Le Ruban blanc
Note moyenne
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494 critiques spectateurs

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JeffPage
JeffPage

42 abonnés 534 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 octobre 2012
Palme d'or à Cannes en 2009, Ce film est un pur film d'Haneke, de par son approche de la violence et ses thèmes sombre. En effet, la violence est froide et sans parti pris, laissant au spectateur le choix de son point de vue sur ces évènements. Mais cette violence est ici bine plus dure qu'a l'accoutumé car elle touche avant tout des enfants, et Haneke n'y va pas de main morte et évoque la violence physique, morale et l'inceste. L'ensemble est magnifié par un noir et blanc superbe, rajoutant au coté froid du film et rendant certain plan absolument superbe (les arbres sous la neige). L'absence quasi-totale de musique permet aussi de renforcé le coté malsain du récit et la froideur des images. Un film magnifique qui prouve que Haneke est décidément un cinéaste exceptionnel !
Teardrop
Teardrop

4 abonnés 60 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 octobre 2012
Un film à l'atmosphère lourde et pesante, aux personnages inquiétants, avec un noir et blanc esthétique et austère qui participe au rendu général. Des scènes très courtes et entremêlées mettent le spectateur aux aguets ; celui-ci le restera, puisque la fin du film n'éclaire pas totalement le mystère, même si de nombreux indices sont égrenés. La noirceur de l'être humain est portée à l'écran, à la fois à travers des adultes et des enfants ; elle n'est jamais montrée crûment, mais avec des scènes cachées (derrière une porte par exemple, ou avec des éléments empêchant le regard direct) ou vues de loin... et c'est ce que fait la caméra au final, elle s'éloigne du lieu et de sa vérité. Mais le narrateur a informé le spectateur qui ne sera plus vraiment dupe...
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 octobre 2012
Il existe quelques rares films qu'on reçoit comme une claque, et auxquels on repense souvent, un peu comme un rêve récurent. Incontestablement, "Le Ruban blanc" fait et fera partie de ceux-là, rejoignant en ce qui me concerne parmi les oeuvres traitant du bien et du mal "La Nuit du Chasseur" ou "Breaking the Waves", dont il reprend d'ailleurs curieusement la Siciliana de Bach, dans un film où la musique n'est pourtant présente que quand elle est jouée par les personnages : la baronne (encore une pianiste), l'instituteur, l'orchestre villageois lors de la fête des moissons ou la chorale d'enfants interprétant pour la fête de la réformation "Ein feste Burg ist unser Gott" de Martin Luther mis en musique par Bach.

Le récit commence par la voix off du narrateur, l'instituteur qu'on devine au soir de sa vie, sur un écran noir. Puis une ouverture au noir sur un plan fixe, nous montrant la chute du docteur dont le narrateur explique qu'elle a été le commencement des tragiques événements de cette année 1913. Nous découvrons ensuite l'instituteur avec sa bonne bouille à la sortie de sa classe, s'étonnant de la sollicitude que Klara, la fille du pasteur, manifeste pour les enfants du docteur.

Et alors qu'on voit s'éloigner dans le village Klara et ses copines, on se demande avec l'instituteur ce que peuvent cacher ces enfants trop polis, trop sages, trop graves qui évoquent les maléfiques enfants blonds du "Village des Damnés"(celui de Wolf Rilla, pas celui de John Carpenter). Témoins et/ou acteurs des atrocités qui vont bouleverser la quiétude du village, ils partagent tous la particularité de grandir dans la violence institutionnalisée, la frustration et la culpabilisation.

Certes, les vies des adultes ne sont pas non plus heureuses, que ce soit celle du paysan veuf de sa femme tuée à la scierie, celle du docteur qui montre sa propension à passer du statut de victime au rôle de bourreau dans une scène hallucinante de cruauté où il congédie sa maîtresse, celle des châtelains apeurés, ou celle du pasteur qui au nom de l'amour ligote son fils pour ne pas qu'il meurt de masturbation. Mais eux, au moins, s'accordent le droit d'exprimer leurs sentiments.

Les enfants ne se voient pas octroyer ce droit, et le symbole de ce dressage au nom de la morale puritaine est le ruban blanc que le pasteur impose à Klara et son frère, symbole de la pureté à laquelle ils doivent aspirer constamment, et qui s'oppose au noir de l'uniforme que la plupart de ces angelots porteront trente ans plus tard. La symbolique de ces couleurs explique le choix du noir et blanc, ainsi que l'association que fait Haneke aux photographies de cette époque. Loin d'être expressionniste, la superbe photographie de Christian Berger joue sur l'opposition du noir et du blanc d'un plan à un autre, et non sur le contraste créé dans un même plan à l'aide de l'éclairage.

Comme le souligne Haneke dans une interview, le narrateur débute son récit en disant : "J'ignore si ce que je veux vous raconter est totalement véridique ; j'en connais une partie seulement par ouï-dire." Le spectateur est d'emblée plongé dans l'incertitude, ce qui place bien "Le Ruban blanc" dans la continuité de l'oeuvre d'Haneke. Et, alors qu'un des enjeux dramatiques du film est de parvenir à identifier le ou les auteurs des événements, la survenue de la guerre et l'éloignement de l'instituteur nous laissent dans la même incertitude quant aux faits : car l'essentiel se situe ailleurs, dans la description de la genèse d'une des pires monstruosités de l'histoire de l'humainité.

Dans la même interview, Haneke se définit comme "un petit peu perfectionniste". Ce souci kubrickien de la maîtrise de tous les aspects du film s'est notamment manifesté dans le casting ; celui des acteurs ou des figurants, où il a privilégié les visages "à l'ancienne", allant chercher jusqu'en Roumanie des figurants à la peau tannée par le soleil. Mais c'est pour le choix des enfants que le processus a été le plus long, prenant plus de six mois. Après avoir casté plus de 7000 enfants, en évitant les agences spécialisées car les enfants sont déjà "gâchés" par les séries télévisées, il a en finalement sélectionné une trentaine dont dix se sont vus attribuer les rôles principaux au bout de nombreux essais. Ce travail préliminaire explique l'extraordinaire force du jeu de ces enfants acteurs. La scène où Anna répond à son petit frère de 5 ans à propos de la mort est bouleversante de justesse, comme celle où le cadet du docteur vient offrir à son père ce qu'il a de plus cher. On est à des années-lumières du jeu stéréotypé des pauvres acteurs du "Petit Nicolas"...

Je m'étais demandé si l'attribution de la Palme était due à la présence de l'actrice de "La Pianiste" à la tête du jury, ou au souci d'éviter une deuxième palme française consécutive en récompensant "Un Prophète" un an après "Entre les Murs". La vision de ce film à la fois captivant et oppressant, structuré par une maîtrise absolue des différents pupitres de la cinématographie : construction scénaristique, mise en scène, montage, photographie, et direction d'acteur, suffit à justifier la consécration du "Ruban blanc", appelé à rester comme une des grandes Palmes d'Or, aux côtés du "Guépard", d'"Apocalypse Now", de "Mission" ou d'"Elephant".

http://www.critiquesclunysiennes.com
septembergirl

665 abonnés 1 070 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 janvier 2014
Un drame à la photographie noire et blanche soignée, qui met en scène un petit village protestant allemand d'avant-guerre où règne une atmosphère lourde et étrange. Les acteurs, en particulier les enfants, livrent un jeu épatant et servent à merveille une histoire troublante, ambigüe, remplie de personnages secrets, aux moeurs rigides. Le final a tendance à laisser le spectateur dans l'ignorance, avec ces non-dits et cette tension qui n'éclate jamais au grand jour. La réalisation semble en fait poser la question des origines du mal !
L_huitre
L_huitre

101 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 octobre 2012
Voilà une palme d'or méritée. C'est rare... On est véritablement cloué par l'ambiance lourde et moite qui se dégage de ce film. L'image est absolument magnifique, avec quelques plans qui ressemblent à des tableaux de Renoir ou de Vermeer. Le rythme est lent, et la caméra sait se faire immobile. Les enfants sont d'une justesse de ton incroyable. Et une violence dure, sèche, crue semble ronronner et attendre son heure dans chaque scène... Bref, c'est du grand cinéma ! Pourtant, la fin un peu bâclée laisse le spectateur interdit, et insatisfait. Le film passe donc à côté du 5 étoiles... Faut-il voir dans ce film une genèse du nazisme ? Peut-être, mais ce n'est pas aussi important que les journalistes ont voulu le croire. Je crois plus prosaïquement qu'une société sans amour se condamne à tous les excès. Et cela est vrai en Allemagne comme ailleurs...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 septembre 2012
Il faut vaincre ses réticences. On s'attend à une œuvre hiératique et vaguement ennuyeuse, handicapée par le choix du noir et blanc : on a tort.
Oui, ce film est dépouillé et sévère - mais pas plus que l'univers des personnages, grevé par le rigorisme protestant et l'insupportable poids d'une communauté paysanne repliée sur elle-même. Oui, c'est un film d'atmosphère - et pourtant on se prend au jeu de savoir qui sont les auteurs de la série d'attentats mystérieux et de sévices sadiques qui bouleversent la vie du village.
Les adultes sont cruels, odieux et inquisiteurs, et les enfants - leurs innocentes(?) victimes - trop propres, trop polis, trop curieux, distillent la même inquiétude que ces monstres jolis qui hantent parfois les films d'horreur.
spoiler: On ne connaîtra jamais le fin mot de l'affaire : les enfants du village sont-ils vraiment les auteurs des actes violents qui jalonnent cette histoire, comme le croit le narrateur, l'instituteur du village ? Pourquoi ces violentes dénégations du pasteur ? Pourquoi cette fuite précipitée de la sage-femme ? On l'ignore, et peu importe : le film garde ainsi sa part de mystère et permet au spectateur d'en prolonger l'écho.

Ce film est servi par une photo impeccable, qui met soigneusement en valeur le cadre et l'histoire.

Une belle réussite, qui mérite ses récompenses.
Machriasi
Machriasi

13 abonnés 629 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 septembre 2012
Le ruban blanc est un bon film. Il ne m'a pas marqué et j'en garderais surement de très vagues souvenirs, le souvenir qu'il était en noir et blanc et comme bien d'autres (la haine par exemple) je ne comprends pas ce choix esthétique mais enfin bon. A part ça j'ai trouvé que vraiment rien ne retenait l'oeil dans la mise en scene ou quoi que ce soit comme un film mort, peut etre suis je trop habitué au ciné hollywoodien ? Mais là (l'affiche laissait sugerer beaucoup de haine ou quoique ce soit) mais il n' y a pas de tension ou d'action, c'est un peu chiant il faut dire. Alors il y a une histoire mais vraiment elle est loin d'etre géniale. Ca reste un assez bon film mais je ne le reverrais pas.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 15 septembre 2012
Que c'est long ! Beaucoup trop long. L'histoire avance peu, et quand on regarde à la fin ce qu'on a pu voir, il n'y a finalement pas grand chose. Le dénouement, si tant est qu'on puisse utiliser ce terme, est insipide et prévisible ( en supposant que je l'ai compris, ce qui n'est pas forcément le cas ... ). Le jeu des acteurs est très moyen pour un film palmé à Cannes, et à mon goût, les dialogues ne collent pas avec le contexte ( en version française au moins ). On en sort non pas troublé ou dérangé, mais déçu.
LucienLaurent
LucienLaurent

8 abonnés 392 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juillet 2012
Sans être le chef-d’œuvre annoncé, voici un film intéressant qui retranscrit assez bien le poids des traditions et du conformisme dans une société traditionaliste. La réalisation est de plus très soignée.
Xavi_de_Paris

364 abonnés 2 856 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juillet 2012
Michael Haneke réalise ici un film à l'esthétique soignée, bien soulignée par un noir et blanc de toute beauté. Et même si l'histoire n'est finalement pas très emballante, on se laisse porter par l'esprit de ce village protestant d'avant-guerre, où règne une atmosphère étrange. Le réalisateur parvient ainsi à nous transporter dans un contexte particulier, où moeurs rigides cohabitent avec révolution en silence. Les non-dits sont ici criants de vérité. L'interprétation est portée à merveille par des acteurs impeccables. Un beau film, assurément.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juillet 2012
on ne peut que loué le talent indéniable d'haneke, la façon qu'il a de filmé les plans séquences est absolument fabuleuse. ces acteurs sont juste époustouflant et si charismatique que sa en devient troublant. un film torturé et jouissif un peu long certes mais cette longueur fait qu'il est encore mieux et en meme temps je ne voit quel passages son a retiré car chaque secondes compte dans ce ruban blanc.
lorenzo fly
lorenzo fly

32 abonnés 818 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 30 juin 2012
Un film lent, long avec une narration peu attractive qui après visionnage n'est à coup sur pour moi pas à la hauteur de sa réputation. Un film avec une ambiance "à l'ancienne" qui traîne pour au final délivrer un dénouement attendu. Sans surprise, une tension quasi-inexistante, la sauce ne prend pas pour moi. Bien trop surestimé à mon gout et palme d'or bien généreuse!!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 juin 2012
Que dire d'autre de ce film sublime de Michael Haneke à part que c'est tout simplement un incroyable et épatant chef-d'oeuvre ( que de pléonasmes en une seule phrase ! ) . Non , on ne peut que tirer son chapeau face à un long-métrage qui mérite amplement sa palme d'or tant tout est dans le souci de perfection . Le Ruban blanc se situe dans un petit village au vingtième siècle , à l'aube de la Première Guerre mondiale ( en 1913 exactement ) . C'est un village allemand où se déroulent des faits étranges , des incidents suspects ( spoiler: le point de départ étant l'accident du médecin qui est tombé à cause de câbles qui avaient été installés là volontairement
) , des drames . Le film est l'occasion de faire le portrait de l'Allemagne protestante , assez rigide et stricte ( l'éducation des enfants est des plus dures : on retiendra notamment la punition des enfants du pasteur qui sont fouettés et aussi la scène où le pasteur reproche à son fils de s'être "abuser les nerfs les plus fins de son corps" ) . Le film est ponctué de moments bouleversants ( spoiler: le petit enfant recueillant l'oiseau blessé et l'offrant à son père après que celui-ci ait perdu le sien et bien évidement ce moment où la jeune fille Anna raconte à son petit frère l'issue de la vie et en particulier la notion de la mort
) et durs ( spoiler: les larmes bouleversantes et les cris intenses du jeune trisomique défiguré et aveuglé , les propos que tient le médecin face à la sage-femme et sa maîtresse
) . La mise en scène est vraiment fabuleuse avec l'utilisation d'un noir et blanc extraordinaire , la photographie , la forme , la qualité visuelle ... tout y est . Le Ruban blanc c'est vraiment un long-métrage où chaque plan _ beaucoup de plan-séquence dont un sur une porte fermée mais même les plus banaux en apparence tels qu'un plan sur un visage d'enfant_devient une pure merveille esthétique et artistique .
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 11 juin 2012
Vraiment triste, comme film. Le superbe jeu d'acteur permet de faire oublier que le film est en noir et blanc (magnifique). La violence est vraiment profonde, nous touche incroyablement
mais c'est tellement triste qu'on commence presque à s'ennuier (car oui le rythme est lent) et sincèrement à un moment j'en pouvais plus (il dure quand même 2h24).
Un film à voir mais pas le soir ni après avoir mangé.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 juin 2012
Pour mon premier film de Haneke, j'ai commencé très fort : une palme d'or. Palme d'or admirable, palme d'or magistrale, palme d'or amplement méritée !

Que dire si ce n'est que j'ai été totalement ébloui et époustouflé par cette oeuvre grandiose, alternant avec maestria petits plans-séquences et champs-contre champs dans des scènes ravissantes, autant par l’esthétique (splendide utilisation du noir et blanc) que par les dialogues, puissants et extrêmement bien écrits, offrant des joutes verbales sensationnelles et jouissives.

Au travers de la vie quotidienne d'un petit village allemand avant la première guerre mondiale, on découvre petit à petit la brutalité, perversité, mais aussi grande stupidité (ou énorme lâcheté au choix) des hommes, n'hésitant pas à faire subir, par excuse de la rigueur et de la religion, sévices et punitions fort douloureuses à leurs enfants, humiliation à leurs femmes.

Michael Haneke nous fait plonger dans ce film au plus profond des âmes pour faire apparaître les pires barbaries, associant à ces situations dérangeantes une histoire, elle, tout à fait charmante et innocente, qui contraste grandement avec le reste, mais de façon splendide.
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