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Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Dog Pound" et de son tournage !

Genèse du projet

Au moment de la promotion internationale de Sheitan, le producteur Georges Bermann (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, La Science des rêves, etc.) a demandé à Kim Chapiron si faire un film se déroulant dans une prison pour mineurs l'intéressait. Ce dernier a répondu de manière favorable, à condition qu'il ait le temps nécessaire pour se documenter au maximum sur le sujet.

Des non-professionnels

Dans Dog Pound, les seconds rôles de jeunes prisonniers sont principalement interprétés par des acteurs non professionnels, qui ont été recrutés par Kim Chapiron dans des gangs de rue. Le metteur en scène tenait absolument à ce que la majorité des détenus que l'on voit à l'écran soient réellement issus de milieux délinquants, afin d'accentuer l'aspect authentique du film. Au sujet de Taylor Poulin, prêtant ses traits à une brute épaisse martyrisant ses co-détenus, il s'agit en fait d'un jeune voyou rencontré dans une prison proche du lieu de tournage, dans laquelle Kim Chapiron s'était rendu pour y animer des ateliers théâtre.

Se renseigner...

Comme beaucoup d'autres réalisateurs de films carcéraux, Kim Chapiron a effectué un vaste travail documentaire sur les prisons américaines. Pendant un an, le réalisateur s'est rendu dans différents établissements pénitenciers pour mineurs, en prenant un maximum de notes (les enregistrements sonores et vidéos étant interdits). Sur place, il a pu constater que les gardiens sont loin d'être des brutes épaisses, et qu'ils éprouvent même une certaine empathie pour ces jeunes détenus. De même, les différentes administrations carcérales, fières de leurs établissements, ont très bien accueilli Kim Chapiron. On est donc bien loin des stéréotypes inhérents aux films de prison, faisant la part belle aux surveillants sadiques et aux directeurs tyranniques.

Référence

Lorsque le producteur Georges Bermann a approché Kim Chapiron pour lui proposer de réaliser un film de prison, il lui a fait visionner Scum (1979) d'Alan Clarke, dont l'intrigue se déroule au sein d'un centre de détention pour mineurs, et dans lequel Ray Winstone (l'homme de main de Jack Nicholson dans Les Infiltrés de Martin Scorsese) avait le rôle principal.

1ère visite en prison

Lors de sa première visite en prison, Kim Chapiron se remémore la manière plutôt amicale avec laquelle il a été accueilli par des membres de l'administration carcérale et des détenus : "Je n’oublierai jamais ma première visite en prison. Le gardien chef nous ouvre la grille, trois détenus nous attendent. L’un d’eux s’était écrit "Fuck the world" sur le bras avec une punaise. Sa blessure suintait encore. La grille se referme et à ma grande surprise, le gardien n’entre pas. Mon imagination se met en marche, je me vois kidnappé par les détenus avec une lame de rasoir ! Il n’en fut rien. Les trois jeunes ravis de recevoir de la visite nous ont baladés dans le centre, nous présentant à tout le monde", raconte-t-il.

Motivations

Kim Chapiron a souhaité donner forme à ce projet pour trois raisons : d'abord pour fournir une représentation à la fois réaliste et originale du monde carcéral, ensuite pour pouvoir tourner en Amérique et enfin pour aborder un univers complètement différent de celui de Sheitan, son précédent film.

Imprévus...

Pendant le tournage, Adam Butcher est allé en garde à vue à deux reprises, ce qui était plutôt embêtant, l'acteur se trouvant dans la quasi totalité des scènes du film... De même, pendant la répétition de la scène de la balafre dans le réfectoire, un comédien a réellement blessé son partenaire avec un couvert en plastique : "Nous avons vécu ce tournage avec la sensation constante d’être à la limite de la catastrophe... Ce n’était pas évident de se concentrer sur le jeu avec tout ce qui interférait autour. Chaque soir, avec mon assistant, nous préparions le programme du lendemain en nous demandant quel serait le drame de la journée. Par exemple, lorsqu'on a répété la scène de la balafre dans le réfectoire, eh bien le comédien a réellement balafré l’autre avec un couvert en plastique ! On l’a soigné et il a fallu retoucher l’image en postprod. C’était le drame de la journée", se remémore Kim Chapiron.

Arrivé au dernier moment...

Pour incarner le personnage principal Butch, un détenu ultra-violent, Kim Chapiron a envisagé d'engager le chanteur K'Naan. Ce dernier ayant réellement fait plusieurs séjours en prison, le réalisateur pensait avoir trouvé son interprète principal. Mais au dernier moment, le chanteur a dû se désister. C'est à ce moment qu'un certain Adam Butcher a été auditionné, et sa prestance était telle que Kim Chapiron lui a confié le rôle sur le champ : "Lorsque j’ai rencontré Adam Butcher, j'ai tout de suite senti cette folie dans son regard. Sans même lui parler, j ’ai su que c’ était lui", confie le metteur en scène.

Fabriquer le décor

Pour les besoins du film, un centre de détention a été créé, baptisé "Enola". Il s'agit d'un terme indien signifiant "vallée de la solitude", en référence aux indiens d'Amérique dont on ne parle pas assez dans les films, selon Kim Chapiron : "C’est un décor inspiré de plusieurs prisons que j’ai visitées. Nous avons construit le réfectoire, le gymnase, les dortoirs et les couloirs sur deux sites, deux églises, une baptiste désaffectée et l’autre encore en activité. La rencontre de ces lieux et de ces décors produisait une drôle d’énergie", nous explique-t-il.

Un avis

Même si Kim Chapiron ne prétend apporter aucune solution au problème de la délinquance juvénile, il soutient tout de même l'idée qu'incarcérer des jeunes ne fait qu'envenimer les choses. En ce sens, Dog Pound est un film engagé, véhiculant les propres convictions du metteur en scène en matière de politique carcérale : "En parlant avec certains gardiens, et même certains prisonniers, on se rend compte que l’on vend de la peur pour acheter des prisons, pour acheter des hommes politiques qui vont combattre cette délinquance. Personne ne cherche vraiment à la résoudre, tout le monde en vit", explique le cinéaste.

La "white trash" américaine

Kim Chapiron a cherché, avec Dog Pound, à se différencier des références cinématographiques en matière de représentations carcérales. Pour ce, il a opté pour des détenus majoritairement "white trash" (un terme argotique pour caractériser la population blanche et pauvre d'Amérique), se démarquant ainsi des traditionnels prisonniers latinos ou afro-américains, appartenant constamment à des gangs raciaux : "J’ai vu trop de films de prison avec des Chicanos tatoués, des gangs de Jamaïcains qui s’entretuent dans des rapports raciaux caricaturaux. C’ est un sujet surexploité auquel je ne voulais pas toucher. Je voulais placer mon émotion ailleurs. Je souhaitais aussi un maximum de réalisme. Avec mon coscénariste Jérémie Delon, nous avons donc concentré nos recherches sur le Midwest et sa population blanche – les white trash", confie le cinéaste.

Prison pour mineurs

Après le succès d'Un prophète, voici un autre film ayant pour thème principal l'univers carcéral. Mais contrairement aux films de prison les plus célèbres, l'intrigue de Dog Pound se situe dans un pénitencier pour mineurs, et non dans une prison pour adultes. D'autres films eurent pour cadre spatial ce type d'établissement, tels Bad Boys avec Sean Penn en 1983, Scum d'Alan Clarke en 1979, ou le classique Code criminel réalisé par Howard Hawks en 1931.

Et de 2 !

Après Sheitan en 2006, une sorte de mélange entre La Haine et Massacre à la tronçonneuse, Kim Chapiron réalise, avec Dog Pound, son deuxième long métrage.

Une évolution propre au film de prison

Si la représentation carcérale a été remise au goût du jour avec les récents succès de Prison Break et d'Un prophète, le film de prison est un genre spécifique très ancien, prenant son origine dans les années 1930 avec des titres incontournables comme The Big House (1930), Je suis un évadé (1932), Le Code criminel (1932) ou encore Le Révolté (1937). Dans les années 1940 jusqu'aux années 1970, les films de prison obéissent ainsi aux mêmes constantes, puisqu'il est souvent question d'un personnage qui va tenter de faire un "pied de nez" à la tyrannique institution pénitentiaire en cherchant à s'évader. Les exemples appuyant ce schéma sont nombreux : on peut citer Les Démons de la liberté (1947), Les Revoltés de la cellule 11 (1954), Le Trou (1960), Luke la main froide (1967) ou encore L' Evadé d'Alcatraz (1979). Dans ces films, le héros est la plupart du temps à la fois viril et rebelle (Paul Newman dans Luke la main froide, Clint Eastwood dans L' Evadé d'Alcatraz, etc.), tandis que les membres de l'administration pénitentiaire apparaissent souvent comme des êtres cruels, abjects et avides de pouvoir (Hume Cronyn dans Les Démons de la liberté, Eddie Albert dans Plein la gueule, etc.). Les choses sont bien différentes dans les représentations carcérales les plus récentes, puisque les thématiques de l'évasion, de l'arbitraire des matons et du héros sûr de lui sont des constantes qui tendent à perdre de leur importance. Les films de prison des années 1990 et 2000, centrés sur des prisonniers en guerre permanente les uns avec les autres, en sont révélateurs (Sans remission, Les Princes de la ville, Slam, Un Seul deviendra invincible, Carandiru, Felon, Un prophète, etc.) : pour le héros effectuant ses premiers pas dans l'institution, la priorité n'est plus de s'évader mais de parvenir à survivre dans un univers régit par la loi du plus fort. Dog pound appartient clairement à cette catégorie : fini les représentations stéréotypées de surveillants sadiques et de la joyeuse entraide entre détenus pour se "faire la malle". Désormais, l'accent est mis sur la violence du milieu carcéral, et plus particulièrement sur les rapports de force entre détenus. Les héros discrets de Délit d'innocence (1989), Zonzon (1998), Animal Factory (2000) ou Un prophète (2009) témoignent de ce changement : ce ne sont plus des "gros durs" façon Steve McQueen dans Papillon (1973), mais des individus davantage vulnérables, propulsés dans un monde qui leur est (au départ) étranger, au sein duquel seul les "forts" ont une chance de survivre.
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