Gonnard
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3.5 - Bien
S'il fallait sonder une centaine de petits garçons sur leurs envies du moment, nul doute que la conduite d'un beau gros char d'assaut figurerait en tête de liste. Pas seulement à cause du symbole phallique, mais aussi parce que ce véhicule inspire à tort confiance. Tirer sur l'ennemi tout en étant protégé par plusieurs tonnes d'acier, le pied. Et c'est là que réside l'intérêt majeur de "Lebanon", tordre le cou à ce préconçu. La phrase gravée sur le char que le réalisateur nous remontre toutes les 8 mn environ, probablement au cas où le spectateur soit allé soulager un besoin naturel, est là pour nous le rappeler. Parce que la guerre libanaise de 1982 passe complètement à la trappe. Si vous vouliez en savoir plus à ce sujet, vous serez fortement déçus. Pourtant, le pari de Samuel Maoz est largement réussi. En adoptant le choix de la caméra subjective, en refusant la musique, en jouant sur les couleurs et la luminosité, il nous plonge dans un univers angoissant et terriblement prenant. Bon, pas prenant au point de ne faire aucune pause pipi, c'est vrai que mecs du char se regardent souvent dans le blanc des yeux sans rien dire. Mais le spectateur ressent tout de même la peur, et les rebondissements lui donnent envie d'aller au bout. Si l'on rajoute à cela la qualité photographique des images, la souffrances des chairs et des âmes ainsi que les quelques tours de passe-passe classique (retour à la situation initiale par exemple), on obtient un très bon film. Une réussite qui démontre que le cinéma géopolitique israélien ne se limite pas au seul nom de Gitaï.
Ajoutée le 15 oct. à 15h16
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