Quand lui est proposé par Albin Grau, l'adaptation du célèbre roman de Bram Stoker, Murnau compte huit films à son actif, essentiellement des drames sentimentaux inspirés du romantisme allemand, mais l'ancien étudiant en histoire de l'art n'est en réalité passé derrière la caméra que depuis seulement trois ans. Albin Grau passionné d'occultisme vient de fonder avec Enrico Dieckmann une société de production cinématographique (Prana Film) pour transposer sur l'écran des romans fantastiques. Son projet d'adapter "Dracula" séduit très vite Murnau en dépit du peu de moyens dont il disposera et de l'illégalité du projet liée au non-paiement des droits d'auteur à la veuve de Bram Stoker. Illégalité qui a failli nous priver à jamais de ce premier chef d'œuvre de Murnau, un jugement ordonnant après la sortie du film la destruction de toutes les copies. Le scénario avait pourtant été quelque peu remanié, l'action délocalisée et les noms des personnages changés par Henrik Galeen qui avait travaillé avec Paul Wegener sur les différentes versions du Golem. Le tournage se déroula principalement en extérieur dans les villes de Wismar et de Lübeck, ce qui émancipe l'esthétique du film de celle typiquement expressionniste proposée un an plus tôt par Robert Wiene dans "Le cabinet du docteur Caligari" (1920) qui en qualité de précurseur imposa une partie des codes de la transposition du mouvement pictural à l'écran. Murnau assisté d'Albin Grau qui officie à la décoration impose avec "Nosferatu" le questionnement métaphysique qui hantera désormais chacun de ses films. L'univers trouve son équilibre à travers des contraires qui normalement se neutralisent. Ainsi la vie et la mort, le jour et la nuit, la haine et l'amour. L'homme est souvent le jouet de ces antagonismes. Le comte Orlok (Max Schrek) n'est plus un vivant mais un non-mort évoluant en cycle inversé et condamné à se nourrir la nuit en aspirant les forces de vie de ceux qui furent ses semblables. Privé de la mort, Orlock doit donner la mort pour préserver l'équilibre de l'univers.Être maléfique sans aucun doute, porteur de la peste mais aussi pathétique, souffrant de sa marginalité (certains feront le rapprochement hasardeux avec l'homosexualité du réalisateur) et de son extrême solitude. Le jeune Hutter (Gustav von Wangenheim) fera le voyage jusque dans les Carpates pour passer derrière le miroir au-delà du pont derrière lequel les villageois locaux ne s'aventurent jamais. "Passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre », nous dit Murnau. Pour la première fois la longue silhouette décharnée de Nosferatu s'offre au regard médusé du spectateur. L'homme rêve de ne jamais mourir, la souffrance incarnée par Max Schrek abîme cette quête contre nature qui est peut-être la vraie malédiction de l'homme. Par la suite, l'image du vampire sera fortement sexualisée contribuant à restaurer ce rêve impossible pour s'attirer les faveurs du public peut enclin à se frotter à sa triste condition d'être mortel. Le Nosferatu de Murnau en choisissant de s'abandonner au charme diaphane d'Ellen (Greta Schröder) la jeune femme de Hutter, réinscrit définitivement son destin dans l'ordre naturel des choses : après la nuit le jour, après la vie la mort. Le cinéma expressionniste allemand est avant tout un cinéma de studio et Murnau en usera pour ses deux autres chefs d'œuvre à suivre ("Le dernier des hommes" en 1924 et "Faust" en 1926), mais il démontre avec "Nosferatu" que les décors naturels judicieusement choisis et photographiés (les filtres colorisés et les jeux d'ombres en particulier) peuvent aboutir aux mêmes effets. Près de cent ans après sa sortie, ce film désormais parfaitement restauré qui a inauguré un genre encore bien vivace conserve toute sa force hypnotique et la dimension poétique que lui confère son rythme lent et la composition inoubliable de Max Schrek.
Des films muets des années 1920, il y en a très peu que je suis capable de regarder en entier en une seule fois, Nosferatu le Vampire en fait parti. Un scenario simple et efficace, un acteur tellement bon qu'il fut soupsoné d'être un vampire, et des moments cultes et horrifiques. Et même si spoiler: la mort de Nosferatu a bien vieillit au niveau effets spéciaux, ce film n'en est pas moins un chef-d'oeuvre du cinéma d'horreur.
L’histoire ? Tout le monde la connaît. En fait, Nosferatu est une adaptation du Dracula de Bram Stoker. La production du film ayant perdu le procès qui l’opposait aux ayant droits du roman, les personnages ont été renommés. Il s’en est fallu de peu d’ailleurs pour que les négatifs soient détruits. Ici disais-je donc, point de décors chelous. Les prises de vue seront faites dans le nord de l’Allemagne, dans les montagnes tchèques et à Berlin bien sûr. Il y a débat sur l’appartenance du film au courant expressionniste mais une chose est certaine on retrouve dans Nosferatu les jeux de lumières fulgurants de Caligari et la forte portée symbolique inhérente au personnage du vampire. Les trois personnages principaux se débattent avec leurs désirs, leurs craintes, leurs pulsions et leurs vertus. C’est un vrai imbroglio freudien et la métaphore sexuelle étant elle assez évidente. On tombera sous le charme d’une interprétation de Nosferatu plus cryptique, animal, fantomatique que jamais. La prestation de Max Schreck est saisissante. En clair, Nosferatu est le premier film de vampires de l’histoire du cinéma et assurément un des meilleurs.
Ce célèbre film muet et en noir et blanc (forcément), réalisé par F.W. Murnau et sorti en 1922 est bien. Le film est donc l'adaptation du roman "Dracula" de Bram Stoker, qui donnera d'ailleurs lieu à la toute aussi célèbre histoire de procès pour les droits d'auteur, mais je ne peux pas dire si le film en est fidèle ou non car je n'ai pas lu l’œuvre originale bien que j'entends partout qu'elle l'est effectivement. C'est donc l'histoire d'un jeune clerc de notaire qui se rend en Transylvanie pour proposer au compte Orlok d'habiter la maison en face de chez lui mais il va vite découvrir la vraie nature et les réelles intentions de Nosferatu. Ce film est devenu aussi célèbre que le roman original tellement il aura marqué le cinéma expressionniste allemand et même le cinéma muet en général et il y a effectivement de quoi. Déjà, pour un film de l'époque, l'horreur y ai très bien représentée notamment avec la musique vraiment très angoissante et parfois même dérangeante qui perdure tout au long du film. Ensuite nous avons des scènes devenues aujourd'hui cultes, notamment vers la fin où l'on voit l'ombre du compte sur les murs (justement représentée sur l'affiche du film). Malgré toutes les avancées techniques actuelles dans le cinéma, il reste toujours intéressant de regarder ce film car il est bien fait et le rythme est très bon, on ne s'ennuie pas. Pour ce qui est des acteurs, nous avons Max Schreck, uniquement célèbre par ce film et également par l'hommage que lui a rendu Tim Burton, et il joue franchement très bien. Nous avons également Gustav von Wagenheim, Alexander Granach et Greta Schroder qui jouent également très bien. "Nosferatu le vampire" est donc un très bon film muet qui a énormément marqué la culture populaire et qui continue de surprendre encore même de nos jours.
Voir Murnau mettre en scène une figure aussi mystique que celle du vampire ne pouvait donner qu'un résultat singulier. Car l'onirisme propre au cinéaste convient parfaitement pour donner vie à une figure cauchemardesque comme celle de "Nosferatu".
Ainsi, avec un récit connu de tous, celui de Dracula, Murnau parvient à extraire l'essence même du désir, celui de la chair dans le cas du vampire et amoureux pour Hutter, que les deux personnages éprouvent pour Ellen, la femme de ce dernier. La thématique de l'opposition, si chère au cinéaste, se traduit ici par un montage alterné qui, si il semble d'abord un choix formel judicieux, alourdit en réalité le rythme tout en diminuant la tension.
Cependant, l'aspect horrifique contrebalance ce défaut, tout d'abord car Murnau prend le temps de mystifier son antagoniste - la scène de l'auberge, le livre que trouve Hutter - mais aussi car sa mise en scène épouse parfaitement cette ambiance de cauchemar éveillé. Tout n'est que lenteur, l'ombre du vampire semblant ne jamais s'arrêter malgré la présence majoritairement statique du monstre.
C'est bel et bien l'emprise de Nosferatu elle-même que la forme cherche à retranscrire, par ses audaces de montages (apparitions fantomatiques d'Orlok, mouvements dérangeants etc) mais aussi par le manière de le cadrer, semblant dévorer ce qui entoure son regard. À cette puissance formelle s'ajoute un travail esthétique aussi sublime qu'angoissant, figure majeure de l'expressionnisme allemand.
Si Murnau cherche à faire de "Nosferatu" une figure du Mal, il est bien plus passionnant dans sa représentation d'un désir double. Le long-métrage vaut avant tout pour son ambiance ambigu, mettant en scène des instants de pur terreur cauchemardesque au sein d'une forme onirique. C'est cette dualité, de la forme et du fond, qui fait de "Nosferatu" une œuvre si complexe.
Je ne pense pas que vous ayez besoin de ma critique pour voir Nosferatu. Des jeux d'ombres et de lumières mythiques, le costume et l'allure glaçante de Max Schreck (je dis ça en toute franchise, ce film m'a terrorisé de nombreuses années et même encore aujourd'hui), la musique et les plans terrifiants, bref vous savez déjà tout ça, Nosferatu est un pionnier.
Difficile d'écrire une critique de ce long-métrage muet de 1922. Tout a déjà été dit de ce film : chef d'oeuvre expressionniste pour les uns ou film un peu surcoté pour les autres.
Mais après tout, cela ne fait pas de mal de rappeler le contexte du film afin de mieux le comprendre : "Nosferatu le Vampire" a acquis sa notoriété grâce à la veuve de Bram Stoker, l'écrivain de "Dracula", qui cherchait à faire détruire toutes les copies de ce film qui adaptait illégalement les romans de son défunt époux. Elle a presque réussi puisque seules quelques copies ont été gardées précieusement et n'ont été diffusées qu'à la mort de Florence Stoker. Une fois planté ce décor, on comprend mieux à quel point voir ce film en 2016 relève presque du miracle et possède quelque chose de précieux.
Mais cette préciosité ne réside pas seulement dans le fait que l'on aurait pu ne jamais voir ce film. Elle réside aussi dans le fait que ce long-métrage allemand a inspiré beaucoup d'autres classiques du cinéma. En le regardant et en découvrant le personnage de Thomas Hutter, j'ai immédiatement pensé à Polanski et à son "Bal des Vampires" dont le personnage principal ressemble à Hutter jusque dans ses mimiques. De façon moins évidente, on peut aussi penser aux films de monstres de Guillermo del Toro qui classa d'ailleurs ce film dans son top 10. Enfin, on ne peut pas nier que ce film inspira fortement les films de la Hammer.
Pour un cinéphile, voir "Nosferatu le Vampire" sera forcément enrichissant pour mieux appréhender les films cultes qu'il a vu ou qu'il verra. Il est donc aisé de comprendre pourquoi ce film garde une telle aura 94 ans après sa sortie.
Pour autant, il est important de nuancer le propos : ce n'est pas un chef d'oeuvre. Oui, le film est bien mais il a tout de même des défauts. En premier lieu, une certaine niaiserie dans les sentiments des personnages et une naïveté dans leurs comportements : Hutter a 100 000 indices qu'il va avoir à faire à un vampire et il fonce tête baissée dedans. De même, la romance entre Hutter et sa femme dégouline de bons sentiments un peu cucus. Face à la violence qu'a pu représenter ce film pour un spectateur des années 20, ce côté naïf fait un peu tâche. En second lieu, je l'ai trouvé un peu long. Certaines scènes auraient pu être facilement coupées pour garder ce rythme posé mais ne pas ennuyer le spectateur par moment avec des scènes qui n'apportent rien à l'histoire.
Côté défauts, je m'arrêterai là car il y a plus lieu à louer le talent de metteur de scène de Friedrich Wilhelm Murnau qu'à descendre le film. Nosferatu et ses apparitions sont magnifiquement mises en lumière pour trancher avec la pénombre ambiante. Même chose lorsque le metteur en scène joue avec l'ombre de Nosferatu et la taille immense de son comédien Max Schreder : Murnau accentue ainsi la menace et augmente l'angoisse du spectateur. Pour un film muet, c'est un beau tour de force !
Ainsi, il faut voir "Nosferatu" pour ce qu'il est : un classique du cinéma qui a inspiré de nombreux réalisateurs grâce à son réalisateur talentueux mais qui peut parfois être longuet et niais pour un spectateur de notre époque.
Le choc entre un des grands noms du cinéma expressionniste allemand et le plus célèbre des vampires, loin d'être phénoménal, accouche tout de même de quelques moments de mise en scène époustouflants et d'une réflexion sur le Mal passionnante. Si "Nosferatu" n'est pas le chef-d'oeuvre annoncé, c'est en partie à cause d'un procédé de montage alterné qui alourdit l'ensemble, d'où un manque de fluidité dans une narration ambitieuse mais dont le mode paraît ici peu pertinent. Le film vaut avant tout pour son atmosphère angoissante, créée à la fois par la musique de Galeshka Moravioff et par un choix radical d'une lumière sombre qui s'éclaircit à quelques reprises afin de mieux projeter l'ombre du terrifiant Nosferatu. Le comte Orlok incarne le Mal en puissance sans être pour autant le suspect direct des autorités, celles-ci étant focalisées sur la propagation d'une épidémie de peste et sur le personnage de Knock, sujet admiratif du vampire qui finira lynché par les habitants de la ville attaquée dans une séquence que Lang, contemporain de Murnau, n'aurait sans doute pas renié. Nosferatu reste donc invisible, attaque quelques proies faciles lors de sa traversée maritime et tente de rejoindre Ellen, la femme qu'il aime, fiancée de Hutter qui, lui, aura découvert à temps la véritable nature de son hôte établi dans les Carpates. En bref, "Nosferatu" raconte un amour-double : le premier est d'ordre passionnel (Hutter et Ellen) et le second vampirique, autant physiquement en ce qu'il comporte un désir de conversion que mentalement en ce que le monstre prend le contrôle d'Ellen lors des virées somnambuliques de celle-ci. Ainsi, l'intérêt du classique de Murnau réside dans ce croisement réussi entre l'évocation d'une passion morbide et la représentation d'un monde au bord du chaos.
LE film qui a définit le mythe du vampire. Les Carpates, le cercueil, l'opposition entre la nuit et le jour, et ces doigts immenses... Certaines scènes ont marqué l'histoire du cinéma. Par contre je trouve qu'il a mal vieilli sur certains points, comme le jeu excessif de l'acteur incarnant Hutter. De fait, avec nos yeux du XXIe siècle, le film ne fait plus vraiment peur, mais il ne manque pas de poésie et possède une certaine esthétique baroque.
Étant fan de film d'horreur, je devais faire mon devoir et écouter un des premiers film de vampire jamais créé. Bien sur, aujourd'hui le film ne fait plus autant d'effet; il reste cependant un chef-d'oeuvre à voir au moins une fois dans sa vie. Avec les caméras de l'époque, le film est tourné légèrement plus rapidement qu'un film actuel ce qui rajoute une touche encore plus intrigante au film. Très théâtrale, la musique, étant la seule trame sonore du film, ajoute beaucoup d'émotion au film.
Le film a beau avoir près de 100 ans, je trouve qu'il ne prend pas une ride et qu'il est toujours aussi terrifiant et novateur! L'expressionnisme allemand, dont Murnau fait partie, a su donner au livre de Bram Stoker un sens assez différent. Certains voit qu'il y a une dimension sociale et politique... C'est à vous d'en juger! En tout cas, les acteurs sont excellents, surtout Max Schreck, la musique accompagne très bien le film avec une utilisation intelligente des instruments et la mise en scène est diablement innovante, surtout dans le jeu des lumières et dans la composition des plans! Néanmoins, malgré toutes ces qualités, je me suis quand même un peu ennuyé devant le film
"La lumière inquiétante du crépuscule semblait donner vie aux ombres du château." Ce n'est pas pour rien qu'on dit que c'est un chef-d'œuvre expressionniste tant certaines scènes sont comme des tableaux dans un musée qui nous interpellent. La mort est personnifiée et les regards horrifiés se dirigent tous vers ce vampire sanguinaire qui recherche sa victime. Une réussite impressionnante dans son genre.
Regarder Nosferatu aujourd'hui, c'est faire un voyage dans le temps, retours sur une époque ou le cinema en était à ses balbutiements. On sens que ce film est un terrains de découverte dans lequel le réalisateur (acteurs, maquilleurs ...) essayent de nouvelles choses, la mise en scène est très travaillé. C'est amusant de découvrir le film qui initia au grand publique le genre de l'horreur et qui à considérablement influencé le cinema au delà même de ce genre.
Adaptation (non-reconnue) du Dracula de Bram Stocker, il s'agit de la même histoire, mais il n'y a que les noms des personnages qui changent (Comte Orlok au lieu de Comte Dracula, Thomas et Ellen Hutter au lieu de Jonathan et Mina Harker …). Le film est plutôt réussi. Certes, les effets spéciaux ont beaucoup vieilli (on parle d'un film des années 20 tout de même). L'ambiance inquiétante est plutôt bien retranscrit dans ce film de F. W. Murnau. Les acteurs jouent correctement (malgré le caractère muet du film). Max Schreck est plutôt impressionnant en comte Nosferatu, aidé par un très bon maquillage et costume. Un classique à voir !