Blow Up
Note moyenne
3,7
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198 critiques spectateurs

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42 critiques
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38 critiques
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 décembre 2018
On ne parle jamais de la dernière scène du film, où l'on voit une troupe de comédiens simuler un match de tennis, sans raquette ni balles. Et la scène où le photographe, présent, va ramasser la balle imaginaire et la renvoie aux joueurs. Comme s'il comprenait que tout est illusion, et qu'il faut jouer le jeu.Et pourtant, cette scène exprime très bien ce que le réalisateur a voulu nous dire : méfiez-vous de ce que vous voyez-ou ne voyez pas- la réalité est ailleurs. La longue scène du crime découvert a posteriori veut dire la même chose : on ne sait pas ce qui est arrivé, le mystère est entier... Pour le reste, ce film est une parfaite réussite du point de vue esthétique ; maîtrise des couleurs, des cadrages, vision des rues d'un Londres sale mais embelli par le film, Antonioni y révèle son génie. Mais le film aurait gagné à être plus court. A la décharge d'Antonioni, il faut dire que la scène centrale, la plus importante peut-être, celle du meurtre,a été coupée pour raisons financières. Dommage !
Enzo Gagliardi
Enzo Gagliardi

11 abonnés 60 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 avril 2020
Blow Up est l'un des films les plus mystérieux, déroutant et donc fascinant qui n'ait jamais été réalisé. A tel point que David Lynch déclare l'adorer et s'en être inspiré. C'est un film à voir absolument car personne ne sera dire s'il a aimé ou détesté. En effet, cette oeuvre réussit l'exploit de fasciner avec un scénario quasiment inexistant. L'idée de base est extrêmement intéressante et aurait pu donner un thriller, une enquête riche en rebondissements mais nous n'aurons rien de tout ça. Le film met environ 1 heure à rentrer dans le vif de son scénario et une fois cela fait,... plus rien. Et pourtant on reste paradoxalement attiré par l'écran. En réalité, le film s'attache réellement et longuement à décrire son personnage principal, artiste frimeur et fougueux. On ajoute donc de très nombreux détails sur sa personnalité et sa vie spoiler: (l'achat de l'hélice, les femmes qui souhaitent être prises en photo, la bataille pour obtenir un morceau de guitare qui sera jeté dehors)
, on est constamment du point de vue de ce photographe. Le rythme est très lent, avec de longs silences et des dialogues extrêmement rares. Une oeuvre extrêmement contemplative donc sur l'art et la philosophie. En définitive, certaines scènes ennuient, quand d'autres sont tout à fait fascinantes. La première demie heure étant remarquable. Maestria de l'image, rythme lent, silences bruyants, scénario inexistant tout en ayant un regard particulier, spoiler: mimes qui jouent au tennis
, des mystères donnés sans aucun élément de réponse au final... si le film est parfois ennuyeux, le tout dégage une ambiance incroyablement pesante et mystérieuse sans que rien ne se passe.
Une expérience à vivre dans ce film extrêmement avant-gardiste
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 mai 2018
Bien que toujours très enthousiaste à l’idée de regarder des Classiques d’autrefois, me voilà plutôt dépité au terme de ce ‘Blow-up’, pourtant considéré par l’écrasante majorité des critiques comme un des chef d’oeuvre majeur des années 60. Pour être tout à fait complet, j’ai également aperçu le dit chef d’oeuvre inclus dans les lignes d’une anthologie du navet, placé à cet endroit par un journaliste un rien provocateur qui, encouragé par la désaffection du grand public à l’égard d’une filmographie considérée comme austère et difficile d’accès, a vu en ‘Blow-up’ le prototype même du film d’auteur snobinard à abattre. Tous les chemins menant à Rome, c’est d’ailleurs peut-être bien cette seconde occurrence qui m’a décidé à aborder la filmographie de Michelangelo Antonioni. En ce milieu d’années 60, ‘Blow-up’ devait sans doute donner les gages d’une production moderne, au fait des dernières tendances musicales de l’heure (voir le concert des Yardbirds à la fin du film) et pionnière dans certains domaines, fut-ce celui de la nudité intégrale féminine. Dans l'effervescence culturelle du Swinging London (qui ne se ressent, et c’est volontaire, jamais à l’écran), Thomas, un photographe de mode, découvre sur des clichés pris à la volée dans un parc qu’il a peut-être été le témoin d’un crime. Voilà qui pourrait constituer l’objet d’un polar passionnant mais ce meurtre, qui n’est découvert qu’aux deux tiers du film, cesse très rapidement de constituer un enjeu scénaristique. D’ailleurs, la conclusion du film ne lui apportera aucune solution, pas même un début d’explication, et on se contentera de continuer à observer le quotidien de Thomas, et la somme des actes sans grand intérêt dont il se compose. Les critiques de l’époque n’avaient que le mot “incommunicabilité� à la bouche : ‘Blow-up’ serait donc un Grand Film sur l’incommunicabilité. Il existe effectivement quelques arguments pour justifier cette interprétation : Thomas est agité et actif, ne cesse de se déplacer et d’agir dans un environnement qui semble étrangement déserté par la vie. Brutal et misogyne, il n’est pas un personnage sympathique, il ne cherche pas à comprendre les besoins et les émotions d’autrui mais, en contrepartie, personne ne l’écoute non plus lorsqu’il tente de convaincre son entourage de ses déductions : sa compagne l’observe avec bienveillance et son agent lui tient des propos incohérent sous l’influence de la drogue. Pendant près de deux heures, Thomas, incapable d’agir sur son environnement et de se rendre utile, erre sans véritable but dans un film qui n’en a pas davantage. Dans le contexte des années 60, la démonstration avait peut-être beaucoup de sens, et les intentions du réalisateur frappaient peut-être instantanément le spectateur mais aujourd’hui, un demi-siècle d’évolution du ressenti et des codes plus tard, il est moins facile de comprendre instinctivement la vision d’Antonioni, du moins pas sans avoir récolté au préalable diverses informations pour guider la compréhension du film. Plus compréhensible est l’approche métaphorique qu’adopte Antonioni vis-à-vis de son propre travail : une fois qu’il a évacué les contingences d’un récit qui semble de toute façon fort peu l’intéresser, le réalisateur se livre à une méditation sur le pouvoir du cinéma, plus précisément qu’aucune réalité n’est effective avant d’avoir été capturée et gravée sur support par l’artiste. Voilà qui a au moins le mérite de conférer un début d’explication à certaines scènes du film à la signification obscure, comme l’apparition/disparition du cadavre ou la séquence finale, avec ces mimes qui simulent une partie de tennis. Toutefois, l’unanimité dont ‘Blow-up’ bénéficia à l’époque s’accorde mal avec certains faits liés à sa création : Antonioni avait l’habitude de tourner les scènes les plus essentielles à la bonne compréhension de l’oeuvre en tout dernier lieu, afin de pouvoir faire pression sur les producteurs et obtenir une rallonge de fonds ou de jours de tournage. Cette fois, le producteur Carlo Ponti ne céda pas : en l’état, ‘Blow-up était peut-être bien un film génial mais ce fut surtout un film inachevé.
Shawn777

807 abonnés 3 938 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2018
Ce film culte pour certains réalisé par Michelangelo Antonioni et sorti en 1966 est bon mais sans plus pour moi. Je ne pourrais pas vraiment résumé l'histoire car il n'y en a pas, tout simplement, le synopsis que l'on trouve sur ce film n'est finalement qu'un bout de trame que le film commence mais ne finit jamais. Cela peut paraitre négatif ce que je viens d'écrire mais ça ne l'est, enfin pour moi en tout cas, pas du tout car un film est avant tout une œuvre d'art et n'est pas obligatoirement obligé de raconter une histoire partant d'un point A et se finissant à un point B. Ici, nous partons de rien pour arriver à rien. Cela dit, je dois avouer que c'est le premier film d'Antonioni que je vois et je ne m'attendais pas du tout à cela, à la fin du film je me demandais si j'avais adoré ou détester et finalement, j'ai réussi à y trouver un juste milieu mais il faut dire que ce film m'a beaucoup dérouté. Au bout d'environ une heure de film, nous avons donc le commencement de cette fameuse trame : Thomas découvre un meurtre dans un parc au travers de photos qu'il a prit juste avant. Bon voilà, c'est tout, cet élément arrive à capter le spectateur car on est confronté à un mystère finalement mais c'est surtout un élément déroutant car tout d'un coup, au milieu d'une suite de scènes sans réelles continuité, nous avons le début de quelque chose de logique et de concret et on en vient même presque à se demander ce que ça vient faire là. Le film ne démontre pas grand chose si ce n'est la différence entre réalité et imagination ( spoiler: on en vient à cette conclusion à la fin du film, lors du match de tennis joué par des mimes, Thomas entend le bruit de la balle, pourtant inexistante
) et on vient du coup à se demander spoiler: si le meurtre à eu lieu ou non
car sur les photographies, on voyait ce que le personnage principal voulais nous faire voir. En réalité, on ne voyait que des formes déstructurées ressemblant à rien de spécial et cela me fait d'ailleurs penser à la fameuse scène de "Lettre de Sibérie" de Chris Marker où on voyait Iakoutsk suivant la façon dont Marker nous demandait de la voir. C'est franchement une approche intéressante et une autre manière de voir un film. La réalisation est quant à elle soignée et très bonne en général. Pour ce qui est des acteurs, nous avons principalement David Hemmings qui joue très bien en y incarnant un personnage très difficile à cerner dont on ne sait d'ailleurs pas si on l'apprécie ou non. Il est finalement à l'image du film : très ambiguë. "Blow-Up" est donc un bon film qui est au moins à voir une fois rien que pour l'ambiance si particulière qu'il dégage et pour vivre une expérience cinématographique assez typique.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 12 juillet 2017
Antonioni serait-il un salaud ? On lance le film...il ne se passe absolument rien d'intéressant pendant un bon moment : on assiste, agacé, à des scènes de la vie quotidienne d'un photographe de mode insupportable vivant en pleine période pré 68, au milieu des fumeurs d'herbe et autres personnages complètement insipides sous leur aspect anti-conformiste à la noix. Tout est factice. Et puis soudain, on se retrouve dans un thriller, ou plutôt on y croit dur comme fer, on l'espère de tout son cœur tellement ce film jusqu'ici était une plaie. Il faut dire que cette partie est vraiment bien ficelée et l'on observe avec attention le moindre plan. Seulement voilà, on n'est pas chez Hitchcock, on est chez Antonioni, et cette enquête menée par notre photographe insupportable n'est qu'un prétexte pour balancer au spectateur une réflexion philosophico-psychologisante assez douteuse...Bon, ça a quand même le mérite de susciter des questions et diverses interprétations chez le spectateur. Notamment, il me semble que le film pose la question du conformisme. Pas uniquement la question du pouvoir de l'image. Je pense par exemple à la fin, lorsqu'un groupe de mimes anti-conformistes, qui ont en tout cas toute la panoplie de l'idée que l'on se fait d'un anti-conformiste, organise une partie de tennis fictive. Notre photographe préféré est d'abord amusé par ce spectacle, puis il rentre dans le jeu du groupe et finalement se soumet à la vérité du groupe, qui, sous des dehors anti-conformistes, ont créé leur propre conformité et leur propre réalité. Ce qui pourrait nous amener à penser que la vérité est d'abord la vérité d'un groupe, que cette notion est donc toute relative. J'ai vraiment le sentiment que le film nous montre également que la contre-culture des années 60 et son anti-conformisme n'est que pure forme, n'a aucune substance, c'est en tout cas ce que l'on ressent tout au long du film. Peut-être qu'à l'époque les gens trouvaient cette mascarade réellement positive et progressiste, allez savoir... Enfin, l'autre point positif du film est qu'il aura influencé pas mal de réalisateurs (Brian de Palma notamment) qui ont su dénicher au milieu de ce fatras un potentiel dramatique non négligeable.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 18 juin 2017
J'ai rien compris au film, c'était chiant. A pas voir si vous voulez pas gacher 2 heures de votre vie.
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 janvier 2017
Antonioni a un cinéma très particulier dans lequel il est difficile de s'immiscer. Blow Up ne déroge pas à la règle. Cette histoire de photographe pervers qui découvre une scène de crime est d'un ennui certains, Antonioni ne partage aucune ambiance, aucun style, aucun rythme, tout est monotone pour une histoire qui se veut tendancieuse et audacieuse. Ennui, ennui, ennui est le mot d'ordre.

https://m.facebook.com/AubinBouilleJoinville/
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 849 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 juin 2016
Une oeuvre très déstabilisante, intéressante pour son portait d'une époque et d'un style de vie mais trop versée dans l'analyse pour permettre une empathie ou même un réel intérêt pour le destin des personnages, sans parler de la possible misogynie du réalisateur... Prestation intense de David Hemmings néanmoins.
pierrre s.

556 abonnés 3 428 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 mai 2016
On entend parfois dire que l'élève a dépassé le maître. C'est ce qui arrive si l'on compare Blow Up, et Blow Out. Antonioni a sans doute réalisé un grand film (en son temps). Toutefois, en ce qui me concerne, l'œuvre de Brian De Palma, lui est grandement supérieure et en tous points.
Cinéphiles 44

1 669 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2016
Grand Prix International au Festival de Cannes 1967, ce premier long-métrage de Michelangelo Antonioni montre le portrait presque mystique d’un photographe très en vogue, qui va prendre discrètement en photo un couple dans un parc. Suite à ces clichés, une histoire va naître avec une femme prête à tout pour récupérer la pellicule. De son côté, Thomas, va agrandir les photos et découvrir un corps caché dans des buissons. Il entreprend alors une quête de vérité en dans ce monde bercé d’illusions dans le réel. Blow Up est un film d’une grande rigueur, où chaque plan est maîtrisé. L’atmosphère y est vraiment particulière. En effet, un calme plat préfère raisonner pour donner cette sensation d’irréel. C’est cette contrainte qui peut donner à l’histoire un côté redondant. Mais Blow Up est aussi un film sur le voyeurisme qui montre les limites de la vie privée. Une œuvre remarquable qui méritait sa version restaurée près de cinquante-ans plus tard.
D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 février 2016
Si je devais donner un conseil à n'importe quel curieux prêt à se lancer dans l'aventure Blow Up, ce serait de ne pas s'attendre à voir un thriller. Car Blow Up est une expérience sensorielle, c'est un film qui joue plus sur les points de vue, sur le réel, sur le sens de ce qu'on voit. On y suit un photographe ambigu (magnifiquement interprété par David Hemmings), qui pense être témoin d'un meurtre. C'est un film qui a une réalisation posée, une esthétique très terne et une ambiance froide, lente (ce qui n'est pas dérangeant) et érotique... Plusieurs scènes sont superbes (mention spéciale à la fin).
C'est le genre de film qui marque, et je pense que ma note augmentera lors de mon futur revisionnage.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 janvier 2016
Il s'agit d'un film réalisé dans les années 60 et qui ne mérite pas de spectateurs aujourd'hui. C'est indigeste. Mauvaise musique, personnage principal inintéressant et antipathique (Un véritable paparazzi). A recadrer dans son époque. Le film n'a pas fait de bon temporel sans prendre un sérieux coup de vieux. Cela dit, je reconnais que le scénario a de l'idée, pour l'époque. Il faut juste patienter une bonne heure avant d'en découvrir une ébauche. Puis, l'ennui revient au galop avec des scènes de vie d'un paparazzi débauché des années 60 et un final à la française, sans aucun intérêt. Une vraie perte de temps, pour moi.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 17 janvier 2016
Blow-Up est un film étonnant, mon premier Antonioni, et certainement pas le dernier. Techniquement, c'est un vrai bijou, les plans magnifiques s'enchaînent les uns après les autres, les lieux et les couleurs se marient parfaitement, la caméra n'existe plus tant l'esthétique du film nous absorbe... Mais l'apport majeur est, selon moi, le personnage campé par David Hemmings. Je crois n'avoir encore jamais vu au cinéma de personnage plus impulsif, spontané, instable presque, comme irradié par un bouillonnement créatif pur. Son attention n'est jamais vraiment fixée en un même endroit et est continuellement changeante. Ses interactions avec les autres sont tout aussi fugaces, il s'attache et se détache le plus simplement du monde. Lorsqu'il s'ennuie, il ne s'excuse pas, et passe à autre chose, en quête d'une nouvelle découverte. Il a besoin que l'on attise sa curiosité pour se sentir vivant et la routine semble l'horrifier. Lorsqu'il photographie un couple dans un parc, et que la femme, l'ayant vu, lui supplie de lui rendre ces clichés volés sans lui expliquer pourquoi, il décide de mener l'enquête pour élucider ce mystère. Alors, le film s'étire en longueur... Mais il s'agit là de longueurs utiles pour comprendre le personnage. Ce sont des longueurs où l'on apprécie cet être volatil jusque là, explosif par moments, se poser, se concentrer, étudier ces photographies dans les moindres détails... L'écriture du personnage est fascinante, et David Hemmings incarne à la perfection cette identité si singulière. Pour cette raison, Blow-up est un film que l'on savoure sur le moment oui, sans toutefois comprendre parfaitement pourquoi, mais qui nous travaille plutôt ensuite de l'intérieur, une fois fini. Il représente ce cinéma qui ne s'arrête pas à l'image seule, mais creuse plus profondément ses sillons dans l'esprit du spectateur pour y pondre quelque chose de vivant, un souffle créatif et inspirant.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 730 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2015
Antonioni filme des espaces et pourrait même si c'était possible filmer le temps..... Il y a du Lynch c'est évident. Enfin c'est plutôt le contraire mais c'est assez contemplatif et envoûtant même si cela reste obscur.
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2015
Blow-Up entretient un rapport étroit avec la photographie. Bien sûr il s'agit d'un élément clé du scénario, mais on le retrouve aussi dans le personnage principal, sa passion pour cet art étant très lié à sa personnalité, et dans quasiment chaque plan du film. Surcadrages, plans d'ensemble rappelant des photos de paysages, images divisée par plusieurs objets/éléments du décors : Antonioni signe une véritable déclaration d'amour à la photographie. L'introduction du héros est haute en couleurs. Ayant rendez-vous avec un modèle pour un photoshoot, il se révèle vite odieux mais arrive à pousser la jeune femme à se livrer entièrement à l'objectif. Il la photographie comme s'il lui faisait l'amour, ce qui donne à la scène beaucoup de poésie, malgré un côté terre à terre provoqué par la misogynie non dissimulée du jeune homme. Il sait mettre en valeur les femmes mais il n'aura de cesse de les traiter comme des objets pendant tout le film. C'est assez clair que selon lui ce ne sont que des poupées manipulables, mais on ne peut pas vraiment lui en vouloir quand on voit qu'elles sont toutes cruches, avides ou superficielles (un commentaire sur le monde de la mode ?). L'intrigue démarre vraiment au bout d'une quarantaine de minutes (sans pour autant générer d'attente auprès du spectateur), lorsque le photographe remarque quelque chose d'anormal dans un série de photos d'un couple prise à la sauvette dans un parc. Il se met alors à chercher des détails confirmant cette impression dans les agrandissements des clichés. Se met alors en place un jeu de perceptions et d’interprétations : est-ce que la scène (que l'on a vécu à travers les yeux du photographe) s'est réellement déroulée ainsi ? Est-ce que les images mentent ? Ce jeu de piste mènera à une conclusion des plus intéressantes. Antonioni propose une réflexion sur les images et l'influence qu'elles peuvent avoir sur le spectateur. Cette thèse s'exprime via le scénario, mais aussi via la technique du film, les images "cartes postales", le cadre quasi idyllique du Londres des années 60, le rythme calme et l'ambiance posée. Le fond et la forme sont plus liés que jamais.
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