Derniers Avis : Los Olvidados (Pitié pour eux) - Page 2
Los Olvidados (Pitié pour eux)
Note moyenne
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Peeping_Tom
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5,0
Publiée le 19 juin 2014
"Los Olvidados" est un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir. Buñuel capture toute la beauté et la cruauté du monde dans sa caméra et nous la renvoie dans la gueule. Il y fait une critique amère de la société dans laquelle nous vivons et qui laisse sa jeunesse mourir au regard du monde entier (le film s'appelle quand même "Los Olvidados" - Les Oubliés -, le titre n'a pas été choisi au hasard). Le sujet nous concerne tous car c'est un problème qui est universel (d'ailleurs l'auteur nous le rappelle au début du film en nous montrant que cela ne concerne pas que Mexico) et encore d'actualité (peut-être même plus maintenant qu'à l'époque). La mise en scène est majestueuse, d'une grande influence surréaliste (notamment la scène du rêve de Pedro). Le plus beau film de Buñuel, à classer parmi les plus grands chef d'oeuvres de tous les temps.
Quand on s'approche de près au style filmique de Bunuel, on constate que sa vision du monde a évoluée en forme et en fond. Ses premiers films ( si on excepte l'Age d'Or ) sont plus linéaires et ne sont pas encore emprunts totalement par le surréalisme et l'absurde. Bunuel dresse un portrait dénonciateur, où il précise par un prologue que les personnages sont copiés du réel, celui de la banlieue de Mexico. Presque aucun personnage n'est innocent, et certains, dont le musicien aveugle, n'est pas aussi bienfaiteur qu'on le pense. Les mauvais garçons sont ceux qui ont des parents qui ne s'occupent pas d'eux, tandis que par le petit au sombrero a été abandonné par son père et est le seul de bonne foi. Il y a là un ensemble de symbolisme et de critique de société de la part de Bunuel. Son film conserve l'esprit de réalité mis à part le rêve onirique et la présence forte des poules et des coqs ( le combat de coqs rappelle au héros son traumatisme : les garçons de l'histoire sont des coqs prêts à se dévorer entre eux pour accéder à plus haut ). Notons le fabuleux tour de mise en scène de Bunuel dans la séquence du pédophile tentant d'appâter le héros : cette scène est réalisé derrière une vitrine insonorisée. Et enfin le superbe et provocant lancer d'oeuf sur la caméra. Le cinéaste inscrit dans ce film dans la lignée du documentaire et du film social réaliste italien de l'époque, poussant le spectateur à voir une certaine réalité et une extrêmité décrite et dénoncée par les personnages.
16 171 abonnés
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4,0
Publiée le 26 février 2014
Sans vèritable protection et sans vraie famille, les enfants de la zone sud, dans la banlieue de Mexico, nous entraînent dans l'un des meilleurs films mexicains des annèes 50! ils sont plus ou moins abandonnès par leurs parents et s'organisent en bande pour survivre! Pour Luis Bunuel, la lègitimitè du plaisir l'emporte sur toute morale! On rencontre ainsi, dans la plupart de ses films, des scènes qui cèlèbrent la primautè du dèsir! Dans "Los Olvidados", une mère de famille se donne avec passion à un adolescent qui vient voir son jeune fils! De film en film, Bunuel s'acharnera à dènoncer les conceptions archaïques et mystifiantes de la religion catholique en matière de sexe! Pour lui, la religion est à la base de la plupart des refoulements et des crimes! Pour la combattre, l'amour fou est l'arme la plus efficace! Dans ses films, en revanche, les rêves sont le vèhicule inquiètant du surnaturel: le rêve de Jaibo (tant admirè par Andrè Bazin) dans "Los Olvidados" reste inoubliable et possède encore une fonction dramatique èvidente, en relation avec la psychologie du personnage! Prèsentè au festival de Cannes, c'est un essentiel de Bunuel dans sa pèriode mexicaine avec une misère pour laquelle on s'attache car filmèe de façon frontale et rèelle...
Los Olividados (Les oubliés) Ce film de Buñuel est en tout point remarquable. La misère à l’état brut. Sans compromission. Cela m’a fait penser aux films néoréalismes comme « Allemagne zéro » de Rossellini tout en gardant une part de surréalisme, dans le monde du rêve, à la moitié du film. La misère et toute sa cruauté, son atrocité même, dans l’attaque de l’aveugle et du cul-de - jatte par une bande de jeunes mexicains emmenée par El Jabo qui vient de s’échapper d’une maison de correction et veut se venger de celui qui l’a dénoncé. Ce film n’est pas un beau film à voir, ou un film magnifique, c’est simplement un film à voir, ou à ne pas voir. Il n’y a pas de moral, il n’y a pas de justice non plus, c’est la misère à l’état brut. Mais sans non plus que cela soit du reportage. C’est scénarisé et il y a une histoire. Je ne suis pas resté neutre en voyant ce film et les personnages, j’ai pris parti, j’avais envie que le jeune Pedro s’en sorte… J’avais aussi envie que El Jabo périsse. Je n’en dis pas plus, pour ceux qui n’ont pas vu le film. Comment peut-on aimer sans avoir reçu d’amour ? D’amour maternel ? Le film le montre bien avec le rapport du jeune Pédro et sa mère. Ce film reste, hélas, d’actualité. Car la misère est toujours là et lorsque j’entends des personnes s’en prendre à une communauté, ou tenir responsable une personne par sa culture, sa religion, sa nationalité, son origine culturelle le faite qu’il soit un délinquant, j’ai envie de leur dire, voyez ce film. On ne na î t pas délinquant, mais on est conditionné à le devenir. Lorsqu’on na î t dans une cité moche de barre d’HLM ou dans une banlieue déshéritée de Mexico ou d’ailleurs, ce n’est pas l’origine culturelle, ni le code génétique, ni l’ADN qui amène à cet état de fait. Un dialogue du film dit par le directeur de maison de correction : « ce ne sont pas eux qu’il faut enfermer, mais c’est la misère qu’il faudrait enfermer » Cette phrase pour moi résume parfaitement le problème de la délinquance juvénile issue de la misère. J’ai également aimé ce film car la fin atroce, cruelle, est sans aucun compromis quoiqu'il y ait tout de même une petite part de justice, malgré tout. Un film que j’ai vu bien tard dans ma vie, et qu'au contraire du titre, je ne suis pas prêt d’oublier.
Un film sur la misère intelligent à voir en cette période où l'on a tendance à l'exploiter au lieu de la déplorer et de chercher à la combattre.
Un film également remarquablement monté, une leçon de cinéma pour beaucoup de réalisateurs actuels qui malgré les facilités technologiques dont ils bénéficient, font preuve d'un laxisme et d'un manque d'imagination dans ce domaine.
«Los Olvidados» est indéniablement l'un des plus grands films de Luis Buñuel. Traversé par quelques séquences surréalistes d'une grande beauté, il frappe surtout par son approche quasi-documentaire des bidonvilles mexicains, et plus précisément des « oubliés » que sont les enfants des rues. L'objectif du cinéaste est clair : rendre compte de la misère physique, sociale et humaine des gamins qui peuplent les quartiers pauvres de Mexico, dans un souci d'objectivité exemplaire et forcément pessimiste vu la situation (une fin alternative avec un happy-end à la limite du grotesque fut tournée, mais heureusement oubliée). On découvre donc avec effroi leur vie sans espoir, dont le quotidien est constitué de vols, de bagarres et de meurtres en tous genres, quand ce ne sont pas les travaux forcés et autres abus de mineurs. Nul n'est épargné, pas même l'aveugle salace et violent qui préfigure les perfides mendiants de «Viridiana». Pourtant de toute cette noirceur émerge une figure plus humaine : le directeur de la ferme-école, qui en humaniste convaincu donne leur chance aux enfants en leur offrant éducation et travail. Son collègue du tribunal pour mineurs juge même sévèrement les parents qui les ont abandonnés, mais ceux-ci ont déjà fort à faire pour nourrir leur famille, si bien que la situation reste insoluble et perdure dans un cercle vicieux infernal. Au final donc, difficile de blâmer quelqu'un en particulier, sinon il faudrait tous les condamner tant le mal prend les apparences les plus diverses : adultes ou enfants, pauvres ou riches, handicapés ou valides. Un long métrage d'une noirceur étouffante, et qui sans grossir le trait parvient à nous émouvoir lorsqu'ici et là les sentiments humains reprennent (temporairement) le dessus. Chef-d'oeuvre de lucidité et d'intégrité, «Los Olvidados» est le film de la résurrection pour Buñuel. Et c'est amplement mérité. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
En quittant en apparence le surréalisme, le génie espagnole s'installe au Mexique pour une oeuvre sociale d'une noirceur intense. Film social? Pas vraiment, Bunuel se pose en témoin dès le début, et pas en accusateur ni en moralisateur. Los Olivadados est une chronique poignante de la misère infantile mexicaine. Bunuel multiplie les pistes, nous plonge dans la pitié, avant de redonner de l'espoir pour mieux nous briser dans un final terrible et magnifique à la fois. Le film nous hante très longtemps, mais au-delà de ça, ce sont tous ces enfants qui l'accompagnent dans cette hantise, ce sentiment d'impuissance qu'il procure face à cette misère qui rattrape sans cesse les enfants qui cherchent à la fuir. Ce film d'un pessimisme profond ne laisse finalement pas de place à l'espoir, même face à ce directeur bienveillant qui dit si justement "si au lieu d'enfermer les enfants, on pouvait enfermer la misère", mais dont le propos résonne si tristement 5 minutes après lorsque cette misère et cette délinquance rattrape ironiquement le jeune garçon qui voulait enfin faire quelque chose de bien. Los Olvidados a beau être une oeuvre grave, elle est surtout un chef d'oeuvre de cinéma.
Luis Buñuel dépeint de manière tre forte le quotidien d'un faubourg de Mexico, dans lequel la misère et la violence règnent en maître. Maître, le réalisateur l'est aussi. Tout ce qu'il filme est retranscrit de manière réaliste, toutes les séquences sont pleines de brio, des scènes les plus anodines, aux scènes où toute la violence et la furie des personnages éclatent. Et pour ce qui est des personnages, ils sont traités de façon non moins astucieuse. Leurs ambitions à tous sont de de sortir de la décrépitude de laquelle ils sont emprunts. Leur moyen d'y accéder sont plus ou moins louables, mais la vie est injuste, et toute cette saleté sera leur tombeau. "Ceci n'est pas un film optimiste". Comme ça au moins c'est clair. Grand film.
Buñuel raconte la vie d'une bande de petit délinquants dans un quartier défavorisé de Mexico City. Misère noire et crimes sont le lot du scénario, film sur l'enfance mais violent. La réalisation et la photo sont contrastés, les dernières minutes particulièrement sinistres.
La renaissance d'un cinéaste unique et hyper-subversif après une longue période de purgatoire, "Los Olvidados" est très bien caractéristique du caractère de son réalisateur : cruel, réaliste, hyper-pessimiste, remarquable par son absence totale de misérabilisme et de manichéisme (il ne tombe jamais dans le piège "c'est la faute de la Société, point barre, alors fermez vos gueules!" puisque celle-ci est représentée comme étant plus impuissante qu'indifférente!!!), et sans la moindre concession. A travers des portraits mémorables de très jeunes habitants des bas-fonds mexicains, Luis Buñuel a réalisé une des oeuvres les plus puissantes sur la pauvreté et à portée universelle.
Très bon film, la réalisation est vraiment très bonne (c'est pas Bunuel pour rien), les acteurs sont bons, on est vraiment emporté dans l'histoire de ces jeunes. C'est un film vraiment réaliste, assez dur, qui nous montre une réalité, celle des gens pauvres qui vivent près des villes et qui essayent de s'en sortir.
Pas mal, mais pas complètement convaincu. J'aime bien le style de Bunuel d'habitude, mais là j'ai moins accroché.
Plusieurs trucs m'ont dérangés : Déjà quand un cinéaste explique sa démarche (un peu à la manière de Rosselini dans Allemagne année zéro) ça me dérange, est-il nécessaire de dire au spectateur ce qu'il va voir, et de le lui expliquer ? Bunuel pense t-il que le spectateur ne pourra pas comprendre par lui même ?
Bunuel montre donc la misère dans les bidonvilles mexicains (Fernando Mereilles s'en est-il inspiré pour son "La cité de Dieu" même si il se passe à Rio ?), mais le scénario tourne un peu en rond. On retrouve la noirceur des âmes que peint habituellement Bunuel cependant. Cette fois- ci toutefois on sent qu'il ne condamne pas tous ses personnages (c'est d'ailleurs pas plus mal). Son propos reste cependant très triste et très dur.
Un très bon film, intéressant de par son réalisme, sa noirceur, ses personnages, sa mise en scène. Le scénario m'a un peu fait pensé aux 400 coups avant l'heure. Il reste que malgré toutes les qualités du film il ne m'a passionné que sur la fin.