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La différence de note entre la presse et les spectateurs en dit déjà long. D'un coté, le spectateur sent bien que derrière ce film intense, violent et viscéral, il y a un message. Un message qui le dérange certes, mais qu'il sait au fond de lui correspondre à une réalité dont il n'est pas dupe, tout citoyen "moyen" qu'il est, qui même sans le bagage intellectuel, possède le juste instinct animal. Du coté critique presse, nous nageons dans le déni. Cela transpire l'autisme, la mauvaise foi, les faux arguments pour descendre le film. Leurs critiques ne s'opèrent même plus d'un point de vue formel (car en soi, si ce film était une simple fiction d'action, il serait excellent), mais bien au niveau d'une vérité qu'ils se refusent de penser, tout embourbés dans leur bienpensance libérale "modérée" (tendance gauche) et leur culture de l'excuse. Sans doute se reconnaissent-ils désagréablement dans certains personnages du film. Je parle évidemment de ces petits bourgeois drogués sans valeurs, pseudo-intellos, pseudo-pacifistes, qui entretiennent et fricotent avec les narco-trafiquants des favelas, ne serait-ce que pour assurer égoïstement leur livraison de shit ou de blanche, sans penser à l'impact social que cela suscite, et tout en essayant de s'assurer une bonne conscience (soit par le discours, soit dans le cas du film par la participation à une ONG humanitaire). On sait tous quel milieu de camés constitue la petite classe dégénérée du showbiz. C'est bien sous l'angle psychologique, et leur coté nantis désœuvrés que le constat fait mal. Leur mettre ça sous le nez, c'est inévitablement s'attirer les foudres de leurs circonvolutions dialectiques perverses (du genre, "film faisant la promotion du fascisme"). Là où ce film nous interpelle et nous intéressent grandement, c'est que la situation des favelas brésiliennes est ni plus ni moins notre propre situation sur le territoire français, avec ses "zones de non-droit". Situation qui atteindra inévitablement ce même degré de pourrissement, si ce n'est qu'elle l'a peut être déjà atteint, mais que faute d'une force armée équivalente à celle des forces spéciales brésiliennes, et que faute d'une occlusion politique/médiatique permanente, notre société n'en a pas encore pris conscience. Il faut être définitivement obtus pour ne pas comprendre, au moins à titre d'anticipation, que le message de ce film nous concernent directement, et qu'il ne s'agit pas juste d'une épopée policière dans un lointain pays, que l'on peut voir comme une fiction, parce que "ouf, heureusement ici, cela irait beaucoup mieux". Non, cela ne va pas mieux ici, ce sombre avenir est déjà tout tracé.
Ajoutée le 10 janv. à 21h43 Signaler un abus
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