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    De Gaulle
    note moyenne
    3,4
    1302 notes dont 216 critiques
    répartition des 216 critiques par note
    34 critiques
    66 critiques
    60 critiques
    31 critiques
    19 critiques
    6 critiques
    Votre avis sur De Gaulle ?

    216 critiques spectateurs

    benoitG80
    benoitG80

    Suivre son activité 2544 abonnés Lire ses 1 410 critiques

    3,0
    Publiée le 5 mars 2020
    « De Gaulle », rien que par son personnage difficilement transposable à l’écran et donc assez peu montré dans le cinéma français, méritait bien d’avoir enfin son biopic enfin réalisé ! C’est chose faite avec cette réalisation très parcellaire en terme de temporalité, puisque l’on se situe sur quelques semaines en juin 40, ce qui met le célèbre appel du 18 juin sous les feux des projecteurs. Campé par Lambert Wilson, le personnage de De Gaulle semble dans un premier temps assez artificiel malgré les prothèses portées par l’acteur. Puis petit à petit, on finit par s’habituer à ce physique, malgré la voix réellement gênante qui ne restitue absolument pas celle si particulière de cet homme iconique ! A travers ce film, on sent bien les intentions de Gabriel Le Bomin, c’est à dire montrer la force et la faiblesse de De Gaulle par son attachement passionné à sa famille, à sa femme Yvonne et surtout à sa dernière fille handicapée, Anne. Isabelle Carré dans le rôle d’Yvonne de Gaulle, fait preuve d’une grande douceur, doublée de bienveillance et de compréhension, et surtout d’un soutien indéfectible envers son mari, sans compter cette scène d’ouverture particulièrement surprenante et démonstrative ! Tout cela surprend vraiment et ne colle pas trop avec cette distance qu’il y avait entre ce père de famille et les siens, alors que le vouvoiement était de plus de rigueur... Et donc de cet amour pour sa famille sur lequel on insiste vraiment, on sent évidemment la volonté de montrer cette inquiétude qui ronge ce Général quand le doute l’envahit, et qui lui donne un élan incroyable quand on le voit tout à coup rassuré... À ce niveau, le parallèle est ici très bien mis en avant et donne à voir un autre côté de sa personnalité, qui modifie bien l’image toute faite que l’on se fait de cet homme un peu raide et gauche, perdu dans ce grand corps. Alors entre cette vie privée illustrée de moments tendres, et ce contexte très tendu et bien particulier de juin 40, où Charles de Gaulle s’exile à Londres, on reste un peu partagé par cette tentative de vouloir humaniser l’homme rigide et droit, et le fait de vouloir le montrer également et a fortiori en tant qu’homme de toutes les chances, face au maréchal Pétain... La petite histoire très romancée, ainsi glissée dans la grande, prend donc un peu trop d’importance en limitant l’ambition et la force de ce biopic. Le réalisateur semble en effet être tiraillé entre ces deux aspects, en surfant un peu trop de l’un à l’autre. L’enjeu historique attendu finit par être complètement dilué, et encore plus lorsque l’on connaît bien la réalité des faits, bien plus complexe que ce que l’on voit à l’écran. La peinture de l’homme est donc ici préservée, voire peut-être arrangée, au détriment d’une vérité qui aurait mérité d’être plus développée, et plus nuancée. C’est bien là toute la difficulté de ce genre d’entreprise que de vouloir privilégier un moment essentiel de la vie d’un « Grand homme », tout en essayant d’en faire en parallèle son portrait, au risque de passer à côté de l’essentiel.
    Yves G.
    Yves G.

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    2,0
    Publiée le 4 mars 2020
    Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, le colonel De Gaulle commande à Metz un régiment de chars de combats. Placé à la tête d'une division cuirassée, il tient tête en mai 1940 dans l'Aisne à l'attaque allemande mais doit se replier faute de renforts. Le 6 juin, il est appelé au gouvernement par Paul Reynaud, le président du Conseil. Promu général de brigade à titre temporaire, il y occupera éphémèrement les fonctions de sous-secrétaire d'État à la guerre. Il a pour mission de coordonner l'action avec le Royaume-Uni de Churchill où il se rendra deux fois, les 9 et 16 juin, pour y rencontrer Churchill, qui renâcle à gaspiller ses forces dans une bataille qu'il sait perdue d'avance. Quand le 17 juin, à Bordeaux, De Gaulle apprend la démission de Reynaud, la nomination de Pétain et l'imminence de l'armistice, il prend une décision irréversible : gagner Londres et y poursuivre le combat. Pendant ce temps, dans la France de l'exode, sa femme Yvonne et ses trois enfants, Philippe, Elisabeth et la petite Anne, lourdement handicapée, tentent de le rejoindre. "De Gaulle" n'est pas un biopic qui raconterait la vie du général de sa naissance à Lille en 1890 à sa mort à Colombey en 1970, un an après la démission du fondateur de la Cinquième République. "De Gaulle" se focalise sur les quelques jours de juin 1940 durant lesquels se décide le destin du grand homme. Ce choix n'est guère critiquable tant il sert le propos du film : montrer qu'il est des situations, fort rares, où l'homme, à force de volonté, peut changer le cours des choses. Un autre choix du film est en revanche plus contestable. Celui d'humaniser le général. Cela commence dès le premier plan du film, pour le moins surprenant, où , dans des tons que n'auraient pas désavouer David Hamilton, on voit Charles et Yvonne batifoler sous des draps printaniers. Cela continue avec l'accent lourdement mis sur la petite Anne, atteinte de trisomie 21, et sur l'affection que lui portait son père. On sait que Charles De Gaulle, tout entier consacré à son destin providentiel, manifestait pour sa famille un amour très retenu. Pourquoi avoir voulu le peindre en mari idéal et en père aimant ? On sait qu'Yvonne Vendroux, de dix ans sa cadette, avait été élevée dans une stricte éducation catholique et dans le culte du vouvoiement. Pourquoi lui avoir prêté les traits de la charmante Isabelle Carré ? Pourquoi sous-entendre que derrière chaque grand homme se cache une femme alors qu'on sait le peu de place que Mme De Gaulle a occupé dans les décisions de son mari (sinon, me souffle mon cadet qui a lu tous ses livres, dans son acharnement à refuser au divorcé Romain Gary le poste d'ambassadeur qu'il espérait). On se fiche de savoir comment la famille De Gaulle a réussi à traverser la France en juin 40, une odyssée périlleuse que, peu ou prou, des millions de Français ont vécu dans des conditions similaires. On était autrement intéressé du parcours du général qui prend le risque insensé de désobéir pour aller poursuivre à Londres une guerre que ses chefs avaient décidé d'arrêter. Hélas sont à peine esquissés les motifs de sa décision téméraire : un patriotisme exacerbé et la haine de l'envahisseur ? l'attachement à la démocratie chez ce tiède républicain ? la conviction rationnelle que le conflit serait mondial et que la force mécanique des Allemands cèderait devant celle, supérieure des Alliés ?
    Thomas G.
    Thomas G.

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    1,5
    Publiée le 5 mars 2020
    En mettant l'accent sur la relation entre De Gaulle et Yvonne, l'histoire avec un grand H est mise de côté. Cette romance peu intéressante en fait un film long, sans réel intérêt. Un focus presque gênant sur la petite Anne (une enfant trisomique) ajoute à l'incompréhension général (De Gaulle) sur ce film. Quel en est l'intérêt? Finalement la partie qui aurait été intéressante à mettre à l'écran est résumé en une phrase à la fin, rageant. Pour apprendre réellement des choses sur la période de De Gaulle à Londres et sa relation avec l'Angleterre, on repassera.
    Kenzo
    Kenzo

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    2,0
    Publiée le 4 mars 2020
    Contrairement a son personnage central, le film manque d'envergure, d'ambition. On frôle l'ennui. Lambert Wilson, malgré une ressemblance physique et des efforts désespérés n'est jamais De Gaulle et reste Lambert Wilton. Le box office killer a encore frappé.
    Cool_92
    Cool_92

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    2,0
    Publiée le 5 mars 2020
    Une vraie déception. J'ai trouvé ce film long et ennuyant, un comble vu l'enchaînement des événements depuis la défaite éclair de mai 1940 et ce destin hors norme. Le problème est d'abord le fait que l'histoire familiale ralentit trop souvent le rythme du film, ne nous procure aucune émotion particulière et sert avant tout à nous montrer la dramaturgie des combats et l'horreur de la guerre (oh la la, la pauvre Yvonne De Gaulle qui fait un trajet sous les bombardements....va-t-elle s'en sortir?). J'ai trouvé Isabelle Carré vraiment anecdotique. L'histoire de ce couple est tellement mal amenée, même le problème de santé de leur enfant Anne est très mal développée. On a 2 scènes sans queue ni tête pour montrer que le couple a des difficultés dans leur intimité. Au niveau politique et historique, la reconstitution est la réelle réussite du film. Notamment les scènes entre hommes politiques, entre De Gaulle et Churchill. Il manque cependant une réelle tension, un vrai scénario qui aurait pu nous accrocher à cette histoire. Comme l'a pu le faire le biopic sur Churchill récemment. LE moment fort du film, le discours du 18 juin, fait finalement pschiit, car ce n'est ni épique, ni bouleversant, il n'a aucune conséquence dans le film puisqu'on passe directement à la Libération sans aucune transition. Pas de scènes montrant un français écoutant son message, rien, pas d'organisation de la résistance, non plus. Pour moi le problème réside aussi dans son acteur principal. Physiquement, il n'y a aucun problème, on y croit car il y a une certaine ressemblance mais dès que Lambert Wilson parle ce n'est plus crédible. Et je n'ai jamais oublié Lambert dans ce personnage. Le cinéma français doit encore faire ses preuves dans le biopic. Un tel personnage méritait beaucoup mieux qu'un petit téléfilm France 2...
    Franck B
    Franck B

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    0,5
    Publiée le 8 mars 2020
    Trés, très décu par ce film ! Un film fade, ennuyeux, lent On apprend rien sur De Gaulle de son séjour à Londres. Le film s'attachant à la relation avec sa femme et de sa fille handicapée.
    Claudine G
    Claudine G

    Suivre son activité 73 abonnés Lire ses 393 critiques

    1,5
    Publiée le 4 mars 2020
    Très décevant. Je ne connaissais pas tous les dessous de cette horrible guerre et je pense que bien des faits auraient pu être évités s'il y avait eu tout d'abord une entente au sein du gouvernement français sur la manière de riposter face à Hitler. Si tous les moyens aériens, navals et armée de terre avaient été à la disposition des militaires sur le terrain et non figés dans des structures administratives (perte de temps) et surtout s'il y avait eu avec la Grande-Bretagne et les Américains une entente anticipée. On n'avait pas les moyens seuls de lutter. Quant à la vie personnelle de De Gaulle, je ne le savais pas si "papa poule". Il me semblait être surtout un homme fort, se souciant avant tout de son pays, or dans le film sa famille passe avant tout. De plus, il est aisé de faire des discours pour la résistance, quand on est à l'abri à Londres. Bref ce film, pas trop mal interprété, a des longueurs et des flash-back dont je me serais bien passée....
    sportster bobber p
    sportster bobber p

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    1,0
    Publiée le 5 mars 2020
    Nul ,10€ pour rien,mal joué,long ,mou,fade ,très déçu, pourtant un bon casting a la base 😰,le maquillage ne suffit pas a faire un général et un bon film
    Jules A.
    Jules A.

    Suivre son activité 6 abonnés Lire ses 34 critiques

    2,0
    Publiée le 11 mars 2020
    Ma déception s'explique par une chose: Je pensais à un film historique relatant des événements sur De Gaulle... Mais ce film est en faite très accès sur la famille de De Gaulle.
    TakkoNyudo
    TakkoNyudo

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    0,5
    Publiée le 6 mars 2020
    Après "Cousteau : l'Odyssée", Lambert Wilson nous livre encore une prestation digne d'un téléfilm, platitude, maniérisme et jeu convenu au rendez-vous dans ce "Charles de Gaulle" sans prestance.
    Philippe Delbos 83
    Philippe Delbos 83

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    1,5
    Publiée le 5 mars 2020
    De Gaulle, ou plutôt deux mois dans la vie de De Gaulle. Biopic. Pourtant, après 'Rocketman', j'aurai dû m'en douter : les biopics, c'est imbuvable. Ici, tout est problème, et donc, empêche d' « entrer » véritablement dans le film . Premier problème, la recherche de ressemblance physique : Non, Lambert Wilson ne ressemble pas à De Gaulle. Donc, on transforme des parties du visage pour qu'elles ressemblent à De Gaulle, et pas d'autre pour qu'elles ressemble à Lambert Wilson, sinon, à quoi bon l'avoir embauché ? Avec un maquillage particulièrement loupé. Le pire, c'est le phrasé : de bons acteurs qui ne savent plus dire un texte ! Pourquoi ? Parce qu'ils tentent d'imiter la façon de parler des personnes reconstituées... Et pas uniquement la façon de parler, mais la démarche, etc... Le pire, dans tout ça, c'est Pétain, joué par un Philippe Laudenbach ici nullissime ! Oups, j'ai oublié Churchill : Comme on a une haute idée des capacités intellectuelles des spectateurs (on pense qu'ils ne peuvent lire deux phrases d'affilée), on lui fait dire une phrase en anglais sous-titrée, deux en français, une en anglais sous-titrée, deux en français, etc... ridicule ! C'est donc très mal joué. On y croit pas. Ceci dit, vous connaissez, vous, Yvonne, son épouse, et Clémence, sa fille trisomique ? Non. Moi non plus. Donc, elles n'ont pas besoin, elles, de « ressembler ». Et donc, comme par miracle, nous avons deux superbes interprétations : Clémence Hittin, impeccable. Seule ressemblance, une trisomie. L'interprète a une sobriété déterminante dans la qualité de son jeu. Isabelle Carré est d'un naturel et d'une légèreté de jeu qui fait du bien. Mais quand elle est avec Lambert Wilson, la différence de la qualité de jeu fait franchement mal pour lui... Alors que lorsqu'on laisse un acteur exister rien qu'un peu plus au risque de ne pas parfaitement ressembler ni adopter le phrasé de son personnage historique, ce peut être très intéressant : Jean Yanne fut un excellent Laval... Second problème : On raconte quoi ? L'homme historique ou le père de famille ? Et le film ne cesse de courir sur les deux tableaux. Finalement, l'homme privé, honnêtement, on s'en fout, non ? Si l'on vous dit 'De Gaulle' vous pensez à l'homme privé ? Or, cela occupe les deux tiers du film. Que reste-t-il  de l'homme historique ? Rien que nous ne sachions déjà. Service minimum. Et donc, inintéressant. Mal joué et inintéressant. Troisième problème : ce film souffre du syndrome du « Toubib », le film raté de Pierre Granier-Deferre avec Delon : le manque de moyen. Quand on n'a pas les moyens et que l'on veut tout mettre dans le salaire des acteurs, on fait du huis clos. Et on n'en sort pas. Regardez « La controverse de Valladolid ». Or là, on tente des scènes de massacre. Sur une route. Quand on filme ce type de scène, la caméra ne doit pas déborder le champ du décors. Sinon, on n'y croit pas. Décidément, difficile d' « entrer » dans ce film ! Autant les premières minutes du film retraçant la percée de De Gaulle dans le front allemand est convaincante, fracassante de bruit et de fureur, autant d'autres sont loupées. Dommage. Pourtant, il y a des réussites : la traversée en bateau de la famille et les retrouvailles avec le Général à Londres. Émouvant. Que dire d'autre ? Beaucoup d'effets de caméra, parfois inutiles, qui donnent l'impression d'un catalogue pour apprentis cinéaste. Une musique discrète mais efficace, qui fait tout ce qu'elle peut pour qu'on puisse entrer dans ce film, bravo, mais vraiment, le jeu catastrophique des acteurs masculins rend ce film indigeste.
    delta59
    delta59

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    2,0
    Publiée le 5 mars 2020
    Déçu. Un film bien plat et qui sonne creux, qui traite pourtant un sujet sensible et profond de l'Histoire de France. A aucun moment la tension dramatique d'une telle période n'arrive jusqu'à nous. L'interpretation de De Gaulle est pour moi sans relief, même si elle représente bien la droiture du personnage. La prestation de Churchill est quant à elle à mon sens réussie. Pour finir, la fin du film arrive comme un cheveu sur la soupe, comme si la fin du cours était précipité par la sonnerie de l'école.
    Raphaël T
    Raphaël T

    Suivre son activité 89 abonnés Lire ses 28 critiques

    2,5
    Publiée le 5 mars 2020
    Un biopic gnangnan et plan-plan. Une oeuvre balisée et sans audace, dans laquelle on n'apprend pas grand-chose de plus que ce qu'on nous a déjà appris en cours d'histoire.
    Chris58640
    Chris58640

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    3,0
    Publiée le 8 mars 2020
    Le titre est trompeur, et le réalisateur Gabriel Le Bomin aurait pu batailler pour qu’on lui en donne un autre, moins « bateau » car non, « De Gaulle » ce n’est pas le premier biopic de De Gaulle ! L’action se déroule sur un peu plus de 30 jours, c’est peu au regard d’une vie. Mais c’est vrai que ces 30 jours auront fait basculer à la fois le destin de Charles de Gaulle et aussi le destin de la France du XXème siècle. « De Gaulle » est un film qui passe bien, très rythmé et monté de façon intelligente. L’action se déroule sur deux fronts, si j’ose dire. Il y a la Grande Histoire, l’histoire politique et militaire du fameux mois de juin 1940 qui se joue à la fois à Paris, à Londres et à Bordeaux. Et puis il y a l’autre Histoire, celle des français et de l’exode. Elles sont toutes les deux leur forces et leur intérêt mais le choix de monter en alternance l’une et l’autre permet à De Bomin de proposer un film équilibré, qui montre à la fois l’Homme d’Etat mais aussi l’homme tout court. Quelques flash back viennent ponctuer le long métrage, toujours au sujet d’Anne, sa fille trisomique, qui focalise toute l’attention et l’affection de ses parents, des scènes courtes et touchantes mais pas larmoyantes. La réalisation, très propre, cède parfois à l’emphase et au grandiloquent, mais avec un sujet comme De Gaulle, c’était difficilement évitable ! Il y a des scènes fortes, on pourrait évidemment évoquer la fameuse allocution du 18 juin, proposée par le film in extenso. Mais j’en relèverais deux autres. La première, cette réunion du conseil ou s’affrontent les défaitiste (Weygand, Pétain) et ceux qu’on qualifiera bientôt de Gaulliste, arbitré par un Paul Reynaud dépassé par les évènements : tous les enjeux de la défaite de 1940 et de la future collaboration sont là, sous nos yeux, et c’est limpide. La seconde, c’est la scène du bateau, très forte, où la peur est tellement palpable qu’on pourrait la toucher avec le doigt. La musique est discrète, la reconstitution assez soignée, notamment dans les scènes d’exode. Elles ne sont pas impressionnantes au sens premier du terme mais nul besoin de monter des colonnes entières de gens en train de marcher pour faire passer l’émotion, quelques scènes bien filmées, même minimalistes, peuvent suffire. Au casting, beaucoup de comédiens excellents comme Olivier Gourmet, Laurent Stocker, Gilles Cohen, ou encore Catherine Mouchet. Mais c’est évidemment le duo Isabelle Carré/Lambert Wilson qui était attendu au tournant. Isabelle Carré d’abord, campe une Yvonne de Gaulle courageuse et amoureuse, qui cherche à fuir comme des milliers de françaises, sans savoir si elles reverront un jour leur mari. Sa relation avec sa fille Anne est très forte. Elle a refusé son internement (parce qu’elle en avait les moyens, bien-sur) et bien lui en a pris quand on sait ce que la France de Vichy a réservé comme sort aux handicapés mentaux pendant l’Occupation (pour ceux qui l’ignorent, elles les a tout simplement laissé mourir de faim livré à eux même). Elle est très bien Isabelle Carré et elle nous offre une « Tante Yvonne » très différente de l’image surannée qu’on a eue d’elle après la Guerre. Lambert Wilson, affublé de prothèse qui lui donne un vrai air de De Gaulle (de profil c’est bluffant) sans le dénaturer, fait de son mieux dans un rôle hyper difficile. Ce n’est pas un hasard si le cinéma français ne s’était jamais aventuré du côté du Grand Charles, sauf de façon anecdotique. Son phrasé, son attitude, tout est difficile à reproduire (sans singer) tant De Gaulle est inscrit dans la mémoire de chaque français. Il incarne un De Gaulle inédit, je dois dire, amoureux de son épouse (qu’il lutine en scène d’ouverture !), immensément attaché à ses enfants et à sa petite Anne, préoccupé par leur sort comme il est préoccupé par le sort de son pays. Montrer ce De Gaulle là, jamais montré avant, est un parti pris qui se défend. Comme je l’ai dit, le scénario oscille entre le Grande Histoire et la petite, chacune répondant à l’autre. On pourrait se dire que le périple d’Yvonne et des enfants ne fait pas le poids face aux enjeux que son mari tente de faire valoir, mais Yvonne est un symbole : elle représente tous les français, terrifiés et déboussolés par les décisions prises justement par le Gouvernement de Paul Reynaud. Toute la partie politique est très claire, très pédagogique même, et assez cruelle avec Paul Reynaud, montré comme une girouette sous l’influence de sa femme. C’est un peu injuste quand même, être Président du Conseil en 1940, c’était le pire moment pour faire de la politique ! Le personnage de Pétain est assez bien croqué, je dois dire : plein de morgue, anti républicain, antisémite bon teint (comme beaucoup de français du reste, les 4 ans d’occupation le prouveront). Le De Gaulle que le scénario propose est à l’image du personnage, volontaire, pugnace, parfois exaspérant, poussant à la roue pour obtenir ce qu’il veut (de Churchill surtout), adepte du « fait accompli », plein d’emphase et le verbe haut, de ce côte là pas grand chose de subversif. Montrer un De Gaulle plus hésitant, plus désemparé, plus indécis aurait été audacieux, et probablement mal reçu par un public encore très majoritairement « gaulliste ». Le choix de se focaliser sur ce moment là de la vie de Charles de Gaulle, plutôt que d’évoquer la Libération, l’après-guerre ou sa prise de pouvoir en 1958, est plus consensuel, c’est certain. Mais historiquement, c’est de loin la partie la plus intéressante et on peut considérer ce film comme le miroir des « Heures Sombres » ce très bon film de 2018 qui montre exactement les même évènements, mais côté anglais. Je ne m’y attendais pas vraiment, mais le film de Gabriel de Bomin tient bien la route et c’est plutôt une bonne surprise. On peut le trouver consensuel et un peu ampoulé, mais en dépit de ces deux défauts que je lui reconnais volontiers, c’est un film non dénué d’intérêt.
    baldou136
    baldou136

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    5,0
    Publiée le 4 mars 2020
    Gabriel Le Bomin signe un biopic brillant sur un grand homme. Le film se concentre tel un documentaire sur une période décisive de notre histoire. Par son immense talent, Lambert Wilson incarne le général avec authenticité.
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