Mon AlloCiné
  • Mes amis
  • Mes cinémas
  • Speednoter
  • Ma Collection
  • Mon compte
  • Jeux
  • Forum
  • Déconnexion
Le Ruban blanc
note moyenne
3,7
2558 notes dont 484 critiques
25% (123 critiques)
32% (153 critiques)
12% (59 critiques)
14% (68 critiques)
9% (43 critiques)
8% (38 critiques)
Votre avis sur Le Ruban blanc ?

484 critiques spectateurs

chrischambers86
chrischambers86

Suivre son activité 1390 abonnés Lire ses 10 097 critiques

3,5
Publiée le 25/01/2011
Avec son absence de musique et son magnifique noir et blanc, le film de Michael Haneke fait froid dans le dos et ne manque pas d'originalitè! Ici, le mal court sans que jamais la violence èclate! Même si la Palme d'or du festival de Cannes 2009 n'est peut-être pas le meilleur film de la sèlection ("Le prophète" de Jacques Audiard ètait un sèrieux client et pouvait ègalement prètendre à la Palme), force est de reconnaître que Haneke a rèussi une fois de plus à nous glacer les sangs, en distillant un malaise durant tout le mètrage! "Le ruban blanc" est souvent impressionnant parce que le cinèaste autrichien ne fait que suggèrer avec des images chocs (l'atroce mutilation du fils handicapè de la sage-femme). Des ombres, des lumières, sont là que pour renforcer un message, dont la misère à tous les ètages de la vie au coeur de nos villages d'Europe du XIX et XXème siècle est dènoncèe, avec des acteurs, tous remarquables, qu'ils soient adultes ou enfants! Austère, beau et dèrangeant...
Puce6386
Puce6386

Suivre son activité 389 abonnés Lire ses 1 074 critiques

3,0
Publiée le 14/10/2012
Un drame à la photographie noire et blanche soignée, qui met en scène un petit village protestant allemand d'avant-guerre où règne une atmosphère lourde et étrange. Les acteurs, en particulier les enfants, livrent un jeu épatant et servent à merveille une histoire troublante, ambigüe, remplie de personnages secrets, aux moeurs rigides. Le final a tendance à laisser le spectateur dans l'ignorance, avec ces non-dits et cette tension qui n'éclate jamais au grand jour. La réalisation semble en fait poser la question des origines du mal !
Ciemonde
Ciemonde

Suivre son activité 62 abonnés Lire ses 98 critiques

4,5
Publiée le 13/06/2011
C'est avec Le Ruban Blanc, Palme d'or du festival de Cannes 2009, que j'ai pu faire un bon de plus dans ce monde dense et intense qu'est le cinéma. Je suis bien loin de dire que je m'attendais à pareil choc. Si on pouvais attribuer le prix du malaise et de la tension permanente à un film, celui ci le remporterait haut la main. Rarement une œuvre n'avait laissé autant de traces dans ma mémoire, et ce, pour un certain temps. L'ambiance est si pesante, si lourde, qu'il nous est facile de plonger corps et âme dans cette intrigue à la fois véridique et douteuse. La terreur, est bel et bien présente mais reste toujours en quelque sorte, cachée, voilée. Ici, la violence règne. Elle est présente sous toutes ses formes, morale, visuelle, intérieure....Réussissant à s'infiltrer dans chaque parcelle de pensée, à chaque coin de rue de ce village devenu sombre et détraqué. Présence de violences sexuelles familiales, d'enfants voulant en torturer d'autres ou se suicider... Tout cela est maquillé, mais trop peut pour tout nous cacher. Subtile. C'est également pour cette raison, que l'étrange mais passionnée histoire d'amour, entre deux jeunes gens issus de cet univers, arrive à nous émouvoir et nous faire apprécier la maladresse d'une relation arrivée là comme un cheveu sur la soupe. Ce film dénonce donc, quelques sévices infligés à des enfants, des femmes, des travailleurs, par une société d'adultes à la fois médiocres, notables et sadiques. Le tout est rendu avec une telle droiture, une telle délicatesse et une telle justesse que c'en est déroutant. Le contraste entre des personnages à la fois innocents et coupables entraine une certaine confusion, qui amène réflexion et stupéfaction. Haneke n'inflige aucun point de vue, il laisse au spectateur son interprétation propre et son indépendance de réflexion. C'est probablement une chose aussi bonne que mauvaise, car cela laisse une telle trace au fond de mémoires et d'âmes, qu'elle en devient indélébile, même le temps ne peut plus l'effacer. C'est une preuve de la grandeur et de l'ingéniosité du réalisateur, d'avoir su maitriser, à tel point son film, que même si nous pensons qu'il nous a laissé matière à réfléchir, c'est lui qui a amené les réflexions qui nous traverserons l'esprit, frappant. En plus de tout cela, la mise en scène est implacable, la photographie en noir et blanc d'une splendeur sans égale, et les acteurs, principalement chez les enfants, sont d'une vérité et d'une force impressionnante! Loin de laisser indemne, le film transporte, marque, émeu, et enrage. Il faut un grand talent et une certaine intelligence pour réaliser un tel film, mais également pour le comprendre et se former une vision propre. Extraordinairement juste, froid, presque glacial...
Cinephille
Cinephille

Suivre son activité 64 abonnés Lire ses 493 critiques

4,5
Publiée le 26/10/2009
Il me semble très étrange le processus qui a poussé ce janséniste de Michale Haneke à faire un film aussi violent contre les sociétés patriarcales où les hommes ont droit de vie, de mort, de torture, d'humiliation sur les femmes et les enfants. Esthétiquement c'est extrêmement beau, idéologiquement parlant ça pourrait être très efficace si ça n'avait pas été situé dans l'Allemagne d'avant 1914. La charge est ainsi réduite et il sera facile à ceux que ça arrangera de penser qu'Haneke a juste dépeint la société qui a permis l'avénement du IIIe Reich. Or le propos est beaucoup plus universel et intemporel. La violence contre les enfants existait sous une forme à peu peine moins exacerbée il y a 50 ans en France. Les phénomènes de classes sociales sont également très subtilement évoqués. Bien evidemment la religion en prend également pour son grade en ce sens qu'elle est toujours le terreau des systèmes les plus conservateurs et machistes. C'est au final un film extrêmement fort et qui pourrait utilement rappeler aux contempteurs de mai 68 que la vie avant n'etait facile que pour les hommes de pouvoir.
Alex-Stryker59
Alex-Stryker59

Suivre son activité 12 abonnés Lire ses 226 critiques

4,0
Publiée le 05/12/2012
Très bon film allemand, original et plutôt réussi dans les ambiances qu'il déploie. Pas de bande originale, de ce point de vue-là, quelqu'un juste avant moi a cité "No Country for Old Men" et je l'approuve. Le film se déroule dans les années 1910, dans l'Allemagne monarchique, protestante, rurale et paysanne. A des moments, ça fait un peu western de part les paysages. En le revoyant, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à "Dogville" de Lars Von Trier aussi, un peu. Très bons acteurs, bien réalistes. Le message du film s'accorde avec son ambiance tendue et un peu froide, mais aussi avec le fait que ça se déroule dans un certain pays. Il se passe des choses atroces dans ce trou perdu, qui ont vraisemblablement une origine humaine. C'est un film qui critique l'ultra-conservatisme moral. Il veut montrer que les esprits sombrent dans la démence dès lors que la vie devient trop réglée, stricte. spoiler: A la fin, le jeune instituteur, le narrateur en voix-off, qui tente d'élucider ce qui se passe, se fait méchamment savonner par le pasteur bien conservateur, qui l'accuse d'être un peu dingue. C'est l'hôpital qui se fout de la charité en fait... car le message du film est bien l'inverse. Cet ultra-conservatisme rigide, selon le propos du film, est de nature à rendre la société, en l’occurrence allemande ici, trop rigide, trop froide et trop violente. Ces jeunes enfants qui ont dix ans en 1914, ils en auront une trentaine à l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Vous voyez dans ce film la mise en place d'une certaine démence collective. Des plans structurés de façon assez photographique, un peu comme chez Kubrick. Et si vous voulez un film allemand qui critique violemment l'Allemagne communiste, voyez "La Vie des Autres". Moins bien, mais vraiment pas mal.
scorsesejunior54
scorsesejunior54

Suivre son activité 105 abonnés Lire ses 789 critiques

4,0
Publiée le 01/11/2009
"Le Ruban Blanc", c'est une bonne claque dans la gueule de tous les avocats démagos de la modernité au cinéma, ces intermédiaires que l'on nomme critiques trop souvent enclins à faire le tapin pour une intelligentsia à la masse qui nous a vanté ces dernières années tout le bien que pouvaient apporter les techniques numériques au septième art contemporain. Résultat : en un laps de temps très court, les règles se sont figées, plus brusquement et de façon plus sectaire encore qu'à l'époque de l'âge d'or. Alors, si "Le Ruban Blanc" pouvait permettre aux petits cons prétentieux qui se sont récemment pris pour des génies d'aller réviser Bergman, Dreyer, Fassbinder et compagnie plutôt que de s'en tenir à de minces références undergound sympas mais qui n'ont rien apporté, je ne peux qu'applaudir des deux mains ce plébiscité pour un retour à une forme stricte et un fond réfléchi qu'avaient si bien incarné les Européens dans les années 60. Cinéaste inégal, Haneke a ici frappé un grand coup.
Maitre Kurosawa
Maitre Kurosawa

Suivre son activité 196 abonnés Lire ses 1 271 critiques

2,5
Publiée le 12/09/2013
Partagé entre une maitrise formelle incontestable (noir et blanc sublime et plans fixes faisant naitre une tension parfois oppressante) et un scénario bancal, "le Ruban Blanc" est une palme d'or très étrange. Ce film joue en effet sur l'attente d'un dénouement, en posant la question suivante: Qui a bien pu commettre ces actes terribles dans ce village d'Allemagne du Nord en 1913 ? Si l'immersion dans cette situation est intrigante par instants, on finit par se lasser devant tant d'interrogations (souvent vaines) et peu de réponses convaincantes. Il faut aussi ajouter à cela des personnages étonnement schématisés (ces derniers sont en fait tous pourris jusqu'à la moelle). En opposition à cette épuisante simplicité se construit une histoire complexe, grâce aux jeux de suspicions et de dénonciations. Un film dont la force apparait sur courant alternatif, et aux allusions aux racines du nazisme multiples et pénibles.
soniadidierkmurgia
soniadidierkmurgia

Suivre son activité 192 abonnés Lire ses 3 129 critiques

3,5
Publiée le 25/06/2013
La palme d’or du Festival de Cannes 2009 a été contestée en raison des liens entre la Présidente du jury, Isabelle Huppert et Haneke. La vision de cet ouvrage du cinéaste autrichien ne plaide pas forcément en faveur du choix d’Huppert même si le film est loin d’être inintéressant. Il convient de revenir en premier lieu sur le message du film vu par beaucoup de critiques et selon les dires d’Haneke lui-même comme l’annonce des prémisses de la montée du nazisme dans l’Allemagne des années 1910 à 1925. Cet avis peut être contesté. Comment faire une généralité d’un comportement isolé ? En effet dans toutes les campagnes de l’époque qu’elles soient anglaises, françaises, espagnoles ou germaniques il devait se trouver des pères incestueux et des ecclésiastiques psychorigides. La vie en communauté restreinte sans beaucoup d’échanges avec l’extérieur compte tenu des moyens de transports limités de l’époque favorisait ce type de comportements et les frustrations nées de la trop forte emprise des notables locaux. De plus, hormis le médecin, les principes d’éducation de tous ces villageois protestants y compris le pasteur, paraissent empreints d’une certaine cohérence et déployés avec un minimum de pédagogie. Haneke affirme que c’est l’embrigadement des enfants qui les auraient rendus mûrs devenus adultes pour suivre aveuglément le chef suprême que fut Adolphe Hitler. Ce propos est démenti par la révolte des enfants. Tout le fondement historique du propos d'Haneke dans « Le ruban blanc » résonne comme une sorte de genèse rétro active de toute son œuvre visant à démontrer le potentiel de violence enfouie dans chaque petite tête blonde. Si les adolescents sadiques de « Funny Game » sont en perte de repère à cause de parents démissionnaires face à leur devoir d’éducation, ceux du « Ruban blanc » le deviennent en rébellion à une éducation trop rigide. « Le ruban blanc » jette un pont entre deux époques diamétralement opposées pour aboutir à la même conclusion : selon Haneke l’homme est intrinsèquement violent avec son voisin dès lors que celui-ci ne lui ressemble pas ou qu’il n’exerce pas une domination affirmée sur lui. Il s’ensuit une certaine méprise sur le sens du film qui n’est qu’un prolongement de l’œuvre d’Haneke, ce qui ne le rend pas moins intéressant. A noter le comportement des enfants en groupe qui rappelle bizarrement celui des enfants tueurs du « Village des damnés » de Rilla Wolf réalisé en 1960, hasard ou hommage du réalisateur dont ça ne parait pas être l’inclinaison première, son cinéma étant très peu référentiel.
Deye Deye
Deye Deye

Suivre son activité Lire ses 107 critiques

4,0
Publiée le 11/06/2013
Le ruban blanc tient la tension tout le long du film un peu comme un film à suspense ou d'horreur, appuyé par la mise en scène, visuellement beau et certains plans qui maintiennent la tension. Le film peut paraître un peu lent à certains passages, mais nous garde en haleine jusqu'à la fin.
Livraisondefilms.fr
Livraisondefilms.fr

Suivre son activité 6 abonnés Lire ses 17 critiques

4,0
Publiée le 12/12/2012
Le ruban blanc donne un aperçu de la société allemande avant la première guerre mondiale. A travers l’énigme de l’identité du coupable des atrocités commises dans le village, Hanecke tente de mettre à jour une énigme historique qui continue d’agiter les esprits : celle du glissement de la société allemande dans la barbarie nazie. Le village est son terrain d’étude. Ces enfants sadiques sont les futurs électeurs d’Hitler, ses futurs soldats, les futurs piliers du régime. Organisés et entièrement dévoués à leur chef, la fille du pasteur, ils portent en eux les germes qui s’épanouiront avec le national-socialisme. Une petite section SA en herbe, avec un esprit de corps et un sadisme déjà bien aiguisés. La suite sur mon blog ciné : http://www.livraisondefilms.fr/
carbone144
carbone144

Suivre son activité 24 abonnés Lire ses 603 critiques

4,0
Publiée le 03/12/2012
J'ai été impressionné par ce film, tant par son esthétisme que par son fond. Le noir et blanc est magnifique, bien travaillé, et correspond parfaitement à l'atmosphère ambiante de ce film. Une histoire proche du documentaire à travers sont aspect illustratif grâce aux décors et costumes qui nous plongent dans le quotidien d'une petite société de campagne de l’Allemagne de l'avant première GM. L'émotion incroyable de justesse dégagée par les acteurs, surtout les plus jeunes renvoient d'autant plus de fascination pour le contenu même du film. La découverte de certaines moeurs ou propos dégagés par les personnages impressionne et laisse perplexe. Certaines séquences et de manière générale tout le film réussit à poser un cadre dramatique sérieux et sombre, mais tout autant envoûtant dans la frayeur. Cette sensation est particulièrement réussie grâce à l'absence totale de bande originale, ce qu'avaient remarquablement réussis les frères Coen pour No Country for Old men et qui avait été souligné. Au delà de la seule réussite du cadre sur lequel repose le film et qui suffit amplement à le réussir, s'ajoute la petite histoire et ses éléments perturbateurs. Histoire parfaitement mêlée à l'esprit général du film. Peut-être que le tout peut paraître compliqué compte tenu du nombre de personnages, beaucoup ayant en commun une certaine ressemblance, qu'elle soit intellectuelle, physique, ou vestimentaire. Mais sinon c'est impeccable.
Michel P.
Michel P.

Suivre son activité 8 abonnés Lire ses 7 critiques

4,0
Publiée le 26/11/2012
L’œuvre de Michael Haneke ne peut se réduire à une lecture au premier degré. Bien connu par ses positions choquantes pour le bourgeois, ses films de même, font partie d’un tout indivisible. Comme dans « Code inconnu » nous devons trouver ce qui fait que les hommes ne communiquent plus et s’enfoncent dans un abîme dont nous ne vivons que les prémices. Dans les « 71 Fragments d’une chronologie du hasard » nous devrons remettre en place les brisures de la société. Car c’est bien d’elle qu’il s’agit et c’est elle qui explique l’homme, comme toujours. Le déroulé du film nous montre que les hommes convaincus de leur libre arbitre sont les jouets d’eux mêmes et de leur fatalité. Comment ne pas voir dans la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie un rappel des événements qui ont frappé les Balkans et sur lesquels Haneke s’est prononcé, mieux, s’est engagé. Il fallait le faire. L’image d’une grande épure, en noir et blanc n’est pas froide. Elle rappelle Losey avec « The Servant » par son aspect implacable qui sert une destinée inévitable. Mais ce n’est qu’une apparence. Il n’y a pas ici le même regard froid de l’observateur. Hanecke dénonce un monde implacable et le juge.
Cluny
Cluny

Suivre son activité 45 abonnés Lire ses 593 critiques

4,5
Publiée le 20/10/2012
Il existe quelques rares films qu'on reçoit comme une claque, et auxquels on repense souvent, un peu comme un rêve récurent. Incontestablement, "Le Ruban blanc" fait et fera partie de ceux-là, rejoignant en ce qui me concerne parmi les oeuvres traitant du bien et du mal "La Nuit du Chasseur" ou "Breaking the Waves", dont il reprend d'ailleurs curieusement la Siciliana de Bach, dans un film où la musique n'est pourtant présente que quand elle est jouée par les personnages : la baronne (encore une pianiste), l'instituteur, l'orchestre villageois lors de la fête des moissons ou la chorale d'enfants interprétant pour la fête de la réformation "Ein feste Burg ist unser Gott" de Martin Luther mis en musique par Bach. Le récit commence par la voix off du narrateur, l'instituteur qu'on devine au soir de sa vie, sur un écran noir. Puis une ouverture au noir sur un plan fixe, nous montrant la chute du docteur dont le narrateur explique qu'elle a été le commencement des tragiques événements de cette année 1913. Nous découvrons ensuite l'instituteur avec sa bonne bouille à la sortie de sa classe, s'étonnant de la sollicitude que Klara, la fille du pasteur, manifeste pour les enfants du docteur. Et alors qu'on voit s'éloigner dans le village Klara et ses copines, on se demande avec l'instituteur ce que peuvent cacher ces enfants trop polis, trop sages, trop graves qui évoquent les maléfiques enfants blonds du "Village des Damnés"(celui de Wolf Rilla, pas celui de John Carpenter). Témoins et/ou acteurs des atrocités qui vont bouleverser la quiétude du village, ils partagent tous la particularité de grandir dans la violence institutionnalisée, la frustration et la culpabilisation. Certes, les vies des adultes ne sont pas non plus heureuses, que ce soit celle du paysan veuf de sa femme tuée à la scierie, celle du docteur qui montre sa propension à passer du statut de victime au rôle de bourreau dans une scène hallucinante de cruauté où il congédie sa maîtresse, celle des châtelains apeurés, ou celle du pasteur qui au nom de l'amour ligote son fils pour ne pas qu'il meurt de masturbation. Mais eux, au moins, s'accordent le droit d'exprimer leurs sentiments. Les enfants ne se voient pas octroyer ce droit, et le symbole de ce dressage au nom de la morale puritaine est le ruban blanc que le pasteur impose à Klara et son frère, symbole de la pureté à laquelle ils doivent aspirer constamment, et qui s'oppose au noir de l'uniforme que la plupart de ces angelots porteront trente ans plus tard. La symbolique de ces couleurs explique le choix du noir et blanc, ainsi que l'association que fait Haneke aux photographies de cette époque. Loin d'être expressionniste, la superbe photographie de Christian Berger joue sur l'opposition du noir et du blanc d'un plan à un autre, et non sur le contraste créé dans un même plan à l'aide de l'éclairage. Comme le souligne Haneke dans une interview, le narrateur débute son récit en disant : "J'ignore si ce que je veux vous raconter est totalement véridique ; j'en connais une partie seulement par ouï-dire." Le spectateur est d'emblée plongé dans l'incertitude, ce qui place bien "Le Ruban blanc" dans la continuité de l'oeuvre d'Haneke. Et, alors qu'un des enjeux dramatiques du film est de parvenir à identifier le ou les auteurs des événements, la survenue de la guerre et l'éloignement de l'instituteur nous laissent dans la même incertitude quant aux faits : car l'essentiel se situe ailleurs, dans la description de la genèse d'une des pires monstruosités de l'histoire de l'humainité. Dans la même interview, Haneke se définit comme "un petit peu perfectionniste". Ce souci kubrickien de la maîtrise de tous les aspects du film s'est notamment manifesté dans le casting ; celui des acteurs ou des figurants, où il a privilégié les visages "à l'ancienne", allant chercher jusqu'en Roumanie des figurants à la peau tannée par le soleil. Mais c'est pour le choix des enfants que le processus a été le plus long, prenant plus de six mois. Après avoir casté plus de 7000 enfants, en évitant les agences spécialisées car les enfants sont déjà "gâchés" par les séries télévisées, il a en finalement sélectionné une trentaine dont dix se sont vus attribuer les rôles principaux au bout de nombreux essais. Ce travail préliminaire explique l'extraordinaire force du jeu de ces enfants acteurs. La scène où Anna répond à son petit frère de 5 ans à propos de la mort est bouleversante de justesse, comme celle où le cadet du docteur vient offrir à son père ce qu'il a de plus cher. On est à des années-lumières du jeu stéréotypé des pauvres acteurs du "Petit Nicolas"... Je m'étais demandé si l'attribution de la Palme était due à la présence de l'actrice de "La Pianiste" à la tête du jury, ou au souci d'éviter une deuxième palme française consécutive en récompensant "Un Prophète" un an après "Entre les Murs". La vision de ce film à la fois captivant et oppressant, structuré par une maîtrise absolue des différents pupitres de la cinématographie : construction scénaristique, mise en scène, montage, photographie, et direction d'acteur, suffit à justifier la consécration du "Ruban blanc", appelé à rester comme une des grandes Palmes d'Or, aux côtés du "Guépard", d'"Apocalypse Now", de "Mission" ou d'"Elephant". http://www.critiquesclunysiennes.com
Cliff554
Cliff554

Suivre son activité 74 abonnés Lire ses 691 critiques

4,0
Publiée le 18/01/2012
Vie d'un village protestant sous la forte influence du dogme, "Le Ruban blanc" est l'un des films les plus aboutis de son auteur, Michael Haneke, mettant en scène le destin d'enfants et d'adultes confrontés à une série d'accidents criminels. Le film aurait pu se réduire à une vraie enquête mais Haneke préfère reléguer cette intrigue au second plan pour approfondir les portraits des habitants du village, leurs attitudes face aux dogme protestant, qu'ils suivent aveuglement. Car le véritable sujet du film conçerne jusqu'à ou l'être humain peut suivre des lois à la fois infondées et extrêmes. Ainsi, l'usage du noir et blanc et ces nombreux plans fixes, chaque fois remplis de détails, donne au "Ruban blanc" une atmosphère inquiétante, presque malsaine, portée par une voix-off calme et reposante, comme pour faire l'amalgamme entre la sérénité du personnage et la gravité des actes se produisant dans le village. De même, l'oeuvre est synonyme de cruauté, cruauté présentée au premier plan afin de critiquer, de pointer du doigt la malveillance comme lors de cette scène à la fois merveilleuse sur le plan technique et terrible ou Haneke se contente de filmer en simple plan fixe une porte derrière laquelle l'enfant du pasteur reçoit des coups pour avoir commis une faute, le jeune garçon hurlant à l'agonie. Ces hurlements sont le miroir d'une rage, en l'occurence celle du réalisateur, contre toutes ces "bondieuseries", faire le mal au nom de Dieu, afin de sois disant "bien éduquer" ces chères têtes blondes. Mais éduquer violemment, c'est créer sois-même des personnes violentes, comme pour cette scène ou la fille du pasteur, pour se venger des humiliations que son père lui fait subir, tue sans pitié l'oiseau de ce dernier, enfonçant dans le corps du volatile une paire de ciseaux de manière à ce que la croix du Christ sois représentée, message horrifique envers les principes de l'homme de foi. "Le Ruban blanc" est un film fort, un véritable coup de poing envers une société qui a subsisté encore après la seconde guerre mondiale, ces enfants pervertis par les règles qu'on leur impose, et qui plus tard vivront l'enfer comme la Première guerre mondiale et la montée en puissance du nazisme, les thèmes abordés étant comme une prémice de la barbarerie qui allait suivre. L'Homme crée sois même le mal...
shmifmuf
shmifmuf

Suivre son activité 83 abonnés Lire ses 1 760 critiques

5,0
Publiée le 08/11/2011
Oppressant,âpre,glaçant,inquiétant,malsain et profondément pessimiste. Voilà les choses que l'on peut ressentir en regardant ce film terrible où l'espoir n'a jamais sa place. On entend souvent les gens dire:"il faut faire confiance aux générations futures"."Le ruban blanc" est là pour nous dire "En êtes vous bien sur?". Ce film sur le mal et sa propagation au sein d'un petit village ne laisse aucune échappatoire aux spectateurs. Sa fin est sublime: il vaut mieux se voiler la face, que de reconnaître l'effroyable évidence. Haneke nous offre une plongée effrayante dans ce qu'il y a de plus noir en nous. Déprimant mais sublime.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Les meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs
  • Les meilleurs films de tous les temps selon la presse
Back to Top