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Un visiteur
4,0
Publiée le 1 mai 2017
Un "nègre", l'un de ces hommes de l'ombre qui vend son talent littéraire pour écrire sur commande, se rend sur une île de la Nouvelle Angleterre, en plein hiver. Il doit succéder à un nègre, mort accidentellement semble-t-il, pour rédiger les mémoires de l'ex-Premier ministre britannique. Des zones d'ombre, pas jolies jolies, affleurent du passé de l'homme politique dès le premier jour... La tension est là, l'île confère au duel psychologique des deux protagonistes la touffeur d'un huis-clos. On est dans le bain, si je puis dire, du début à la fin. L'atmosphère d'abandon et le jeu tout en détermination d'Ewan Mac Gregor et de Pierce Brosnan donnent à cette histoire une réelle force. C'est un thriller psychologique, certes, mais avec un rythme de film d'action. L'histoire se tient remarquablement; on sent toute la différence que fait un bon livre transformé en scénario avec l'aide de l'auteur, coscénariste ici. Les livres de Robert Harris sont palpitants. Il est rare que j'apprécie une adaptation littéraire...celle-ci est magistrale! NB: je livre mes critiques au hasard de mes moments libres et des films que je revois. Dans le désordre!
Il convient je pense de redéfinir le terme "Ghost Writer" avant de visionner ce film, car contrairement à la traduction littéraire qui correspondrait en plus parfaitement pour l'histoire (j'espère bien qu'il s'agit d'un double sens pour la subtilité), il désigne dans le jargon anglais le "larbin" qui rédige la sensée-être "auto"biographie des hommes politiques ou autres célébrités. Ici il s'agit des mémoires du premier ministre britannique interprété par un Pierce Brosnan taillé pour le rôle. Polanski raffole des ambiances anxiogènes et on sent une belle maitrise des codes classique du polar d'investigation qui restera en fin de compte ce dont on pourra se contenter de mieux ici. Car oui, l'intrigue possède son lot d’ascendeur émotionnel, découle sur un mélange de thriller politique et d'espionnage, tout en ne transcendant pas son sujet. Le scénario global demeure la déception principale quant à lui, notamment avec une fin simpliste, un dénouement trop "bêta" par rapport à nos attentes, qui semblait outrepassé le thriller standard, c'est finalement bien à ça auquel on à le droit. Reste quand même les images, spoiler: enfin je veux dire surtout la dernière image si symbolique et ingénieusement cadrée , pour donner une touche d'élégance appréciée. Ne vous y trompez-pas, c'est un bon et intéressant film qui se positionne en terrain conquis, mais ce thème marche très bien, peut-être même le meilleur Polanski que j'ai vu jusqu'à présent, mais enfin ce n'est pas le chef-d’œuvre annoncé par la presse.
"The ghost writer" est l'occasion pour Roman Polanski de s'aventurer avec succès dans le genre compliqué du thriller politique. Le film répond à tous les codes du genre et nous plonge dans un long-métrage à l'ambiance sombre où la tromperie et la corruption sont maîtres. La mise en scène très épurée de Polanski est brillante, le réalisateur arrivant à créer une atmosphère saisissante et à faire ressortir de la tension de chaque plan. Le cinéaste français manie avec une grande fluidité sa caméra et parvient à sécréter une aura de mystère à partir d'un décor minimaliste. Même si il n'est pas le film le plus sombre de Polanski, on retrouve le pessimisme qui caractérise le réalisateur qui porte un regard critique intéressant sur notre société. Le film est, bien qu'assez linéaire, très bien construit et réussit à embarquer le spectateur en le maintenant constamment dans une zone d'ombre. Certaines scènes s'étirent un peu trop et le film a tendance à peut-être trop se reposer sur sa révélation finale mais "The ghost writer" reste un modèle du genre et un énième très bon film pour Polanski.
Ce genre d’enquête d’un homme seul face à un environnement qui le dépasse me rappelle « JFK » (1992) ou « I Comme Icare » (1979) et plus récemment « Président » (2006). « The Ghost-Writer » est moins bien que les films pré-cités mais tient quand même très bien la route. Il y a malheureusement ici quelques baisses de rythme mais l’histoire qui s’effeuille petit à petit vaut qu’on s’accroche. De plus, le casting est parfait. A voir pour passer un bon moment de réflexion et de suspense.
Du très bon polar. Polanski dans ce qu'il sait faire de meilleur avec une mise en scène brillante et une ambiance noire à souhait. Si ce n'est un Pierce Brosnan un peu fade (mais n'est ce pas l'objet de son rôle?), les comédiens sont tous remarquables avec une mention spéciale pour Olivia Williams. Seule la toute fin est un peu manquée avec une mise en scène soudainement un peu lourde.
Un bon thriller aux multiples récompenses, mis en scène par Roman Polanski césarisé pour ce film. Sur une BOF d’Alexandre Desplat magnifiquement adaptée aux situations, le scénario nous distille un suspense savant. Il nous délivre de sombres menaces et une ambiance trouble comme sait la créer le maitre scénariste polonais Roman Polanski. Le casting nous réjouit avec le jeu magistral d’Ewan McGregor dans le rôle du nègre. Nous bénéficions également d’une très bonne prestation d’acteurs d’Olivia Williams, la femme du ministre Lang, et de Pierce Brosnan dans le rôle d’Adam Lang. Le Pitch : L’équipe de l’ex premier ministre britannique Adam Lang, recherche un écrivain pour terminer sa biographie ; Mike Macara l’ami et précédent négre du ministre a disparu. Le nouvel embauché se rend aux États-Unis chez Lang pour travailler sur le manuscrit. Une belle enquête menée par cet écrivain biographe, qui va se transformer en journaliste d’investigations …
Avec un scénario assez complexe, le film raconte que, à l'occasion de l'écriture d'une biographie d'un premier ministre anglais, son nègre découvre tout un système de corruption et d'espionnage parmi ses proches et dans lequel la CIA est impliquée. Histoire un peu tordue mais néanmoins crédible et surtout très bien racontée et filmée par Polanski en grande forme. Décors et extérieurs très travaillés avec une recherche stylistique prononcée. La maison du ministre est très photogénique. La progression fait naître un suspens et l'intrigue se dévoile peu à peu, mais pour un résultat assez peu surprenant somme toute pour un film d'espionnage. La grande qualité stylistique du film cache un peu une certaine faiblesse au niveau du scénario, surtout à la fin. Mais cela reste très prenant.
Le vieux thriller qui fait du bien. Le film d'investigation trépidant qu'il est de bon goût de déguster. Polanski qui sait ce qu'il doit faire, pas besoin d'en mettre des caisses. L'adaptation est une réussite, le film est glaçant et enivrant comme un verre de calva. C'est le genre de rôle qui donne la sensation d'être en immersion dans cette enquête. On paierait chère pour être à la place d'Ewan McGregor, dans le feu de l'action, dans ce coeur politico-scandaleux. Le film a voir un dimanche après-midi pluvieux, au fond de son pled.
Petit film fort sympathique malgré des enjeux relativement convenus sublimé par la maestra d'un Polanski résolument imbattable pour transcender de simples scripts en redoutables films à suspens. A voir au moins une fois!
Quand, dans un film, on commence à regarder la couleur des murs ou la déco intérieure, c'est généralement mauvais signe. Et ça a été le cas pour moi. Dans ce film, j'ai aimé : La superbe maison où se déroule l'essentiel de l'intrigue, et les jolis paysages de l'île de Martha's Vineyard, ...c'est tout. Non pas que l’histoire soit dénuée d'intérêt, Mais j'ai trouvé que le rythme du film est particulièrement lambinant et les personnages sont fades et sans relief. D'abord, à trop vouloir installer l'atmosphère , Roman Polanski a réalisé un film beaucoup trop long, distillant un ennui mortel pendant les 9/10ème de sa durée. Et il réussit l'exploit de nous raconter une intrigue somme toute mystérieuse sans l'ombre d'un suspens, faute peut-être due en partie au fait que les interactions entre les personnages sont très prévisibles. Quand aux acteurs, ils ne mettent pas en valeur leur personnage (ou inversement). Particulièrement celui campé par E. Mc Gregor, auquel j'ai trouvé le charisme d'une limande et l'intensité d'un ectoplasme; et dont je n'ai même pas retenu le nom ! Dans ces conditions, difficile de s'y attacher...
Plutôt déçue. Le film peine à décoller compte tenu d'un scénario plat et un rythme trop lent. Les enjeux semblent minimes et ainsi les "coups d'éclats" n'ont pas vraiment d'impact sur le spectateur, et c'est d'autant plus frustrant que l’ambiance particulière du film aurait pu être mise à profit ! Quant aux acteurs ils n'ont ne sont pas convaincants et semblent même surjouer, leurs personnages filtrant avec les stéréotypes (le riche politicien sûr de lui, le timide écrivain, l'assistante séductrice et la femme aigrie !). Ainsi, Ghost Writer est un thriller politique qui promet beaucoup mais il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent finalement..
Un mélange des genres réussi, le scénario oscille entre le thriller politique, l'enquête journalistique et une conspiration qui ne dit jamais son nom : c'est subtil et savamment orchestré tant dans le jeu des acteurs que dans la bande- son aux variations épousant avec classe les tensions et les silences des protagonistes. Belle lumière et beaux décors pour accueillir ce suspens sans faille. Digne des classiques du genre.
Sans vouloir trop rentrer dans la polémique "Polanski et les femmes" ni dans cette autre "Polanski et la politique", j'avoue rester assez perplexe devant ce Ghost Writer, sorte de thriller politique un peu pataud, qui ne tient que par la justesse des interprétations. Difficile en effet de ne pas lire entre les lignes des éléments autobiographiques dans cette histoire, et de loin pas les meilleurs. Qu'importe quelque part, qui suis-je pour juger l'homme ? Je ne connais rien de ses affaires si ce ne sont les racontars et les avis de personnes qui se disent plus informées qu'elles ne le sont. Au contraire, ce second niveau de lecture pourraient apporter un peu plus au film et lui donner ce corps qui lui manque tant. Si Polanski portait ici des thèmes comme la fourberie féminine ou l'isolement des puissants, on pourrait trouver l'œuvre bien construite et suffisamment subtile pour marquer. Qu'on y adhère ou pas ne doit pas rentrer en compte. On juge un film, pas un homme là. Mais le souci, c'est que ces ficelles semblent trop grosses et ne permettent pas de sauver le film de l'ennui dans lequel il nous plonge. C'est long, lent, bavard, un peu trop retord... Bref, banal. Polanski est un grand cinéaste, il l'a démontré à maintes reprises, mais il fait aussi des bouses, comme tout le monde. Ghost Writer en est un exemple. Si la critique a adhoré, c'est plus pour ce que représente l'auteur que pour le film lui-même. Les amateurs de théorie du complot iront chercher autre chose, je leur en laisse la responsabilité. Pour moi, sans parler de l'homme et de son histoire, que je ne connais pas, je dirais simplement que Ghost Writer est trop loin des attentes qu'on est en droit de poser sur un film de Polanski. Pas nul, mais franchement pas bien non plus...