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Stronger
note moyenne
3,6
701 notes dont 57 critiques
4% (2 critiques)
25% (14 critiques)
47% (27 critiques)
18% (10 critiques)
4% (2 critiques)
4% (2 critiques)
Votre avis sur Stronger ?

57 critiques spectateurs

FredArrow

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3,5Bien
Publiée le 27/06/2018

Sorte d'antithèse en termes d'approche du "Traque à Boston" de Peter Berg qui se focalisait sur la course-poursuite entre les forces de l'ordre et les responsables de l'attentat lors du marathon du 15 avril 2013, "Stronger" se concentre, lui, de manière bien plus humaine sur le devenir de sa plus célèbre victime, Jeff Bauman, amputé des deux jambes suite à l'explosion et témoin-clé dans l'identification des suspects. La vie insouciante d'un jeune ouvrier dont l'unique perspective jusqu'alors était de reconquérir le coeur de sa petite amie se retrouve donc brisée par la cruauté d'un évènement aussi barbare que lâche. Devenu un symbole de la résistance au terrorisme et évidemment érigé en héros par une Amérique blessée en son sein, Bauman va devoir apprendre à surmonter l'horreur vécue tout en vivant désormais sous le feu des projecteurs. Prototype même du récit qui, entre de mauvaises mains, aurait tout pour céder aux sirènes de la célébration d'un patriotisme exacerbé, "Stronger" bénéficie heureusement du regard sincère de David Gordon Green, toujours aussi bon pour capter la complexité de la détresse humaine derrière la façade des apparences, et d'un formidable Jack Gyllenhaal pour l'accompagner dans sa vision de la reconstruction après un drame. Devenant le catalyseur de la douleur d'une ville entière qui cherche à tout prix à voir en lui une figure héroïque pour pouvoir aller de l'avant, Bauman tente de jouer artificiellement le rôle qu'on lui demande, cerné par la demande populaire, mais ses failles sont là, prêtes à exploser autour de la tragédie qu'il juge en réalité insurmontable. À l'écran, cette espèce de schizophrénie patente dans lequel le personnage se retrouve plongé de fait s'incarne doublement. Il y a, d'abord, l'incongruité des manifestations publiques de sympathie à son égard, des célébrations souvent sportives auxquelles il est convié, le renvoyant inexorablement un peu plus dans la solitude de son drame personnel au milieu d'une arène où les "Boston Strong" fusent pour le simple hasard d'avoir survécu. Le discours est, certes, de plus en plus redondant dans ce genre de destin ainsi mis en scène mais c'est un fait : l'Amérique ne sait plus vraiment comment célébrer ceux qu'elle considère comme ses héros, le cinéma ne cesse de les présenter comme perdus à leur sort personnel dans des cérémonies fastes où ils ne sont que des pantins juste bons à assouvir la soif populaire d'exemples auxquels elle peut s'identifier sans les comprendre (on pense d'ailleurs beaucoup à l'excellent "Un jour dans la vie de Billy Lynn" d'Ang Lee lors de la séquence du match de hockey). Par ailleurs, déchiré intérieurement, Bauman est aussi lui-même tiraillé entre sa mère, parfaite caricature de matriarche alcoolo-bostonienne cédant à toutes les sirènes médiatiques pour saisir l'opportunité d'une vie de paillettes à travers la tragédie de son fils, et sa petite amie revenue partager son quotidien à sa demande, la seule à même de l'épauler et de le comprendre dans sa douloureuse guérison. Cette dichotomie entre ces deux figures féminines réunies sous le même toit fera écho avec une parfaite justesse à la première intérieure et émotionnelle de Bauman. Si "Stronger" ne surprend jamais vraiment dans son déroulement, le film n'est jamais meilleur que quand il plonge dans l'intimité de son personnage principal à travers toutes ses contradictions à niveaux multiples. Bien entendu, le talent de Jack Gyllenhaal, bien épaulé par les brillantes Tatiana Maslany et Miranda Richardson, est capable de transcender bon nombre de situations déjà explorées dans des longs-métrages aux thématiques similaires mais "Stronger" parvient toujours à saisir la fragilité de cette lente reconstruction avec ces instants de vie lourds de sens sur la plaie ouverte qui habite en permanence son héros et à laquelle sa condition physique le renvoie désormais irrémédiablement. Le refus d'abord sous-jacent puis explicite de ne jamais rencontrer son sauveteur lors de l'explosion en sera l'expression de la plus profonde, sa peur de revivre mentalement ces instants fatidiques ayant engendré sa double amputation, toutefois, cette étape se révélera la pièce indispensable d'un rouage qui lui permettra de regarder vers un avenir plus serein. Pour nous, comme pour lui, il y aura le choc des images mais cela débouchera également sur la séquence la plus bouleversante du film, une simple conversation dans un bar, un moment-clé à la charge émotionnelle insoupçonnée et réparant presque instantanément les fêlures du personnage. Peut-être qu'il aurait fallu d'ailleurs s'arrêter sur la force de cette scène... Ce qui suivra (les dernières minutes dans et en dehors du stade) cédera hélas à la facilité un brin patriotique que le film avait su éviter jusque-là, l'émotion sera aussi présente mais elle paraîtra beaucoup plus mécanique au milieu des artifices utilisés à côté de l'intelligence de la simplicité de celle qui l'avait précédée. Évidemment, cette conclusion est nécessaire pour nous montrer que son héros est "réparé", autant prêt à accepter son statut de symbole qu'à aspirer à une paix intérieure et méritée, mais elle nous rappelle aussi que, tout en le dénonçant, "Stronger" s'est engouffré, lui aussi, à un moment ou à autre, dans la brèche de la fierté patriotique, ce "Boston Strong" quelque part grotesque par son jusqu'au-boutisme, qu'il entendait dénoncer et, peut-être, même pire, qu'il en est devenu inconsciemment un des moteurs. Un peu dommage de s'achever sur une telle impression vu toute l'humanité que le film avait su délivrer auparavant...

Galaise77

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4,5Excellent
Publiée le 20/12/2017

Il y a des films, comme ça, dont on sent, par essence, qu’ils vont nous emmener dans une lutte humaine, intérieure et en même temps humaniste, parce qu’elle va toucher le public dans ses craintes les plus intimes : Celles d’avoir un jour à lutter pour retrouver une vie que l’on nous aurait fauché par accident ou par attentat. « Stronger » vient nous raconter l’histoire de cet homme qui, a la base de l’histoire, n’aurait pas dû être présent sur la ligne d’arrivée du marathon de Boston, mais qui, uniquement dans le but de vouloir reconquérir sa belle, se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment. C’est évidemment un sujet universel que celui de l’amour contrarié par les bombes, mais à la différence de bien des films racontant l’histoire d’une renaissance, le film de David Gordon Green va puiser au plus intime du personnage pour pouvoir en ressortir tout ce combat à la fois physique et personnel qui va d’abord forcément le faire passer par différents stades : La peur, la colère et l’acceptation. Mais là où d’autres y verraient une bonne aubaine pour pouvoir mettre en avant l’aspect nationaliste, patriotique : « Les Américains se relèvent toujours ! », le réalisateur et son scénariste ont, au contraire, profité de l’occasion d’adapter ce livre de Jeff Bowman lui-même, pour pouvoir montrer toutes les dérives qu’il peut y avoir à faire de victimes, des héros sortis d’un drame aussi destructeur émotionnellement que l’attentat du marathon Boston. Car ce qui ressort de ce film ce n’est pas simplement le combat personnel du personnage, c’est surtout la machine héroïque qui est en capacité de le broyer et qui aveugle totalement le reste de sa famille, qui ne perçoit pas le moindre signe d’une descente aux enfers de celui qu’ils pensent être en train de soutenir. Et, à la différence du prochain Clint Eastwood « Le 15 :17 pour Paris », dont la bande-annonce fait déjà apparaître une adaptation ultra patriotique du fait divers du Thalys, « Stronger » a l’intelligence de reculer au maximum des scènes inévitables de liesse populaire pour au contraire montrer à quel point la reconnaissance des un, fait le calvaire des autres. Car il faut bien comprendre que Bowman veut avant tout oublier le drame qu’il a vécu, et que chaque interview, chaque demande venue de quelque média que ce soit ou de quelque anonyme que ce soit, le replonge chaque fois un petit peu plus dans son enfer. À côté de lui Erin, tente tant bien que mal de le tenir à bout de bras, mais c’est un fardeau un peu lourd à porter, lorsqu’en plus la personnalité du héros est aussi compliquée à gérer que sa famille. Et c’est toute l’intelligence de ce film, que d’avoir su, avant tout, en totale collaboration avec Jeff Bowman, a toucher au plus profond et au plus intime du personnage, quitte à en casser l’image pour mieux la reconstruire et ainsi donner une œuvre poignante et puissante autour de la renaissance d’un homme brisé par un attentat. Du coup le message ne devient pas simplement américain, il devient universel puisqu’il peut éventuellement donner une ligne de conduite à toutes les victimes de ces actes barbares qui luttent pour retrouver un semblant de vie qu’on leur a volé. Et dans le rôle de Jeff Bowman, on retrouve Jake Gyllenhaal (Night Call) qui nous montre une fois de plus un talent indéniable pour interpréter ces personnages brisés, tourmentés, et tout autant attachants et séduisants. L’acteur ne fait jamais dans la caricature, il ne déforme en rien son personnage, au contraire il lui apporte une fraîcheur et une intensité que l’on avait rarement vu dans une composition. Face à lui Tatiana Maslany (La femme au tableau) est absolument renversante de dignité et de profondeur dans un personnage qui doit à la fois lutter contre sa propre culpabilité et avoir de la force pour deux. En conclusion « Stronger » est une œuvre intelligente et sensible qui a su toucher la corde sensible. Un film qui peut donner enfin au public une idée réaliste, poignante et puissante de ce qu’est la reconstruction d’une victime d’un attentat. Et même si le film ne peut éviter une scène que l’on pourrait interpréter comme nationaliste, il parvient, au contraire, à en faire une critique d’un système qui veut absolument porter les victimes en héros, mais qui au contraire les broies un peu plus à chaque hommage.

Flaw 70

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3,5Bien
Publiée le 12/02/2018

Comme lors du 11 septembre, l'attentat au marathon de Boston sert de base pour de nombreux films. Voir le drame humain servir de symbole pour une nation qui se relève encore et encore malgré l'adversité et la violence qu'elle subit. Cela aboutit souvent à des films au patriotisme exacerbé et qui tombent dans une réappropriation douteuse du drame vécu. De prime abord, Stronger ne semble pas si différent. Inspiré de l'histoire vécu par Jeff Bauman qui a perdu ses jambes durant l'attentat et qui est devenu malgré lui un symbole car a réussi à identifier les responsables de cette tragédie. Le film a donc devant lui tout les pièges possibles et imaginables pour offrir un drame empli de pathos et de patriotisme déplacé mais c'est sans compté le regard d'une extrême justesse que porte David Gordon Green sur cette histoire. Ayant débuté dans le southern gothic, David Gordon Green a vite démontré de très belles qualités de cinéaste dans des œuvres marquantes et très réussites. Après un passage dans la comédie qui à soufflé du chaud (ses collaborations télévisuelles avec Danny McBride) mais surtout du froid sur sa carrière, il ne s'en ai jamais vraiment remis même lors de son retour convaincant mais oubliable à son genre de prédilection. Le réalisateur a un peu perdu ce qui faisait sa patte, et revient en 2018 avec l'envie de remanier à ça alors qu'il sera une des têtes pensantes du retour de la saga Halloween. Mais avant ça, c'est avec l'histoire de Bauman qu'il revient sur les écrans avec son regard bien à lui. Dès le premier plan, où il filme son personnage à travers un judas optique, qui déforme les perspectives, il pose son intention. Seul Bauman est visible et semble plus grand mais surtout plus difforme que nature, plus que son parcours c'est de l'homme qu'on va s'intéresser dans toute sa grandeur mais aussi ses faiblesses. Hormis cette ouverture esthétiquement habile, David Gordon Green se montrera très sage avec sa mise en scène qui aura un rôle plus fonctionnel laissant la place au récit et aux acteurs. Sa réalisation très naturaliste s'impose par sa sobriété et reste souvent accroché à Bauman, le suivant sans relâche à travers la difficulté de sa rééducation et de son traumatisme. Le réalisateur n'en fait jamais trop et sait s'effacé même si il doit par moments tomber dans certains passages obligés. Il faut dire que le récit en lui-même passe par les étapes habituelles de ce genre de syndrome post-traumatique et même si certaines scènes appuient un peu trop sur le pathos, le film porte un regard très mature sur le ESPT et surtout très juste sur la dépression qui en découle. Jamais Stronger ne traite son personnage comme le symbole d'héroïsme que les gens veulent voir de lui et suit son parcours avec respect même lors des moments les moins glorieux avec sa famille et sa petite amie. Les personnages secondaires sont d'ailleurs très vite relégué à une place de figuration au fur et à mesure que le scénario se resserre autour de la relation compliqué entre Bauman et Erin, sa petite amie. Le calvaire traversé par la jeune femme n'est pas non plus passé sous silence et le tout est traité sans jamais tombé dans la facilité. Surtout qu'il peut compter sur des acteurs au sommet de leurs formes pour habiter le récit. Tatiana Maslany apporte beaucoup de force et de conviction dans son interprétation à fleur de peau et possède une alchimie évidente avec un Jake Gyllenhaal totalement habité par son personnage. L'acteur signe ici une de ses performances plus sublimes autant physiquement qu'émotionnellement avec un engagement et une détermination qui donne souvent le tournis. Sans jamais tomber dans le simple mimétisme, il fait sien le calvaire vécu par le vrai Bauman et fascine par la densité de son jeu. Stronger impressionne aussi dans sa façon d'aborder le patriotisme et le symbole qu'évoque Bauman aux yeux de l'Amérique. Que ce soit dans l'étouffement ressenti où il ne peut fuir ce qui lui est arrivé ni le regard des autres. Après une approche classique, le film étonne dans sa conclusion où Bauman accepte enfin sa condition. Malgré un discours qui sent un peu trop la valorisation de la force d'un pays, c'est un choix plus ambigu qui nous est montré non pas celui d'un combat mais d'une capitulation. Celui de la résolution d'un homme qui ne peut pas se battre qu'on se qui lui est arrivé et qui rend les armes pour mieux se reconstruire. La force de continué venant parfois du courage d'abandonner. Stronger, malgré quelques relents de patriotisme et de pathos inévitables, s'impose comme un film plus mature et intelligent quand au traitement de cette tragédie et du parcours de son héros. Pas aussi manichéen qu'escompté, il trouve sa réussite dans ses nuances qui s'imposent à nous avec bien plus de subtilité qu'espéré. David Gordon Green enrobe le tout dans une réalisation naturaliste et maîtrisé qui sans faire de vague accompagne à merveille un récit souvent juste. On reste face à une histoire finalement assez classique dans son déroulé, même par moments trop linéaire, mais trouve sa grâce dans la conviction de ses acteurs. En tête, un Jake Gyllenhaal brillant qui signe un de ses meilleurs rôles. Stronger est une oeuvre qui trouve la force de transformer un projet casse-gueule en un véritable bon film, grâce aux talents qui la composent.

LeFilCine

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3,5Bien
Publiée le 12/02/2018

Pourquoi ne s’intéresse t’on toujours qu’aux bourreaux ou aux policiers ? Rares sont les œuvres mettant plutôt en avant les victimes, dans des récits qui peuvent vraiment donner sens au mot héros. C’est ce qu’ont pourtant fait les habitants de Boston, de Jeff Bauman, ce jeune homme qui a vu ses deux jambes arrachées par l’attentat du marathon de Boston. Là où le film Traque à Boston de Peter Berg, sorti l’année dernière sur nos écrans, tournait ses caméras de manière habituelle vers les terroristes et la traque policière, le film de David Gordon Green a une approche totalement inédite, regardant les bouleversements de la vie d’une victime face à son nouveau statut et à son handicap. Le comportement pas toujours adéquat de ses proches, le courage de sa compagne, l’attitude de la population de Boston, sont des thématiques rares que le réalisateur creuse avec finesse et subtilité. Il est bien aidé par les prestations majuscules de Jake Gyllenhaal et de Tatiana Maslany, qui forment ce couple attachant qui bascule, bien malgré eux, dans un univers qui leur était inconnu jusqu’alors. Pour Gyllenhaal, ce n’est pas une surprise tant l’acteur nous a habitué à des prestations énormes ces dernières années. La surprise vient plutôt de l’actrice canadienne, peu connue, et qui sera à suivre à l’avenir. Il y a pourtant une ou deux séquences qui s’avèrent accessoires dans le final alors que le récit centré sur le couple se suffisait à lui-même. Mais la force d’interprétation de Gyllenhaal et de celle qui lui donne la réplique, installe dans le film une émotion assez forte qui perdure jusqu’à la fin.

alice025

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2,5Moyen
Publiée le 07/02/2018

Avoir un acteur talentueux en rôle principal ne suffit parfois pas à redresser la qualité d'un film, en voici l'exemple même avec « Stronger ». Basée sur l'histoire vraie de Jeff Bauman, cet homme a perdu ses jambes dans les attentats de Boston alors qu'il venait encourager son amie. A partir de ce malheureux événement, vient sa reconstruction autant physique que mentale : arriver à regagner un certain équilibre grâce à des prothèses, faire des séances de rééducation, garder espoir et avoir envie de continuer à vivre malgré cette injustice. On comprend bien le message, mais la réalisation est ultra classique et trop patriotique à mon goût. Les moments d'émotions me paraissent forcés et le personnage qu'interprète Jake Gyllenhaal était un poil trop antipathique. Résultat, je suis restée un peu étrangère à cette histoire qui pourtant, voulait retranscrire le courage de ce jeune homme. Dommage. cinephile-critique.over-blog.com

Cinéphiles 44

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4,0Très bien
Publiée le 02/02/2018

Survenu le 15 avril 2013, le double attentat du marathon de Boston a déjà été traité au cinéma dans un film d’action Traque à Boston avec Mark Wahlberg. Stronger est un long-métrage qui se concentre sur la vie d’une des victimes. Après avoir perdu ses deux jambes dans les explosions, Jeff Bauman va devoir endurer des mois de lutte pour espérer une guérison physique et émotionnelle. A ses côtés sa famille est très présente, mais peut-être trop. Sa copine voit son quotidien chamboulé pour s’occuper des moindres gestes de Jeff. Les habitants de Boston voient en lui un héro. Mais le fait d’avoir perdu ses jambes justifie-t-il d’être surnommé Boston Strong ? Sous les traits de Jeff, Jake Gyllenhaal livre une prestation intense et douloureuse qui suscitera à coup sûr des émotions au spectateur. Le sujet aide certes à son empathie, mais la mise en scène n’est pas non plus insistante. Stronger est un drame bouleversant sur un homme comme tout le monde. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com

tony-76

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2,5Moyen
Publiée le 07/02/2018

David Gordon Green a un véritable savoir faire dans la réalisation, son précédent film nommé Joe apparu il y a presque 5 ans possédait une bonne mise en scène dotée d'une belle tragédie, riche en émotions avec un Nicolas Cage à contre-emploi. Ici, Gordon Green s'attaque à un drame biographique, celui de la vie de Jeff Bauman. Victime d'avoir perdu ses deux jambes lors du double attentat du Marathon 2013 de Boston, il tente de remarcher et d'accepter les nouvelles conditions de sa vie... Il y a bien eu un long-métrage sur le drame qui s'est produit le 15 avril 2013 - Patriots Day - de Peter Berg, très prenant ! Et Stronger évite de faire passer l'attentat avant le héros. Moins d'action, plus de psychologie de la part du personnage principal, des images très très dures à regarder, une émotion omniprésente, voilà ce que propose Stronger. On nous présente néanmoins quelques extraits de la tragédie sur les victimes mais c'est respectueux. Dans le film, Jeff Bauman est un personnage attachant, bien qu'il y est des épreuves excessivement difficiles a traversé... Il s'agit de Jake Gyllenhaal qui interprète cet homme courageux - celui qui nous avait hypnosé dans Nightcrawler, fasciner dans Southpaw, troubler dans Nocturnal Animals et exceller dans Prisoners - ne déçoit pas dans Stronger. Le comédien a une façon particulière de dépeindre ce jeune homme ordinaire avec un respect et une sincérité évidente. Il faut dire que le combat de Jeff Bauman peut être étonnant : son courage, sa souffrance et son impuissance face à a réalité. Le choix du réalisateur dans lequel il montre cette descente aux enfers du protagoniste, refusant sa condition et son statut de héros s'avère assez intéressant... Mais ne crier pas au génie puisque tout est relativement monotone... Devant un tel film, l'émotion est importante et Stronger transmet suffisamment de moments intenses pour que le public soit ému. Au final, Stronger est un drame biographique respectable de David Gordon Green. Une tragédie qui a marqué l'Amérique ! Pour ma part, le film m'a quelque peu ennuyé... Un peu du même genre que les films de Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club, Demolition, Wild) mais sans le côté percutant !

AM11

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4,0Très bien
Publiée le 06/12/2017

Bien que tourné en même temps que le film de Peter Berg, "Stronger" est en quelque sorte l'anti "Patriots Day" avec une histoire issue de ce même tragique événement, mais qui s'intéresse non pas à l'affaire, mais aux victimes, à une victime, Jeff Bauman. David Gordon Green dresse un portrait assez juste de cet homme et ne tombe ni dans la facilité ni dans le larmoyant ce qui n'est pas nécessaire tant l'histoire est forte et émouvante. Il n'élude rien, il montre un homme dans ses mauvais jours et met bien avant toutes les difficultés du quotidien et les épreuves qui se dressent devant lui. Par contre, l'histoire ne s'attarde pas sur la rééducation comme on pourrait le croire, il en est à peine question. Elle est centrée sur l'impact de ce drame, sur sa nouvelle vie lui qui refuse d'être érigé en héros et sur ses différentes relations comme celle avec la superbe Tatiana Maslany ou avec sa mère qui a des réactions étonnantes. Jake Gyllenhaal est exceptionnel, il nous fait vivre de façon réaliste et troublante tout ce que vit son personnage. Je n'avais pas aimé les derniers films de ce réalisateur, mais celui-ci est très bon malgré quelques petites longueurs. Un film sobre, simple, intimiste et plein d'humanité avec une belle leçon de vie de courage.

Annie M.

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0,5Nul
Publiée le 01/04/2018

Patriotisme, héroïsme le genre de film bourré de clichés, Jack Gyllenhall en ce moment ne tourne que des navets (Okja) alors que c'est un remarquable acteur. Sa famille bas de plafond qui rigole et ne pense qu'a faire la fête au retour du fils devenu unijambiste, je m'excuse mais celà me gêne énormément de telles réactions et c'est bien ce qui est représenté dans ce film à outrance des sentiments. Ce pauvre garçon à sa vie foutue mais on va au match et on picole pas grave. Tout cela sonne faux et creux, allez voir plutôt 100 métros à peu près sur le même thème ou patients si vous ne les avez pas encore vus et vous ressentirez vraiment quelque chose d'intense.

Rémy S

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3,0Pas mal
Publiée le 08/02/2018

David Gordon Green est un touche-à-tout capable de passer de la comédie infantile complètement azimutée (mais réussie) « Délire express » au film d’auteur indépendant (« Joe » avec Nicolas Cage par exemple). Il est également en plein chantier pour le reboot de « Halloween », figure mythique du cinéma d’horreur contemporain. Et le voilà ici avec un drame humain sur les attentats de Boston. On ne pourra lui reprocher son manque éclectisme ! Le sujet avait déjà été traité version polar et action par un autre touche-à-tout, Peter Berg avec Mark Wahlberg dans « Traque à Boston ». Si ce dernier avait le mérite d’être efficace dans le domaine des fusillades musclées, il n’était pas toujours du meilleur effet concernant l’aspect tragique de la situation. Pareillement mais pour des raisons différentes, « Stronger » se révèle sympathique mais pas toujours réussi non plus. Jake Gyllenhaal se glisse dans ce rôle pas facile de héros malgré lui qui doit réapprendre à vivre avec ses deux jambes en moins. Sur le fil ténu de l’excès, il n’offre pas sa meilleure prestation en étant peut-être un peu trop dans la retenue mais il faut avouer qu’il se débrouille pas mal en ne jouant jamais faux (mais l’a-t-on déjà vu mal jouer ?). Face à lui, Tatiana Maslany est sa petite amie dévouée et aimante et ne rentre jamais dans les clichés d’un tel rôle ou dans quelconque aspect décoratif tandis que Miranda Richardson incarne à merveille la mère de famille alcoolique de la middle class américaine. Car c’est aussi de cela que parle « Stronger ». De toute une tranche de la population américaine, patriote et socialement peu aisée, affectée par ses événements et de la manière dont elle les a appréhendés. La chronique de cette partie de l’Amérique nous apparaît sensible et juste. C’est d’ailleurs sur ce versant que le film est le plus réussi. Dans la même lignée, c’est prégnant et et vu avec acuité quand il montre la manière dont l’Amérique a besoin de ce type de héros (qui n’a finalement rien fait si ce n’est survivre) pour accomplir son deuil et se battre contre toute forme de terrorisme. L’instrumentalisation de l’accident de Jeff Bauman, tout comme ses limites, sont adroitement montrées. En revanche, la partie rééducation et le fait de pouvoir vivre sans jambes sont décrites de manière plus lisse, comme si le metteur en scène avait peur de rentrer dans le pathos et ne savait pas quel moment filmer. A contrario, il nous écarte de toute émotion et c’en est dommage. Dans le même registre, on préférera le film danois « Walk with me ». Et, juste à la fin, le metteur en scène nous émeut enfin en nous prenant en otage avec sa séquence finale patriotique sur le terrain d’un match de base-ball puis par les sempiternelles photos des vrais protagonistes de cette histoire. Là c’est en revanche un peu grossier et attendu. Finalement « Stronger » est agréable mais pas inoubliable et un peu long en ne parvenant pas à être bon sur tous les tableaux. Plus de critiques sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.

Marcel D

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4,0Très bien
Publiée le 08/02/2018

Entre "De rouille d'os" et "Dans la peau de Billy Linn" : comment se reconstruire personnellement quand on a perdu ses jambes et que l'Amérique nous utilise comme un symbole avant d'être considéré comme un être humain ? Décrivant une Amérique pas toujours très reluisante, le salut passe par l'essentiel de ce qui constitue l'être : l'amitié, l'amour Spoiler: et la parentalité. Avec un Jake Gyllenhaal toujours aussi magique et une Tatiana Maslany également très juste. J'ai un peu craint sur la dernière demi-heure pour le côté patriotique exacerbé, Spoiler: mais j'ai trouvé ça cohérent dans la logique : maintenant que je m'accepte et que je m'assume moi-même, je peux accepter et assumer ce rôle de symbole vis-à-vis des autres.

Loukas123

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3,0Pas mal
Publiée le 07/02/2018

Les attentats de Boston avaient inspiré le très bon Traque à Boston de Peter Berg sortie l'an dernier. Ils inspirent cette année le film Stronger qui raconte l'histoire vraie de Jeff Bauman qui a perdu ses jambes lors des attentats du marathon de Boston en 2013. Le nouveau film de David Gordon Green adapte le livre de jeff Bauman. Stronger raconte une histoire vraie dramatique assez passionnante et touchante par son sujet. Malheureusement, comme pas mal de biopic, le film est beaucoup trop académique. C'est un film assez commun dans le genre. Il traite tout de même bien ses sujets même si c'est excessivement classique dans sa narration et sa mise en scène. Il y a tout de même un effet documentaire et on est proche des personnages, on ressent leurs doutes, et leurs états psychologique qui sont bien exploités. C'est un film positif sur l'humain qui fait au final du bien mais qui manque d'audace. Jake Gyllenhaal est vraiment au top comme à son habitude et est parfaitement suppléer par Tatiana Maslany. Ceci permet d'être encore un peu plus captivé. Malgré son sujet difficile, c'est un film encourageant, qui fait du bien avec de bonnes valeurs.

Jeremy C

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3,5Bien
Publiée le 29/01/2018

Se placer devant un miroir, c’est refléter sa véritable nature, une sensation primitive qui surclasse toutes les autres. Le « je » passe avant le « nous », et « l’individu » passe avant le « patriotisme ». De ce fait, David Gordon Green évite le sujet et propose un regard ou un recul plus humain, là où « Traque à Boston »se contente de généraliser les faits dans leur ensemble. Ici, on se focalise sur les victimes d’un drame extraordinaire, bousculant toute une vie et la manière d’aborder ses relations. Suite à l’attentat, Jeff Bauman n’est qu’une de ces victimes de violence inexpliquée. Cependant, la situation qu’on lui impose n’est rien d’autre qu’une mascarade sociale et politique qui ne lui profite aucunement. Ainsi, son combat pour se reconstruire se place dans une démarche individuelle forte. Au-delà de l’aspect cinématographie, la perte des deux jambes de Bauman constitue une castration symbolique, sachant que ce fut à l’occasion d’un marathon. Il s’agit ainsi d’amputer une forme de liberté qu’il possédait depuis sa naissance. De cette façon, le handicap s’extrapolera à la négligence des Américains envers un ennemi qu’il ne peut voir, ni prévoir les actes. Mais on a beau faire porter l’étendard à cet homme, il n’est pas le héros que la nation lui propose d’être. Loin de l’idéalisme qu’il représente, il est vulnérable, imparfait et humain avant tout. Il n’y a donc pas de héros, mais juste un homme qui symbolise un fort caractère, ponctué par le respect et l’humilité. Alors que tout son entourage pense qu’il a « survécu » au drame, dans les faits, c’est tout autre chose. Son combat pour la survie ne fait que commencer. Il va jusqu’à regagner le respect et l’intégration de sa propre personne, alors qu’il traverse un moment difficile pour le simple individu banal qu’il représente. Une image est incassable et l’homme ne l’est pas. Voilà où veulent en venir le scénariste John Pollono et le réalisateur, par le biais de péripéties, centrées sur mes connexions humaines au sein de sa famille. La loyauté a donc des limites et on le découvre dans la face cachée et l’autobiographie d’un homme qui souffre de sa nouvelle condition. C’est pourquoi un regard neutre sur le discours est nécessaire. Les médias sont les premiers à distribuer un discours que la population écoute, notamment dans les moments qui touchent le cœur d’un pays. Le cinéma passe en second plan, où ce genre de reconstitution permet d’évaluer la mentalité des protagonistes lors d’une situation qui chamboule plusieurs vies. Si ce genre de drame, inspiré de faits réels, satisfait le public du moment, c’est que le contexte l’exige dans un souci de solidarité et de considération que l’on n’aborde pas tous de la même manière. Dans ce type de sujet, bien que Bauman ait survécu, tout son entourage devient une victime car il le suit dans tout ce qu’il entreprend. Des conflits peuvent naître mais, rien ne l’empêchera de revenir en forme et plus fort qu’il ne l’était autrefois. Les intentions d’un cinéaste ne sont pas toujours d’affirmer ce qu’il montre à l’écran. Il est également important de jauger les nuances qui puissent exister entre les fait et l’humain derrière une expérience désagréable. Jeff Bauman illustre toute la peine d’une homme déconstruit et déstructuré, mais il fait tout pour se relever, malgré son handicap physique et mental. « Stronger » laisse ainsi un arrière-goût d’espoir, mais il faut également retenir que la victoire sur soi ne peut compenser des dommages que l’attentat a causé. On ne peut aller de l’avant sans considérer les valeurs du passé et c’est pourquoi le récit n’emballe pas dans ce sens, mais ouvre à une remise en question perpétuelle. La vie est toujours en mouvement, quel que soit l’adversité.

ptitmayo

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3,5Bien
Publiée le 28/01/2018

"Stronger" est un film sobre, intimiste et fort, mais assez académique dans sa construction et prenant son temps pour délivrer des moments riches en émotions. La première partie n'est pas la plus réussie, souffrant de dépeindre une famille de ploucs américains Spoiler: (alcoolisme, chauvinisme extrême, supporters sportifs beaufs, pro-peine de mort) alors qu'il n'y avait pas besoin de cela pour décrire la difficulté pour cette dernière d'appréhender le futur de leur fils amputés des 2 jambes Spoiler: (multiples chutes dans la baignoire, sur les toilettes, au lit; futur emploi). Toutefois, le scénario pose de bonnes questions sur l'exploitation Spoiler: (télévisuelle, sportive) des survivants de carnages (l'attentat du marathon de Boston ici), la vision différente de l'héroïsme entre la victime et sa famille Spoiler: (Jeff a du mal à concevoir qu'il est un héros car il a perdu 2 jambes) et le manque de connaissance et de compréhension du traumatisme réel que représente cette expérience terroriste pour un survivant et de la pression liée à la foule et aux flashs épileptiques des photographes. La seconde moitié du film est nettement meilleure car elle se focalise véritablement sur Jeff, ses tentatives de rémission délicates Spoiler: (il ne travaille pas assez musculairement), sa personnalité inchangée Spoiler: (il boit autant qu'avant l'accident, ne sort pas et n'a pas assez de considération pour sa copine), les sacrifices qu'il a impliqués chez ses proches Spoiler: (surtout la dévouée Erin), sa prise de conscience de ce qu'il devait incarner aux yeux du monde Spoiler: (un battant qui arrive à remarcher, un symbole d'unité nationale) et ses objectifs personnels pour dépasser son handicap Spoiler: (les prothèses) et vivre sa vie d'adulteSpoiler: (s'occuper de son enfant, se rabibocher avec Erin). Sur la forme, si la réalisation est très classique, je saluerais le parti-pris de ne pas tomber dans la pathos, évitant notamment le surplus de musiques tire-larmes. Côté casting, il porte véritablement le film, entre un Jake Gyllenhaal rajeuni et touchant et l'exceptionnelle et généreuse Tatiana Maslany. Au final, derrière une structure narrative attendue, "Stronger" se révèle progressivement (au fur et à mesure qu'il dépasse le cadre extérieur pour se concentrer sur l'intime de Jeff) et jouit des performances excellentes de ses 2 interprètes principaux.

Jason. L

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3,5Bien
Publiée le 21/01/2018

En un simple mots je dirai bouleversant ! Ma critique tient juste à dire que les deux acteurs principaux sont fabuleux ! Jake Gyllenhaal montre qu'il est parfaitement capable de tenir se rôle et Tatiana Maslany prouve qu'elle a l'étoffe d'une grande actrice et qu'elle promet encore beaucoup de performance !

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