tape-à-l'œil. Non seulement les pièges utilisés et le désir de choquer ne heurteront plus un public qui se passionne pour le genre, mais la morale (et son absence) n'a pas évoluée. Cette cinquième aventure n'est rien donc qu'une curiosité de cirque. Dès le départ, le scénario tourne à vide, l'interprétation cabotine à outrance et la progression met l'emphase sur les membres déchiquetés. Pourtant, bon an mal an, les fidèles sont nombreux dans cette exploration de la folie humaine. Un peu de surprises et de nouveautés n'auraient toutefois pas fait de tort à l'entreprise. Les producteurs auraient tout de même été sage d'arrêter la saga avec Saw 5...
Ajoutée le 27 déc. à 16h33 Signaler un abus
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