Dans la maison
Note moyenne
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 20 juin 2015
Quand le réalisateur-scénariste de "Sous le sable" et de "8 femmes" adapte librement la version théâtrale de Juan Mayorga pour le cinéma, nous avons droit à "Dans la maison", un pur thriller dramatique made in France.
Scénario : Claude, un enfant de 16 ans, s'immisce dans la vie familiale d'un copain de classe pour écrire une histoire. Germain, son professeur de français, lit ses rédactions et reprend goût à son métier. Mais jusqu'où ira ce jeu du chat et de la souris ? Mystère... .
Une fois le décor planté (sans aucun repères de temps et de lieu), canevas scénaristique bridé oblige, les personnages prennent le temps de graviter autour et dans l'unité, LA maison. Lieu unique en son genre, ce home sweet home se transforme en une réalité fictionnelle où tout devient vrai (écrit, imaginé). C'est à partir de ce moment là que le lecteur (Germain) en veut plus et que le thriller devient huis-clos pour notre plus grand plaisir.
Dans cette ambiance, assez anxiogène, le cinéaste pioche parmi ses références : Bergman pour l'utilisation narrative de l'avancement du récit (la voix-off retranscrit à merveille l'atmosphère filmé par Ozon), Hitchcock grâce à une caméra suggestive et affolante (comment des personnes se retrouvent embrigadées, confrontées à des situations qui semblent les dépasser ?) et Pasolini par le thème des désirs de l'adolescence (comment ne pas penser aux yeux bleus de Terence Stamp dans le sulfureux "Théorème" de part la stature du jeune mais néanmoins talentueux Ernst Umhauer ?).
Devant cette mise en scène atypique et corsée, François Ozon nous invite ainsi (et aussi !) au cinéma par le cinéma. Le personnage de Germain, joué par un Fabrice Luchini ("Jean-Philippe", "Alceste à bicyclette"...) formidable et décomplexé au possible, nous tend ses connaissances et ses jeux littéraires comme quelqu'un boirait un bon verre de vin. Sa femme, incarnée ici par Kristin Scott-Thomas (la "patiente" anglaise), et jouant toujours dans le bon ton, nous invite à visiter sa galerie d'art. De plus, ce couple aime le cinéma puisqu'ils vont voir du Woody Allen (!). En plus, la mère du copain de Claude, campée par une Emmanuelle Seigner (Madame Polanski : "Frantic", "La vénus à la fourrure" ; également papillon pour Julian Schnabel) naïve dans un rôle de composition à contre-emploi, nous fait part de ses tableaux dans sa maison. Véritable réquisitoire pour faire découvrir l'art par l'art, le metteur en scène de "Potiche" nous apprend à être actif tout en restant assis dans notre canapé ou fauteuil. Bingo !
Son amour pour le cinéma, François Ozon ne le réfute pas, et de cette pièce de théâtre originale nous envoûte dans une mise en scène soignée, millimétrée et bétonnée pour mieux nous l'expliquer au travers du jeu d'acteur du très talentueux Ernst Umhauer (déjà vu dans "Le moine" aux côtés de Vincent Cassel) qui crève littéralement l'écran. Sa présence est tellement glorifique qu'elle en prend toute sa mesure au fur et à mesure que le métrage avance. Bravo Monsieur le réalisateur !
Le casting exploité par François Ozon est tout simplement magique puisqu'il s'accorde admirablement bien avec sa mise en scène, son montage et son histoire, en atteste le formidable duo Luchini/Umhauer, étonnamment excellent. Avec aussi Denis Ménochet ("Inglorious bastards", "La rafle" de Rose Bosch) et Jean-François Balmer (l'habitué de Chabrol, dont "Madame Bovary", reçut le César du meilleur second rôle pour "La menace" de Corneau) qui apportent un plus irréfutable.
Pour terminer, "Dans la maison" est le cinéma d'Ozon. Brut, sans concession, il rentre direct dans son sujet, nous balance un Luchini hors du temps qui nous fait sa leçon de français sans aucun scrupule. "Dans la maison" : on part de loin pour arriver près. Et même dedans. La magnificence du metteur en scène, c'est de nous transbahuter d'un endroit à l'autre, de la réalité à la fiction, du parc à la maison, de l'esprit de Luchini aux explications de Claude (l'ado). Du mal-être au bonheur. De la littérature à la peinture.
Ici, le réalisateur n'est pas seulement une personne qui réalise son travail, mais bien un metteur en scène qui mélange les genres (drame, comédie, thriller) pour mieux nous dérouter, et même nous rendre acteur de nous-même : Ozon nous titille les neurones qui se mettent instantanément en action. Tous mes chapeaux !!, Monsieur le cinéaste.
Spectateurs, rideau !
Accord parental souhaitable.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 730 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juin 2015
Une rédaction devient un sujet de vie, une expérience du réel. C'est assez prenant. Il raconte la vie de cette famille avec une certaine condescendance??? mais le professeur le soutient. Voyeurisme aussi de sa part???
Une sorte de film d'espionnage familial de forme badine et comique. Il y a un suspense. On veut savoir s'ils vont s'acheter l'écran plasma ou bien changer la salle de bain!!!!! Et puis le film s'étoffe avec les désirs ou la réalité. Étrange, mystérieux et obsessionnel. C'est assez fascinant.
Viricel L.
Viricel L.

8 abonnés 185 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juin 2015
Un film étonnant et ingénieux sur l'art de raconter une histoire, on ne sait pas vraiment si il est de la fiction ou de la réalité pour chaque "chapitre", j'ai aimé ce film français, tordu parfois, bizarre de temps en temps mais étonnant tout au long. Et j'ai trouvé Ernst Umhauer très bien dans son rôle.
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 189 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 août 2023
film au scénario original, très bien interprété, dont le thème est celui de l'ambiguïté et de la manipulation. Ambiguïté de l'ado écrivain dont on ne sait s'il est pervers ou surdoué, ambiguïté du prof de français dont on ne sait s'il poursuit une forme de sacerdoce ou s'il assouvit un désir de paternité inassouvi et du coup le prof manipule l'élève en le poussant dans une forme de vice au prétexte de faire de la bonne littérature, élève qui au final se révèle plus manipulateur que lui.
La virtuosité de la mise en scène, la pertinence des dialogues n'arrivent toutefois pas à dissiper une impression de gêne devant ce ado qui s'immisce sous prétexte d'aide scolaire à un copain, dans l'intimité d'une famille petit bourgeoise et manque la faire éclater, avant que d'atteindre cet objectif avec celle de son prof.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 16 juin 2015
Vraiment original et ce côté là nous plait! L'histoire d'un prof qui vit son rêve d'écriture à travers son élève et qui le pousse sans s'en rendre vraiment compte (ou pas!) à nourrir son côté voyeur et malsain.
On aime ce côté narratif dans le film. Il y a du suspens,de l'inattendu. Et la fin est vraiment sympa!
Frédérique Z
Frédérique Z

11 abonnés 61 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 juin 2015
Un niveau de qualité rare pour cet excellent thriller psychologique qui nous tient du début à la fin sans longueurs ni temps morts en abordant les thèmes de la manipulation, du voyeurisme et de la création artistique (picturale et littéraire). Le seul bémol : l'acteur (âgé de 23 ans à l'époque) est un peu "vieux" pour incarner un ado de 16 ans.
willycopresto
willycopresto

150 abonnés 1 384 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 juin 2015
Quand j'ai regardé ce navet, j'ai pensé avoir oublié de débrancher l'audiodescription ! Il n'en était rien : Ozon a émaillé son récit de monologues inutiles et ennuyeux. Pensant faire original ? Il n'a pourtant rien inventé : certains cinéastes de "la nouvelle vague" employaient déjà cette méthode qui faisait intello de gauche mais qui était infiniment pénible à suivre. Cette histoire est fade, inintéressante, et il n'y a guère que le jeu de Luchini, de sa femme et de l'élève qui soient remarquables: ils ont le mérite de "faire" digérer une histoire soporifique. Bravo à ceux qui parviennent à ne pas s'endormir !
willycopresto
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 juin 2015
François Ozon est un réalisateur assez prolifique ces dernières années, et il faut avouer que ça lui réussit plutôt bien pour le moment. "Dans la maison" est le parfait exemple de cette réussite : avec une histoire bien construite, retorse, et des interprètes biens dans la peau de leurs personnages (tous à peu près réussis), il n'est pas compliqué de faire un film un minimum réfléchi et proposant un minimum de réflexion, et Ozon le prouve. Dans ce film, le spectateur est invité à entrer dans l'intimité d'une famille de la classe moyenne par le biais du nouvel ami du fils de cette famille. Cet ami fait des compte-rendus à leur prof de français par le biais de rédactions soignées et bien écrites. Ces observations deviennent peu à peu un engrenage dangereux et pervers, où l'élève et le professeur jouent avec la destinée et les sentiments des personnages que sont devenus "les Rafas", forçant du même coup le spectateur à devenir complice (contre son gré ?) de cette plongée dans le voyeurisme et la manipulation. Cela n'aurait pas été possible sans la réalisation ambiguë d'Ozon, qui réussit à plusieurs reprises à instiller le doute dans l'esprit du spectateur : est-il dans la réalité ou la fiction ? Tout ces éléments, associés à un travail de réflexion sur la création artistique et le rapport entre la fiction et la réalité, font de ce thriller que certains ont qualifié de littéraire un bon cru de 2012. A voir.
ManoCornuta

359 abonnés 3 070 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 juin 2015
Ozon semble recycler certains de ses thèmes de prédilection (sur la création, le voyeurisme) pour finir par nous délivrer un film maladroit, sans tension, où le moindre rebondissement paraît être annoncé par des roulements de tambour comme pour un acrobate qui prend son élan. Pas vraiment un thriller, pas vraiment un drame, Dans La Maison se situe aux confins des genres et du coup ne trouve pas sa définition. Beaucoup de platitudes (ainsi, aucun effort concernant les rédactions de l'élève qui sont le moteur de l'histoire, écrites dans un langage on ne peut plus basique et sans style), un flou artistique entretenu qui fait écho à Swimming Pool (en moins réussi), et des acteurs pas tellement investis. La mise en scène est épurée et efficace et certaines scènes réjouissantes, mais ça ne permettra pas de sauver l'ensemble.
Ghibliste
Ghibliste

94 abonnés 577 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juin 2015
"Dans la Maison" est un énième long-métrage intelligent de François Ozon qui, comme à son habitude, n'en fait pas trop... Même si cette fois il n'en ferait peut-être pas assez du point de vue de la variété puisque l'idée centrale est ici répétée à l'envie. Fabrice Luchini n'en fait pas trop lui non plus, éclipsant la plupart des autres acteurs et actrices, plutôt justes... Le scénario est relativement original, les dialogues comme toujours savoureux, les références pertinentes, et la petite dramaturgie finale de bon aloi. Au final, j'ai apprécié ce film dont le sujet - me touchant au premier plan - est traité avec élégance et talent, et que j'ai suivi avec un réel intérêt.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 5 mai 2015
Ce film qui manie habilement réel et imaginaire nous capture du début à la fin dans un voyeurisme à la limite du malsain. La curiosité nous pousse à nous plonger de plus en plus loin dans ce flou littéraire alimenté par les désirs d'un gamin de 16 ans et notre propre envie d'écrire.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 25 avril 2015
J'aime le film "dans la maison" tres bien. Il me rappelle le moment ou mes professeurs nous demandaient ce que nous avons fait dans le week-end. Dans ce film, le response de Claude est parfaitement elegant. En plus, l'action des acteurs m'attire. Et apres, l'histoire est tres originale. Le professeur de lettre decouvre le talent de Claude, et l'encourage a entrer dans le maison de son camarade pour ameliorer le creation. Bref, c'est le film fantastique!
ptiverat
ptiverat

18 abonnés 80 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 avril 2015
Avec une économie de moyens et quelques trouvailles habiles(non sans rappeler Woody Allen parfois) le scénario est béton et les briques de la maison sont solides. Les deux jeunes sont des poutres ancrées sur les fondations Luchini et Seigner sans oublier la Scott Thomas en tenancière de galerie d'art désespérée. La trouvaille de la lecture du devoir de l'élève Claude ( Ernst Umhauer) pour pénétrer dans la maison et suivre ses désirs réels ou imaginaires est riche en possibilités et exploitée de façon habile. Ladite trouvaille cimente ce scénario de façon admirable. Pas de vices cachés, pas fumée sans feu dans l'âtre de cette demeure de banlieue où le père,Raphaël (Denis Ménochet) superbe de beauté (en passant) enseigne à son fils Raphaël (Bastien Ughetto)le basketball d'une façon virile, alors que celui-ci se voit donner des cours de maths par Claude;Claude qu'il désire ardamment. La fin étonnante et qu'on a pas vu venir s'éloigne du charme coquet des refuges scénaristiques entendus et nous propulse vers une autre maison qui sera bientôt hantée par notre écrivain en herbe qui n'a pas fini de visiter les pelouses de la classe moyenne et de leurs femmes aux parfums ensorcellants!
iamameloche
iamameloche

25 abonnés 303 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 avril 2015
Narration originale et diablement efficace.
Le spectateur se retrouve tour à tour observateur, témoin, complice et enfin voyeur de ce qui se passe dans cette maison.
Le film dérange autant qu'il fascine, on termine troublé mais pas dégoûté de ce que l'on vient de voir pour autant.
BeatJunky
BeatJunky

192 abonnés 1 934 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mars 2015
Super film de François Ozon avec un très bon Lucchini, qui n'en fait pas des tonnes et un Ernst Umhauer vraiment excellent, quel regard! Il m'a scotché autant que Lucchini! Je suis rentré dans son jeu tout comme son prof qui, oubliant ses principes et sa morale, va se faire manipuler sans rien voir venir malgré les avertissements de sa femme, Kristin Scott Thomas, elle aussi bien dans son rôle. Comme le prof, on attend la suite des écrits du jeune homme et cette curiosité est très troublante pour le spectateur voire déstabilisante! J'ai adoré la réaction de Lucchini qui se ment à lui même en interdisant au jeune homme de continuer à jouer ce rôle d'espion tout en l'incitant subtilement à continuer pour assouvir sa curiosité malsaine. La mise en scène est de ce point de vue impeccable, elle contribue à cette impression de voyeurisme qui m'a mis presque mal à l'aise! Un très bon Ozon que je conseille à tous!
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