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Impossible de rester indifférent face à tant de misère et de noirceur. Le réalisateur espagnol Luis Bunuel a voulu à travers ce film montrer de manière crue et réaliste la promiscuité des banlieues, la vie précaire de ces "oubliés". Autant vous dire qu'on est immédiatement capturé par ce film quasi documentaire; c'est dur, réaliste, violent; pères alchooliques, orphelins, enfants travailleurs et oisifs sombrant dans la violence, voilà ce qui est donné à voir au spectateur. On s'attache immédiatement aux personnages, très peu manichéens, et à cet univers unique et sinistre; C'est peut-être pour cela que le film est aussi poignant: il est extrêmement réaliste; il dévoile ce monde de brutalité et de folie avec crudité sans manichéisme à deux balles: chaque personnage est à la fois un monstre dans ses pensées ou ses actes, un acteur de ce drame humain et une victime du système social. Autre bon point du film: le réalisateur parivent à montrer que l'homme n'est en lui-même ni bon ni mauvais; que bien éduqué et aimé il devient bon, que délaissé et mal pris en charge il sombre dans la violence et le mal. De ce côté là, le côté politique aurait pu être plus développé. Le film montre certes que c'est l'éducation qui est la clef du progrès social, néanmoins l'aspect documentaire devient moins prépondérant vers la fin, qui est plutôt une sorte de tragédie s'abattant sur le personnage principal. C'est tooujours poignant, certes, mais le spectateur retient finalement autant les coups du sorts et hasards malheureux que subit le garçon que la promiscuité banlieusarde. Dommage, donc, qu'il y ait eu cette dramatisation du film vers la fin, qui empêche au message du Bunuel d'atteindre son efficacité maximale. Ce côté négatif passé, "los olvidados" est tout simplement un film culte et incontournable que chacun devrait voir. Pas seulement pour sa culture, mais pour que le spectateur se rende compte que la vie aisée qu'il mène n'est pas la même pour tout le monde sur terre, que l'enfance épanouie qui fut la sienne a été un traumatisme pour d'autres individus. ça fait d'autant plus froid dans le dos que cette histoire est tirée de faits véridiques; et ça fait d'autant plus réfléchir que l'on se dit que ce genre d'histoire doit arriver quotidiennement un peu partout dans le monde, dans les banlieues, les cités, les bidonvilles, chez les populations pauvres ou défavorisées, que les gouvernements délaissent, ignorent et oublient...
Ajoutée le 09 nov. à 18h49 Signaler un abus
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