Le Ruban blanc
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anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 12 juin 2015
Mon père m'avait dit : « A quoi ça sert que t'ailles voir "Le Ruban blanc" ? Je sais déjà par avance que tu vas t'ennuyé, c'est un film nommé à Cannes donc à mon avis tu va forcément lui mettre zéro ! » A cela j'ai répondu : « Je n'ai jamais mis zéro à un film d'Haneke. » Au moins maintenant deux choses sont sûres : d'une part c'est que mon père doit bien se marrer en lisant cette critique, et d'autre part c'est que le temps où Haneke était capable de faire des films comme "Benny's video" est clairement révolu. J'ignore encore ce que la critique presse a pu trouver à ce film (même si au fond de moi j'ai déjà ma petite idée) mais je reste interloqué qu'on puisse encenser un film qui, à mes yeux, représente clairement une forme dégénérée de cinéma. Oui, ça parait violent de dire cela d'un film, mais après tout : beaucoup n'hésitent pas à balancer les pires vacheries sur des gros blockbusters sans se justifier une seule seconde, je ne vois donc pas pourquoi de mon côté je me priverais, surtout que contrairement à ces derniers, j'entends de mon côté expliquer mon choix de vocabulaire. Tous ceux qui sont allé voir le film savent que je n'exagère même pas. Et le pire, c'est que dans tous les dialogues, vous n'avez pas l'intonation des acteurs qui va avec ! A chaque phrase, on croirait assister à une leçon d'orthophoniste. Qu'une petite famille bourgeoise se mette à parler comme ça entre eux... bon allez, passe encore... MAIS NON ! Tout le monde parle comme ça dans le film ! La fille, l'ambulancier, le concertiste qui rend visite : toooous ! Le pire, c'est que c'est là ostensiblement un choix de la part d'Haneke ! Cette façon de jouer va avec le reste du film. L'image et le son traduisent une volonté flagrante d'être le plus simpliste et rigide possible dans la forme : dont un noir et blanc hideux copié de "La haine". Les plans sont immobiles et interminables. La plupart des choses qui s'y passent sont d'ailleurs presque systématiquement hors-champs ; quant à l'espace sonore, il n'est habité que par des dialogues monocordes ! « A quoi bon ? » me diriez-vous ? « Mais c’est pour faire ressentir la déchéance de ces petits enfants ! » semble répondre Haneke ! OK... Soit... Mais seulement voilà, pour moi ce type de démarche, surtout quand elle ne présente AUCUN renouvellement ni AUCUNE dynamique, ça n’entraîne qu'une seule chose à mon sens : l'ennui ultime ! Alors oui, je veux bien qu'à deux trois instants, un plan de dix secondes parvient à retranscrire la solitude et le désarroi des habitants... Bref, on a environ une à deux minutes cumulées où ce minimalisme traduit quelque de PLUS par rapport à ce qui a été déjà dit plus tôt. Une à deux minutes sur plus de deux heures !!! Le reste n'est que répétition sur répétition ! ...Et pour la presse, ce genre de film ça passe ?!! Mais bien sûr que ça passe ! Et vous savez pourquoi ? Parce que c'est Michael Haneke qui l'a fait ce film ! Il est comme Tim Burton ce mec ! Il peut faire ce qu'il veut maintenant ! Plus c'est gros, plus ça passe ! Si encore il faisait l'effort d'élaborer un univers ou de construire un cheminement empirique, il pourrait se planter, et ça se verrait ! Mais par contre, en ne faisant aucun effort, en faisant du too much ou du minimalisme sec, là on se retrouve avec le niveau zéro de la création donc rien à critiquer, si ce n'est le vide lui-même. Mais comme c'est Haneke, on dit que le vide est un plein entre ses doigts d'artiste et que ce "Ruban blanc" n'est qu'une brillante expression d'un cinéma épuré à l’extrême qui n'en transcende que mieux les émotions ! Désolé, mais moi je ne suis pas ce genre de cinéphile là... Si Haneke voulait nous émouvoir sur un "trisomique" pas trisomique, il fallait qu'il aille au-delà de deux simples heures consternantes illustrant péniblement la décrépitude des enfants ! Des enfants qui me chagrinent parce qu'ils ne sont pas trisomiques ou pleurent pour rien, j'en ai déjà plein tout autour de moi dans le monde réel : je n'ai pas besoin de Michael Haneke pour les voir tels qu'ils sont. Désolé Michael, mais tu ne m'apprends rien en me montrant que les gens vieillissent et que c'est triste : ça je le savais déjà. Par contre, la seule chose que j'ignorais, et que ton "Amour" (qui sortira quatre ans après cette chose) m'a pris, mais à part ca tes films ont mal vieillis, et que ton cinéma aussi s'est décrépi depuis "La pianiste" (à part "Amour" qui est un très bon film!). Il serait peut-être temps de penser à la retraite avant de nous sortir des autistes "inautistes"...
Vinz1
Vinz1

272 abonnés 2 828 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 mai 2015
Excellent film sur un petit village allemand, protestant et conservateur où tout doit être réglé au millimètre en apparence et où les secrets les plus inavouables doivent le rester. Mais à travers cette société rigide et froide où les sentiments ne sont jamais montrés, l'envie et la malveillance sont présentes et ce, même chez de jeunes enfants qui, plus tard, sous Hitler, seront des adultes responsables. Haneke montre ainsi brillamment comment est monté le nazisme par le truchement d'une sorte d'esprit collectif pris de folie à cause d'une société trop frustrée par ses sermons et ses règles.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 6 février 2015
Le propos aurait était pertinent il à 50 ans, aujourd’hui c'est une relecture de l’histoire sans grand intérêt. Esthétisant boursouflé...

Êtres méchant c'est mal. Merci Haneke .
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 avril 2014
Le Ruban blanc paraît de prime abord énigmatique. Il faut connaître un peu Haneke pour comprendre ses questionnements ainsi que toute la rhétorique qu’il propose dans ce film, superbement photographié et dont le noir et blanc intensifie remarquablement le propos. Heneke constate la présence du mal, de la perversion et du côté malsain des êtres, comme il l’a remarquablement fait dans La Pianiste. Tout le génie d’Heneke consiste à la tension ténue qu’il instaure, à cette oppression que l’on sent flotter parmi cette société guindée de petits bourgeois. Le Ruban blanc symbolise l’échec de la religion et de la sévérité à construire des cœurs purs et honnêtes. Derrière le ruban blanc se cache tout ce qu’il ne convient pas de montrer : les viols, les lynchages, les suicides, les adultères et les meurtres. Le Ruban blanc est enfin un film sans acmé dans lequel la tension est ténue et permanente. 2h20 d’un suspens mou mais terriblement réussi. Heneke est un grand cinéaste.
Louis Morel
Louis Morel

61 abonnés 850 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 mars 2014
Cette étonnante fresque historique, froide et inquiétante restitue bien l'état d’esprit propre à Haneke, mais ne transcende pas le cinéma du génie autrichien.
SATSANGA
SATSANGA

12 abonnés 227 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 octobre 2013
Un long métrage assez difficile d'accès pour les non cinéphiles où malgré une superbe esthétique de la photographie en noir et blanc, le sujet et le rythme particulièrement lent de l'œuvre rend la compréhension inadaptée au grand public . Or, Michael Haneke réussit quand même son pari en termes de narration et de complexité des personnages, ne montrant rien de bien choquant et laissant le spectateur se faire sa propre opinion dans certaines scènes-clés . Cependant, son long métrage reste très soporifique et on a bien du mal à poursuivre son visionnage dans la durée . A réserver pour les amateurs de films d'auteurs .
Christian B.
Christian B.

20 abonnés 696 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 septembre 2013
Ennuyeux comme pas possible , le seul mérite c'est de tenir 2h17 pour visionner tout le film sans s'endormir , j'avai envie de le voir vu qu'il avait eu une palme d'or à Canne et que c'était Hanneke, ben j'aurai du éviter .....
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 septembre 2013
Partagé entre une maitrise formelle incontestable (noir et blanc sublime et plans fixes faisant naitre une tension parfois oppressante) et un scénario bancal, "le Ruban Blanc" est une palme d'or très étrange. Ce film joue en effet sur l'attente d'un dénouement, en posant la question suivante: Qui a bien pu commettre ces actes terribles dans ce village d'Allemagne du Nord en 1913 ? Si l'immersion dans cette situation est intrigante par instants, on finit par se lasser devant tant d'interrogations (souvent vaines) et peu de réponses convaincantes. Il faut aussi ajouter à cela des personnages étonnement schématisés (ces derniers sont en fait tous pourris jusqu'à la moelle). En opposition à cette épuisante simplicité se construit une histoire complexe, grâce aux jeux de suspicions et de dénonciations. Un film dont la force apparait sur courant alternatif, et aux allusions aux racines du nazisme multiples et pénibles.
loulou451
loulou451

146 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2013
Alors oui, on peut dire que Michael Haneke réalise ici son meilleur film, tout à la fois oppressant, angoissant, tel un rouleau compresseur qui passerait sur l'humanité allongé devant lui, pressant la chair et l'âme pour en tirer les secrets du mal, du bien et de l'horreur qui semble présider à la destinée humaine. Son cinéma est net, implacable, froid, ciselé dans la glace, ne laissant jamais rien au hasard, à l'improvisation, au génie sans doute ? Car c'est bien là que le bât blesse : l'absence de génie, la besogne, le travail, l'articulation quand d'autres grands réalisateurs laisse intact le champ de la création. Oui, Haneke réalise un grand film, mais quel ennui, quel effort, quelle attention faut-il pour voir se dévider le fil de cette histoire. Haneke n'a rien d'un Coppola, d'un Hawks, d'un Minnelli, d'un Kubrick ou d'un Malick.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 juillet 2013
La mise en scène d'Haneke est comme dans Amour, elle raconte, est subtile, et laisse libre court à maintes analyses aussi tortueuses que passionnantes
La pudeur est dosée à merveille, certains plans fixes sont savoureux.
Une très belle photographie agrémente le tout..
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 mai 2015
L'histoire n'est faite que d'une accumulation de mini-histoires et d'incidents pas toujours intéressants touchant à la vie des habitants. Certaines scènes n'apportent rien au film et le rendent ennuyant. Après reste des décors de hauts niveaux et de très bons acteurs.
hpb
hpb

10 abonnés 308 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juillet 2013
Avec Heineke on s'attend à ne pas rigoler ... et la on est pas déçu.
Difficile de juger un tel film. C'est un chef d'oeuvre si on le regarde sous l'aspect "psychologique".
Sur le plan du cinéma certains scènes sont mémorables (lorsque le médecin explique à son amante qu'il ne l'aime pas ... ou encore lorsque la fille du médecin explique ce qu'est la mort à son petit frère).
Par contre c'est long .... très très long .... on peut s'endormir si l'on est pas préparé , et je trouve la fin un peu trop "facile".
Raison pour laquelle je ne mets que 3 étoiles.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 juin 2013
Une Palme d'Or n'est pas toujours gage de qualité mais quand "Le ruban blanc" est préféré à l'excellent "Un prophète" d'Audiard (Grand Prix) et au stupéfiant "Thirst, ceci est mon sang" du surdoué Park Chan-Wook (Prix du Jury ), on ne peut, en tant que cinéphile, que si intéresser.
Oeuvre sublime en noir et blanc, glacial et redoutable. Portrait de la société allemande du début du 20ème siècle, Protestante, patriarcal, quasi féodal et sclérosé. De cette société prônant la vertu comme règle ( et non pas idéal) pour mieux, dans la discrétion des foyer, oeuvrés aux vices. Tout ici n'est qu'hypocrisie. Ce ruban blanc, symbole d'innocence, est taché de sang et de larmes.
Oui le film de Haneke est austère, oui il ne plaira pas à tout le monde ( comme tous les films), oui il y a plus de questions que de réponses mais le long métrage du réalisateur allemand vise juste.
Un chef-oeuvre hypnotique et dérangeant.
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 janvier 2014
La palme d’or du Festival de Cannes 2009 a été contestée en raison des liens entre la Présidente du jury, Isabelle Huppert et Haneke. La vision de cet ouvrage du cinéaste autrichien ne plaide pas forcément en faveur du choix d’Huppert même si le film est loin d’être inintéressant. Il convient de revenir en premier lieu sur le message du film vu par beaucoup de critiques et selon les dires d’Haneke lui-même comme l’annonce des prémisses de la montée du nazisme dans l’Allemagne des années 1910 à 1925. Cet avis peut être contesté. Comment faire une généralité d’un comportement isolé ? En effet dans toutes les campagnes de l’époque qu’elles soient anglaises, françaises, espagnoles ou germaniques il devait se trouver des pères incestueux et des ecclésiastiques psychorigides. La vie en communauté restreinte sans beaucoup d’échanges avec l’extérieur compte tenu des moyens de transports limités de l’époque favorisait ce type de comportements et les frustrations nées de la trop forte emprise des notables locaux. De plus, hormis le médecin, les principes d’éducation de tous ces villageois protestants y compris le pasteur, paraissent empreints d’une certaine cohérence et déployés avec un minimum de pédagogie. Haneke affirme que c’est l’embrigadement des enfants qui les auraient rendus mûrs devenus adultes pour suivre aveuglément le chef suprême que fut Adolphe Hitler. Ce propos est démenti par la révolte des enfants. Tout le fondement historique du propos d'Haneke dans « Le ruban blanc » résonne comme une sorte de genèse rétro active de toute son œuvre visant à démontrer le potentiel de violence enfouie dans chaque petite tête blonde. Si les adolescents sadiques de « Funny Game » sont en perte de repère à cause de parents démissionnaires face à leur devoir d’éducation, ceux du « Ruban blanc » le deviennent en rébellion à une éducation trop rigide. « Le ruban blanc » jette un pont entre deux époques diamétralement opposées pour aboutir à la même conclusion : selon Haneke l’homme est intrinsèquement violent avec son voisin dès lors que celui-ci ne lui ressemble pas ou qu’il n’exerce pas une domination affirmée sur lui. Il s’ensuit une certaine méprise sur le sens du film qui n’est qu’un prolongement de l’œuvre d’Haneke, ce qui ne le rend pas moins intéressant. A noter le comportement des enfants en groupe qui rappelle bizarrement celui des enfants tueurs du « Village des damnés » de Rilla Wolf réalisé en 1960, hasard ou hommage du réalisateur dont ça ne parait pas être l’inclinaison première, son cinéma étant très peu référentiel.
Deye Deye
Deye Deye

2 abonnés 107 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juin 2013
Le ruban blanc tient la tension tout le long du film un peu comme un film à suspense ou d'horreur, appuyé par la mise en scène, visuellement beau et certains plans qui maintiennent la tension. Le film peut paraître un peu lent à certains passages, mais nous garde en haleine jusqu'à la fin.
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