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    Maryland
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Maryland" et de son tournage !

    Comment le projet est né

    Alice Winocour a commencé par s'intéresser aux photographes de guerre ayant du mal à retourner à la vie civile après avoir vu des choses atroces sur le terrain. La cinéaste a ensuite rencontré des soldats de retour d’Afghanistan qui présentaient les mêmes symptômes d'angoisse voire même de violence une fois de retour du front. De cette manière, le personnage de Vincent campé par Matthias Schoenaerts est né. Elle explique : "J’ai imaginé que mon personnage serait un soldat à qui l’on dit qu’il ne peut pas repartir en opération, comme un ouvrier usé qu’on met à la casse. Et que le trajet de ce personnage serait celui de quelqu’un qui reprend possession de son corps. L’idée du film d’action est venue de là, du personnage. J’avais aussi envie d’aller vers un territoire généralement réservé aux hommes, celui du film de genre. Il y a certainement dans mon choix l’idée de réaffirmer que pour les réalisatrices aujourd’hui, « tout est permis »."

    Thématique récurrente

    Maryland possède une thématique commune avec Augustine, premier long métrage de Alice Winocour, à savoir la suivante : l'incapacité de maîtriser son corps. Ainsi, là où la patiente du professeur Charcot exprimait sa révolte par des crises d’hystérie, Vincent ne parvient plus non plus à avoir le contrôle de son corps après son retour des champs de bataille : "Dans le film on ne quitte jamais le point de vue de Vincent. Tout est construit autour de sa perception physique des événements, c’est sur elle que l’histoire se joue, sur sa vision altérée et fragmentée de la réalité. On ne comprend que ce qu’il comprend, on ne sent que ce qu’il sent, on ne dispose jamais d’autres informations que celles qu’il enregistre. Je voulais qu’on soit dans sa peau et qu’on éprouve le même vertige que lui face au réel", avance la réalisatrice.

    Les codes du film d'horreur

    Cadre spatial de l'intrigue du film, la maison est un personnage à part entière de Maryland. Dans cette optique, Alice Winocour a tenté de se rapprocher des codes du film d'horreur et plus particulièrement du "Home Invasion Movie". Elle explique : "Avec sa décoration clinquante et vide qu’on peut facilement imaginer transposée à Beyrouth ou à Los Angeles, cette villa de la Côte d’Azur évoque un monde d’argent anonyme, un luxe décadent. Je l’ai volontairement filmée sous la pluie et les orages pour que le déchaînement des éléments apporte une sensation de fin d’un monde. J’aimais aussi l’idée qu’elle devienne elle-même à la fin du film un terrain de guerre." 

    Un film d'atmosphère

    Alice Winocour a davantage voulu faire de Maryland un film représentant une atmosphère d’un monde de complicités où se mêlent l’argent et la politique qu'un film purement politique : "Une atmosphère qui tranche avec la séquence où Vincent se rend à l’hôpital où l’on rééduque de jeunes militaires de retour de guerre dont certains ont perdu un bras ou une jambe. C’est la confrontation de ces deux univers opposés que j’ai voulu mettre en scène. MARYLAND s’inspire de différentes affaires, les exemples ne manquent pas. Mais tout reste volontairement opaque : Vincent n’est pas journaliste, il n’est pas enquêteur. Malgré ses sens en éveil, il ne touche que la partie émergée de l’iceberg", nous renseigne-t-elle.

    Cannes 2015

    Le film est présenté à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2015. Son précédent long métrage Augustine a été présenté au Festival dans le cadre de la Semaine de la critique en 2012.

    Filmer la violence

    Alice Winocour a cherché à faire en sorte que les scènes de violence du film soient les plus réalistes possible : "Une violence crue, efficace, dans laquelle les gestes n’obéissent à aucune chorégraphie."

    Le choix Matthias Schoenaerts

    La cinéaste confie avoir écrit ce film pour Matthias Schoenaerts, qui pour l'occasion incarne une fois de plus un homme dur et torturé, comme c'était par exemple le cas dans Bullhead et De rouille et d'os pour ne citer qu'eux. Alice Winocour ajoute : "Matthias s’est engagé complètement : durant le tournage, il ne dormait plus que deux heures par nuit et était réellement dans la violence du personnage ; dans un véritable malaise physique. Je sais qu’il est allé très loin vers ses propres démons."

    Le personnage de Diane Kruger

    Au sujet du personnage campé par Diane Kruger, la femme d'un riche homme d'affaires libanais dont Vincent est chargé d'assurer la sécurité, Alice Winocour explique avoir voulu le rendre touchant malgré son côté "femme-trophée" évoluant dans un monde superficiel.

    La BO

    A travers la bande son du film, Alice Winocour a cherché à retranscrire la façon dont Vincent perçoit le monde et donc forcément les moments où il est déconnecté de la réalité. C'est dans cette optique qu'elle a demandé au compositeur de musique électronique Gesaffelstein de s'atteler à la BO de Maryland"C’est en travaillant cette bande son que j’ai cherché à construire le paysage mental d’un soldat qui revient de la guerre, et qui ne trouve plus sa place. Je voulais que dans chaque scène il y ait un doute sur ce qu’il entend, un enjeu sonore qui joue avec une distorsion du réel."

    Un mélange de documentaire et d'horreur

    Alice Winocour explique comment elle a travaillé avec le directeur de la photographie George Lechaptois, notamment en ce qui concerne sa volonté de mélanger aspect tradition documentaire et cinéma d’épouvante : "Nous avons cherché pour le film une mécanique de déréalisation progressive. Au début, lorsque le service de sécurité s’installe dans la maison, on est presque dans un documentaire – il y a d’ailleurs un vrai sniper dans l’équipe de sécurité. Puis peu à peu, on s’enfonce dans le cauchemar et le fantastique, comme si Vincent se promenait dans son rêve." 

    Matthias Schoenaerts torturé

    Jouant un ex-soldat victime de troubles de stress post-traumatique, Matthias Schoenaerts campe à nouveau un personnage viril et torturé, qui n'est pas sans rappeler, de par certains aspects, ses deux prestations les plus marquantes de sa carrière dans Bullhead et De rouille et d'os. Dans le premier, il s'est glissé dans la peau d'un imposant et violent trafiquant d'hormones au passé trouble tandis que dans le second il interprétait un boxeur à la rue qui se prend d'affection pour Marion Cotillard.
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